Lyon Capitale 21/02/2010 à 15h07

Exclue 3 jours pour avoir porté un tee shirt « Palestine libre »

Lyon Capitale"


Un graffiti de Che Guevara (Gawd /Flickr)

Une élève de 16 ans de Villefranche-sur-Saône va être temporairement exclue de son collège pour avoir arboré un tee-shirt portant l'inscription « Palestine libre ». Un collectif se mobilise contre cette décision.

Faut-il interdire les inscriptions « Tibet libre » ou les effigies de Che Guevara à l'école ? Elève du collège Claude-Bernard à Villefranche-sur-Saône, Zeyneb ne s'attendait sans doute pas à être renvoyée à cause d'un tee-shirt qu'elle porte depuis deux ans et qui comporte la mention « Palestine Libre ».

« C'est un message de paix »

Tout commence le 28 janvier par un cours d'histoire-géo sur la Russie. L'enseignant fait une digression sur Israël dont il soutient l'extension. « Choquée, même révoltée » par ce parti pris, cette élève de 16 ans lève la main pour prendre la parole. Le prof la lui refuse. Zeyneb est militante de la cause palestinienne : il lui arrive d'accompagner sa mère Amel à des réunions du collectif caladois pour le peuple palestinien.

Frustrée, la jeune fille se présente le lendemain en cours avec ce tee-shirt. Une façon habile d'exprimer un point de vue qui ne semble pas audible en salle de classe. « C'est un message de paix », soulignent mère et fille. Mais le prof, réputé caractériel, en fait une toute autre lecture, enrage et lui ordonne de cacher ce vêtement.

La collégienne fond en larmes, quitte la pièce et le collège pour rejoindre sa mère qui travaille à côté. Pendant ce temps, ne souffrant aucune contestation, l'enseignant aurait taxé les défenseurs de la Palestine de « charlots » et de « charlatans ». Quid de la neutralité du service public et de l'obligation de réserve des fonctionnaires ?

« Il a sa pédagogie à lui »

C'est pourtant Zeyneb qui sera convoquée le 11 février, face au proviseur et à la principale adjointe. Elle est coupable d'actes de « prosélytisme » mais est sanctionnée pour « départ d'un cours sans autorisation avec refus d'obéissance ».

L'élève prétend que c'est l'enseignant qui lui a demandé de quitter la salle si elle n'obtempérait pas. Au final, elle sera exclue trois jours, les 2, 3 et 4 mars prochain. L'impétueux enseignant est défendu par sa hiérarchie qui considère simplement qu'il a « sa pédagogie à lui ».

« C'est pourtant bien lui qui aurait mérité une sanction plus que l'élève, estime Jacques-Louis Kreiss, membre du collectif. Nous avons vécu ces faits comme une injustice profonde ». Ils en appellent à écrire au proviseur du collège. « Il doit revenir sur sa décision », exhorte le collectif. Hier, l'inspection académique a décidé de rouvrir le dossier.

En partenariat avec Lyon Capitale

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  • Rachelle
    • Posté à 15h12 le 21/02/2010
    • Internaute

    tous les articles s'accordent a dire que l'enseignant est pro israelien. il a du harceler la classe avec son opinion. sans laisser les anti s'exprimer !
    elle n'en pouvait de l'intimidation ! ! !

  • Commandant Bubulle
    • Posté à 15h14 le 21/02/2010
    • Internaute

    Tout le problème est de savoir si la laïcité s'applique également aux opinions politique.
    Un élève a-t-il l'autorisation de porter un vêtement à l'effigie de Gérard Larcher, le Président du Sénat.

  • Monique 91
    • Posté à 18h21 le 21/02/2010

    un professeur d'Histoire doit rester neutre...

    Je n'ai pas changé mes cours sur les Révolutions Russes après la chute du Mur de Berlin.. j'ai été surprise qu'un jeune collègue me dise à l'époque « je vais pouvoir traîter maintenant mon cours comme je le veux “.. Je n'ai pas compris ses explications..Pour ma part, je n'ai rien changé...

    J'étais contente quand mes élèves me demandaient ‘ Et vous Madame, qu'en pensez-vous’.. J'avais rempli ma mission : transmission de savoirs... J'ai toujours veillé à rester ‘objective’

    Aujourd'hui, Il me semble que c'est plutôt, l'enseignant qui devrait être sanctionné.. Il n'avait pas à donner son opinion sur Israël .. . J'ai abordé ces problèmes avec mes élèves et je veillais bien à présenter les différents points de vue

    S'il ( cet enseignant) a des difficultés avec ses élèves .. qu'il commence à les respecter ! ou alors qu'il change de métier !

  • etxexav
    etxexav
    en balade...
    • Posté à 20h47 le 21/02/2010
    • Internaute
      en balade...

    Je trouve que l'article est « à sens unique » et à charge uniquement pour l'enseignant.
    D'abord, je me permettrai de dire que jamais on ne met en doute ce qui est raconté par l'élève Zeyneb et qu'on n'entend pas d'autre son de cloche. La manière dont on parle du prof concerné me semble aussi très bizarre... enfin...
    Quelques remarques malgré tout :

    1°) En France, l'enseignement est laïque, donc neutre politiquement et religieusement. Comme le soulignait Monique 91, un prof d'histoire-géo doit essayer de rester « objectif “, d'offrir un éclairage balancé, mesuré et le plus exact possible (c'est ca qui importe ) des situations étudiées.
    2°) Lorsqu'un élève s'exprime, il doit apporter quelque chose au cours, participer dans le cadre du cours. Je ne vois pas en quoi l'expression d'une opinion, si elle n'est pas argumentée est un acte qui permet d'avancer.

    3°) Aucun élève n'a le droit de quitter l'enceinte d'un établissement scolaire, sans autorisation. c'est le cas de plus de 99 % des réglements intérieurs ; sinon, il y a sanction. Quitter le cours est incorrect mais le collège c'est interdit. A 16 ans, en Troisième, elle ignorait ce détail, Zeyneb ? ? Etonnant... Elle pensait ne pas être sanctionnée ? Stupéfiant...

    4°) Sans excuser le prof (si son attitude est véridique ), le comportement de Zeyneb sent la provoc à plein nez...
    Il y a des zones d'éducation où dire qu'Israël a le droit d'exister est perçu comme de la propagande ; par ailleurs, pour une militante, je la trouve bien sensible, cette jeune fille et d'une impulsivité ....

    Il y a sur ce sujet, beaucoup d'activistes pro palestiniens qui sont le -triste- pendant des activistes -sinistres eux aussi- qui confondent l'antisionisme et l'antisémitisme pour tout justifer d'Israel. Je suis très sceptique...

  • lifka
    • Posté à 00h21 le 22/02/2010
    • Internaute

    Je suis effarée autant par cet article que par la haine des réactions qui suivent cet article. Quelques réactions en vrac :

    - D'une part, on n'a que la parole de l'élève pour affirmer que le professeur aurait soutenu Israël. Surtout sachant que pour certains extrêmistes pro-palestiniens, seulement dire qu'Israël n'a pas tous les torts, ou dire que la Russie fait exactement la même chose qu'Israël revient à « soutenir Israël ».

    - Ensuite il est évident même d'après l'article que pour cette jeune fille, porter ce T-Shirt était une provocation intentionnelle. Un élève a-t-il le droit de faire ce genre de provocation ? Les idées politiques ont-elles plus le droit de s'afficher que la religion ?

    - Les enseignants organisent régulièrement des conférences en direction de collégiens avec la représentante de la Palestine et quand on sait que les syndicats d'enseignants sont les plus ardents à prôner le boycott d'Israël sur toutes leurs brochures, on se demande si cette enseignante ne serait pas l'exception parmi tous ceux qui ne se privent pas d'enseigner la haine.

    - je me demande ce qui serait arrivé dans ma banlieue à une jeune fille qui pour réagir aux incitations au boycott de son professeur, ou à une de ces « conférences pacifistes » serait arrivée avec un T-shirt affirmant même pas « Israël vaincra » mais simplement « J'aime Israël ». A mon avis elle n'aurait même pas réussi à franchir le seuil de la classe, et aurait terminé à l'hôpital avant d'avoir pu recevoir un blâme de l'enseignant pour sa provocation.

    Et comme dans l'affaire du Lycée Montaigne, je gage que la LDH aurait soutenu ses agresseurs si ils avaient été punis.

    Mais bon, si on en croit certains, c'est ceux qui soutiennent Israël qui seraient intouchables. Que tant de gens prennent fait et cause pour la jeune fille en dit pourtant long sur l'atmosphère malsaine qui règne dans certains établissements scolaires.