A la une 19/02/2010 à 13h07

Stress au travail : la liste rouge de Darcos effacée en 24 heures

François Krug | Journaliste Rue89


une capture d'écran du site du gouvernement (DR)

Jeudi, Xavier Darcos dévoilait fièrement la « liste rouge » des entreprises n'ayant rien fait contre le stress au travail. Elle est désormais introuvable : le ministère du Travail l'a tout simplement supprimée, à la demande des entreprises concernées.

C'est notre partenaire Miroir Social qui a repéré cette étrange disparition. Sur le site du ministère du Travail, vous trouverez toujours la « liste verte », celles des entreprises ayant signé des accords contre le stress.

Les listes « orange » et « rouge » ont disparu. Dans la première, les entreprises ayant seulement engagé des négociations. Dans la seconde, celles qui n'ont rien fait ou pas répondu au questionnaire du ministère.

Panique des entreprises en rouge et orange

A la place, ces quelques lignes :

« A l'issue de la première classification, de nombreuses entreprises classées en rouge (absence de réponse) ou en orange (plan d'action ou projet d'accord en cours mais non finalisé) ont fait part au ministère du Travail de leurs intentions d'engager ou de poursuivre des démarches en matière de lutte contre le stress.

Nous nous employons à préparer une nouvelle photographie de la situation des entreprises. »

Interrogé par Eco89, le porte-parole du ministre explique que jeudi, « des dizaines d'entreprises » classées en rouge ou en orange ont contacté la direction générale du Travail :

« Ce n'était qu'une photographie à l'instant “T”. Ces entreprises ont expliqué qu'elles n'avaient pas reçu le questionnaire ou qu'elles n'avaient pas eu le temps de le remplir. Nous avons décidé de leur laisser du temps, et nous publierons un nouveau bilan d'ici une quinzaine de jours ou un mois. »

Pas de protestation des entreprises classées en vert

Pourtant, jeudi, Xavier Darcos n'était pas aussi indulgent avec ces entreprises. Il expliquait ainsi à Paris Match :

« Celles classées en rouge seront connues de tous, elles subiront la pression de leurs syndicats et du marché. »

En « rouge », on trouvait ainsi Picard et Labeyrie. En « orange », Décathlon, la Maaf ou France Télécom, l'entreprise qui avait tout déclenché.

C'est la vague de suicides chez France Télécom qui avait poussé Xavier Darcos à lancer ce questionnaire. Celui-ci avait été adressé début décembre à 1 500 entreprises de plus de 1 000 salariés.

Certaines avaient réussi à passer in extremis du rouge à l'orange, comme SFR. Mais au final, un tiers seulement des entreprises figurait dans la liste verte, comme Alcatel, PSA ou GDF Suez. Cette liste qui ne gêne personne n'a, elle, pas disparu.

Corrigé le 19/02/2010 à 14h05 : SFR est évidemment passé « in extremis du rouge à l'orange », pas « de l'orange au rouge » comme écrit initialement dans l'article.

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  • FreeMind
    FreeMind
    Libre Penseur
    • Posté à 13h24 le 19/02/2010
    • Internaute
      Libre Penseur

    Eh ben voilà, plus de rouge ni d'orange...plus d'problèmes.
    Affaire classée, circulez !

  • Docteur Panel
    • Posté à 13h52 le 19/02/2010

    De toutes façons - et le fait que ce soit « pour la bonne cause » n'est pas une justification - ce système de liste pour désigner les bons et les mauvais à la vindicte populaire fleure le populisme américain des années 20-30... à moins qu'il ne s'agisse d'un avatar de la sondocratie française des années (20)07-10, qui aime tellement faire des questionnaires, classer, simplifier ?
    Il est tellement plus facile et moins coûteux de classer les entreprises en 3 colonnes que de travailler sérieusement à réduire le stress au travail !

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 13h59 le 19/02/2010
    • Internaute
      Dessinateur de presse
  • Dissonance
    Dissonance
    met le doigt où ça fait mal.
    • Posté à 16h53 le 19/02/2010
    • Internaute
      met le doigt où ça fait mal.

    « Alcatel dans la liste verte ».

    Une fois qu'on a lu ça, on relit un peu mieux l'article et on comprend qu'il n'est question dans cette signalétique que d'entreprises qui ont entrepris - ou pas - des démarches contre le stress au travail.

    Les noms présents sur la liste verte ne sont pas nécessairement des entreprises où il fait bon être salarié pour autant...

  • romain44
    romain44
    À éliminer
    • Posté à 19h23 le 19/02/2010
    • Internaute
      À éliminer

    Je trouve que le ministre du travail agit bien trop dans l'urgence dans cette affaire (comme le reste du gouvernement le fait avec les autres affaires d'ailleurs ! ! ! ). La passion n'est pas bonne conseillère...

    Car au lieu de sortir une liste à la va-vite, discriminante à souhait, peut-être devrait-on laisser aux entreprises et à leurs valeureux services RH le soin de s'organiser pour mettre en place une consultation (et ainsi respecter au passage les règles en vigueur, respect par ailleurs contrôlé par ce même ministère). Dans une entreprise de plus de 1000 salariés (puisque la dite liste ne concernait que celles-ci) il y a tout un processus posé par la loi et les textes réglementaires à respecter pour mettre en place une telle consultation du personnel.

    D'autre part, cette liste plaçait en catégorie rouge ou orange les entreprises dans lesquelles aucun accord n'avait été signé. Or, l'absence d'un tel accord n'est pas nécessairement le signe que le climat de travail dans l'entreprise est déplorable... cela peut être tout simplement le reflet d'une absence de cause : le climat de travail est « bon » ou « acceptable » (bah oui, autant que faire se peut, car il ne faut pas oublier que nous -salariés- sommes dans une relation juridique comportant un lien de subordination forcément « pesant » sur n'importe quel individu) de telle sorte que la nécessité d'un accord sur le thème ne se soit pas fait sentir. conclusion : les critères retenus dans le classement du ministère ne sont probablement pas les bons !

    Enfin, il me semble qu'un gouvernement ne devrait pas utiliser la méthode du « name and shame », méthode qui est singulièrement contraire à la vocation du Droit (du travail, mais pas que...). Car si le Droit doit rendre possible la vie en société, le « name and shame » ne peut que semer le trouble entre les hommes par le levier de la stigmatisation...

    Bref, tout cela me laisse extrêmement perplexe...

  • smurf
    • Posté à 22h24 le 19/02/2010

    Ce gouvernement agit dans la précipitation. Et, encore une fois, il se ridiculise.
    C'est dommage car c'est sur un sujet grave.

    Cette histoire de liste était bien trop simpliste. A l'intérieur d'une entreprise, le stress peut être très différent d'un site à l'autre, d'un service à l'autre et même d'une personne à l'autre en fonction du travail effectué mais surtout de la relation avec le responsable hiérarchique et les collègues directs.

    Et une vague plan de lutte contre le stress même si c'est mieux que rien ne changera pas grand chose (mon entreprise est dans la liste verte, un plan a été élaboré juste pour se conformer au principe mais rien de concret...)

    Le gouvernement et les entreprises feraient mieux de se préoccuper du climat qui permet cela : la priorité aux objectifs financiers, le travailler plus (sans gagner plus ou pas suffisamment pour compenser la dégradation de la qualité de vie), les techniques de gestion des ressources humaines, les objectifs inatteignables, la précarité généralisée.

    Surtout, pensez tous que la relation humaine est primordiale. Si une personne vous parait en difficulté dans votre entourage professionnel, essayez de l'aider comme vous pouvez. Il faut en parler, essayer de résoudre les problèmes.