Tribune 18/02/2010 à 15h40

Et si on réveillait les nuits de Paris (et d'ailleurs) ?

Paris nous appartient | ParisNousAppartient.fr

Depuis plusieurs semaines, on débat de l’ennui qui étreint Paris une fois la nuit venue. Capitale la plus dense d’Europe, il est difficile d’imaginer pouvoir y danser comme dans les friches industrielles désertées du Berlin des années 90.

Et pourtant... Entre Cathy Getho et ses collègues dont les nuits mercantiles excluent les trop pauvres, les trop comme ceci ou pas assez comme cela, et les Nuits Blanches, qui hélas ne se produisent qu’une fois l’an, il existe une troisième voie.

Nous affirmons qu’il est possible de promouvoir une autre nuit faite par les noctambules pour les noctambules. Nous voulons organiser des événements festifs et culturels accessible à toutes et tous sans déranger personne.

Une nuit pour tous

La nuit n’appartient à personne, ou plutôt à tout le monde. Chacun doit pouvoir y contribuer, qu’il s’agisse de structures culturelles, d’initiatives privées ou de particuliers. La nuit ne doit pas être le monopole des seuls marchands.

Une nuit accessible

Les prix des entrées, des boissons et autres doivent permettre à chacun de prendre part à la fête... À 8 euros la bière de 25 cl dans de nombreuses boîtes de nuit à Paris, il est moins cher de se droguer que de boire des bières. Halte à l’apartheid social !

Une nuit qui s’approprie l’espace public

Il faut encourager les initiatives qui reconquièrent l’espace public dont sont trop souvent privés les citoyens de la nuit. Pourquoi seules les entreprises pourraient organiser des événements festifs dans des lieux somptueux comme l’opéra de Paris ou la cour carrée du Louvre, et pas les citoyens qui financent leur entretien avec leurs impôts ? Mettons fin à la séquestration de l’espace publique par les administrations. Un même lieu peut avoir plus qu’une seule fonction !

Une nuit variée

Les visages de la nuit sont multiples. Au-delà de la fête, il est nécessaire de soutenir et faire cohabiter et travailler ensemble les clubs, bars, restaurants, galeries d’art, cinémas... Il faut créer des ponts et encourager l’inédit.

Une nuit artistique

Les lieux et les artistes doivent être au centre de la nuit afin d’améliorer la qualité des évènements et démocratiser la créativité. Le Marais, quartier situé dans le centre de Paris, ressemble souvent à un écomusée des années 80. Cela suffit : à mort la nostalgie des années Palace ! Inventons demain !

Une nuit associative

Il est nécessaire de favoriser des initiatives non lucratives, non marchandes et nouvelles. La nuit ne doit pas être le monopole des spécialistes.

Une nuit non violente

Certes, ça sonne baba cool. Néanmoins, celles et ceux qui en ont assez de payer des prix exorbitants pour se faire maltraiter par les caissières et les serveurs, voire de se faire violenter par des service de sécurité pas très sécurisants apprécieront... Nous voulons des bisous, pas des coups ! Vive les bisous, à bas les coups !

Une nuit plurielle et mixte

Les djeun’s avec les djeun’s, les blacks avec les blacks, les gays avec les gays, les riches avec les riches, les vioques avec les vioques... parce que la nuit est un moment de rencontres privilégiées, nous voulons promouvoir la mixité. Il est normal et agréable que les gens qui se sentent des points communs se retrouvent entre eux. Mais il ne faut pas oublier de laisser la porte grande ouverte à tout le monde.

Une nuit responsable

La nuit doit être responsable et respectueuse, il faut mettre en place des solutions intelligentes, simples et conviviales pour appréhender le contexte autour des lieux de nuits : modérateurs de rue, éco-responsabilité, co-voiturage, etc.

Vous nous prenez pour de doux rêveurs ? Détrompez-vous, ce que nous vous proposons, nous l’avons vu ailleurs. Un cinéma qui transforme son hall d’entrée pour en faire une boîte de nuit, ça se produit plusieurs fois par mois à Berlin par exemple. Ou bien encore une gare de centre-ville qui devient un lieu d’écoute de musique contemporaine ou de soirées électroniques, ça existe à Bruxelles.

Certes, Paris est la capitale la plus dense d’Europe. Pour transformer cette contrainte en avantage, nous invitons les mairies, collectivités et autres organismes publics à faire preuve de créativité.

Ouvrez les portes !

  • 3659 visites
  • 17 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 15h56 le 18/02/2010
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    « Capitale la plus dense d’Europe, il est difficile d’imaginer pouvoir y danser comme dans les friches industrielles désertées du Berlin des années 90. »

    Pourquoi des années 90 ? C’est toujours le cas...

    Bon sinon le constat est clair et cohérent, partagé de mon coté, beaucoup plus que pour la triste pétition précédente des limonadiers mais bon...

    voir la Nuit Blanche érigée en exemple, ça me fait très peur, si y’a bien un évènement vide de joie et surtout de fête, plein de morgue et d’élitisme social à deux balles, c’est bien celui là

    et pourquoi ne pas avoir fait un site à vocation plus sociale et participative, en accord avec vos déclarations d’intention plutôt qu’une sorte de vitrine figée qui vu la liste des soutiens, désolé, pue tout de même pas mal le millier culturel parisien ultra fermé se mordant la queue ?

    • in girum
      in girum répond à Tyb
      • Posté à 18h53 le 18/02/2010
      • Internaute 8170

      la nuit ne se décrète pas, elle a la couleur des jours ... et dans ce pays dépressif couvre-feu rime tristement avec hortefeux. c’est pas gagné.

      • contrelapenseeunique
        • Posté à 19h41 le 18/02/2010
        • Internaute 97410

        Delanoé et ses petits hommes verts se sont acheté un bon argument : la fête, la nuit à Paris, c’est la Nuit blanche, une fois par an. Le reste du temps : dormez braves gens sinon gare au tapage nocturne.
        La Nuit blanche, c’est comme la Toussaint, ça évite d’aller au cimetière le reste du temps.

         
        • Tyb
          Tyb répond à contrelapenseeunique
          (par ici, par là)
          • Posté à 11h02 le 19/02/2010
          • Internaute 24914
            (par ici, par là)

          ah non, vous oubliez Paris Plage ! ;)

          ça dépasse même le simple cadre de la fête, la Nuit Blanche, Paris Plage et le Vélib’ servent d’alibi pour l’intégralité de la magistrature Delanoë il n’a strictement rien fait d’autre de concret.

          • contrelapenseeunique
            • Posté à 04h11 le 20/02/2010
            • Internaute 97410

            ah, pardon monsieur, vous aussi vous oubliez qlq chose : le 104 : voila une belle réalisation delanoesque
            le vide sidéral du projet n’a d’égal que la nullité du lieu (la maison des courants d’air avec signalétique Ikea) et la vacuité de ce qui s’y passe !
            ( y’a que le magasin emmaüs qui m’a plu !)

            bon sang mais c’est bien sur : un mec qui s’accapare les Pompes funèbres ne pouvait être que le fossoyeur de la nuit parisienne !

        2 autres commentaires
  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 16h03 le 18/02/2010
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    programme difficile à mettre en place, il est plus simple de foutre le feu à ce monde de merde.

    • guerzit-
      guerzit- répond à flixp
      Incomprenant majeur
      • Posté à 16h21 le 18/02/2010
      • Internaute 28472
        Incomprenant majeur

      Taiauuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut ! ! ! !

      Pareil que miguel. C’est pas en organisant la grande fête consensuelle de Paris que notre vie chantera de plus belle...

      A bas les collectifs de mort, à bas les groupes de pression, non aux mouvements collectifs gazonniers... La fête ne se décide pas, elle se subit, et tant pis pour nos envies de square avec toboggans ivres...

      Vive la merde individuelle assumée en tube.

  • mute
    mute
    jeune papa ; -)
    • Posté à 16h44 le 18/02/2010
    • Internaute 49964
      jeune papa ; -)

    Malheureusement votre article est un plaidoyer nécessaire mais que va t-il se passer ? Si on prend l’exemple de Berlin, on peut dire qu’ils bénéficient d’un gigantesque terrain de jeu avec l’est de la ville en reconstruction. Mais à Paris aussi il y a des quartiers en reconstruction, la nuit pourrait se déplacer, non ? Quid du grand Paris, de l’autre côté du périph ? Quand je vois le potentiel en matière de fête, de culture, de sortie du côté du canal de l’Ourcq (il y en a d’autres), je me dis que tout cela est bien mal organisé. Pour ceux qui ont fait la teuf à Berlin, comparez le Canal de l’Ourcq et le Landwehrkanal, Kreuzberg et le Nord est parisien.

    • guerzit-
      guerzit- répond à mute
      Incomprenant majeur
      • Posté à 17h21 le 18/02/2010
      • Internaute 28472
        Incomprenant majeur

      C’est clair. En revenant e Berlin il y a pas longtemps, et comme tout boloss de base, je me disais : « Ouahou ! Ces opportunités foncières, les prix bas tout ca font de Berlin un putain de terrain de jeux.. ! »

      En rentrant à Paris je me suis souvenu des emprises industrielles de petites couronnes, des emprises ferroviaires, des sites aménageables de folie... Et de la spéculation...

  • Buffy-74
    Buffy-74
    Contre le vampire Hongrois...
    • Posté à 17h22 le 18/02/2010
    • Internaute 69369
      Contre le vampire Hongrois...

    Faire la fête est devenu quasi impossible.

    On ne peut plus boire, ni fumer, ni rigoler, parler trop fort dans la rue,chanter, sans prendre le risque de se retrouver en garde à vue.
    Même faire une teuf chez soit c’est dangereux.....

  • Kilwaxoni
    Kilwaxoni
    NYC DIESEL YUM YUM
    • Posté à 18h48 le 18/02/2010
    • Internaute 92406
      NYC DIESEL YUM YUM

    j’étais choqué rien que de voir que en plein octobre un jour de semaine y’a encore tout d’ouvert vers 0h30 a Amsterdam et la plus part de bars ferment vers 1h30...

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 19h24 le 18/02/2010
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    si vous avez un local ou je peux primo, fumer ma clope sans prise de tête , des bières a 50 centimes , de la bonne musik des jolies femmes très ouvertes, ji go

  • contrelapenseeunique
    • Posté à 19h38 le 18/02/2010
    • Internaute 97410

    Le Paris provincial de Delanoé, le Paris vers de gris des Verts avec des petites placettes ridicules, des rues transformées en ’espace piétonniers’ , des boulevards ubuesques (Montparnasse, le 13e etc), des avenues rétrécies, et pire, une pollution qui bat des records avec moins de bagnoles pour cause d’embouteillages....
    Bilan atterrant : Paris est devenu une ville minable, provinciale, triste ...
    Delanoé, c’est l’anti Haussmann,
    L’un pensait grand, l’autre pense petit et provincial,

    Alors rien d’étonnant à ce qu’on s’ennuie ferme. Allez donc faire la teuf à Romorantin après 18h !
    Les grands normalisateurs de gauche comme de droite sont des pisse-vinaigre. Normal qu’on ait pas envie de faire la fête avec des gens comme ça.

  • Firmin
    Firmin
    employé du mois
    • Posté à 00h51 le 19/02/2010
    • Internaute 54542
      employé du mois

    Ben moi j’aime pas les fêtes.

  • fridaythethirteen
    • Posté à 07h57 le 19/02/2010
    • Internaute 34364
      Etudiant

    La nuit dans la métropole parisienne, c’est des milliers de pistes nouvelles à explorer pour des nouvelles stratégies sociales, culturelles et territoriales.... le sujet est vaste.
    Il a été le sujet de deux semestres d’analyse à l’ecole d’archi de Paris Malaquais, qui ont donné deux blogs sur lesquels nous avons résumé nos recherches, nos stratégies, nos idées, nos propositions et expérimentations...
    Lien
    Lien

    Les possibilités sont immenses, faut d’abord commencer par sensibiliser les institutionnels pour que les choses commencent à bouger...

  • vero87
    • Posté à 10h47 le 19/02/2010
    • Internaute 40938

    ainsi ,quand on voudra mettre le couvre-feu ,ce sera bien plus facile ...
    dormez braves gens ......
    c’est pitoyable , la ville lumière est obscure ! quant à l’envie de s’amuser et de faire la fête elle est piétinée à longueur de journée par des visions d’avenir bien peu optimistes ....
    pour qu’un peuple s’amuse il faut qu’il se sente libre et joyeux,et pour qu’il chante qu’il sache que sa voix portera et sera entendue !