Vos réactions 18/02/2010 à 12h51

Je suis mère de famille et Elisabeth Badinter, c'est moi !

berengere1981 | Riveraine

Cette mère qui se force à allaiter alors qu'au fond elle déteste ca, cette mère qui après une journée de boulot s'épuise à faire des purée de brocolis bio car les petits pots sont interdits de séjour à la maison : c'est moi !

Depuis la sortie du livre d'Elisabeth Badinter « Le conflit, la mère, la femme », quand je l'entends interviewée, je suis prise d'une sorte d'extase : enfin quelqu'un me comprend !

Moi qui harcelée par toute cette pression si bien décrite par la philosophe, choisit petit à petit de me pourrir la vie !

Qu'une femme, philosophe, écrivain, mère de trois enfants et qui a su exister à coté d'un époux pourtant assez exceptionnel (un sujet dont Elsa Boublil a bien parlé), que cette femme soit de mon coté ça en jette sacrément plus qu'une Edwige Antier. Enfin une alliée de poids !

Merci madame

Alors merci Madame Badinter.

Merci d'avoir dit que concilier travail et vie de famille était épuisant, merci de rappeler que même devenues mère nous restons femmes. Merci de dire qu'une femme a le droit sans culpabiliser de détester l'allaitement.

Merci de dire que ce retour des femmes à la maison est plus le produit d'une crise de l'emploi qu'une réelle envie. Merci enfin de m'avoir rendu ma condition d'être humain et non plus d'animal primitif, censé avoir le même comportement que tout mammifère.

Paradoxalement la lecture du livre m'a déçue : je n'y ai fait aucune aucune découverte fondamentale. Nous savons toutes que la « Leche league » est un ramassis d'illuminées pour qui aucune raison ne doit empêcher l'allaitement, que sous des couverts écolo le retour des mères à la maison est un recul pour les femmes, que laisser son enfant dormir dans le lit parental n'aide pas à avoir une vie de couple…

Une philosophe s'intéresse à ma petite vie de mère de famille

Mais l'important est ailleurs : une femme, reconnue, ose briser le consensus entourant l'allaitement, le maternage et tout ce qui s'en suit… Une philosophe finalement s'intéresse à ma petite vie de mère de famille ayant choisie un 80% parental.

Grâce à ce livre, depuis quelques jours j'assume d'avoir envie de bosser et d'avoir une vie hors de ma famille, j'assume aimer boire un verre ou fumer, j'assume trouver les vêtements d'allaitement moches, j'assume aimer mes seins en tant qu'objets sexuels, j'assume aimer dormir pendant que mon mari donne un biberon, bref j'assume d'être une femme et pas seulement une mère.

Et j'assume que pour mon prochain enfant, je demanderai peut être une péridurale (refusée pour les deux premiers) et cet enfant sera directement
nourri au biberon sans aucun complexe. Enfin je l'espère !

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  • les_canards
    • Posté à 13h14 le 18/02/2010
    • Internaute

    « Nous savons toutes que la “ Leche league ” est un ramassis d'illuminées »

    Bah non, moi je l'ignorais. Pour moi c'était une association qui avait permis à ma mère, qui travaillait, qui nous a nourri d'excellents petits pots, qui a eu la péridurale pour ses 3 gosses et qui n'a jamais songé un seul instant aux couches lavables, de trouver plein d'astuces pour allaiter quand même ses enfants. Allaitement qu'elle désirait profondément (un peu trop même, mon petit frère n'ayant été sevré que bien tard...) et qui n'était absolument pas imposé par mon père (lui était plutôt contre, comme quoi, mais a respecté son choix)/la société bien-pensante/son employeur...

    Je suis désolée que vous détestiez l'allaitement, mais ça ne veut pas dire que c'est le cas de toutes les femmes, et que ce soit une position meilleure (ni pire, hein ! ) que celle de celles qui l'apprécient, qui existent et qui ne sont souvent pas aidées non plus.

    Ca m'énerve, parce que pour le reste je trouve votre témoignage très bien. J'ajoute que vous devriez peut-être le faire lire à votre mari avant tout, non ?

  • mamanpuce
    • Posté à 13h43 le 18/02/2010
    • Internaute

    Badinter c'est peut-être vous, mais ce n'est pas moi... Ceci n'est pas un article mais le témoignage d'une seule personne.

    Pourquoi vous vous etes imposé tous ces « supplices » si ça ne vous correspondait pas ? Pourquoi ne pas avoir acheté des petits pots ? Comment peut-on refuser la péridurale à deux accouchements si on la veut on fond de soi ? (les accouchements sans péridurale étant quand même largement minoritaires). On a l'impression que vous vous etes imposé cette souffrance. Je suis d'accord qu'actuellement les femmes qui ne souhaitent pas allaiter juste après l'accouchement ne sont pas soutenues (par contre au bout de 2/3 mois, le biberon est roi)... mais le reste de votre « enfer » vous vous l'êtes imposé. La société actuelle ne reconnait pas les femmes qui aimeraient allier vie de famille et travail (combien y a t-il de crèche en entreprise en France ? ).

    J'ai deux enfants. J'ai pris mes congés maternités comme le veut la loi, sans supplément. Par mon expérience, je peux vous assurer qu'une femme qui souhaite profiter des premiers instants de son enfant tout en reprennant son boulot doit faire preuve dans notre pays d'un grand courage, d'une grande volonté et de beaucoup d'énergie... et si en plus elle souhaite allaiter plus de 3 mois !
    Vous piétinez toutes ces femmes dans votre discours, alors que vous n'avez même pas eu le courage de faire vos propres choix.

    J'ai aimé allaiter mes enfants « longtemps » (aux yeux de la France), j'ai aimé reprendre mon travail... mais je n'ai jamais été soutenue. Aller demander à votre employeur un local pour « tirer » votre lait... vous verrez...
    En tout cas je ne regrette rien et je suis heureuse d'avoir partagé cela avec mes enfants et mon homme, contrairement à vous. Avec mon homme, l'envie de retrouver une vie de couple est venue plus tard (la fatigue n'aidant pas au début), mais cela ne nous a pas empêché de profiter de nos amis, d'aller au resto...avec ou sans nos enfants.

  • alberte
    • Posté à 18h08 le 19/02/2010

    Bérngère vous êtes formidables et c » est une sage - femme à la retraite qui vous le dit. Je ne me suis jamais permis durant tout mon exercice professionel C A D 50 ans, d » influencer et encore moins d » obliger une femme à allaiter, et encore moins à lui conseiller comme Mme Antier de coucher son bébé entre elle et son mari. J » ai subi cette dame sur France - Inter longtemps et suis très contente qu » elle en ait disparu Une telle sufisance est obscène au plein sens du terme. Elle avait « réponse » à tout et elle débitait ses âneries avec un culot phénoménal. Elle était psychiatre gourou et avait fondé une nouvelle religion :
    « la mère » ! ! Ces gens là font beaucoup de mal. Maintenant,
    « il faut laver les couches en tissus, faire soi - même les légumes avec du frais etc etc, nourrir jusqu » à 2 ans » Il n » y a que les riches pourvues d » une nounou à domicilme qui peuvent se permettre cela.
    Bérengère, croyez - en une sage - femme retraîtée, suivez et faites ce que vous jugez bien pour votre enfant et vous et votre couple. et ne vous préoccupez pas des modes, car elle changent comme le ciel en automne, et vous trouverez toujours des gens pour parler ex - cataedra, sans écouter au sens propre ce que vous dites sans le dire. Je sentais tout de suite lorsque je demandais à une maman si elle voulait allaiter, si son oui était sincère ou si c » était contrainte et forcée par l » entourage, souvent d » ailleurs une belle - mère, et dans ce cas je la rassurais et lui disais qu » elle ne nourisse pas si elle n » en avait pas envie,
    qu » elle était seule juge. Et je sentais dans son regard que nous nous étions comprises.

  • berengere1981
    berengere1981
    Auteur(e) de l'article Riveraine
    • Posté à 07h50 le 20/02/2010
    • Internaute
      Riveraine

    Puisque la question pourquoi se forcer a allaiter revient souvent en voici la réponse :

    - Parce que ma société donne un congés rémunéré à 100% supplémentaire QUE pour les femmes qui allaitent et que j'avais envie de profiter de mes enfants à ce moment la

    - Parce que si pour mon ainé j'avais assumé le bib dès le début et pas culpabilisé du tout malgré toutes les remarques pour ma seconde qui allait naitre après une longue hospi de ma part je ne me sentais pas prete à lutter

    - Parce que je lis, et que rationnellement j'en avais conclu que cela était le mieux et que je me devais de tenter de donner le mieux à mes enfants sans prendre en compte mes propres sentiments à ce sujet.

    Ainsi 2 raisons sur 3, pour moi, proviennent directement d'une pression sociale voir 3 puisque par extension j'avais integré le fait que je devais etre au top, sur tous les domaines, et que mon enfant était prioritaire sur tout et sur moi-même.

  • berengere1981
    berengere1981 répond à Yvon le Zébulon
    Auteur(e) de l'article Riveraine
    • Posté à 08h00 le 20/02/2010
    • Internaute
      Riveraine

    Je ne voulais pas répondre cher Zebulon car si débattre sur la pressin subit par les femmes, celle qu'elles se mettent seules etc.. est à mon sens enrichissant, la majorité des commentaires est plutot une serie d'attaques personnelles violentes que je juge sans grand interet pour quiconque

    Et je considère que ces commentaires parlent d'eux même, par leur mepris, et que justement je n'ai pas à me justifier de mes choix auprès de personne.

    Toutes ces personnes me conseillant de ne pas avoir d'enfant, supputant que j'ai choisit d'en avoir pour les aides sociales (SIC) ou pour compenser des études médiocres (re SIC) sont révélateurs de ceux que dénonce Mme BADINTER : Dès que la femme choisit d'être mère de manière différente de celle préconisée par l'idéologie dominante ellle s'expose à une pression parfois bien lourde à supporter.

    Pour moi, ces commentaires, vont juste dans le sens de mon texte ; -)

    Bien à vous

  • berengere1981
    berengere1981 répond à Yvon le Zébulon
    Auteur(e) de l'article Riveraine
    • Posté à 08h38 le 20/02/2010
    • Internaute
      Riveraine

    Bien au contraire Zebulon et c'est pour cela que je vous ai expliqué pourquoi je ne rentrerais pas dans le débat.

    Et je dois avouer que ca me fait quand même plaisir quand je lis des commentaires plus cléments ou qui ne se jettent pas sur moi tel que le votre !

    Bien à vous