17/02/2010 à 15h53

De la nourriture irradiée dans nos assiettes ? C'est le cas en France



Des crevettes (FotoosVanRobin/Flickr)

Quel est le point commun entre les herbes aromatiques, les épices, les condiments, l'oignon, l'ail, l'échalote, les légumes et fruits secs, la farine de riz, la volaille, les cuisses de grenouille congelées (si si), les crevettes, et j'en passe ?

Cherchez un peu... Le goût ? Non, pas sérieux, quoique. L'aspect ? Non, impossible, je ne laisserai personne dire qu'une gousse d'ail peut ressembler à une cuisse de grenouille congelée. Quoique.

Alors ? Les rayons, avec au choix le rayonnement ionisant bêta et le rayonnement gamma.


logo Radura

Aaahh, elle ont bonne presse les lettres grecques. Connues, pratiques, scientifiques, elles ne font plus peur depuis belle lurette !

Petit détail pour le consommateur : toute denrée irradiée doit porter la mention « traité par rayonnements ionisants » ou « traité par ionisation » et la signalétique adéquate. (Voir le logo Radura ci-contre)

Ce qui n'arrive pratiquement jamais car les ingrédients irradiés sont le plus souvent incorporés dans des plats préparés et mélangés à d'autres non irradiés.

Pasteurisation à froid

En réalité, l'irradiation des aliments consiste à les exposer à des rayonnements selon deux moyens :

  • soit une source de cobalt ou césium de très haute activité est utilisée. Les aliments sont placés devant cette source jusqu'à avoir intégré la dose désirée ;
  • soit les aliments sont placés dans le faisceau d'un accélérateur de particules. Ils sont alors irradiés par un faisceau d'électrons accélérés ou par des rayons X.

L'objectif est de réduire le nombre de micro-organismes contenus dans les aliments, et ainsi d'obtenir une meilleure conservation, de décontaminer les aliments, d'inhiber la germination ou d'en ralentir le mûrissement.

Ce procédé est aussi appelé pasteurisation à froid, terme plus positif aux yeux du public qu'irradiation.

Selon le Collectif contre l'irradiation des aliments cette irradiation détruit et altère les vitamines, les protéines, les acides gras essentiels et d'autres composants alimentaires. Mais cette technique peut aussi modifier le goût, l'odeur et la consistance de la nourriture, en la rendant parfois peu appétissante.

L'utilisation des accélérateurs ou des sources n'entraîne toutefois pas de dissémination de matière nucléaire, la loi française étant très stricte sur ce point.

Douce France, pays gastronomique qui ne montre pas l'exemple

Pour autant, on peut s'étonner que seuls sept pays de l'Union européenne autorisent l'irradiation d'aliments : la France, la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie, le Royaume-Uni, la Pologne et la République Tchèque.

Les autres pays de l'UE n'importent pas de produits irradiés. Certains pays autorisent l'irradiation pour d'autres produits alimentaires que ceux qui sont traités par la France. Ainsi, le Royaume-Uni pratique l'irradiation pour les légumes, les fruits, les céréales et les poissons. Produits que l'on peut retrouver, sous une forme transformée, dans des petits plats vendus chez nous.

Comme la France prend particulièrement soin de sa population, seize catégories de produits sont soumises en France à l'irradiation, contre trois autorisées dans la directive européenne. Heureusement, la France a récemment exclu le camembert au lait cru et les fraises de la liste.

Avec plus de 3 100 tonnes en 2005, la France est le troisième pays de l'UE à traiter des aliments par irradiation derrière la Belgique et les Pays-Bas . Il existe en France six unités d'irradiation agréées. Trois procèdent à l'irradiation par rayons gamma (cobalt 60). Elles sont situées à Marseille, Dagneux et Sablé-sur-Sarthe. Les autres procèdent par électrons accélérés : Chaumesnil, Orsay, Berric.

Sur ce, bon appétit.

Mis à jour le 17/02 à 16h10. Changement de titre suite à la remarque d'un riverain nous rappelant que la radioactivité et l'irradiation sont deux choses différentes. La radioactivité est en effet un phénomène physique qui englobe la contamination et l'irradiation.

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  • FranckL
    FranckL répond à Corti
    paresseux
    • Posté à 16h30 le 17/02/2010
    • Internaute
      paresseux

    Il suffit de réfléchir à qui profite le crime... A l'industrie agroalimentaire qui peut ainsi conserver donc vendre ses produits plus longtemps, au lobby du nucléaire (on vous avez bien dit que le nucléaire c'est sans danger)... Il doit y en avoir d'autres, par exemple les entreprises qui procèdent à l'irradiation, tout ça payé par le consommateur bien sûr.
    Deuxième problème : ça permet d'importer de la bouffe produite n'importe comment et de la blanchir à coups d'atomes... (un peu comme le poulet à la javel).

  • gongio
    • Posté à 17h06 le 17/02/2010

    J'ai parcouru la seule référence proposée par l'article et j'ai trouvé ça :

    Lien

    En dehors du fait qu'un vrai état de l'art sur le sujet eût été utile, pour ne pas dire nécessaire, l'auteur de l'article sait-elle pourquoi le nombre de travaux récents est extrêmement faible ?

  • lateo
    • Posté à 17h15 le 17/02/2010

    Quel est l'intérêt d'une irradiation des aliments ?

    A qui bénéficie ce marché ? (parce que j'imagine qu'il s'agit d'une affaire de gros sous ? )
    Quelles sont les alternatives ? le surcoût de ces alternatives ?

  • sophieson
    • Posté à 17h45 le 17/02/2010

    Cet article, excusez moi de le formuler comme cela, mais il est bâclé.
    Manque de sources, de preuves scientifiques sur la dangerosité de la ionisation, grand raccourcis... bref, ca ferait sauter au plafond n'importe quel professionnel de l'agroalimentaire.
    J'ai beau chercher, même l'AFSSA (association francaise de la sécurité sanitaire des aliments) n'émet aucun avis sur les aliments ionisés. Seuls les emballages ionisés sont incriminés dans un de ses rapports.

    L'argument organoleptique (ca change le gout, l'odeur...) que vous utilisez est très mal placé. On peut citer le même pour la pasteurisation... très utilisée... Le lait UHT n'a pas du tout le même goût que le lait cru, et vous ne vous en plaignez pas. Et je rajoute de même, que si l'industrie agroalimentaire change les propriétés organoleptiques de son produit, il est sûr de prendre des clients donc aucun intérêt..

    de plus, allez un peu plus loin dans vos recherches, voici un des extraits de communication de la communauté européenne :
    « Communication de la Commission sur les denrées et ingrédients alimentaires pouvant être soumis à un traitement par ionisation dans la Communauté [Journal officiel C 241 du 29.08.2001].

    Selon les propositions faites dans le document de consultation, les produits suivants pourraient être inclus dans la liste positive : herbes aromatiques, fruits secs, flocons et germes de céréales, abats de poulet, ovalbumine, gomme arabique, cuisses de grenouilles et crevettes décortiquées.
    Les produits suivants pourraient en être exclus : fruits frais et légumes, céréales, tubercules amylacés (pommes de terre), poissons, camembert au lait cru, caséine, farine de riz et produits à base de sang.

    Cette proposition avait suscité des avis très divergents : les secteurs de l'ionisation et de la recherche étaient favorables à l'ionisation, les organisations de consommateurs y étaient défavorables, et la plupart des producteurs et des distributeurs de denrées alimentaires se sont opposés à l'inclusion de leurs produits dans la liste positive par crainte d'une réaction négative des consommateurs. »

    alors prouvez moi que c'est néfaste pour la santé et que ce n'est simplement pas une peur aveugle du consommateur lambda.

    Et le seul argument qu'on peut pour l'instant utilisé, c'est le coût des installations, c'est pour cela qu'il y a très peu d'entreprises agroalimentaires qui ionisent ses produits.

  • Marie Morgane Kerouedan
    Marie Morgane Kerouedan répond à sophieson
    Auteur(e) de l'article
    • Posté à 19h17 le 17/02/2010

    Bonsoir,

    Il faut distinguer « baclé » et court. L'article, comme je l'ai déjà expliqué en réponse à un commentaire, ne se veut pas article scientifique.
    Concernant votre remarque « ca ferait sauter au plafond n'importe quel professionnel de l'agroalimentaire », n'importe quelle critique du monde alimentaire tel qu'il est conçu aujourd'hui, n'importe quelle dénonciation, agace les « professionnels de l'agroalimentaire ».
    D'autre part, les avis de l'AFSSA, lorsqu'ils existent, méritent d'être critiqués, au même titre que ceux de l'OMS d'ailleurs. La critique et la remise en cause ne sont pas toujours néfastes.
    Quant à l'exemple évoquant les modifications de goût et d'odeur, il ne s'agit nullement d'un argument, mais bien d'un exemple, au même titre que l'exemple citant la destruction des vitamines et protéines. Je vous invite à consulter le site du Collectif de l'irradiation qui cite d'autres exemples.
    J'ai bien entendu consulté la « Communication de la Commission sur les denrées et ingrédients alimentaires pouvant être soumis à un traitement par ionisation dans la Communauté », je l'avais donc en tête en rédigeant l'article.
    Enfin, entre le fait de prouver par A+B que l'irradiation est néfaste pour la santé et le peur aveugle du consommateur lambda, il y a plus qu'un fossé. Et ce fossé permet d'écrire sur le sujet afin de faire parler de ces pratiques.

    Cordialement.

    M M Kerouédan

  • drane777
    drane777
    Etudiant
    • Posté à 20h19 le 17/02/2010
    • Internaute
      Etudiant

    La technique est peut-etre utile, peut-etre condamnable, l'article peut-etre un peu trop à charge, ou pas, reste qu'en tout cas je le trouve utile en ce sens d'aider à faire connaitre l'existence de cette pratique....je n'en avais personnellement aucune idée (et je pense pas etre seul), je trouve donc très intéressante cette publication : je peux maintenant me forger ma propre opinion sur le sujet (en effectuant des recherches où bon me semble) et en pouvant moi aussi en informer mes proches : )