Enseigner le fait religieux à l'école : une douteuse initiative parlementaire
Une quarantaine de députés ont déposé il y a peu une proposition de loi visant à « instituer un enseignement du fait religieux » à l'école. L'exposé des motifs est, à vrai dire, plutôt confus. « Notre société ne doit pas se résigner à voir ses enfants régler leurs différends à coups de couteaux -peut-on lire- elle a la responsabilité de les aider à maîtriser leurs instincts violents et à les éduquer à la courtoisie. »
Des enfants réglant leurs différends à coups de couteaux ? La réalité quotidienne des cours de récréation, qui ne sont quand même pas des champs de bataille, semble échapper aux parlementaires, sans doute les seuls à faire le lien avec une forme d'inculture religieuse, qui serait à la source de tous les maux.
Il est vrai que les auteurs de la proposition de loi ont trouvé le coupable :
« L'apparition de la burqa en France -affirment-ils- traduit l'émergence d'une conception de la femme qui est étrangère à notre République et à ses valeurs. »
Pourtant, on avait cru comprendre que les actes de violence hautement médiatisés, commis dans les établissements scolaires ces derniers temps, résultaient le plus souvent d'affaires sentimentales ou de querelles personnelles.
Selon les élus, enseigner le fait religieux contribue à diminuer la violence
Nos parlementaires, eux, y voient la marque de la burqa, assimilée à un signe religieux. Il est vrai qu'avec une commission travaillant à temps plein pendant six mois sur le sujet, les députés en arrivent maintenant à voir des burqa partout, même sur les cours de récréation.
Des visions, sans aucun doute. Si l'on suit bien nos élus, avec un enseignement des religions, c'en sera fini de la violence à l'école… Chacun appréciera la pertinence de l'argumentation.
Cette idée d'un « enseignement du fait religieux dans l'école laïque » -c'est le titre d'un rapport rédigé en 2002 par Régis Debray au ministre de l'Education nationale- manifeste pourtant une grande ignorance des réalités scolaires. Si les députés avaient pris le temps de lire les programmes officiels, ils auraient vu que l'enseignement du fait religieux est déjà très présent dans les programmes d'histoire, notamment en collège où l'on frise même l'overdose.
Qu'on en juge avec quelques extraits de ces programmes parus au Bulletin officiel de l'Education nationale :
« Classe de sixième :
- Les débuts du judaïsme et du christianisme (20% du temps consacré à l'histoire).
- Les empires chrétiens du Haut Moyen Age (empire byzantin et religion orthodoxe), 10 % du temps consacré à l'histoire).
Classe de cinquème :
- Les débuts de l'islam (10% du temps consacré à l'histoire).
- La place de l'Eglise dans l'Occident féodal.
- Les débuts de la religion protestante.
Classe de 4e :
- Le Concordat.
- La séparation des Eglises et de l'état »
De nouveaux changements alors que les programmes viennent d'être modifiés
Si l'on ajoute à cela l'étude, en classe de sixième, des croyances religieuses dans l'Antiquité et jusqu'à l'Inde des Gupta, nos élèves en finiraient par croire que leurs ancêtres ne faisaient guère que passer leur temps à prier. Nul doute qu'ainsi imprégnés de sacré, ils ne songeront plus à se battre à coups de couteaux.
Cette initiative parlementaire est d'autant plus malvenue que les programmes scolaires, en primaire comme en collège, viennent tout juste d'être redéfinis suite à la loi d'orientation de 2006, adoptée par ces mêmes parlementaires, ce qu'ils semblent avoir oublié.
La précipitation dans laquelle, aujourd'hui, ils votent les lois, ne leur laisse manifestement pas le temps de prendre connaissance de leur contenu.
Avec un certain mépris pour ceux qui sont chargés de les appliquer, les députés semblent tout ignorer de ce que représentent les programmes en termes de définition de savoirs, de compétences et à quel point leur mise en œuvre est complexe, nécessitant tâtonnements et expérimentations.
La proposition de loi sur l'enseignement religieux illustre surtout une grande illusion selon laquelle, en matière éducative, il suffirait d'une instruction officielle, d'une injonction administrative ou d'un claquement de doigt pour arriver au but fixé ou en finir avec un problème. Les leçons de morale, de civisme ou de « faits religieux » sont, en matière éducative, d'un effet très limité.
Plutôt que d'ergoter sans fin sur les « instincts violents » des enfants, les parlementaires pourraient s'inspirer de ce qu'écrivait C.-G. Jung dans « L'Ame et la vie » : « Les enfants sont éduqués par ce que l'adulte est et non par ses bavardages. » Il est vrai que c'est là une posture éducative autrement plus difficile à adopter.
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De pablico
13H20 | 16/02/2010 |
nos élèves en finiraient par croire que leurs ancêtres ne faisaient guère que passer leur temps à prier. Nul doute qu'ainsi imprégnés de sacré, ils ne songeront plus à se battre à coups de couteaux.
ben oui , personne n'a jamais fait de guerre depuis toujours avec ce principe, ,il n'y avait personne de violent, violeur, voleur, tueur...
cela c'est vérifié dans l'histoire...
(ironie)
si l'on profitait aussi à enseigner la philosophie... c'est moins dogmatique que les religions.. et aussi, sinon plus nourrissante...car cela apprend à réfléchir par soi-même, et non à suivre des dogmes ...
à pablico
De ysengrimus
14H33 | 16/02/2010 |
L’athéisme, oui. Le prozélitisme athée, pas sûr…
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/10/29/l%E2%80%99atheisme-doit-il-mi...
Il y a des causes plus cruciales.
Paul Laurendeau
à pablico
De gelub
14H48 | 16/02/2010 |
L'enseignement du fait religieux qui deviendrait discipline obligatoire, qui plus est sur le compte des maigres horaires d'histoire, est une aberration. La proposition de loi de ces députés UMP est de la démagogie pure et simple.
En revanche, nous devons être attentifs à la demande de plus en plus forte d'un enseignement de l'islam exprimée par les parents d'élèves et y répondre, comme à un droit fondamental, sous forme de cours facultatifs en marge du programme officiel des écoles, des collèges et des lycées. Un tel enseignement dans le cadre de l'Education nationale ne s'avère pas nécessaire pour les autres religions, chacune d'entre elles disposant depuis fort longtemps de son propre réseau d'enseignement.
De christobal0094
citoyen du monde | 15H18 | 16/02/2010 |
Je ne suis pas sur de bien comprendre la signification du fait religieux
est-ce l'histoire religieuse facon cathechisme ?
la succesion de religions dans l'histoire ?
la repartition des religions par pays ?
l'evolution de la croyance en dieu ?
la pratique religieuse et l'interpretation variee des textes ?
j'ai bien retenu de l'histoire: les persecutions des chretiens par les Romains, le bucher des templiers, les croissades, l'Inquisition et les guerres de religions.
ayant grandi je peux rajouter les conversions forcees par les armees arabes, par Charlemagne etc...
que de l'adoucissement des moeurs
au fait comment differencier une secte d'une religion ?
à christobal0094
De spartak-millau
(comité libertaire lyophilisé) | 15H42 | 16/02/2010 |
"au fait comment differencier une secte d'une religion ?"
C'est une question de masse critique : au-delà d'un certain nombre d'adhérents, vous n'êtes plus une secte, mais une religion.
Un peu comme un fanzine, qui devient journal ou magazine à partir d'un certain nombre de lecteurs, en y perdant au passage (souvenez-vous des Inrocks mensuels - blague en passant).
La question profonde est celle de l'aliénation. Une secte est théoriquement plus nocive pour la liberté individuelle. Il est donc en principe plus facile de quitter une religion qu'une secte, laquelle vous harcèlerait pour vous maintenir sous sa coupe.
Tou ceci au conditionnel, car dans les faits, se couper d'une foi et d'une pratique religieuse (rien qu'avec toutes les sociabilités en jeu) est assez compliqué. Cela peut impliquer de changer de lieu de vie, des choses comme ça. Maintenant, couper les ponts avec un parti ou un syndicat n'est pas forcément évident non plus...
à spartak-millau
De christobal0094
citoyen du monde | 16H42 | 16/02/2010 |
merci de la reponse.
j'aime bien cette idee de graduation dans l'alienation.
est-ce lie a des pratiques plus astreignantes, a une plus forte conscience de groupe, a des differences socio-culturelles, je ne sais pas.
je considere comme un devoir, au nom de l'etre (humain) de refuser toute allegeance a du divin, de preserver, autant que faire ce peut, la capacite de raisonner en fonctions des situations et pas sur des dogmes.
à christobal0094
De spartak-millau
(comité libertaire lyophilisé) | 00H12 | 17/02/2010 |
Une complication supplémentaire à partir de là : tous les dogmes ne sont pas fournis par les religions, le divin ne recèle pas toutes les formes d'aliénation.
Et le dogmatisme est bien davantage une question de forme (penchants, caractères, façons d'envisager la relation aux autres et de poser les problèmes...) que de fond (un dogmatique change facilement de dogme, mais en gardant la même intransigeance bornée, voilà).
à spartak-millau
De christobal0094
citoyen du monde | 03H44 | 17/02/2010 |
Bien d'accord
quand je parle de dogme ca inclus toutes les pensees systematiques et fermees.
sur les religions, c'est base sur une croyance en une divinite sous quelque forme que se soit.
cette croyance m'est etrangere.
je comprend tres bien l'utilite des religions pour les individus comme pour les societes. Mon jugement est mitige.
mais c'est vrai qu'a partir d'une certaine accumulation d'experiences et avec les annees, je peut avoir construit mes propres theoremes.
à pablico
De mauser
17H07 | 16/02/2010 |
Il faut bien déformer ces jeunes cerveaux pour les habithuer à obèir .
Les politiques de tous les bords sentent bien que ça coince de pplus en plus et que les élécteurs deviennent des électrons libres
Alors un petit coup de sacrè pour faire passer la pilule non mais
Enseigner la philo pour que le vulgaire pense par lui même
Au bûcher hèrétique un peu plus et vous allez me soutenir que dieu n'existe pas Comment calmer alors les foules dans le merdier qui se profile
De Pépé la Jactance
insituable | 09H24 | 17/02/2010 |
C'est vrai que faire un loi pour résoudre un problème déja traité par une loi précédente, c'est la marque de fabrique du sarkozysme.
Puisqu'on donne déjà, et avec raison, la place qui revient aux religions dans l'enseignement de l'histoire (toute un part de la problématique actuelle entre Europe et Moyen-Orient remonte aux croisades, qu'on ne peut pas comprendre si on ignore ce que sont l'islam et le christianisme), donne-t-on ausi sa place à l'athéisme, à ses penseurs, à ses influences dans l'élaboration des démocraties modernes ? Non ? Ah bon...
De Gastlag
flâneur | identi.ca/gastlag | 12H49 | 16/02/2010 |
Je reste toujours perplexe quand au fait que personne (ou très peu de personnes) ne pense qu'il serait judicieux d'enseigner aux futurs citoyens leurs droits et devoirs. On pourrait par exemple leur apprendre quels sont les cadres légaux des contrôles d'identité et des gardes à vue. Les cours d'instruction civique actuels sont bien trop légers et leur définition est bien trop floue. Il ne correspondent pas à un enseignement sérieux.
Ça pourrait former des citoyens plus responsables et plus à même de se défendre lors des nombreux dérapages de la police (il y en a tellement qu'on pourrait croire qu'ils sont institutionnels). La société serait alors peut être plus juste et moins violente.
à Gastlag
De dudesque
généralement sur mon séant | 13H21 | 16/02/2010 |
ou a lire un bulletin de salaire, le fonctionnement des impots, de la secu toussa, parcequ'une fois laché dans la vie active, le petit jeune se galere beaucoup avec ces conneries (expérience personnelle inside)
à dudesque
De Waphy
Intermittent du travail | 13H27 | 16/02/2010 |
+1
à Gastlag
De spartak-millau
(comité libertaire lyophilisé) | 15H46 | 16/02/2010 |
Parfaitement d'accord. A l'école, l'éducation civique passe après l'EPS (pas le PS, hein, la plupart des profs restent prêts voter Hollande s'il le faut...). En fait, avec un petit projet d'éco-citoyenneté dans l'année, la Marseillaise répétée trois fois avant le 11 novembre et trois fiches sur la Mairie, les symboles de la République et le schéma simplifié des institutions, on a fait le tour dans la pratique (en théorie, dans les programmes, c'est beaucoup plus vaste, mais le temps de faire gym au sol, d'aller 15 fois à la piscine et de faire du vélo...)
à Gastlag
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 19H03 | 16/02/2010 |
C'est carrément des cours de droit, public et privé, qu'il faut !
Les trois ans de Licence répartis sur sept ans (collège +lycée).
Vu l'école, vu les média, vu les organisations politiques et syndicales, on peut être sûr que la majorité des gens ignorent que c'est la Vème république qui fait nos conditions politiques, et encore moins qu'il y en a eu quatre autres avant...
De Daniel Zéro
Re - traité | 13H15 | 16/02/2010 |
Ce fait s'est démontré tout au long de l'histoire et continue encore aujourd'hui :
Religions = Guerres = Violences = Assassinat = Mort d'innocents !
C'est ça qui devrait être enseigné dans les écoles.
à Daniel Zéro
De in_rainbows
suspect de souche | 15H39 | 16/02/2010 |
Homme = Religions = Guerres = Violences = Assassinat = Mort d'innocents !
Malheureusement la religion n'est qu'un prétexte, si ce n'est pas pour la religion, les hommes trouveront (et trouvent déja) d'autre raison de s'entretuer. (De nos jours la mode plutot que de tuer, c'est laisser mourir, et ceux au nom d'aucune religion)
Par contre l'enseignement des religions (et pas l'enseignement religieux) fait partie de la culture générale, historique. On ne peut pas faire comme si ca n'existait pas (bien entendu pas dans les termes présentés par cette initiative plus que douteuse.)
à Daniel Zéro
De LienRag
16H28 | 16/02/2010 |
Heureusement que votre pseudo indique le degré de votre pensée...
à LienRag
De Daniel Zéro
Re - traité | 18H02 | 16/02/2010 |
Au moins j'en suis conscient.
Quelle solution préconisez-vous pour les gens dans ma situation ? (Le Situationnisme vous connaissez ?)
Alors la solution pour les cas désespérés, selon vous, c'est la peine de mort ou l'euthanasie ?
De batila-
13H15 | 16/02/2010 |
C'est sur qu'en parlant de naissance des religions on ne risque pas de parler du lien entre doctrine religieuse et inquisition.
La spiritualité n'appartient pas aux religions.
Nous, les athées, on aimerait aussi que l'on parle de notre histoire.
On pourrait aussi parler des crimes commis au nom de la religion. Même si cela n'engage que ceux qui les ont commis...
L'éducation civique me parait plus importante que le fait religieux, concernant le savoir vivre en société.
La violence ne s'endigue pas par la religion. Les personnes violentes font passer leur religion pour violente, alors qu'elle ne l'est pas essentiellement.
Une introduction à la psychanalyse, dès la 4°, me paraitrait plus judicieux, également. Une histoire de la philosophie, des cours d'épistémologie en voix générale, avant de choisir une voix spécifique, me parait aussi importante.
Si les problèmes de violence persiste, alors que notre société elle-même est violente, il faudra avoir l'humilité de se dire que l'application de la loi est seule à même de nous en protéger.
Devant certains cas, le meilleurs psy baissent les bras, et les cours de religion serait à même de les régler ?
De ON M RSA2012
Touché en plein coeur | 13H25 | 16/02/2010 |
Il serait préférable que les parlementaires arrêtent de lire le journal officiel de Dassault et consorts pour savoir ce qui se passe dans le pays ou appréhender la réalité.
La burqa en fait religieux consiste à légitimer les sectes islamistes. Mais il est vrai que les sectes sont un non problème pour certains d'entre eux.
De ydcl
13H35 | 16/02/2010 |
Je propose, comme premier enseignement : La loi du Talion ! Amen !
De ninaneux
retraité | 14H55 | 16/02/2010 |
j'ai bien peur que l'heure de la scientologie plane déjà sur notre enseignement public!
De ToRDReLoRDRE
chien de talus | 15H18 | 16/02/2010 |
@ Bernard Girard
J'aime bien ton dernier paragraphe il est très vrai, le reste comme d'hab : polémique artificielle, buzz et moulinet médiatique pour faire diversion ça ne marchera pas sur la durée cette tactique.
De patoune
15H46 | 16/02/2010 |
Depuis que notre petit peureux est aux commandes, la police est folle !
De Tofraziel
Orwellien | 16H09 | 16/02/2010 |
Enseigner l'histoire des religions oui, pas le "fait religieux".
Mais le principal problème dans l'enseignement du secondaire, c'est une "braudélisation religieuse". C'est un néologisme personnel...^^
Je m'explique : on apprend aux élèves l'apparition de civilisations (l'Occident, l'Islam) en fondant leur base sur un Texte religieux. Ainsi, outre le problème du concept de "civilisation" en tant que tel, on arrive en plus à mettre comme facteur de base de ces civilisations la religion. On oublie tout le reste, ou on le considère comme secondaire.
Cela amène aux raccourcis et simplismes dangereux du genre "choc des civilisations" ou "choc des religions".
Alors le problème de l'enseignement va bien au-delà du "fait religieux", mais est bien le choix de définir l'histoire et les civilisations d'abord par le prisme religieux...
De franc parleur
anarchieevangelique.wordpress.com | 16H12 | 16/02/2010 |
La spiritualité de tous les libérateurs a toujours cette constante bien reconnaissable qu'elle échappe à tout dogme, toute systématisation.
Donc, ça m'étonnerait que ce soit ce qu'on apprenne à notre jeunesse...
Ce ne serait vraiment pas prudent...
"Je suis venu appeler à changer de vie"
Paroles dites il ya 2000 ans :
http://ascensionfraternelle.blogspot.com/2009/11/paroles-dites-il-y-2000...
De LienRag
16H36 | 16/02/2010 |
La mise en relation de la "violence à l'école" et de l'enseignement du fait religieux est évidemment délirante (mais que pouvait-on attendre de députés UMP?), cela ne doit pas être confondu pour autant avec la réflexion de Régis Debray.
J'ai eu comme tout le monde des cours d'histoire qui faisaient une certaine place à l'impact des religions, mais ces religions ont toujours été présentées de façon assez caricaturale.
Par conséquent avoir une approche sociologique, anthropologique et même éventuellement psychanalytique (comme proposé plus haut) du fait religieux me paraît assez utile - reste évidemment à le faire tenir dans le programme, ce qui n'est pas forcément simple.
Mais rien que faire prendre conscience aux élèves de la nécessité d'historiciser leur approche de la religion devrait rapidement faire tomber, sinon le niveau de violence à l'école, du moins celui des c*nneries déversées sur Rue89 dès qu'un article parle de minarets ou de foulards...
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 18H49 | 16/02/2010 |
Le pire, c'est que ce qui est d'ores et déjà enseigné comme "faits" religieux sont en réalité la mythologie chrétienne ou autre (jésus a marché sur l'eau et autres farfadets).
L'histoire a toujours été étudiée, les religions, contrairements aux Enragés, aux Quarante-huitards, aux Communards, etc., n'ont jamais été occultées de l'histoire.
Le "fait religieux" est le terme novlangue pour "catéchisme".
Il serait temps que les élites intellectuelles le disent clairement, si elles sont dans le camp des opprimés.
De Michel-Petit
Retraité | 19H06 | 16/02/2010 |
Une quarantaine de députés, élus dans un Etat laïc, qui veulent qu'on enseigne le "fait religieux" dans une école laïque ?
Il faut mettre la liste en ligne, ou mentionner un lien pour que cette liste soit connue, divulguée, répandue auprès de leurs électeurs, auprès de tous les électeurs.
Nous allons vers la plus grande confusion, et nous pouvons déjà remercier Notre Guide Suprême qui a lui-même porté le ver dans le fruit de la laïcité depuis de nombreuses années, avec un beau début au Ministère de l'Intérieur, puis un discours d'antologie chez le Pape idéalisant la différence entre le prêtre et l'instituteur.
Après la suppression de l'enseignement de l'histoire dans certaines classes, après l'effacement du terme "chômage" dans quelques manuels pour mieux inculquer les merveilles de l'économie libérale aux éléves, espérons-nous vraiment redresser les dérives des manquements républicains en relatant les méfaits religieux ?
Combien d'hommes et de femmes ont été martyrisés durant des siècles et des siècles au nom des dieux de toute nature ?
Combien de gens meurent encore chaque jour de par le Monde au nom des croyances incertaines et pourtant meurtrières ?
Et il se trouve chez nous des députés, qui espérent éradiquer la violence scolaire entretenue par leur constante incapacité depuis cinquante ans, à répandre l'équité et la justice sociale, en se cachant derrière un retour à l'obscurantisme ?
Est-ce que certains ne sont pas déjà devenus fous ?