09/02/2010 à 13h23

La vérité explose sur l'affaire du sandwich expulsé d'un cinéma



Un sandwich (Headsclouds/Flickr)

En vous racontant vendredi l'histoire de cette famille expulsée d'une salle UGC parce qu'elle avait un enfant de deux ans et dix mois avec elle, nous mentionnions l'histoire de ce spectateur viré d'une salle de cinéma à cause d'un sandwich. La vérité est comme toujours plus complexe, nous apprend un riverain présent ce jour-là dans la salle.

Avant d'aller plus loin je tiens à signaler que je ne travaille pas pour la société UGC. La scène s'est déroulée à mes côtés dans la salle.

La personne au sandwich (d'ailleurs je n'ai jamais vu ce sandwich dans la salle, il devait être dans son sac) était suivie par le vigile d'UGC qui voulait lui parler. Il lui a tendu son ticket avec la contremarque : « Allez, restons-en là, mon sandwich est dans mon sac. »

Connaissant le fonctionnement de ce cinéma, j'ai pensé que le spectateur au sandwich avait dû rentrer de force dans le cinéma (sinon son ticket n'aurait plus de contremarque) et que c'était pour ça que le vigile venait le chercher dans la salle. Le vigile lui a gentiment demandé de sortir de la salle pour qu'ils s'expliquent afin de ne pas déranger les autres spectateurs (la salle était dans la pénombre et les bandes annonces défilaient).

« Une salle de cinéma n'est pas une assemblée ! »

Le spectateur au sandwich a refusé et a commencé à prendre à témoin toute la salle en parlant assez fort :

« Ecoutez-moi, ce monsieur m'empêche de rester dans la salle car j'ai un sandwich que je n'ai pas acheté à l'UGC dans mon sac et que je lui promets que je le mangerai à la sortie du cinéma. »

A cet instant, je savais que les choses dégénèreraient.

Le vigile lui demande de nouveau de le suivre et fait valoir que cette affaire ne concernait que lui et non l'ensemble de la salle. L'homme au sandwich refuse de le suivre et fuit le vigile en traversant un rang quasiment complet pour aller s'installer à l'autre
extrémité de la salle avec la jeune femme qui l'accompagne. Le vigile, le suit, fait le tour, lui explique à nouveau qu'il faut le suivre.

A cet instant quelques spectateurs (une dizaine sur une salle de 150 places) s'en prennent au vigile. Ces spectateurs doivent être une dizaine sur une salle quasi pleine de 150 places. Le vigile est rejoint par une responsable d'UGC qui explique de nouveau au client de le suivre pour qu'ils aient une discussion calme :

« Venez ! S'il vous plaît monsieur ! Une salle de cinéma n'est pas une assemblée ! Je vous donne cinq minutes pour nous rejoindre devant l'entrée de la salle pour avoir une discussion. »

Les bandes annonces et autres publicités défilent toujours. Les cinq minutes passent, l'homme au sandwich est toujours assis.

Intervention de la police

La responsable revient dans la salle, lui demande à nouveau de le suivre. Il refuse. Quelques personnes crient au scandale. De mon côté je me marre, car je connais le règlement d'UGC que je respecte même si je le trouve débile…

Il n'est pas compliqué de comprendre qu'UGC compense son manque à gagner des tickets perdus sur les cartes en vendant des friandises, des boissons et des sandwiches ou des salades et interdit pour cette raison l'entrée de ses salles aux personnes qui viennent avec de la nourriture venant de l'extérieur…

Là, la police intervient sous la huée des quelques sympathisants de l'homme au sandwich… Malgré son entêtement, l'homme au sandwich finit par suivre les deux policiers. Quatre ou cinq personnes suivent « la victime du règlement d'UGC » par solidarité. Nous allons enfin pouvoir voir « Mother » (excellent film d'ailleurs ! Je vous le conseille).

Je comprends l'incompréhension du spectateur au sandwich face à un règlement qui peut paraître débile, mais cette entreprise protège ses intérêts commerciaux. Peut-on donc lui reprocher d'interdire l'entrée de ses salles aux personnes qui ont un sandwich ou autre nourriture venant de l'extérieur ?

Cet incident a été déclenché par une ouvreuse, inflexible avec le règlement de l'entreprise pour laquelle elle travaille. Les personnes chargées de contrôler les spectateurs à l'entrée des salles ne sont pas toutes aussi consciencieuses. Cette semaine, j'ai pu voir une personne tendre sa place de cinéma a une ouvreuse alors qu'elle avait un gobelet Starbucks à la main.

Arrêtons de diaboliser UGC. Oui, cette entreprise vend du pop-corn et du coca hors de prix… mais d'un autre côté elle vend des cartes illimitées très bon marché qui ravissent le cinéphile que je suis. Et si je dois donner un conseil au fameux spectateur au sandwich : la prochaine fois qu'il mange son sandwich avant l'entrée dans le cinéma ou qu'il le planque dans son sac discrètement… Chose que je fais régulièrement.

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  • Dr Maboul
    • Posté à 13h44 le 09/02/2010

    Ce qui est choquant c'est que la police intervienne pour ça, la police n'est pas une compagnie de sécurité privé chargée de faire appliqué des règlements particuliers à certaines entreprises.

    Mais une compagnie qui doit conserver l'ordre publique et faire respecter La Loi (et pas les règlements j'insiste).

    Si demain, j'appelle les policiers pour faire que ma voisine arrête de jouer du saxo parce que le règlement de copropriété l'interdit à cette heure là, mais pas la loi ; alors la police va bien se moquer de moi et me dira de voir ça avec ma voisine, normal.

    Nos impôts ne doivent pas servir à faire appliquer les règlements privés d'entreprises, c'est aussi simple que ça. Qu'UGC se débrouille pour faire appliquer ses propres règlements (iniques), avec ses propres moyens.

  • Cataphractaire
    Cataphractaire
    Keodedour ar bed
    • Posté à 13h51 le 09/02/2010
    • Internaute
      Keodedour ar bed

    Cet article donne envie d'acheter un sandwich pour le manger dans un cinéma UGC. Mais j'en ai pas à coté de chez moi. Dommage. Une salle entière avec des gens mangeant un sandwich non autorisé.

  • theshadedcucumber
    • Posté à 13h53 le 09/02/2010

    Evidemment, le règlement d'UGC se comprend ! On ne peut pas proposer des salles de qualité (généralement, les salles UGC sont en excellent état et très bien équipée) et diffuser des films quasi gratuitement (les cartes illimitées). Il faut accepter ce règlement et basta.

    Après, on peut être choqué par l'intervention de la police. Mais il est vrai que si le spectateur avait accepté de s'expliquer, les choses se seraient réglées beaucoup plus facilement (il aurait peut-être du jeter son sandwich, ou le confier à l'accueil, puis rejoindre tranquillement sa place).

    Le premier reproche que l'on peut faire ici est à adresser au spectateur, qui n'a pas respecté un règlement interne du cinéma, et qui était visiblement trop violent pour ne pas accepter de s'expliquer (quand on rejette le dialogue, c'est bien qu'il y a un problème). La suite est ridicule, mais découle entièrement de cela...

  • iFFLYG
    • Posté à 13h56 le 09/02/2010
    • Internaute

    « Peux-t-on donc lui reprocher d'interdire l'entrée de ses salles aux personnes qui ont un sandwich ou autre nourriture venant de l'extérieur ? » Oui. Et obliger les spectateurs de les acheter chez eux tombe sous le coup de la loi : cela s'appelle de la vente liée (article Article L122-1 du Code de la consommation « Il est interdit de ... subordonner ... la prestation d'un service à celle d'un autre service ou à l'achat d'un produit. » et Article L. 410-1 « Les règles définies au présent livre s'appliquent à toutes les activités de production, de distribution et de services, ... “ Je conseille donc aux victimes de ces comportements de porter plainte.

  • nane
    • Posté à 14h00 le 09/02/2010
    • Internaute

    Pourvu qu « UGC ne se mette pas à vendre des pantalons ! il faudrait alors aller en petite culotte au cinéma !

  • kevangel
    kevangel
    Chercheur
    • Posté à 14h00 le 09/02/2010
    • Expert
      Chercheur

    En tout cas, ca montre encore une fois le zèle que certains employés utilisent pour appliquer des réglements absurdes. Et le pire, c'est qu'une « discussion calme » comme ils disent est totalement impossible. Je n'ai jamais réussi à avoir une discussion argumentée avec ces gens-là. Une fois dehors, quand il n'y a plus de témoin, on se fait virer plus ou moins violemment. Si dans ce cas le vigile a semblé rester calme, c'est surtout pour éviter un scandale en public.
    Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on puisse justifier des pratiques pareilles de la part d'un commercant vis-à-vis d'un client. Autrefois, on disait « le client est roi ». Aujourd'hui, les entreprises sont reines et les clients sont devenus leurs esclaves. C'est d'ailleurs le meme problème avec les hotlines et SAV en tous genres.

  • Wholovesduck
    • Posté à 14h10 le 09/02/2010

    Mouais, c'est de l'ordre du fait divers.

    Pour fréquenter l'UGC des Halles, il est vrai que les personnes se présentant avec des produits starbucks, situé juste à côté, n'ont jamais trop de problème. Peut-être existe-il un accord tacite entre les deux établissements...Etant situé en retrait des flux, on peut imaginer que l'attraction du chaland pour l'un peut être bénéfique pour l'autre.

    Après, il me semble que le cinéma est assez souple concernant cette « règle » : Quelqu'un qui rentre avec une bouteille d'eau achetée en dehors ne se verra pas refuser l'entrée mais lorsqu'il s'agit d'un kebab ou d'un sandwich aux boudins pouvant gêner les autres spectateurs dans un endroit clos, je peux le comprendre.

    Bref, ne diabolisons pas l'industrie cinématographique.
    Du moins sur cette affaire-ci \o/

  • char23
    • Posté à 14h22 le 09/02/2010

    UGC ne vend pas des cartes illimités pour faire plaisir au client mais pour faire plus d'argent.

    J'y allais souvent. Sans excuse publique de la direction d'UGC je ne me vois pas retourner dans un multiplexe qui traite de simples délinquants comme de grands délinquants, avec la complicité de la police, qui apparement n'a que ça a faire.

  • NKM54
    NKM54 répond à kevangel
    • Posté à 14h50 le 09/02/2010

    Ancien employé d'UGC et d'autres complexes cinématographiques je ne comprends pas en quoi ce réglement serait « absurde ». Pour ma part je trouve justifié d'interdire toute nourriture ou boisson venue de l'extérieur. Après tout sont-ce les clients qui ramassent les détritus, miettes, canettes et autres ? Non, ce sont bien les employés, il faut donc bien que ce « service de nettoyage » des salles soit au moins compensé par l'achat des boissons et confiseries.
    Il ne faut pas non plus oublier que l'entrée massive dans les salles de boissons fortement alcoolisées seraient à craindre si de telles précautions n'étaient pas prises.