Tribune

La « sourde et étrange colère » d'un Libanais face au film Lebanon

L'Israélien Samuel Maoz, 47 ans, a triomphé à la 66e Mostra de Venise avec un premier film autobiographique « écrit avec ses tripes », qui montre les horreurs de la guerre à travers le viseur d'un char [« Lebanon » sortimercredi sur les écrans français].

En septembre 2009, la nouvelle de l'AFP ajoute que le cinéaste s'est exclamé en recevant son prix des mains du président du jury, l'Américano-taïwanais Ang Lee :

« Merci pour ce bonheur. Je dédie ce prix aux milliers de personnes à travers le monde qui comme moi sont retournées de la guerre saines et sauves. Apparemment, elles vont bien, elles sont mariées, elles ont des enfants, mais à l'intérieur elles ont dû apprendre à vivre avec leur douleur ».

A quelques jours de sa sortie, Rue89 en fait la réclame depuis lundi et une bannière vue sur son site, posée en haut à droite, annonce le film avec des extraits d'éloges dithyrambiques… [Rue89 est partenaire de la sortie du film en France, ndlr].

La guerre vue par un soldat de vingt ans

Ce film autobiographique fait vivre le début de la première guerre du Liban en 1982, à travers la meurtrière avancée d'un tank israélien. Traumatisé par des combats où, jeune soldat de vingt ans, ce natif de Tel Aviv fut tireur dans un blindé, Maoz a mis 25 ans à en tirer ce film « puissant, » à « rebours de tout héroïsme », qui « montre la guerre avec une radicale nouveauté » nourrie des douloureux souvenirs de son réalisateur,

Ainsi, un nouvel hommage est rendu au cinéma israélien, après Valse avec Bachir, un autre film israélien qui a obtenu de nombreux prix dans le monde, dont le Golden Globe Award du meilleur film étranger et le César du meilleur film étranger en 2009, et était en compétition pour la Palme d'Or 2008 et l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2009.

Un critique français avait rapporté que la salle, le public et le jury de Cannes, étaient fortement impressionnés par ce film où le jeune soldat et futur réalisateur du film, Ari Folman, fait son service militaire dans l'armée de son pays et vit le reste de sa vie avec une culpabilité freudienne sans se souvenir de rien. Plus aucun souvenir, alors qu'il était là, à quelques centaines de mètres des camps palestiniens, au moment des massacres de Sabra et Chatila.

Des Libanais ébahis

Du succès rencontré par le premier film à celui annoncé pour le deuxième, je me retrouve étrangement envahi de sentiments confus. Je ne pense pas être le seul, et beaucoup d'autres Libanais doivent en être tout aussi ébahis. Ce qui m'anime est difficile à décrire, en prenant soin d'éviter l'étalage des haines ordinaires et sans intérêt, j'ai une sourde et étrange colère face à ce que je ressens comme tribulations dans les valeurs culturelles.

Beaucoup plus tôt, il y a pratiquement 25 ans, un journaliste britannique « de renommée internationale, spécialiste du Proche-Orient » (RSF), Robert Fisk, dénoncait les massacres de Sabra et Chatila. Pour ses positions, il a été l'objet de nombreuses critiques et menaces dans le monde anglo-saxon, pour les critiques qu'il a exprimées à l'égard des politiques israélienne et américaine dans la région. Il disait pourtant que « le Moyen-Orient n'est pas un jeu de photos, c'est une tragédie, c'est du sang. » Il le prouve merveilleusement dans son ouvrage « Liban, nation martyr ».

Bernard Wallet, éditeur emblématique des éditions Verticales, en poste à Beyrouth pour les éditions Gallimard dans les années 1970-1980, évoque « ses amis [qui] préfèrent dédaigner les événements irréfragables dont il a été témoin effaré, plutôt que de renoncer à l'idée qu'ils s'en font » dans son livre « Paysage avec palmiers »… et depuis rien !

La parole au bourreau

Qu'est ce qui vaut alors que les uns soient écoutés et les autres à peine ? Qu'est ce qui donne au bourreau plus reconnaissance dans la reconstitution de l'histoire ? Qu'est ce qui fait que l'on soit admiratif devant un cinéaste qui « écrit avec les tripes » et que l'on ferme les yeux devant les victimes qui font son film quand elles ont les tripes à l'air ? Qui est ce qui donne à ceux qui produisent les carnages le droit à la poésie et l'admiration de la critique ? Est-ce la logique des choses que de perpétuer les massacres et d'en faire des films « impressionnants » ?

L'armée israélienne envahit le Liban plusieurs fois, en 1978, en 1982, provoquant à chaque fois plusieurs massacres. Elle lance deux offensives sanglantes en 1996 et en 2006. Elle occupe une bande frontalière au Sud Liban pendant plus de vingt ans, elle va jusqu'à placer des antennes du Ministère de l'intérieur israélien à Nabatiyé et Saïda, ainsi que de nombreux centres de détentions et d'interrogatoires, comme à Bent-Jbeil, le camp d'Ansar ou à la prison de Khiam.

En plus de la logistique fournie lors de massacre de Sabra et Chatila, elle participe directement à deux massacres autour de Beiteddine, et un dans les faubourgs de Hazmieh.

Le 18 avril 1996, au cours d'un bombardement, l'artillerie israélienne bombarde un camp de réfugiés des Nations Unies à Qana, prétextant une erreur de tir. Le bilan de ce massacre du camp est dramatique : 104 civils désarmés sont tués et plusieurs dizaines de blessés sont comptabilisés. Les casques bleus comptent aussi parmi les victimes.

Un film amateur tourné durant l'attaque par un soldat de l'ONU confirme que l'attaque israélienne semble délibérée et ne constitue en rien une « erreur de tir » comme le déclare alors le gouvernement israélien. Cette vidéo n'a pas été prise en compte dans l'enquête qui s'en suit. Interrogé sur l'effet du largage de la bombe sur Qana, le pilote répond avoir ressenti une petite secousse au niveau de l'appareil. A quand son film qui nous en dira plus !

Une thérapie de déculpabilisation

L'histoire et les souffrances de mon pays se racontent par ses agresseurs, pire encore, elles font office de thérapie de déculpabilisation. Le jour de la remise du Lion d'or, le film primé est dédié à tous ceux qui sont revenus sains et saufs, il ne rend aucunement hommage à ceux massacrés et tués sur place pendant les excursions sanglantes et barbares.

Le film semble « émouvant » pour ceux qui ne manifestaient, en leurs temps, que de l'indifférence aux faits réels qui en font l'histoire. Une consécration pour ceux qui ont semé des bombes à fragmentation, au phosphore et au napalm, et qui récoltent aujourd'hui de très hautes distinctions culturelles… en or.

Je n'ai pas vu ce film. Sans doute, je le verrai un jour. Je suis certain que je ne pourrai pas le voir avec les yeux du cinéphile que je suis, mes yeux ont vu beaucoup trop de choses dont il est justement question, je ne les ai pas oubliées et rien ne pourra venir les couvrir d'aucun voile, aussi culturel soit-il.

Je ne serai pas le bon spectateur car je porterai la mémoire des horreurs vécues et je ne verrai ces images autrement qu'en ramassis de cynisme. Le pardon par le cinéma, s'il en est, ne suffira jamais. Le cinéma retrouverait mieux ses lettres de noblesse en allant proposer ses moyens d'expression, au moins en alternative, aux milieux éternellement déshérités des victimes de ses guerres, mais comment faire ?

Valse avec Bachir avait annoncé la couleur de ce cynisme avec les dernières images réelles tournées par une équipe anglaise où le film s'arrête sur le cri de désespoir d'une femme palestinienne lancé à la caméra : Wayn el arab ? (Où sont les Arabes ? ). A cet instant, le doute même sur l'existence réelle des « Arabes » nous envahit et une partie de notre identité s'est subitement envolée dans une œuvre israélienne.

L'autre partie vient de s'ébranler dans cette deuxième œuvre de la même nationalité, sur le même sujet, comme un arrogant coupable qui revient sur le lieu du crime. Comble de la dépossession, elle s'intitule Lebanon.

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Portrait de franc parleur

De franc parleur

anarchieevangelique.wordpress.com | 09H47 | 04/02/2010 | Permalien

"Le film semble « émouvant » pour ceux qui ne manifestaient, en leurs temps, que de l'indifférence aux faits réels qui en font l'histoire. Une consécration pour ceux qui ont semé des bombes à fragmentation, au phosphore et au napalm, et qui récoltent aujourd'hui de très hautes distinctions culturelles… en or."

A bas !

Du Liban, cette Merveille de Paix plutôt :
"Un don qu'Allah voulait offrir aux arabes chrétiens et musulmans"
http://ascensionfraternelle.blogspot.com/2009/12/un-don-quallah-voulait-...

Portrait de Désinscrit le 15-7

à franc parleur Portrait de franc parleur De Désinscrit le 15-7

nc | 12H48 | 04/02/2010 | Permalien

La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. E. Bernays: Propaganda Comment manipuler l'opinion en démocratie

Si possible lire aussi la creation de la "Commission Creel", en Avril 1917 ...Cette commission, qui accueille une foule de journalistes, d'intellectuels et de publicistes, sera un véritable laboratoire de la propagande moderne...

On peu ainsi comprendre le pourquoi de certaines choses, entre autre: "...Une consécration pour ceux qui ont semé des bombes à fragmentation, au phosphore et au napalm, et qui récoltent aujourd'hui de très hautes distinctions culturelles… en or."

Portrait de karlM

De karlM

09H57 | 04/02/2010 | Permalien

Le citoyen israélien est responsable de la politique fasciste de ses élites, des tueries légalisés de ses militaires.
Il est certain que la parole des libanais, des palestiniens n'a pas le même poids, l'argent (des EU, de l'Europe?) qui coule à flot en Israël expliquant cela.
On devrait appliquer à Israël les même sanction qu'à l'Afrique de sud d'avant Mandela.

Portrait de Tyb

à karlM Portrait de karlM De Tyb

(par ici, par là) | 11H02 | 04/02/2010 | Permalien

"Le citoyen israélien est responsable de la politique fasciste de ses élites, des tueries légalisés de ses militaires."

non.

pour mieux visualiser à quel point c'est choquant je transpose :

"Jean Moulin est responsable de la politique fasciste du régime de Vichy, des tueries légalisées de la milice"

Portrait de PoïPoï

à Tyb Portrait de Tyb De PoïPoï

Hurriyya | 12H27 | 04/02/2010 | Permalien

La seule différence est que Jean Moulin n'a pas voté pour le régime de Vichy.

Portrait de rumpus

à PoïPoï Portrait de PoïPoï De rumpus

friend/unfriend | 13H42 | 04/02/2010 | Permalien

Et tu penses que tous les israéliens ont voté pour le gouvernement en place.
C'est normal pour toi de mettre tous les israéliens dans le même sac ?

Portrait de PoïPoï

à rumpus Portrait de rumpus De PoïPoï

Hurriyya | 14H57 | 04/02/2010 | Permalien

Bien sûr que non, mais d'après le Jerusalem Post du 14/01/2009, 94% du public supporte ou supporte fortement l'opération "Plomb Durci" (sondage effectué par l'université de Tel Aviv).

La coalition au pouvoir en ce moment représente près de 70% des votants (sans prendre en compte les deux partis extrémistes (+/- 5% des votants) qui ne font pas parti de cette coalition).

Il y a quelques Jean Moulin israéliens mais pas assez!

Portrait de rumpus

à PoïPoï Portrait de PoïPoï De rumpus

friend/unfriend | 15H24 | 04/02/2010 | Permalien

Alors nous sommes peut être d'accord sur le fait qu'il faut soutenir ces israéliens raisonnables. Je pense qu'il n'y aura pas d'issue sans eux.
=> le 1er message de KarIM, qui condamne tous les israéliens, ne mène nulle part

Portrait de Tyb

à PoïPoï Portrait de PoïPoï De Tyb

(par ici, par là) | 17H32 | 04/02/2010 | Permalien

et que faites vous donc des israeliens qui n'ont pas voté pour le gouvernement en place ou ceux qui n'ont tout simplement pas de parti politique pour qui voter vu le climat politique actuel ?

Portrait de Lugi

à Tyb Portrait de Tyb De Lugi

16H43 | 05/02/2010 | Permalien

D'une démocratie à la nation souveraine, le poids des responsabilités repose sur l'origine du pouvoir : ie le peuple. La démocratie sers tantôt d'alibi, tantôt on la déni.

On ne peut effectivement pas rediriger les responsabilités d'un régime aux personnes qui luttent activement contre lui ou qui vivent en marge de lui. En revanche, je ne peux pas oublier les personnes qui le soutienne, l'approuve ou le laisse faire. A des degré plus ou moins importants, ils le rendent possible et en portent le poids. Il est impossible de vivre dans une société et de s'en laver les mains d'où elle va et de ce qu'elle fait.

Je sais bien que réparti sur toute une population et à des degré divers, ça fait plus grand chose en termes de responsabilités. Mais pour des personnes responsables, le prix d'une décision, quelque elle soit, c'est d'en assumer les conséquences.
A titre indicatif, je rappèle que les devoirs d'un citoyen ne se limitent pas à voter et puis après silence. Qui a dit que c'était facile d'être un citoyen consciencieux ?

Portrait de lostbird

à karlM Portrait de karlM De lostbird

Etudiant | 12H07 | 04/02/2010 | Permalien

Même si les films qui exposent les points de vue Libanais ou Palestiniens sont moins nombreux en ce moment, il sont en général accueillis et distribués en France avec le même enthousiasme que les films israéliens.
J'ai en tête (entre autres) LA PORTE DU SOLEIL (2004), INTERVENTION DIVINE (2002), ou le récent LE TEMPS QU'IL RESTE.
Il n'y a pas de complot international pour promouvoir les films israéliens comme vous semblez le suggérer.
LEBANON a beaucoup de défauts et n'évite pas totalement les clichés gênants du genre "arabe = sauvage"...
Malgré ses limites, le film reste légitime, et il faut le critiquer sur ce terrain là.
Je ne suis pas sûr que le boycott culturel de principe d'évènements israéliens fasse avancer le débat.

Portrait de Brice64 -bloque-

à karlM Portrait de karlM De Brice64 -bloque-

précaire | 13H51 | 04/02/2010 | Permalien

Bravo, je vois que le Hamas a un supporter ici ...
en forme pour vendredi ???

Portrait de amonhumbleavis

à karlM Portrait de karlM De amonhumbleavis

dubitative devant ses certitudes | 14H19 | 04/02/2010 | Permalien

Karim, c'est quoi cette propagande à deux balles???

Autant je suis d'accord pour l'idée de punir Israël pour le régime "Appartheid" autant accusé "le citoyen israëlien" c'est se foutre du monde!!!

Portrait de Encore opposant -bloque-

à karlM Portrait de karlM De Encore opposant -bloque-

Devant le char place Tian'Anmen | 15H06 | 05/02/2010 | Permalien

Super démonstration d'un militant du Hezbollah que voilà...

Israel et sa glorieuse Tsahal seront toujours là pour barrer la route de votre fanatisme.

Portrait de moulinette

De moulinette

Peintrice Illustrateuse | 10H03 | 04/02/2010 | Permalien

Monsieur Salem, votre article m'a ouvert les yeux.
Merci.

On peine toujours à prendre le parti et le regard de la victime quand l'agresseur, et surtout le vainqueur, réécrit l'Histoire - comme le prouve Howard Zinn dans son livre - tant on est soumis à ce discours triomphant qui, non content de ses crimes, doit en plus tuer symboliquement son adversaire.
Nos manuel scolaire sont plein d'aventures de ce genre.

"Vae victus" ! "Malheur aux vaincus" ! dit-on... Avec ce petit accent satisfait et arrogant qui indique que tout est normal.

Portrait de Carnivale

De Carnivale

| 10H13 | 04/02/2010 | Permalien

C'est vrai que ça commence à bien faire tous les films ou les bouquins où on a l'impression que le but du jeu c'est de dire "regardez comme on a été vachement malheureux d'aller massacrer des gens". Et c'est pas que pour les israéliens, les américains font ça très bien aussi. Si les français on le fait pas, c'est juste qu'on est nuls en films de guerre.

Portrait de PoïPoï

De PoïPoï

Hurriyya | 10H27 | 04/02/2010 | Permalien

Merci M. Salem.
Nous vous conseilons ce documentaire, si vous ne l'avez déjà vu, "To Shoot an Elephant" (http://toshootanelephant.com/) tourné par Alberto Race et Mohammad Rujailah à Gaza pendant l'"Opération Plomb Durci".
Ce n'est pas au Liban mais l'attaquant est le même.

À VOIR ABSOLUMENT

Portrait de joundi

à PoïPoï Portrait de PoïPoï De joundi

sylviculteur | 17H31 | 04/02/2010 | Permalien

Grand merci pour ce lien excellent documentaire

Portrait de Roger Harth et Donald Cardwell

De Roger Harth et Donald Cardwell

décors et costumes | 10H35 | 04/02/2010 | Permalien

Bien vu, Walid Salem.
On prête à Golda Meir une réflexion assez semblable après (si je me souviens bien mais je ne suis pas sûre) la guerre de 73. Elle aurait dit aux Egyptiens : "Nous pouvons vous pardonner d'avoir tué nos enfants, mais nous ne vous pardonnerons jamais de nous avoir forcés à tuer vos enfants". Je ne sais pas si elle est rigoureusement authentique mais elle m'a été rapportée à plusieurs reprises. Je trouve que c'est un peu le même genre de pensée qu'il y a dans ces films, et même si j'avais trouvé que Valse avec Bachir était vraiment très bien c'est bien ce malaise que j'avais ressenti.

Portrait de magalighosn

De magalighosn

journaliste | 11H00 | 04/02/2010 | Permalien

Le délire de la thérapie de déculpabilisation...Il est temps d'arrêter de se voiler la face et de ressasser l'histoire de ce pays a des fins thérapeutiques...On en a un peu trop marre de cet art hypocrite et partial.

Portrait de adelagarde

De adelagarde

11H04 | 04/02/2010 | Permalien

Monsieur Salem, vous avez raison d'insister sur le fait que l'on ne rendra jamais assez hommage aux victimes de ces guerres et de toutes les guerres même. Mais je pense que le point de vue de Maoz est plutôt de montrer que dans une guerre TOUT les bourreaux et les victimes sont en état de souffrance. Comme le disait Maoz lui-même sur une échelle de souffrance celle de la victime est proche de 10 et celle du soldat est moins élevée mais elle existe. On ne revient jamais indemne d'une guerre. Je pense que que ce film nous invite à un dépassement et une sortie vers le haut au travers de la "petite histoire" d'une personne de la "grande histoire" des hommes qui n'est souvent qu'un recommencement. Parler du ressenti d'un soldat sans expérience dans un char alors qu'il tue c'est parler de la responsabilité du bourreau. Qu'il soit dans un char ou derrière sa kalachnikov n'y change rien. Si cela peut faire réfléchir un ou deux jeunes velléitaire sur cette planète avant de s'engager alors c'est bénéfique. Je vous conseille effectivement d'aller voir le film.

Portrait de Désinscrit le 15-7

à adelagarde Portrait de adelagarde De Désinscrit le 15-7

nc | 12H56 | 04/02/2010 | Permalien

Comme le disait Maoz lui-même sur une échelle de souffrance celle de la victime est proche de 10 et celle du soldat est moins élevée mais elle existe.

C'est surement parce que le soldat lui a la fin touche sa SOLDE (si il n'a pas eu la chance de revenir envelopper dans un drapeau...)???

Portrait de Gorn

De Gorn

Geek farceur | 12H02 | 04/02/2010 | Permalien

J'ai l'impression de voir l'exemple concret de la maxime: "c'est le vainqueur qui écrit l'histoire".reste à souhaiter la réalisation et le succès d'un film fait par des libanais afin d'avoir leur vision à eux aussi.

Portrait de lostbird

De lostbird

Etudiant | 12H09 | 04/02/2010 | Permalien

Même si les films qui exposent les points de vue Libanais ou Palestiniens sont moins nombreux en ce moment, il sont en général accueillis et distribués en France avec le même enthousiasme que les films israéliens.
J'ai en tête (entre autres) LA PORTE DU SOLEIL (2004), INTERVENTION DIVINE (2002), ou le récent LE TEMPS QU'IL RESTE.
Il n'y a pas de complot international pour promouvoir les films israéliens comme vous semblez le suggérer.
LEBANON a beaucoup de défauts et n'évite pas totalement les clichés gênants du genre "arabe = sauvage"...
Malgré ses limites, le film reste légitime, et il faut le critiquer sur ce terrain là.
Je ne suis pas sûr que le boycott culturel de principe d'évènements israéliens fasse avancer le débat.

Portrait de ToRDReLoRDRE

De ToRDReLoRDRE

chien de talus | 12H29 | 04/02/2010 | Permalien

"Qu'est ce qui donne au bourreau plus reconnaissance dans la reconstitution de l'histoire ?" l'aveu qui a toujours plus de poids que la dénonciation ceci allié à la culpabilité de ceux qui n'ont pas su entendre la dénonciation à l'époque des faits ça donne un lion d'or.
Dans la rubrique énervante du "c'est mieux que rien" le parti-pris de filmer que l'intérieur du char est une figure très révélatrice de l'autisme israélien, un aveu au présent.

Portrait de Cataphractaire

De Cataphractaire

Asen | 12H33 | 04/02/2010 | Permalien

"Je n'ai pas vu ce film. Sans doute, je le verrai un jour. Je suis certain que je ne pourrai pas le voir avec les yeux du cinéphile que je suis, mes yeux ont vu beaucoup trop de choses dont il est justement question, je ne les ai pas oubliées et rien ne pourra venir les couvrir d'aucun voile, aussi culturel soit-il."

Comment critiquer un film que vous n'avez pas vu?

C'est absurde.

Portrait de DrTom

à Cataphractaire Portrait de Cataphractaire De DrTom

Citoyen | 12H50 | 04/02/2010 | Permalien

Il ne critique pas le film, sa forme cinématographique, sa technique, son scénario, etc., mais la démarche. Sa problématique n'est pas de donner une note au film, de dire si c'est un bon ou un mauvais film, mais de confronter deux faits : lorsqu'à chaud le point de vue des "victimes" s'expriment, il est disqualifié, rejeté ; et lorsqu'a posteriori le point de vue du "bourreau" s'exprime, on en salue la repentance, l'auto-critique, etc.
Ca ne vous fait pas vous interroger ? Personnellement, j'aimerais beaucoup voir un documentaire sur cette période, tourné par un réalisateur libanais (à défaut d'un film).

Portrait de DrTom

De DrTom

Citoyen | 12H43 | 04/02/2010 | Permalien

Très bel article. Vous me donnez à penser, vous me faites voir des choses que je n'avais pas envisagées sous cet angle...
J'irai voir Lebanon, comme j'ai vu Valse avec Bachir, tout simplement parce que j'étais trop jeune pendant la première guerre du Liban, mais je les regarderai autrement grâce à votre article.
Merci !

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 12H58 | 04/02/2010 | Permalien

Si c'est aussi ennuyeux que "Valse avec Bashir" alors je zappe de suite...

Enfin des quatre ou cinq films israéliens que j'ai vu, c'était quand même le moins pourri du lot, à la différence des autres il y avait une histoire, on se faisait pas chier au bout de dix minutes et y'avait pas de femme à poil qui avait rien à foutre là...

A croire que les réalisateurs israéliens ont appris à faire des films en France :D

Portrait de NELEPHANT

De NELEPHANT

13H51 | 04/02/2010 | Permalien

Je cite Samuel Maoz ( dans l'interview du Monde donnée en lien)

Q-La multiplication des films sur les guerres menées par Israël a-t-elle un effet sur l'opinion ?

R-C'est le début d'un processus sain. Toute solution commence par la parole. Depuis le Liban en 1982, jusqu'en 2006, en passant par les deux Intifadas, Gaza, les gens de ma génération ont changé dans leur rapport à l'armée. La génération de mes parents qui avaient fui les Allemands vivait avec le sentiment que tout le monde voulait éliminer Israël. Nous ne vivons pas avec ce sentiment, nous recherchons une vie normale, la paix.

De ce fait, j'aurais aimé que certains posteurs aient , comme Walid Salem, "évité l'étalage des haines ordinaires et sans intérêt".....

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