Les grandes surfaces ont-elles des budgets « vols » ?
Chaque année, un pourcentage de produits sont cassés ou disparaissent des grandes surfaces. Il s'agit de la « démarque inconnue ». Elle représente en moyenne 1,37% du chiffre d'affaires des enseignes. Un pourcentage que les entreprises de la grande distribution prennent évidemment en compte pour planifier leur budget.
Pour budgétiser cette perte, l'entreprise se base sur la démarque inconnue de l'année précédente :
« Dans la grande distribution, elle varie très peu d'une année sur une autre, ce qui n'est pas le cas pour les petites enseignes », déclare Benoît Robet, responsable de Loss Prevention, agence de formation spécialisée dans la réduction de la démarque inconnue. »
Selon une étude réalisée par le cabinet britannique indépendant Center for retail research, les vols ont cette année augmenté dans la distribution :
« Les vols dans les rayons des magasins ont coûté en 2009 près de 4,9 milliards d'euros aux distributeurs français. »
Pour compenser ce manque à gagner, les grandes surfaces ont de plus en plus tendance à dédier une part de leurs recettes à la lutte contre les vols. Olivier Costil, rédacteur en chef adjoint du magazine de la grande consommation LSA, l'affirme :
« Les grandes surfaces cherchent de plus en plus à lutter contre la démarque inconnue, car elles veulent réduire leurs coûts. Ce n'est pas impossible de l'éradiquer complètement, mais les moyens de la combattre se développent. »
Si les dépenses en vidéo-surveillance, antivols, logiciels et formation du personnel semblent augmenter, les enseignes sont assez timides pour communiquer les sommes qu'elles y consacrent. Aucune de celles contactées n'a donné suite à notre demande. Leclerc prétend n'avoir aucune politique interne à l'échelle nationale :
« C'est à chaque magasin de décider de la méthode à employer pour réduire les pertes. »
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Pas à ma connaissance.
Par définition, un vol reste inconnu du magasin puisque une fois attrapé le voleur rend la marchandise donc c'est difficile à chiffrer. Bien sur des moyens de surveillances sont mis en place mais plus dans la vision d'un retour sur investissement que d'un budget de pertes.
Il est vrai que ce sujet reste très secret entre les directeurs et leurs équipes de surveillance car même les employés sont surveillés (le figaro avançait 15% des vols juste pour les caissières).
A ce que je sais (comme dit c'est normalement les hautes sphères), le vol passe dans les chiffres de « démarque inconnue », à savoir : vol, casse non comptée, produits jamais arrivés mais facturés... Régulièrement un inventaire est réalisé et le stock théorique du magasin - le stock compté = la démarque inconnue. Il y a un chiffre de démarque inconnue par rayon.
Ensuite, c'est simple : si la démarque inconnue d'un rayon à fait un bond, le chef de rayon est prié de rectifier le tir. A lui de découvrir si il s'agit d'erreurs d'arrivages (un coup de 12 à la plateforme), de produits cassés et mis à la poubelle sans comptage (un coup de 12 aux employés) ou de vol. Si c'est du vol, la marge va augmenter pour combler le trou et les antivols vont fleurir sur les produits incriminés.
En fait seuls quelques produits sont sujets à des vols réguliers et ils sont connus des grandes surfaces. Elles tiennent une sorte de « top 50 » basé sur les chiffres de démarque. Le chef de rayon de la droguerie, par exemple, sait qu'il est inutile de mettre des antivols sur les shampoings mais que le maquillage et les lames de rasoirs sont à surveiller. Cela va de soi que la marge de ces produits inclues le vol depuis longtemps. Cela explique pourquoi les lames de rasoirs sont à 15€.
Je suis lancé (c'est votre faute). Quelques chiffres. On estime la démarque à 40% des clients, 30% des employés, 10% des fournisseurs et 20% d'erreurs de gestion. Le vol représente environ 1.5% du CA de la distribution. Chaque foyer français dépense 200€ par an pour payer les vols.
Pour la première année, des produits alimentaires font partis du top 10 en 2009. L'étude de checkpoint (l'organisme qui s'occupe de ça) a montré que, cette année, les vols de nécessité ont fait un bond plutôt du coté de la viande et du lait maternisé. Dans le reste du classement, viennent les « habitués » : Lames de rasoirs (indétrônable n°1), bouteilles d'alcool, DVD et CD, petit électronique...




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