Tribune 01/02/2010 à 16h56

Excusez-moi d'être à côté de mon mari

Elsa Boublil | Journaliste


Sacrée société émancipée et moderne dans laquelle nous vivons. Je me souviens d’il y a plus de vingt ans, quand ma mère recevait du courrier au nom de Madame Robert Boublil. Je lui demandais pourquoi on l’appelait Robert, ma pauvre mère dont le prénom -Geeske- est si imprononçable pour les Français. En fait, cet archaïsme poli voulait que pour honorer une dame, on l’affublait du prénom de son mari.

On lui faisait cet honneur de ne pas se donner la peine de mémoriser son prénom et de l’appeler Robert. Ou Roland. Ou Pierre.

Je crois que cela ne l’a jamais dérangée, ma mère, d’être Robert, la « femme de ». Derrière la langue qu’elle ne comprenait que quand ça l’arrangeait et les conventions dont elle se contrefichait, elle ne prêtait aucune attention à ce genre de machisme de papier.

Aujourd’hui c’est mieux : comme on a dépassé cet archaïsme, on ne prend plus la peine de ne rien dire du tout.

Soit on sait que vous existez, auquel cas, selon le degré d’éducation de chacun, vous aurez un prénom voire un nom, soit vous restez quantité négligeable et on ne prend plus la peine de chercher à savoir qui accompagne votre mari.

Les papiers, quels qu’ils soient sont adressés à lui et lui seul. L’autre -moi ! - attendra sagement qu’il ait ouvert sa lettre pour prendre connaissance de ce qui la concerne. Formalités administratives révélatrices...

Des personnes qui savent que l’ex-« tu » n’est plus tout seul, qu’il est désormais accompagné d’une « elle » et qu’ils sont du coup devenus « vous », continuent de s’adresser à « tu » comme si rien n’avait changé : « pour les travaux, chez toi, tu vas peindre les murs en blanc, là ? » ou « tu habites dans le coin ? » (alors qu’il vient d’annoncer à cette connaissance que nous nous sommes mariés...).

Eh bien oui, je suis là à côté de lui... Vous ne m’avez pas vue ? Ah bon ? Je suis trop discrète ?

Une grossiereté

J’ai cru au début que c’était par pudeur, mais non en fait, c’est une grossièreté : on ne s’adresse qu’à celui qu’on considère comme le plus fort. Et qui est le plus fort des deux quand il ne s’agit pas de pouponner ou de parler couches ? Lui, évidemment. N’en parlons pas quand la notoriété intervient...

Drôle de monde où l’illusion fait croire que les choses ont progressé. Que le monde est de plus en plus égal, regardez, il y a des femmes au gouvernement ! Elles ont même fait un déjeuner de femmes pour la rentrée 2010. C’est dire ! C’est tellement sympa et remarquable un déjeuner entre femmes, hein ?

L’égalité, c’est communiquer sur le fait qu’il y a des femmes au gouvernement.

L’égalité, c’est demander à une femme comment elle s’organise quand on apprend que son mari travaille beaucoup (qui ferait la réciproque ?). L’égalité, c’est trouver normal qu’une femme s’organise une fois qu’elle a un enfant, alors que ça ne viendrait à l’esprit de personne d’imaginer l’inverse.

L’égalité, c’est l’inégalité des salaires qui sévit toujours dans certaines entreprises. L’égalité, c’est l’exception qui confirme la règle. L’égalité, c’est encore croire qu’il y a certains domaines qui n’intéressent qu’un des deux sexes.

L’égalité, c’est continuer de prononcer des divorces en faveur des mamans sous prétexte que ce sont elles qui éduquent les enfants, alors que la seule raison valable serait qu’elles n’ont pas envie de garde partagée.

La véritable égalité serait de reconnaître, plus de trente ans après les mouvements MLF, que les choses n’ont pas tant bougé que ça dans les mentalités. Qu’il est révoltant d’observer que nous restons la « femme de » monsieur, que les gens ne se donnent souvent pas la peine de retenir votre prénom (comme si nous étions une parmi tant d’autres).

C’est aussi donner prise à cette fausse idée que c’est l’homme qui choisit la femme, et donc, c’est bien connu, que c’est le mari qui la trompe.

Pas grave. Je continuerai de ne pas l’accepter jusqu’à ce que la politesse entre de nouveau dans les mœurs. Je continuerai de sourire poliment même à ces grands imbéciles. Pour qu’on voie de nouveau deux individus dans le couple. Pour que mon identité cesse de disparaître derrière celle de mon mari. Et qu’enfin, quand je me déplace quelque-part avec lui, ces malheureux se donnent la peine de prendre de mes nouvelles... Même s’ils s’en foutent.

Mais au moins qu’ils soient hypocrites jusqu’au-bout, histoire de croire que les choses ont bel et bien changé.

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  • Pictulo
    • Posté à 17h08 le 01/02/2010
    • Internaute 23785

    Vous oubliez que dans les divorces, les enfants confiés aux mamans (pour les raisons absurdes que vous évoquez), entraînent un manque terrible pour les papas privés de leurs enfants.
    Mais comme vous le dites, c’est aussi ça l’égalité, sauf qu’elle agit en sens inverse avec la même cruauté...
    Tout à fait d’accord avec vous sur le reste.

  • mystigris
    mystigris
    ...
    • Posté à 17h09 le 01/02/2010
    • Internaute 94417
      ...

    « Les papiers, quels qu’ils soient sont adressés à lui et lui seul. L’autre -moi ! - attendra sagement qu’il ait ouvert sa lettre pour prendre connaissance de ce qui la concerne. Formalités administratives révélatrices… »

    Une grande enseigne qui s’occupe de vendre des vêtements réputés lutter contre le froid s’obtine à m’envoyer son catalogue depuis que j’ai eu le malheur d’y commander quelques t-shirts au nom de :
    « Madame Mystigris Pierre » (j’ai changé mes nom et prénom mais c’est du même type).
    Je précise que je suis un « monsieur », mais apparemment chez eux un homme qui commande des habits pour homme ça n’est pas envisageable.

    Bref, les clichés ont la vie dure en effet.
    Les grandes enseignes en sont toujours à considérer que c’est madame qui doit faire les courses, doit choisir pour les vêtements, les meubles etc
    D’ailleurs à chaque appel d’entreprises pour des sondages de cuisine ou salle de bains, c’est toujours un grand moment. Je réponds et on me dit :
    « Bonjour, Madame Mystigris... »
    Formatage...

  • Tessa
    Tessa
    Bac +++
    • Posté à 17h16 le 01/02/2010
    • Internaute 92888
      Bac +++

    Testé la même chose mais, avec le Mademoiselle. Ca peut sembler flatteur au premier abord mais lors de grand débat, de conférence,de réunion spécialisée le mademoiselle passe moins bien et résonne différemment. C’est un petit terme qui rabaisse rapidement. Je me bats pour un Madame haut et fort que l’on ait vingt ou soixante quinze ans, que l’on soit mariée ou pas, des enfants ou pas. On dit bien Monsieur et rarement damoiseau qu’est-ce que c’est que cette discrimination...
    Si on vous corrige par un Madame, ne vous demandez plus pourquoi...

  • Lauvergnate
    Lauvergnate
    Gardienne du bon goût
    • Posté à 17h17 le 01/02/2010
    • Internaute 99381
      Gardienne du bon goût

    Et que dire lorsque c’est moi, femme, qui prend l’addition tendue à mon mari et sort la carte bancaire pour payer le repas...sourire gêné du serveur.

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis répond à Lauvergnate
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 17h20 le 01/02/2010
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    Samedi soir, au resto on m’a fait le coup de la carte sans prix... et c’est moi qui ai payé la note ... sourire gené de la serveuse ! ! !

  • Houdeng
    Houdeng
    Economiste
    • Posté à 17h37 le 01/02/2010
    • Internaute 91540
      Economiste

    La France est un des seuls pays francophones où une femme change encore de nom quand elle se marie ! Quelle archaïsme incroyable ! Il s’agit d’une infraction à l’égalité des sexes ahurissante pour un pays civilisé, qui touche un élément fondamental du droit de la personne : le choix de son nom. Inadmissible également, et à la limite de la fraude, toutes ces femmes qui se font connaître sous le nom d’un mari dont elles ont divorcé il y a des (dizaines d’) années. Fille de Delors, sors de ce corps !

  • bleuet1
    bleuet1
    espère malgré tout
    • Posté à 17h39 le 01/02/2010
    • Internaute 65892
      espère malgré tout

    C’est marrant, j’ai été confrontée à la même frustration pas plus tard qu’il y a quelques jours.
    Je suis mariée depuis maintenant un an et quatre mois, et je constate ce genre de discrimination silencieuse un peu tout le temps.
    Le courrier de la banque est adressé à « Monsieur et Madame », mais c’est le prénom de mon mari qui est mentionné. Pourquoi ? Pure convention machiste, mais qui perdure.
    En revanche, il y a quelques jours un courrier est arrivé, adressé à mon mari. Parfois je les ouvre, quand il est évident, vu l’enveloppe, que ça m’est aussi destiné. Mais là, je ne pouvais rien deviner. Alors j’ai laissé le courrier pour qu’il l’ouvre tout seul. Et bien c’était une lettre du syndic, pour l’appartement que nous occupons bien sûr tous les deux. Là j’étais franchement irritée. J’étais obligée d’attendre que mon mari daigne ouvrir une enveloppe pour savoir ce qui me concernait moi aussi ! Dans ce courrier se trouvait la plaque à coller sur la boîte aux lettres. Elle ne mentionnait que notre nom de famille. Je me suis fendue d’un mail au syndic pour qu’ils y accolent mon nom de jeune fille. Pourquoi ? Parce que dans le droit français, le seul nom officiel d’une femme qu’elle gardera toute sa vie est son patronyme. Je reçois encore du courrier à ce nom. Mais non, un gratte-papier a décidé que seul le nom de mon mari comptait. Ils n’ont même pas pris la peine de nous demander quel était notre souhait avant de nous imposer cette plaque.
    Pareil quand mon beau-père, qui est assureur, a assuré notre voiture neuve. Il est très gentil, je sais qu’il ne pensait pas à mal. Mais il l’a assurée uniquement au nom de mon mari. Quoi, notre voiture, que nous avons choisie ensemble, que je conduis également, qui a été payée avec un compte joint, n’appartiendrait-elle qu’à mon mari ?

  • moulinette
    moulinette
    Peintrice Illustrateuse
    • Posté à 17h53 le 01/02/2010
    • Internaute 12255
      Peintrice Illustrateuse

    Il y a exactement 44 ans jour pour jour, le 1er janvier 1966, en France, la femme devient l’EGALE JURIDIQUE de l’homme. Il a fallu une loi... Incroyable, non ?

    Je comprends votre irritation, Elsa, mais je ne sais pas si ce n’est que de la grossièreté... J’y vois aussi un poil d’arrogance et une certaine forme de fraternité.

    Mille fois on m’a présenté : et Machine, la femme de X...
    Dix mille fois, j’ai « dîné en ville » sans que personne ne m’adresse la parole et me quitte sans savoir ce que je fais dans la vie, sans connaître le son de ma voix.
    Et cent fois on m’a dit gentiment : C’est bien ce que tu fais, pour une fille.
    Et même ma mère qui faisait le forcing pour que je sois prof... « C’est bien quand on a des enfants »... (Bonjour pour l’estime de soi !)
    Et ma fille, petite, qui me disait : « Je ne peux pas en, faire de la plongée sous-marine, y’a pas de filles dans l’équipe Cousteau ».
    Et la minceur obligatoire qui est une forme occidentale et contemporaine du contrôle sur notre corps...

    Sans compter cette nouvelle manie de faire compte à part, quand on est marié, et où Monsieur (qui, lui, a le VRAI job) donne sa petite enveloppe à Madame pour les coucourses... Ça prospère autour de moi.
    Les femmes sous-représentées en politique ou dans les médias, le plafond de verre de 30 cm d’épaisseur...

    Les avancées sont minces.

    Des tas de petits signes, de petits symboles pour bien nous permettre d’intérioriser l’infériorité consubstantielle à notre genre...

    Alors qu’en fait, nous sommes des êtres humains et je me demande bien pourquoi nous aurions à revendiquer des droits qui sont les nôtres...

    Je trouve le principe très malin :
    D’abord, et sans mandat (divin ?), je te prive de tes droits... Pis après, grand seigneur, je te les rends au compte-gouttes ! ...

    Mais pas trop trop quand même... C’est pour ça qu’il faut qu’on reste à l’ombre de nos chéris !

  • Désinscrit le 15-6
    • Posté à 18h49 le 01/02/2010
    • Internaute 83404
      nc

    Je viens réagir en opposition légère à l’article ou du moins en contrepoint je l’espère.

    Le féminisme extrémiste est une attitude qui fait du tort au féminisme depuis de nombreuses années. Certaines femmes ne mesurent pas que les limitations qu’elles dénoncent sont en réalité en elles.
    Ce sont elles qui éduquent leurs filles pour qu’elles soient douces et belles comme des filles, qui éduquent leurs garçons pour qu’ils soient forts comme des garçons. Puis des années plus tard elles revendiquent l’égalité.

    La vraie limitation vient souvent de sois-même.

    Les femmes véritablement forte qui veulent la place des hommes savent bien le faire, mais on ne les entend jamais se plaindre d’avoir perdu les privilèges d’être une femme.

    On ne peut pas avoir le beurre, et l’argent du beurre.

    Il est un fait que la société dans laquelle nous vivons possède un carcan de règles dont nous ignorons totalement en propager l’existence sans même en avoir conscience.
    Il est des choses qui se font, d’autres non.
    Si vous rencontrer un homme dans la rue et que vous êtes avec votre mari/compagnon, l’homme parlera avec votre mari
    De même une femme s’adressera à vous si vous êtes avec votre mari, tout ceci repose sur des comportements dont nous n’avons même plus conscience.

    Il est bon de ne pas oublier que tout est possible pour une femme aujourd’hui en France, alors si certaines aiment se mettre de la moquette sur la tête avec une grille, c’est leur problème.

    Quant aux inégalités que vous dénoncez concernant les salaires et autre grosses inégalités, oui, bien sur c’est pas bien. Mais cela change, parcontre ne laissons pas disparaître ce qui à fait la force de la femme pour essayer de ressembler aux hommes.
    Et puis, je pense que nous devons aussi nous soucier des hommes, leur perte totale de repères et du rôle qu’ils ont à jouer dans une famille.

  • Lohiel
    Lohiel répond à amonhumbleavis
    http://twitter.com/Lohiel
    • Posté à 19h01 le 01/02/2010
    • Internaute 38391
      http://twitter.com/Lohiel

    Il aurait été contraint de faire la même chose dans votre situation ...

    certes... mais dans la réalité, actuellement, on assiste à une terrible avancée de la paupérisation des femmes (pas des hommes)... les ONG qui s’occupent de pauvreté en France n’arrêtent pas de le dire...

    ...et surtout des femmes seules avec enfants...

    la crise ce sont eux qui la prennent de plein fouet, les gamins... et les papas vraiment « paternants », concernés... on les entends beaucoup parce qu’ils souffrent énormément (ils semblent souvent confrontés à des ex particulièrement féroces, ça c’est vrai), font des assoc, s’expriment et tout ça... mais ils ne sont largement pas assez nombreux... sinon y’aurait pas tant de petits dans la mouise la plus noire (les employeurs n’aiment pas leurs mamans, elle ne sont pas « fiables »... coincées qu’elles sont par les imprévus de la vie avec des mômes)

    ...voilà un sujet qui n’est pas du tout « tendance » et pourtant c’est une réalité statistiquement beaucoup plus tangible que certains « faits de sociétés » dont on nous bassine à longueur de colonnes... Il y a un million d’enfants pauvres en France... et combien de journalistes qui s’y intéressent ?

    ...le genre de sujets que Madame Elsa Boublil pourrait creuser, puisqu’elle semble percevoir ces méchants accrocs dans la trame de l’idéologie dominante qui affirme qu’aujourd’hui toutes les femmes sont libres et égales de l’homme...

  • Artemisia.G
    Artemisia.G
    Lulucarabine
    • Posté à 19h14 le 01/02/2010
    • Internaute 39119
      Lulucarabine

    Pire : je ne suis ni mariée ni Pacsée ni rien du tout avec mon ami mais nous vivons ensemble.

    Dernièrement j’ai dû m’occuper de toutes sortes de formalités administratives seule. Eh bien, j’ai eu peine à la croire tellement le procédé était insultant et grossier, les papiers en question ont tous été adressés au nom de mon ami (qu’ils n’avaient jamais vu dans leurs bureaux) ! ! ! Mon existence avait été tout simplement négligée et limite effacée ! Je ne vous cacherais pas que j’ai eu des envies de supplices chinois trèèèèès lentement administrés ; -)

    Ah, l’idéologie rétrograde et patricale cela fait si mal quand elle vous revient en pleine gueule, vous rappelant que l’on vous considère comme un citoyen de seconde zone !

  • mm toulouse
    mm toulouse
    iufm stagiaire
    • Posté à 19h22 le 01/02/2010
    • Internaute 73426
      iufm stagiaire

    Ma femme, depuis longtemps en guerre contre ce sexisme quotidien et banal s’est beaucoup battue à la banque, lors de l’ouverture du compte commun pour qu’il y ait nos deux noms et sans ajout de « épouse x ». Demandant à l’agente de banque, charmante dame qui ne voyait pas pourquoi remuer autant de vent pour une pécadille, ma femme s’est vue répondre que « c’est le logiciel qui est comme ça, j’y peux rien moi ! On va quand même pas tout changer pour ça ! !
    Et bien si ! maintenant, les chéquier sont à nos deux noms sans précision de qui est l’épouse ou l’epoux de l’autre.

    Autre anecdote, c’est souvent ma femme qui fait les démarches administratives, assurance, mutuelle, électricité, gaz, etc. Tous ces contrats sont sous son nom. Lorsqu’un agent téléphone, il est fréquent qu’il me donne le nom de ma femme. ça me fait souvent sourire mais je comprends alors le drôle de sentiment qu’on peut avoir lorsqu’on est dépossédé de sa personnalité, nié par une habitude ancestrale et par des logiciels “qu’on va quand même pas changer pour si peu !”

  • anne92
    • Posté à 19h22 le 01/02/2010
    • Internaute 34348

    Toujours dans la même veine (et malgré mes courriers aux impôts), nous venons de recevoir notre 1er acompte pour les impôts 2009 au nom de M. et Mme Robert Bidochon (prénom et nom d’emprunt !)... alors que, mariée depuis 2 ans, j’ai conservé mon nom de jeune fille ! ! !

  • miremond
    • Posté à 19h24 le 01/02/2010
    • Internaute 34942

    Oui quand on se marie on perd son nom et son prénom ! !
    et à chaque mariage on recommence .........
    personne ne nous oblige à entrer dans ce jeu
    notre seule identité définitive est notre nom de naissance
    c’est à nous d’y veiller

  • La prof
    • Posté à 20h14 le 01/02/2010
    • Internaute 15940

    C’est marrant, comme c’est moi qui étais présente pour l’ouverture de notre compte bancaire commun, à mon ami et à moi, les courriers et les chéquiers sont au nom de M. ou Mme. La Prof !
    C’est bête de ne pas mettre les deux noms sous prétexte de manque de place, mais j’avais apprécié cette inversion sans complexe.
    Je tiens à signaler que mon copain n’a aucun problème à utiliser des chèques « M. La Prof » !

  • titski
    titski
    éternelle à mesheures
    • Posté à 20h58 le 01/02/2010
    • Internaute 103690
      éternelle à mesheures

    je me retrouve vraiment dans cet article.
    après m’être battue pendant des années pour que l’on m’appelle madame et pas mademoiselle (oh le regard des hommes qui vous demandent : madame ou mademoiselle ? ça va même parfois jusqu’à de la concupiscence ...), maintenant que je suis mariée, je me bats pour garder mon nom de jeune fille : c’est le plus dur : comment expliquer que l’on est mariée mais que l’on ne s’appelle pas comme son mari ? une personne dans une administration m’a même répondu que c’était obligatoire !
    et que dire des impôts qui envoient la déclaration à monsieur, alors que c’est madame qui ramène le beurre pour les épinards !
    et le pire c’est que l’on passe pour une folle, même auprès de beaucoup de femmes quand on s’énerve pour cela ! donc je suis très heureuse de lire un tel papier.

  • belaragoth
    • Posté à 21h07 le 01/02/2010
    • Internaute 30795

    Personnellement je ne vois pas où est le problème pour le nom de famille.
    Chez nous nous avons les deux noms avec les deux petits traits au milieu et mon nom est en première position ( mais c’est pour l’esthétisme de la prononciation)
    Pour ce qui est de la vie en couple quand on me parle je suis prise comme une personne à part entière et pas l’extension de mon mari.
    Je pense d’ailleurs que c’est l’image que l’on a de soi-même qui influence le comportement d’autrui.

    Pour anecdote je m’étais présenté à un entretien d’embauche enceinte de 6 mois avec un ventre bien rond.
    Lors de l’entretien la personne gêné me dit que je suis enceinte.
    Oh lala le gros sous entendu.

    Pour toutes les femmes qui ont déjà vécu cette situation il y a une façon pas sympa mais qui marche pour remettre en place l’employeur.

    Avec beaucoup de courtoisie vous lui dites que si vos compétences ne conviennent pas au poste vous comprenez mais que si la seule chose qui arrête l’embauche c’est votre ventre vous avez tous les droits de porter plainte pour discrimination.
    Rien que pour leur tête ça vaut le coup mais dans la plupart des cas votre mordant plaira.
    Après tout être mère n’est pas un handicap sinon être père le serais aussi.

    et pour les papiers administratifs je n’ai jamais eu de problème je reçois ce que je demande avec ce que j ai rempli.

  • femmedesbois
    femmedesbois
    dans sa forêt
    • Posté à 21h47 le 01/02/2010
    • Internaute 93115
      dans sa forêt

    Je ne suis pas mariée mais pourtant il m’est arrivé plusieurs fois que des personnes, notamment le personnel de la crèche ou allait mon fils m’affuble d’un « madame » suivi du nom de mon ami ! Et j’avais beau expliquer qu’on était pas mariés et que j’ai mon propre nom, rien à faire ! Pourtant, ces personnes ont a peu près la trentaine, vraiment pas de la vieille génération et pourtant...
    J’ai déjà eu le cas aussi d’hommes qui saluent mon ami dans la rue mais pas moi ! ! ! J’ai déjà eu ce problème dans des magasins, notamment dans un magasin de motos. Mon ami avait droit à un grand bonjour et une poignée de main, quant à moi, j’étais invisible.
    Par contre, quand on rencontre des gens évolués ou ouverts, je n’ai jamais ce problème, on me salue et on me parle comme à une personne dotée d’un cerveau.
    J’ai aussi des coups de téléphone commerciaux ou on demande madame ou monsieur untel, et quand je dis qu’il y a bien un monsieur untel à la maison mais pas de madame, je sens une énorme surprise au bout du fil.
    Pourtant, lorsque je lis que plus de la moitié des naissances en France sont issues de relations hors mariage, je me dis que notre choix de vivre en concubinage est tout de même extrèmement courant, surtout chez les gens jeunes, et bien non, notre société n’a toujours pas intégré celà.

  • wam
    wam répond à Pascal Riché
    mwa
    • Posté à 10h10 le 02/02/2010
    • Internaute 11861
      mwa

    oui, alors là en même temps, je comprend que pouic. l’article ne recueille pas des votes de louange unanimes. certains commentaires font remarquer que bof (dont le mien certes, je ne suis donc point objective) et pourtant, « seuls » (yen a qd même 16...) des commentaires élogieux sont sélectionnés. moi je trouve que ça fait copinage cette tribune. notez bien, je peux me tromper ! mais je persiste à penser qu’il y a amalgame entre une situation personnelle et peu ou pas de recherche sur par exemple la discrimination par les administrations. que c’est un mélange d’arguments qui n’en sont pas et qu’au final ça ne fait vraiment rien avancer et que ça n’a peu ou pas d’intérêt.