sur le terrain 23/01/2010 à 17h03

Les dysfonctionnements et la déprime de Pôle emploi


Jeudi, les employés du Pôle emploi d'Argenteuil faisaient grève. Six mois après la fusion, c'est « toujours un vrai foutoir ».


Six mois après la mise en place de l'agence mixte, un employé sur sept du Pôle emploi d'Argenteuil est soit arrêté pour dépression, soit consommateur régulier d'anxiolytiques ou antidépresseurs, rapporte Christophe Ribeiro, leur élu au comité d'hygiène. Pourquoi ?

« La précipitation de la fusion », il y a six mois

Le 21 janvier, ils étaient 70 à entrer dans leurs locaux. Mais dix ne venaient pas pour travailler. Ils « en avaient marre », répondaient à l'appel national des syndicats de la fonction publique et faisaient la grève en occupant les locaux. Rejoints par le double d'employés d'autres Pôles emploi d'Ile-de-France, ils étaient néanmoins peu nombreux. Eparpillés entre les trois files d'usagers du hall de l'agence, drapeaux au bras, tracts à la main, ces salariés expliquaient ce qui n'allait pas :

« Cette fusion ANPE-Assedic est un échec total. La direction communique en disant que tout va bien mais c'est faux, on ne s'en sort plus ici. On déprime. »

Sylvie, élue au comité d'entreprise, en grève aujourd'hui, dit « qu'elle va mal ». Elle travaillait depuis 5 ans à l'ANPE et l'été dernier, elle a assisté à la transition pour le Pôle emploi actuel :

« Avant, à l'ANPE, certaines choses n'allaient pas. Mais aujourd'hui, rien ne va : au quotidien, c'est pas soutenable.

Notre site est mixte, ce qui veut dire que l'on doit être compétent sur les dossiers indemnisations et les dossiers placement des chômeurs. Très bien, mais a t-on été formé pour ça ? Moi, j'ai eu trois jours de formation il y a cinq mois. C'est insuffisant. »

Laurent Chevalier, délégué syndical Ile-de-France, dit que lui, « comme beaucoup d'autres », n'a toujours pas eu la formation promise, et poursuit :

« La précipitation de cette fusion donne lieu à des situations humaines catastrophiques. On est passé très rapidement d'un collectif de travail habité par l'esprit de service public à un fonctionnement qui privilégie la quantité sur la qualité.

Et au jour le jour, on est coincé entre une direction qui nous met devant le fait accompli et des usagers qui, souvent à raison, s'énervent contre nous. »

« Pas de moyens matériels ni humains »

La fusion des services de l'ANPE et des Assedic a impliqué une réorganisation des procédures. La surcharge de travail à Argenteuil a, explique t-on, joué en la défaveur de certains services. Jean-Michel, conseiller placement depuis 2007, « polyvalent » depuis l'été, rapporte :

« Nous n'avons plus assez de personnel ni de temps pour la recherche des offres d'emplois. Avant, c'était quelque chose que nous assurions. Aujourd'hui, on ne reçoit même plus les offres du Parisien, parce qu'ils ont coupé le budget presse. »

In situ, qu'est-ce qui coince ? Il montre un des trois guichets du doigt :

« Ce guichet est potiche parce que son ordinateur a le logiciel de l'ancienne ANPE, alors que les deux autres guichets sont sur nouveaux logiciels. Plusieurs fois par jour, les usagers qui ne voient personne derrière cette borne inutile se mettent en colère.

Nous n'y pouvons rien, l'administration ne fait rien et ça fait des mois. Sur nous, c'est donc beaucoup de pression, on nous demande l'impossible. »

Un riverain de Rue89, qui travaille dans cette même agence, a rapporté un témoignage précis, qui infirmerait cette information, mais indique :

« Plus encore, le fait qu'il y ait trois bornes d'accueil sur ce site (au lieu d'une, ou deux maximum dans tous les autres Pôle emploi) est le fruit d'un combat de longue haleine, mené par les conseillers, ainsi que leur direction locale et départementale, du fait de la très forte charge de travail que l'on a à gérer au quotidien. »

Sylvie, la trentaine et employée depuis trois ans, vient appuyer son collègue :

« Pareil : ces téléphones ont été installés il y a deux mois. Ils devaient servir aux usagers pour qu'ils appellent gratuitement les employeurs, ce qui est le minimum de service qu'on devrait pouvoir leur offrir. Sauf qu'il y a les postes, oui, mais pas de ligne téléphonique ! »

Pendant ce temps, les usagers défilent : un système de décompte aurait indiqué 2 600 passages la semaine précédente, l'information étant en attente d'être confirmée par la direction.

Pour les employés qui témoignent, le mode de supervision est difficilement supportable et la communication avec le personnel de direction compliquée. Jean-Michel prend un exemple :

« Quand on travaille sur la plateforme téléphonique, maintenant si on quitte l'ordinateur pendant un certain temps -et parfois pour travailler-, une fenêtre de tchat apparaît et un superviseur qui se trouve à Rosny nous signale que notre temps de pause est dépassé.

On ne peut pas travailler pas dans cette ambiance fliquée, ce n'est tout simplement pas dans notre culture de travail. »

Le témoignage des employés... face à une direction silencieuse

Quand on demande comment la direction réagit avec les employés face à ces dysfonctionnements, Sylvie nous invite à écouter « un très bon exemple » :

« On était en face du téléphone sans ligne et je demande à une personne de la direction pourquoi ce téléphone est là, s'il ne marche pas. Elle m'a répondu : “Je crois que jamais l'intention n'a été qu'il fonctionne.”

Entre les usagers, les guichetiers debout affairés à faire des allers-retours entre les bornes et cette fraction du personnel en grève, le directeur adjoint déambule en silence. “Monsieur, pouvez-vous commenter cette grève dans votre agence ? ” :

“J'ai une consigne de la direction régionale : je n'ai pas le droit de m'exprimer. Vous pouvez les joindre par téléphone.”

Jointe par téléphone, cette même direction régionale reçoit notre appel, prend nos questions mais “nous rappellera pour les réponses”. Après deux jours de relances, on nous invite à renouveler notre appel “dans la semaine à venir”. Nous n'aurons donc pas pour aujourd'hui la version officielle d'une direction dont un employé d'Argenteuil disait jeudi :

“De toute façon, maintenant qu'on est devenu Pôle emploi, tout le personnel en haut a changé et avec la direction, ce n'est que de l'information descendante.”

► Article mis à jour le 25 janvier 2009 : témoignage du riverain qui dit travailler dans cette agence.

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  • athica
    • Posté à 17h43 le 23/01/2010
    • Internaute

    C'est sûr que c'est un vrai bordel. Il faudrait aussi penser à ceux qui sont de l'autre côté de la barrière : les chômeurs !
    Exemple : hier je reçois un mail de ce cher Pôle emploi :

    Bonjour,
    Nous venons de mettre un nouveau document à votre disposition sur votre espace personnel.
    Pour y accéder,
    - Munissez-vous de votre identifiant et code personnel
    - « cliquez ici »
    - Sélectionnez le service « Mes courriers électroniques ».
    Aucune réponse par e-mail à ce message ne pourra être traitée.
    Cordialement,
    Votre pôle emploi.

    Sauf que l'onglet « Mes courriers électroniques » n'existe plus depuis un moment déjà... Alors je fais comment pour récupérer le message ? ? ?

    Autre exemple : je postule pour une offre via le site Pôle emploi et j'attends la réponse pour obtenir les coordonnées de l'employeur. 48h plus tard (au plus tôt) voilà la réponse qui est toujours la même : les candidatures sont suspendues... Evidemment, la priorité ce n'est pas de trouver un boulot à un chômeur qui n'a plus de droits et qui donc, ne coûte plus rien.

    Alors je comprends leur détresse, mais je comprends aussi la mienne. Moi aussi grâce à pôle emploi j'ai envie de me balancer par la fenêtre.

  • LaptiteBlan
    LaptiteBlan
    dilettante
    • Posté à 19h13 le 23/01/2010
    • Internaute
      dilettante
  • Dissonance
    Dissonance
    met le doigt où ça fait mal.
    • Posté à 00h56 le 24/01/2010
    • Internaute
      met le doigt où ça fait mal.

    Il n'y a encore pas si longtemps, il existait ce qu'on appelle des rendez-vous mensuels de suivi, obligation faite au chômeur d'aller pointer et, éventuellement, discuter de sa situation avec un conseiller...

    « mensuel », à moins que je ne me trompe, signifie qu'on devrait s'attendre à un rendez-vous par mois... En fait, je n'ai pas souvenir d'avoir jamais eu deux rendez-vous à moins d'un mois et demi d'intervalle, mais bon, les choses étant ce qu'elles sont, 15 jours de plus ou 15 jours de moins, ce n'était pas bien grave, pensais-je.

    Toutefois, depuis la réforme du pôle emploi, les choses ont évolué... Plus le moindre rendez-vous depuis le mois d'octobre... Selon les quelques informations qu'on daigne me fournir, il semblerait que mon dossier se ballade d'agence en agence, au gré de je ne sais quel processus de réorganisation interne...

    Par ailleurs, le site internet de l'ANPE, jusqu'alors à peu près fonctionnel, a subit une série de modifications qui le rendent désormais inutilisable (exemples : certains filtres de recherche ont tout bonnement disparu).

    En somme, l'ANPE qui n'était déjà pas un foudre de guerre en matière de retour à l'emploi n'est même plus capable de fournir ne serait-ce qu'un service équivalent à celui de n'importe quelle agence d'interim ou cabinet RH privé.

    Si j'étais salarié, ça me gonflerait un peu de voir que mes cotisations soient si mal employées : Non pas que je considère l'ANPE comme une dépense inutile, bien au contraire. Mais il serait alors de bon ton que le gouvernement ne rende pas inopérant un service public dont la nécessité est plus que jamais d'actualité.

  • hervé fell
    • Posté à 01h29 le 25/01/2010
    • Internaute
  • polemploi
    • Posté à 01h49 le 25/01/2010
    • Internaute
      z

    Bonjour,

    Je travaille moi-même au Pôle emploi d'Argenteuil, et j'aimerais réagir à certaines énormités qui apparaissent dans cet article. Je cite :
    « Ce guichet est potiche parce que son ordinateur a le logiciel de l'ancienne ANPE, alors que les deux autres guichets sont sur nouveaux logiciels. Plusieurs fois par jour, les usagers qui ne voient personne derrière cette borne inutile se mettent en colère. »
    Là, excusez-moi Mme Ledésert, mais on ne peut pas laisser dire n'importe quoi.
    Vous prêtez ces paroles à un collègue, j'espère que ce n'est pas le cas car c'est une ineptie.
    Il n'existe aucune borne d'accueil « potiche » au Pôle emploi d'Argenteuil (et je pense que le mot recherché était « potache »), aucune « borne inutile ». Les agents qui y travaillent chaque jour risquent de mal digérer cette définition ! Ils y passent quatre heures d'affilée à répondre à un maximum de questions, et tous les logiciels qui y sont utilisés sont complètement d'actualité. Plus encore, le fait qu'il y ait trois bornes d'accueil sur ce site (au lieu d'une, ou deux maximum dans tous les autres Pôle emploi) est le fruit d'un combat de longue haleine, mené par les conseillers, ainsi que leur direction locale et départementale, du fait de la très forte charge de travail que l'on a à gérer au quotidien.
    Pour votre information, les deux-tiers des questions posées à l'accueil relèvent des champs de l'indemnisation des demandeurs d'emplois : ainsi deux bornes d'accueil sur trois sont équipées avec le système informatique provenant de l'ex-Assédic, permettant de répondre à ces sollicitations. La troisième borne d'accueil est équipée du système de l'ex-ANPE permettant d'accéder à tout ce qui a trait à la recherche d'emploi et les informations concernant les entreprises. Il n'y a rien d'obsolète là-dedans, bien au contraire : il s'agit du même applicatif utilisé par les conseillers lors de leurs entretiens de suivi avec les demandeurs d'emplois, le même utilisé lors de la négociation des offres avec les employeurs ou lors de la prescription des ateliers et prestations.
    Cette borne d'accueil est tenue de l'ouverture à la fermeture de l'agence, les clients ne risquent pas de la voir vide : pour les conseillers assurant l'accueil, c'est notre seul lien avec leur dossier de recherche d'emploi ! Et par la même occasion, avec les employeurs susceptibles de les recruter. C'est pourquoi il y a toujours un conseiller qui bosse derrière ce guichet !


    Pendant ce temps, les usagers défilent : selon la borne qui les enregistre à leur arrivée, ils étaient 2 600 la semaine précédente.

    Il n'existe à Argenteuil aucune borne qui enregistre les clients. Il n'y a plus de ticketterie depuis des années (bien avant la fusion)... A moins que vous ne qualifiiez de « borne d'enregistrement » la personne qui pendant plusieurs semaines a comptabilisé le nombre de visiteurs, dans le cadre de l'audit mis en place justement pour améliorer les conditions d'accueil dans cette configuration compliquée (et inédite) qu'est l'accueil en site mixte. Comptage auquel ont également participé tous les conseillers ayant travaillé sur le site pendant cette période, afin d'ajouter à cet aspect quantitatif des réponses sur le contenu de ces visites, afin de pouvoir, le plus rapidement possible, mieux organiser notre réponse aux besoins des demandeurs d'emploi et des entreprises qui viennent nous solliciter. Car en effet, pour le moment notre (dés)organisation n'est pas satisfaisante. Ça ne va pas. Le service n'est pas satisfaisant, les clients sont mécontents, les conseillers sont épuisés. Et ce problème est pris très au sérieux, depuis le début.
    Pour information, cette mission de comptage du nombre de visites a pris fin début décembre. Donc dire que l'on a comptabilisé 2600 visites la semaine précédant votre reportage est une information bidon.

    Selon une guichetière : « On nous dit qu'on doit voir au maximum 60 personnes par jour en agence. On en reçoit plutôt 500. »
    1 : « selon une guichetière » :
    Il n'existe aucun guichetier et aucune guichetière à Pôle emploi. Les personnes qui vous renseignent à l'accueil sont des conseillers, ces mêmes conseillers qui, pour ceux formés au placement (mission de l'ex-ANPE) accompagnent les demandeurs d'emploi dans leur recherche d'emploi, leur préconisent des prestations ou accompagnements renforcés, les reçoivent en entretien, animent des ateliers pour les préparer aux entretiens d'embauche, mais aussi sensiblement les mêmes individus qui vont à la rencontre des entreprises, négocient les offres d'emploi avec les employeurs, montent les dossiers de mesures à l'emploi (contrats aidés, aides à la mobilité, formations préalables aux recrutements, etc.), sont en relations avec les partenaires institutionnels et sociaux... bref, des professionnels polyvalents. Ce sont des personnes qui ont l'expertise des métiers, font un travail de fourmi en matière de formations disponibles, d'actualité en matière de recrutements. Les conseillers formés à l'indemnisation (ex-Assédic) sont également des agents experts, qui assument la responsabilité du calcul et du versement des allocations des demandeurs d'emploi, en même temps qu'ils suivent des portefeuilles spécifiques de demandeurs d'emplois tels que les intermittents du spectacle ou les créateurs d'entreprises. Et ce sont les mêmes que vous trouvez à l'accueil.

    2 : « On nous dit qu'on doit voir au maximum 60 personnes par jour en agence »
    Qui a dit qu'on ne devait accueillir que 60 personnes dans la journée ? ! ! Ça vous paraîtrait normal ? C'est votre idée du service public qu'un site qui compte 75 agents ne reçoive que 60 personnes par jour ? Avec dix-mille demandeurs d'emplois et 7000 employeurs sur le territoire d'Argenteuil-Bezons, on aurait raison de se moquer de Pôle emploi !
    Soyons sérieux. Oui, nous recevons environ 500 personnes par jour. C'est énorme, et cela reflète le travail que nous avons à accomplir. Il n'est pas question de ne pas recevoir ces personnes qui en ont besoin. C'est notre travail. Le problème vient des moyens dont nous disposons pour les recevoir et leur apporter un service de qualité. Nous aimerions faire beaucoup mieux. Nous devrions faire beaucoup mieux.
    Petite précision : le chiffre de 60 personnes que l'on est censés recevoir correspond en fait au nombre de demandeurs d'emploi qu'un conseiller devrait être en charge de recevoir chaque mois dans le cadre du Suivi Mensuel Personnalisé, en plus de toutes les personnes qu'il rencontre à l'accueil ou en entreprise. Objectif affiché par notre ministre de tutelle et qui malheureusement reflète pour le moment « le meilleur des mondes » puisque la charge de travail des conseillers d'Argenteuil dépasse le triple (parfois même le quadruple). Et ne stigmatisons pas ce site en particulier : même si Argenteuil bat des records (avec d'autres sites), cette situation est générale. Que ce soit Pôle emploi ou ailleurs (écoles, hôpitaux, prisons), le service public manque de moyens, et c'est là la principale cause de ses piètres performances (rien à voir avec l'idée que c'est à cause de fonctionnaires trop nombreux et inefficaces... d'ailleurs il n'y a pas un seul fonctionnaire à Pôle emploi, et les conseillers sont depuis des années en sous-effectifs).
    Je vous passe le reste des inexactitudes de votre article, ça n'intéressera personne.
    Les difficultés à Pôle emploi sont réelles, vous aviez de quoi faire un très bon article, dommage que le miroir journalistique soit si déformant. En attendant, je retourne au boulot.
    Signé : une personne qui travaille au Pôle emploi d'Argenteuil, solidaire mais pas potiche !

  • Soline Ledésert
    Soline Ledésert répond à polemploi
    Auteur(e) de l'article
    • Posté à 09h27 le 25/01/2010

    Bonjour,

    Merci pour ce commentaire précis, qui vient reprendre certains témoignages et points de mon article. Pour ne rien vous cacher, j'en étais assez étonnée, étant donné la fidélité maximale que j'ai mise dans la retranscription de la parole de certaines personnes rencontrées sur votre site.

    Je conçois que leurs propos et indications - que je rapporte d'ailleurs souvent comme tels dans mon article - portent ce que tout témoignage peut porter : les imprécisions de celui ou celle qui raconte à un journaliste son travail, des faits plus ou moins vérifiables par le journaliste en situation, dans un ordre parfois pas logique. Mais elles ne viennent pas de ma retranscription de leurs témoignages... bien notés dans mon carnet. Mon article est pour grande partie basé sur des citations, et j'ai rapporté de ma visite ce que j'ai pu en rapporter.

    Sur place, j'ai, comme je le dis dans mon dernier paragraphe, tenté d'obtenir des informations de la direction, qui n'était pas autorisée à le faire et m'a renvoyé vers la direction régionale. Sinon, j'ai discuté avec cinq employés, alternativement. « Triangulariser » l'information, avec la direction en tout cas, n'était pas évident. Pour les autres employés, ils travaillaient et étaient très occupés, ce qui limitait les possibilités de les interroger.

    Ce que vous dites, je le prends comme un témoignage supplémentaire, qui apporte en plusieurs points, la contradiction à d'autres recueillis la semaine dernière. J'aurais aimé vous rencontrer à ma venue, à vrai dire, étant donné l'exactitude que vous montrez. Mais sachez que vous bénéficiez aussi des avantages de la personne qui écrit, « à froid », et avec du temps. Les personnes que j'ai vu discutaient aussi avec des usagers et me répondaient à l'oral, dans un contexte de grève.

    - pour le guichet « potiche », c'est bien « potiche » qu'on m'a dit. La personne parlait du guichet et non de la personne qui y travaille donc je ne crois pas que cela ait été interprété de manière dégradante pour vous et vos collègues, il parlait bien de l'objet.

    - pour la question de la borne, on me l'a rapporté. C'est typiquement ce que j'aurais voulu voir confirmé par la direction régionale, dont je précise qu'elle est censée m'apporter une série de réponses à des questions précises que je lui ai posées. Je vais envisager une mise à jour.

    - le terme « guichetière » a été employé parce que je n'avais pas d'information supplémentaire sur la personne qui m'a rapporté ceci. Cette personne travaillait quand je l'ai interrogée, je ne l'ai pas importunée longtemps. Je l'ai donc présentée comme guichetière pour la seule raison que je l'ai vue à ce poste ce jour là. Je mets à jour. Merci pour la précision.

    - enfin, pour votre dernière point, là encore c'est une citation, que j'ai rapporté à la direction régionale par téléphone, pour leur demander confirmation.

    Merci encore pour votre commentaire, contente d'avoir lu votre réaction. Et surtout, n'hésitez pas à nous tenir au courant...

    S.L.

  • polemploi
    • Posté à 11h51 le 25/01/2010
    • Internaute
      z

    Merci pour votre réponse à la fois respectueuse et professionnelle.
    J'espère ne pas vous avoir blessée par mes propos.
    A vrai dire, j'espérais que cette histoire de « guichet potiche » résulte plus d'une déformation / mauvaise interprétation de votre part, plutôt que d'une déclaration de mes collègues.
    Je m'interroge.
    Même à chaud, même dans un contexte brouillé, entre la manif et les demandeurs d'emplois à renseigner, je ne comprends pas comment on peut dire ça. On se tue au travail à cette borne d'accueil, et je ne vois vraiment pas quel autre logiciel on pourrait vouloir mettre !
    Très bonne surprise que vous teniez compte de mon intervention comme d'un témoignage à part entière.
    Merci.

    P.S : Vous savez, beaucoup de journalistes ont dit n'importe quoi nous concernant, c'est peut-être pour ça que la direction ne veut plus s'exprimer. Certains articles ont fait beaucoup de mal.