Lyoncapitale.fr 23/01/2010 à 12h31

Un groupe d'extrême droite attaque une manif anti-Besson

Laurent Burlet | LyonCapitale

Un groupe d’une trentaine de personnes a agressé des manifestants rassemblés contre le débat sur l’identité nationale, organisé ce vendredi 22 janvier à Lyon.

Il est 17h45, à l’angle de la rue Dunoir et de l’avenue de Saxe (dans le IIIe arrondissement lyonnais). Rassemblés à l’appel de plusieurs organisations politiques depuis plus d’une heure contre la tenue d’un débat sur l’identité nationale, environ 400 manifestants crient et lancent des slogans hostiles à Eric Besson ,à son ministère de l’Immigration et à son débat.

C’est à ce moment-là qu’un groupe d’une trentaine d’individus foncent sur la queue du rassemblement. Les slogans fusent (« La France aux Français »), des bras se tendent façon salut nazi. Rapidement, ils sautent sur les personnes à leur portée. Certains utilisent des bombes lacrymogènes, d’autres sont armés de chaînes de vélos.

Les militants anti-fascistes, présents sur les lieux, répondent. Bagarre. Après plusieurs assauts, ils parviennent à chasser le groupe d’extrême droite de l’autre côté de l’avenue. Ceux-ci prennent la fuite dans les rues du quartier.

Bilan de l’affrontement côté manifestants : une arcade sourcilière ouverte, un haut de crâne sanguinolent et manifestement, une jambe cassée. Les pompiers, prudents sur le diagnostic, ont emporté la personne à l’hôpital, la jambe immobilisée.

« Les individus d’extrême droite ont passé un par un les barrages de police »

La poignée de membres de la police nationale n’ont pu qu’asperger de bombe lacrymogène les assaillants, arrosant au passage davantage les manifestants que les contre-manifestants d’extrême droite. Les CRS, quant à eux, sont arrivés après l’affrontement. Et vendredi soir, à l’heure où cet article était mis en ligne sur le site de LyonCapitale.fr, aucune personne n’avait été arrêtée.

Pourtant, le quartier a été placé sous haute sécurité. Bouclé. Depuis 16h, les rues proches de la préfecture sont interdites au stationnement et à la circulation automobile. La ligne T1 du tramway ne fonctionnait plus. Environ quatorze camionnettes de CRS et dix cars de gendarmes mobiles stationnaient sur les voies au niveau de l’arrêt Saxe-Préfecture. Sans compter les autres véhicules positionnés dans les rues adjacentes.

« Les individus d’extrême droite ont passé un par un les barrages de police », justifie un policier en civil. Difficile à croire pour les premiers manifestants qui ont vu débouler sur l’avenue de Saxe les assaillants en groupe. En tout état de cause, le dispositif de sécurité n’était pas pensé pour protéger les manifestants d’une agression d’extrême droite.

Les militants antifascistes affirment avoir reconnu des militants d’un groupe d’extrême droite bien connu à Lyon. Peu avant l’agression, le président de SOS Racisme Rhône, Bruno Sauvé, avait pris la parole au mégaphone pour expliquer ce rassemblement contre le débat sur l’identité nationale : « Ce débat a libéré les paroles racistes. » Le débat de Lyon sur l’identité nationale a démontré qu’il n’avait pas libéré que la parole.

Voir la vidéo de LyonCapitale.fr (jusqu’à 1 min 20) sur la manifestation

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  • Désinscrit le 7-4
    • Posté à 13h24 le 23/01/2010
    • Internaute 72436

    « les CRS sont arrivés après l’affrontement “ est - il écrit.

    Il se trouve que je travaille dans ce quartier et que lorsque je suis sortie de mon bureau il y avait une vague bleu .
    Tout le quartier était quadrillé et pour passer il nous fallait montrer notre carte d’identité et notre carte professionnelle.
    Là dessus, tous les transports étaient coupés dans ce quartier.

    Enfin, il était impossible pour une quidam comme moi de rejoindre la manif : j’étais bloquée dans une rue par les CRS.Ces derniers filtraient avec une liste les personnes choisies qui pouvaient rejoindre la salle du débat, dans la pref.

    Il fallait ‘aux élus’ du débat montrer 2 pièces d’identité pour rejoindre la salle du débat de sa majesté Besson.

    Le quadrillage, le déploiement des CRS (plus gendarmes, plus flics en civil) rendaient le quartier inaccessible.Il était impossible de rentrer dans le quartier ou d’en sortir.
    ––––––––

    Dés lors : comment ce groupe a pu s’infiltrer avec autant de CRS aux mètres carrés ?
    Pourquoi a t-il ‘échappé’ aux surveillances plus qu’abusives des CRS ?

    Ces extrémistes ont été infiltré dans la manif, no more !
    Un grand classique !

  • thierry reboud
    • Posté à 13h26 le 23/01/2010
    • Internaute 20923

    Dehors, pour situer un peu les choses, c’était environ 300 manifestants, à peu près autant de policiers divers, et donc cette poignée de fafs apparemment très fiers de leur identité nationale puisqu’ils trimballaient des drapeaux bleu-blanc-rouge.

    Dedans, c’était 200 pingouins (pas bézef de pingouinesses) et exclusivement sur invitation. Comme dit Besson, il s’agit de faire causer le Français, mais il ne s’agirait que n’importe qui s’y colle. (Pas de représentants de la gauche ou ce qui en tient lieu, qui ont boycotté le pince-fesse national).

  • Yoyomannnn
    Yoyomannnn
    Etudiant
    • Posté à 13h31 le 23/01/2010
    • Internaute 102690
      Etudiant

    J’étais présent à ce rassemblement et je voudrai préciser plusieurs choses :
    - Les Fachos sont arrivés sans que les flics soient gênés, j’ai vu un groupe de 30/40 personnes nous courir dessus sans que la police intervienne. Ils ont laissé faire et c’est de leur faute si on a été blessé, si les fachos ont été mis en déroute c’est grâce à nous et pas aux flics, dans cette histoire les flics sont autant à blâmer que les fachos...
    - Pour ceux qui disent que les fachos étaient dans la manif je réponds que non, on les a vu arrivé et ils n’auraient pas pu s’infiltrer : ils étaient trop voyants (lacets blanc sur les docs, drapeaux de la france, cagoulés...)
    - Enfin je crois qu’on peut quand même noté quelque chose c’est que ce ne sont pas les fachos qui nous ont balancé des lacrymos mais... les flics, je l’ai vu...

  • miles.v
    miles.v
    Matheux
    • Posté à 13h35 le 23/01/2010
    • Internaute 80105
      Matheux

    Cette article me fait penser à une brève du canard enchainé l’an dernier :

    « Vendredi 6 février : crâne rasé, blouson de cuir, rangers et écharpe sur le visage, quelques 200 nostalgiques battent le pavé devant l’Assemblée. Il est 20 h. Flambeau à la main, ces bons petits commémorent les émeutes de 1934 à l’abri de drapeaux à croix celtique ou à fleur de lys. Cette touchante cérémonie est autorisée par le préfet de police, qui, en revanche, a interdit à la fine équipe de défiler dans le quartier Latin. Aucun doute, la Chambre des députés pour évoquer le glorieux souvenir des factions qui rêvaient à l’époque de renverser la République, c’est un lieu plus approprié.

    Passe alors un véhicule immatriculé en Seine-et-Marne. Par la vitre, ses quatre occupants crient à l’adresse des manifestants ’Salauds ! Fachos ! ’ Aussitôt, la voiture est immobilisée par des flics en civils. Arrivent deux bagnoles de police, plus une dizaine de poulets au pas de course. Et encore deux camionnettes de la Direction de l’ordre public.

    Les automobilistes - quatre babas - sont priés de sortir. Fouille au corps, contrôle d’identité. Le sketch dure vingt bonnes minutes. Les quatre fauteurs de troubles sont finalement relâchés, tandis que les gentils manifestants conchient la République. »