A débattre 22/01/2010 à 10h30

Google a-t-il « droit de vie ou de mort sur les entreprises » ?

François Krug | Journaliste Rue89


Photo : la mort regarde deux Quackers assis dans une église, 1827 (Hull, Edward, fl. /The National Library of Medicine)

L'un a frôlé la faillite à cause de Google, l'autre lui doit tout. En pleine controverse sur la puissance du moteur de recherche, le patron d'un jeune site d'e-commerce et le créateur d'un guide touristique en ligne témoignent : sans Google, impossible d'exister sur le web.

Le référencement : tout est là. C'est de la visibilité d'un site sur Google que dépendront, en grande partie, son audience et son chiffre d'affaires. Pour le meilleur ou pour le pire, comme peuvent en témoigner ces deux patrons de petits sites.

Il est contre : « Sans Google, vous devez fermer »

Ce chef d'entreprise a contacté Eco89 pour exprimer sa colère, mais il veut rester discret. Pas question de donner son nom, ni celui de son site : « Google a un droit de vie ou de mort sur les entreprises. »

L'année dernière, il a lancé un site d'e-commerce. Destiné aux entreprises, et spécialisé dans l'électronique. Lorsqu'il s'est vu interdire toute publicité sur Google, son chiffre d'affaires s'est effondré.

  • Pourquoi il a besoin de Google. 75% des visiteurs arrivent sur le site via le moteur de recherche, loin devant ses concurrents Yahoo et Bing, ou les sites de comparaison de prix.
  • Comment il profite de Google. Pour un jeune site, difficile de se faire remarquer. La solution retenue ? Adwords, le système d'achat de mots-clés de Google : « C'est le seul moyen. On ne peut pas être présent sur Google de façon naturelle, parce que les places sont prises.“Le site a ainsi dépensé jusqu'à 8000 euros en un mois, pour acheter 4500 mots-clés liés aux produits électroniques. Résultat : lorsque les internautes tapent une de ces expressions sur Google, le site est mis en valeur par une publicité et un lien à droite de l'écran.”
  • Pourquoi Google peut être dangereux. Fin 2009, Google a suspendu provisoirement le compte Adwords, en estimant qu'une des pubs faisait référence à un produit interdit à la vente en France. Faux, selon le patron du site. “On avait disparu du web”. Il raconte :

“On est passé de plus de 1 000 connexions par jour à moins de 200. Or, pour la moyenne des sites marchands, 2% des visites seulement aboutissent à une vente.

Si Google refuse de passer vos annonces, vous devez fermer. C'est comme s'il y avait une seule rue marchande dans une ville, et qu'on vous interdisait d'y avoir une boutique.”

Il est pour : “Sans Google, je n'existerais pas”

Antoine Kuipers, lui, prend la défense de Google. Il a créé Insecula, un site consacré au tourisme culturel, proposant des photos et des notices sur les musées du monde entier.

  • Pourquoi il a besoin de Google. Selon son créateur, Insecula compterait 40 000 visiteurs par jour, et 93% d'entre eux arriveraient sur le site à partir d'une recherche effectuée sur Google.
  • Comment il profite de Google. Le moteur de recherche lui apporte la quasi-totalité de son trafic, mais aussi de ses revenus. Insecula utilise un autre système publicitaire de Google, AdSense : il affiche automatiquement des pubs “contextualisées”, à partir de mots-clés repérés sur les pages du site. Les revenus sont partagés entre Google et le site. Pas question, en revanche, d'utiliser Adwords : “Je n'ai jamais dépensé un centime pour acheter des mots-clés, je n'en ai pas les moyens.” Insecula profite en fait des recherches menées sur Google à propos des oeuvres ou des musées qu'il cite : “Aujourd'hui, mes visiteurs avaient tapé 27 000 mots-clés différents sur Google, comme ‘musée du Louvre’ ou le titre d'un tableau.” »
  • Pourquoi Google est utile. Selon Antoine Kuipers, le moteur de recherche peut justement permettre le succès de sites peu connus et aux moyens limités. Des sites qui seraient les premières victimes de la « taxe Google », estime-t-il :

« Si Google n'existait pas, je n'existerais pas. Sa seule petite imperfection, c'est qu'il soit pollué par des sites sans vrais contenus, et qui ont juste une très bonne maîtrise des mots-clés.

Si on taxe Google, il va maintenir ses profits en réduisant la part qu'il reverse aux éditeurs des sites sur les pubs. Ce sont les sites qui seront taxés indirectement, et beaucoup vont disparaître. »

Qu'ils soient pour ou contre Google, difficile pour les entrepreneurs du web de nier son hégémonie. Trop puissant, trop opaque, trop riche, le moteur de recherche est devenu la cible de toutes les attaques. L'industrie culturelle, la plus virulente, dénonce un « monopole » et suggère de taxer Google pour redistribuer une partie de ses recettes.

D'autres dénoncent la « googlisation » des esprits, mais aussi de l'économie. Sur JournalduNet.com, le PDG du gestionnaire de noms de domaine français Indom expliquait la semaine dernière :

« Les gens ne réfléchissent plus que par Google. Si quelqu'un se met à vendre des tournevis, il va créer vendsdestournevis.com, uniquement pour être bien référencé dans Google, peu importe si le nom est ridicule et manque totalement de créativité. »

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  • Enlendil
    Enlendil
    Etudiant
    • Posté à 10h47 le 22/01/2010
    • Internaute
      Etudiant

    Il y a d'autres moyens que Google d'exister. Déjà faire de la publicité... mais dans la vie réelle : | Beaucoup d'entrepreneurs sur le net oublient que des milliers d'entreprises font d'abord de la pub dans les journaux (Métro et cie), sur des affichages publicitaires, à la télévision, au cinéma (que ce soit en vidéo ou sur les rideaux dans les cinés plus anciens)... Grosbill, Cdiscount, Amazon, Pixmania, Ebay... nombreux sont ceux dont on peut voir les publicités un peu partout (sans aller jusqu'aux coûts faramineux des spots publicitaires sur les chaines publiques bien entendu).

    Il y a ensuite le « bouche à oreille », ou le mailing de masse sur internet. Un de mes anciens professeurs de prépa a démarré ainsi en mailant plusieurs centaines de ses anciens élèves pour leur présenter son nouveau projet commercial. Rien que ces mails, cela lui a permis de se faire connaître auprès de plusieurs milliers de clients potentiels.

    Adwords ? Ok. Mais il n'y a pas que ce système. Adsense fonctionne aussi très bien à moindre coûts (toujours chez Google). Maintenant il est vrai qu'à la moindre incartades Google dit stop. On nous parle d'un produit interdit à la vente ? Il aurait été bien que le journaliste se renseigne avant de se contenter de dire « le patron a dit faux ». Ok c'est bien sympa mais bon... Sans nous communiquer le produit en lui même le journaliste aurait au moins pu donner son appréciation sur cela. Si effectivement le type s'amuse à franchir des interdits, la sanction tombe. Et dans ce cas le responsable n'est pas Google...

    Il y a encore d'autres modèles comme le partenariat avec d'autres sites directement. Plutôt que d'acheter des emplacements chez Google il suffit d'opter pour un site qui cible le même public sans pour autant être un concurrent (en l'occurrence peut être un site regroupant les professionnels de l'électronique justement tourné vers l'information, ou le test de matériels...) et y acheter un espace publicitaire. En règle général ceci est très bien accepté par les sites internet non commerciaux qui y voient un moyen de pérenniser une source de revenus.

    Toujours en ciblant un milieu professionnel donc, et en revenant sur un plan « réel », acheter des encarts publicitaires sur des revenus à destination des pro justement... Ou communiquer directement avec les regroupements de pro...

    Enfin voila il existe des dizaines de méthodes pour se faire connaître sans forcément utiliser Adwords ou Google. Maintenant oui ça reste une force de frappe non négligeable sous condition de respecter quelques règles (je suis moi même utilisateur Adsense depuis désormais deux ans). Mais on peut faire autrement... sauf que ça prend du temps oui, mais ça peut sûrement coûter moins cher et mieux cibler le public voulu (il est parfois difficile de différencier pro et particulier par le simple achat de mots... alors qu'un encart publicitaire sur un autre site ou une revue est préférable...).
    Le reste c'est du bouche à oreille... La plupart des sites comme ldlc, ce n'est pas via un encart publicitaire que mes amis et moi les avons connus.
    Et j'imagine que dans le monde pro il est d'autant plus facile de faire fonctionner ce système.

  • Wholovesduck
    Wholovesduck répond à Enlendil
    • Posté à 11h35 le 22/01/2010

    La communication commerciale dépend véritablement du produit et les moyens de communiquer dépendent véritablement du secteur d'activité de l'entreprise, de sa zone de chalandise, de son aire d'attraction, etc. etc.

    - référencement google,
    - bouche à oreille,
    - encart publicitaire,

    etc.etc.

    Vous avez raison de dire qu'il n'existe pas qu'un seul moyen de communiquer, mais tout de même, ne pas être référencer par google c'est se priver d'une force de frappe non négligeable pour reprendre vos termes.

    Et j'abonde dans votre sens pour dire que la stratégie de communication d'une entreprise, ça prend du temps, et justement, le temps consacré à cette activité, c'est du temps en moins consacré à la partie administrative, commerciale ou technique d'une activité. Pour une PME de 20 salariés, il y aura certainement une personne dévolue à chaque tâche, pour une TPE, le chef d'entreprise a intérêt à avoir des journées de 70 h !

    Et c'est là où je suis en désaccord avec vous, c'est que se priver de Google, c'est un peu se passer la corde autour du cou. Même pour une TPE de serrurerie ou tout autre activité à l'aire d'attraction limitée.

    Google est en train de devenir un monstre. Je ne parle pas de légiférer sur leur situation car si ils ont le vent en poupe actuellement, c'est qu'ils ont su mettre en place une stratégie de développement pertinente mais il faudra se méfier dans les années à venir des conséquences de sa situation sur l'économie et même sur le progrès du web.

    - conservation et vente des données personnelles,
    - référencement qui jouera un rôle capital dans le développement des entreprises,
    - numérisation des œuvres littéraires,
    - consommation énergetique (car effectuer une recherche, aussi immatérielle soit-elle demande une consommation d'énergie qui équivaut à 7gr de CO2 / recherche selon certaines études)

    Si ça ne m'alarme pas pour l'instant, j'attire tout de même votre attention sur la place que tient et tiendra Google dans votre vie de tous les jours. La problématique est encore neuve mais il me semble intéressant de réfléchir à cela pour éviter des situations ubuesques mettant en péril le marché économique, la concurrence, la culture et l'environnement (oui j'exagère).

  • jmax
    jmax répond à Enlendil
    • Posté à 13h43 le 22/01/2010
    • Internaute

    les tarifs publicitaires dans la presse sont sans commune mesure avec ceux de Google. Pour nous, c'est de l'ordre de 1 à 10 et Google en étant 10 fois moins cher nous rapporte autant de clients. Quand il faudra choisir entre pub sur le Net et pub dans la presse écrite, c'est tout vu

  • Lauvergnate
    Lauvergnate répond à merrill
    • Posté à 15h17 le 22/01/2010

    en fait, pas sûr qu'il se soit fait viré d'adwords.
    logiquement quand vous soumettez un mot clé interdit ou qui requière une autorisation spéciale adwords vous affiche un message d'avertissement et refuse votre annonce.
    de plus si vous êtes de bonne foi, il suffit de prendre contact avec eux pour re-soumettre votre annonce en vous expliquant.
    je pense plutôt que c'est son site qui a été blacklisté et qui a disparu du moteur de recherche, il le dit plus tard : ils n'étaient plus visible sur le net.
    là par contre c'est beaucoup plus difficile de se faire ré-accepter, ça peut prendre plusieurs mois.

  • styxx
    styxx
    internaute
    • Posté à 15h29 le 22/01/2010
    • Internaute
      internaute

    Je réagis sur cette phrase du 1er cas : « On ne peut pas être présent sur Google de façon naturelle, parce que les places sont prises. »

    Faux, archi-faux. Si le contenu de votre site est adapté à une offre apportant une valeur ajoutée, Google le référencera.

    AdWords est très bien pour la phase de lancement. Je l'utilise moi-même, mais dès que mon site est en première page sur les mots-clés qui m'intéressent, j'arrête les campagnes AdWords. Et ça marche très bien.

  • PtitLu
    PtitLu répond à Bacteries
    promeneur
    • Posté à 15h36 le 22/01/2010
    • Internaute
      promeneur

    Les statistiques de visites données ici me semblent effectivement très spécifiques. Sur le site de notre magazine, les visites apportées par Google sont plus proches de 45 % du total des entrées. Le reste vient beaucoup des sites référents, et donc du « bouche-à-oreille ».
    En revanche, si on regarde quelle est la part de Google dans les visites apportées par les moteurs de recherche, c'est différent. Là, Google représente près de 85 % des arrivées. mais ça veut surtout dire que Google est utilisé dans 85 % des recherches sur Internet, ce qui semble plus réaliste.

    L'hégémonie de Google pour les recherches vient également de la fainéantise des internautes, qui n'ont pas fait l'effort de chercher un autre moteur et changer leurs habitudes. Pour preuve, la recherche par défaut sur l'iPhone va voir Google dégager pour être remplacé par Bing, de... Microsoft. Un comble, car Microsoft a tout de même longtemps été taxé de monopole ; -)

  • Bacteries
    Bacteries répond à François Krug
    Ingénieur informaticien
    • Posté à 15h49 le 22/01/2010
    • Internaute
      Ingénieur informaticien

    Oui bien sûr. Mais si une personne ne respecte pas le contrat qu'elle a signé avec Google il est normal que Google rompe la relation commerciale. Car oui Google est important (votre article le montre) mais tant qu'on respecte les « règles » le moteur de recherche sera un plus, pas un frein.

    Le problème plu souvent rencontré se sont les sites vivant grâce à adsense, qui se font blacklisté de façon un peu abusive pour fraude. Sans pouvoir rétorquer.
    Après les forums de webmaster sont remplis de personnes venant râler car leur site a été blacklisté d'adsense pour un pauvre « Cliquez sur les pubs », mais ça c'est dans le contrat signé avec google...

  • insecula
    insecula
    Editeur du site insecula.com
    • Posté à 16h25 le 22/01/2010
    • Internaute
      Editeur du site insecula.com

    Je suis l'éditeur du site insecula.com mentionné dans l'article. Ce dernier est fidèle à mes propos.
    Concernant certaines interventions publiées, je me permets plusieurs remarques :
    1 - la langue anglaise comme sésame pour réussir me semble être un faux argument. Il serait intéressant d'analyser la stratégie de Google à l'origine. Ce dernier n'était qu'un prestataire de Yahoo, comme Microsoft n'était qu'un prestataire d'IBM. C'est la statégie du coucou.
    2 - les pseudo référenceurs ne sont généralement que des marchands de soupe. Pour bien figurer dans un moteur de recherche, il suffit d'avoir un contenu original, dense, de qualité, et respecter les consignes de ce moteur. Personne ne sait quels algorithmes Google utilise pour classer les sites. Dès lors, difficile de vendre ce que l'on ne sait pas.

    Le vrai débat devrait porter sur la maitrise d'un pays sur le contenu des sites d'intérêt culturel et éducatif consultés par ses citoyens, ainsi que les réseaux sociaux. Il ne s'agit pas moins d'une question d'indépendance et d'identité. Quelle serait la réaction des Français si le musée du Louvre était privatisé et vendu à une fondation américaine ou si tous les manuels scolaires étaient publiés par des éditeurs d'outre-atlantique ? Pourquoi ? En terme de fréquentation, Insecula attire beaucoup plus de visiteurs que les salles du musée du Louvre. Les seuls acheteurs potentiels du site sont tous américains. Mon fils, qui a lancé et dirigé gamekult, a reçu son chèque de la part de cnet.
    Le constat se résume à quelques évidences. Tout le monde utilise Google (américain) à 99% pour arriver sur un site. Dans le domaine éducatif, la première réponse est presque toujours wikipedia (américain). Pour échanger des informations avec d'autres internautes, Facebook (américain) est devenu incontournable.
    Qui sait que la version anglaise de la quasi intégralité des articles publiés dans wikipedia est d'une qualité très supérieure à la version française, notamment quand il s'agit d'art, d'histoire, de civilisations ... Si vous avez un doute, faites une recherche sur n'importe quel peintre ou sculpteur français.
    La responsabilité du ministère de l'éducation nationale et du ministère de la culture est affligeante. Avant de s'attaquer à Google, qui n'est qu'un robot, faisons l'effort de nous intéresser au contenu.
    Avez-vous simplement essayer de demander autour de vous le nom d'un peintre ou d'un sculpteur français vivant ? Sur le marché de l'art, ils ont disparu, comme des musées d'ailleurs.

  • romain13
    romain13 répond à Wholovesduck
    • Posté à 17h11 le 22/01/2010

    Merci pour cette réponse documentée et intéressante.

    Concernant le point 1, il confirme ce que je dis, ce dont ont besoin les TPE c'est davantage de services de proximité (type annuaires) et pas nécessairement de référencement type Google (déjà parce que pour la plupart, n'ayant pas de sites Internet, ils n'ont pas besoin de se faire référencer). Il ont besoin qu'on accède à des coordonnées et la naissance de sites dédiés (comme votre annuaire, ou lafourchette.com pour les resto) leur convient davantage.
    Google ne propose pas de service payant spécialement dédié aux TPE aujourd'hui. Seul Google Maps permet de rentrer (gratuitement) ses coordonnées.

    Sur le point 2, sincèrement, si le but de Google était de distribuer des données, ça fait longtemps qu'ils l'auraient fait, mais ils sont bien plus intelligents que cela : il est bien plus rentable d'exploiter à long termes les échanges publicitaires entre personnes qui ont confiance que d'utiliser les données pour faire un coup financier unique. Par contre sur ce point, c'est une question de confiance mutuelle. J'ai pour ma part davantage confiance en Google qui change rarement ses CGV, qu'en Facebook qui les modifie tous les 3 jours.

    Je fais confiance à Air France quand je monte dans ses avions, pareil pour Google, parce que jusque là ils ne m'ont pas déçu.

    Sur le but des entreprises, oui, je parlais des grosses entreprises.
    J'ai davantage confiance en une boite qui cherche à toujours grossir et conquérir de nouveaux marchés, qu'en une société qui passe plusieurs années sans business modèle, malgré la somme d'informations dont elle dispose.

    Facebook est pour moi un risque bien plus sournois que Google aujourd'hui, car on ne sait absolument pas quels sont leurs projets. Mais Facebook ne gagne pas d'argent, alors personne ne les craint...

    Merci pour le dernier article, très intéressant.

    Bonne journée

  • Lauvergnate
    • Posté à 17h15 le 22/01/2010
  • fredpop
    fredpop
    informaticien
    • Posté à 21h37 le 22/01/2010
    • Internaute
      informaticien

    Je suis « referenceur » (ou chargé de référencement) depuis maintenant un peu plus d'un an : j'aide les entreprises à optimiser leur portail internet pour que ce dernier devienne visible sur la toile. Effectivement, l'obsession de tous les clients, c'est Google, pour y apparaître gratuitement sur la premiere page de résultats sur des requêtes plus ou moins précises et pertinentes.
    Par son monopole, le patron de Google dicte ses lois comme bon lui semble, et c'est un travail de longue haleine qui coûte donc de l'argent et qui a une bonne part d » imprévisibilité (ceux qui vous promettent des premières places à l'avance sont de gros fumistes). Au bout du compte, le moyen le plus rapide pour être « visible » , pour une nouvelle entreprise, reste bien souvent le payant sauf en cas de scoop, de « buzz » agrémenté d'un bon réseau (gratuit ou payant : plus il ya de sites qui pointent sur vous, le mieux c'est).
    Certes, les enchères demeurent relativement bon marché par rapport aux autres médias, mais Google se goinfre une bonne partie des bénéfices de ceux qui n'ont pas de grosses marges sur les produits qu'ils vendent. Je pense notamment à cette petite agence de voyage qui a plus que doublé son chiffre d'affaire en pleine crise, mais dont la très large partie des bénéfices a directement été remplir les poches de google. Le système « googlelien » des enchères s'avère aussi pour le moins surprenant : ce n'est pas parceque vous êtes seul sur une expression achetée que vos annonces seront publiées au prix minimum... google s'octroie même le droit de dépasser votre budget maximal journalier.
    Je crains fort que Google ait de beaux jours devant lui. Et je crois aussi qu'il n'a pas interet à ce qu'un site marchand soit trop visible « gratuitement'. Et si d'autres moteurs arrivent à grapiller des places, ce sera en offrant une logique de positionement différente : il faudra donc, pour un site marchand, prévoir autant de sites optimisés pour chacun des moteurs leaders, et les entretenir en fonction des changements de politique. Donc encore des investissements. En conclusion, comme toujours, plus t'as de sous, plus t'auras de sous. Un seul grain de sable notable toutefois dans cette machine : le bouche à oreille, comme il a été signalé.