Google a-t-il « droit de vie ou de mort sur les entreprises » ?

Photo : la mort regarde deux Quackers assis dans une église, 1827 (Hull, Edward, fl. /The National Library of Medicine)
L'un a frôlé la faillite à cause de Google, l'autre lui doit tout. En pleine controverse sur la puissance du moteur de recherche, le patron d'un jeune site d'e-commerce et le créateur d'un guide touristique en ligne témoignent : sans Google, impossible d'exister sur le web.
Le référencement : tout est là. C'est de la visibilité d'un site sur Google que dépendront, en grande partie, son audience et son chiffre d'affaires. Pour le meilleur ou pour le pire, comme peuvent en témoigner ces deux patrons de petits sites.
Il est contre : « Sans Google, vous devez fermer »
Ce chef d'entreprise a contacté Eco89 pour exprimer sa colère, mais il veut rester discret. Pas question de donner son nom, ni celui de son site : « Google a un droit de vie ou de mort sur les entreprises. »
L'année dernière, il a lancé un site d'e-commerce. Destiné aux entreprises, et spécialisé dans l'électronique. Lorsqu'il s'est vu interdire toute publicité sur Google, son chiffre d'affaires s'est effondré.
- Pourquoi il a besoin de Google. 75% des visiteurs arrivent sur le site via le moteur de recherche, loin devant ses concurrents Yahoo et Bing, ou les sites de comparaison de prix.
- Comment il profite de Google. Pour un jeune site, difficile de se faire remarquer. La solution retenue ? Adwords, le système d'achat de mots-clés de Google : « C'est le seul moyen. On ne peut pas être présent sur Google de façon naturelle, parce que les places sont prises.“Le site a ainsi dépensé jusqu'à 8000 euros en un mois, pour acheter 4500 mots-clés liés aux produits électroniques. Résultat : lorsque les internautes tapent une de ces expressions sur Google, le site est mis en valeur par une publicité et un lien à droite de l'écran.”
- Pourquoi Google peut être dangereux. Fin 2009, Google a suspendu provisoirement le compte Adwords, en estimant qu'une des pubs faisait référence à un produit interdit à la vente en France. Faux, selon le patron du site. “On avait disparu du web”. Il raconte :
“On est passé de plus de 1 000 connexions par jour à moins de 200. Or, pour la moyenne des sites marchands, 2% des visites seulement aboutissent à une vente.
Si Google refuse de passer vos annonces, vous devez fermer. C'est comme s'il y avait une seule rue marchande dans une ville, et qu'on vous interdisait d'y avoir une boutique.”
Il est pour : “Sans Google, je n'existerais pas”
Antoine Kuipers, lui, prend la défense de Google. Il a créé Insecula, un site consacré au tourisme culturel, proposant des photos et des notices sur les musées du monde entier.
- Pourquoi il a besoin de Google. Selon son créateur, Insecula compterait 40 000 visiteurs par jour, et 93% d'entre eux arriveraient sur le site à partir d'une recherche effectuée sur Google.
- Comment il profite de Google. Le moteur de recherche lui apporte la quasi-totalité de son trafic, mais aussi de ses revenus. Insecula utilise un autre système publicitaire de Google, AdSense : il affiche automatiquement des pubs “contextualisées”, à partir de mots-clés repérés sur les pages du site. Les revenus sont partagés entre Google et le site. Pas question, en revanche, d'utiliser Adwords : “Je n'ai jamais dépensé un centime pour acheter des mots-clés, je n'en ai pas les moyens.” Insecula profite en fait des recherches menées sur Google à propos des oeuvres ou des musées qu'il cite : “Aujourd'hui, mes visiteurs avaient tapé 27 000 mots-clés différents sur Google, comme ‘musée du Louvre’ ou le titre d'un tableau.” »
- Pourquoi Google est utile. Selon Antoine Kuipers, le moteur de recherche peut justement permettre le succès de sites peu connus et aux moyens limités. Des sites qui seraient les premières victimes de la « taxe Google », estime-t-il :
« Si Google n'existait pas, je n'existerais pas. Sa seule petite imperfection, c'est qu'il soit pollué par des sites sans vrais contenus, et qui ont juste une très bonne maîtrise des mots-clés.
Si on taxe Google, il va maintenir ses profits en réduisant la part qu'il reverse aux éditeurs des sites sur les pubs. Ce sont les sites qui seront taxés indirectement, et beaucoup vont disparaître. »
Qu'ils soient pour ou contre Google, difficile pour les entrepreneurs du web de nier son hégémonie. Trop puissant, trop opaque, trop riche, le moteur de recherche est devenu la cible de toutes les attaques. L'industrie culturelle, la plus virulente, dénonce un « monopole » et suggère de taxer Google pour redistribuer une partie de ses recettes.
D'autres dénoncent la « googlisation » des esprits, mais aussi de l'économie. Sur JournalduNet.com, le PDG du gestionnaire de noms de domaine français Indom expliquait la semaine dernière :
« Les gens ne réfléchissent plus que par Google. Si quelqu'un se met à vendre des tournevis, il va créer vendsdestournevis.com, uniquement pour être bien référencé dans Google, peu importe si le nom est ridicule et manque totalement de créativité. »
- Sur Rue89Sur Google, « Estrosi est un âne » et « Chirac est un ver »
- Sur Rue89Internet : les trois failles de la « taxe Google »
- Sur Rue89Avec Bing, Microsoft peut-il vraiment détrôner Google ?
- Sur journaldunet.com"Les gens ne réfléchissent plus que par Google", sur JournalduNet.com
- Sur marianne2.fr"Halte à la googlisation du monde", sur Marianne2.fr
- Sur rue89.comTous nos articles sur Google
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Etudiant
Etudiant
Il y a d'autres moyens que Google d'exister. Déjà faire de la publicité... mais dans la vie réelle : | Beaucoup d'entrepreneurs sur le net oublient que des milliers d'entreprises font d'abord de la pub dans les journaux (Métro et cie), sur des affichages publicitaires, à la télévision, au cinéma (que ce soit en vidéo ou sur les rideaux dans les cinés plus anciens)... Grosbill, Cdiscount, Amazon, Pixmania, Ebay... nombreux sont ceux dont on peut voir les publicités un peu partout (sans aller jusqu'aux coûts faramineux des spots publicitaires sur les chaines publiques bien entendu).
Il y a ensuite le « bouche à oreille », ou le mailing de masse sur internet. Un de mes anciens professeurs de prépa a démarré ainsi en mailant plusieurs centaines de ses anciens élèves pour leur présenter son nouveau projet commercial. Rien que ces mails, cela lui a permis de se faire connaître auprès de plusieurs milliers de clients potentiels.
Adwords ? Ok. Mais il n'y a pas que ce système. Adsense fonctionne aussi très bien à moindre coûts (toujours chez Google). Maintenant il est vrai qu'à la moindre incartades Google dit stop. On nous parle d'un produit interdit à la vente ? Il aurait été bien que le journaliste se renseigne avant de se contenter de dire « le patron a dit faux ». Ok c'est bien sympa mais bon... Sans nous communiquer le produit en lui même le journaliste aurait au moins pu donner son appréciation sur cela. Si effectivement le type s'amuse à franchir des interdits, la sanction tombe. Et dans ce cas le responsable n'est pas Google...
Il y a encore d'autres modèles comme le partenariat avec d'autres sites directement. Plutôt que d'acheter des emplacements chez Google il suffit d'opter pour un site qui cible le même public sans pour autant être un concurrent (en l'occurrence peut être un site regroupant les professionnels de l'électronique justement tourné vers l'information, ou le test de matériels...) et y acheter un espace publicitaire. En règle général ceci est très bien accepté par les sites internet non commerciaux qui y voient un moyen de pérenniser une source de revenus.
Toujours en ciblant un milieu professionnel donc, et en revenant sur un plan « réel », acheter des encarts publicitaires sur des revenus à destination des pro justement... Ou communiquer directement avec les regroupements de pro...
Enfin voila il existe des dizaines de méthodes pour se faire connaître sans forcément utiliser Adwords ou Google. Maintenant oui ça reste une force de frappe non négligeable sous condition de respecter quelques règles (je suis moi même utilisateur Adsense depuis désormais deux ans). Mais on peut faire autrement... sauf que ça prend du temps oui, mais ça peut sûrement coûter moins cher et mieux cibler le public voulu (il est parfois difficile de différencier pro et particulier par le simple achat de mots... alors qu'un encart publicitaire sur un autre site ou une revue est préférable...).
Le reste c'est du bouche à oreille... La plupart des sites comme ldlc, ce n'est pas via un encart publicitaire que mes amis et moi les avons connus.
Et j'imagine que dans le monde pro il est d'autant plus facile de faire fonctionner ce système.




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