A suivre 14/01/2010 à 12h14

Un colloque samedi sur la décolonisation en Afrique

Alexandre Gerbi | Ecrivain

Cinquantième anniversaire des indépendances africaines imposé par le calendrier, Année de l’Afrique en France décidé par Nicolas Sarkozy, Identité nationale en toile de fond...

Depuis plusieurs années, dans mon livre, dans Rue89 et quelques autres rares médias courageux, je m’emploie à informer les publics africains et français de l’incroyable mensonge de la décolonisation franco-africaine. Une manière de mettre à la portée du public la pointe des études postcoloniales, de JR Tournoux à Alain Peyrefitte, de Gilbert Comte à Bernard Mouralis, d’Anne-Marie Duranton-Crabol à Todd Sheppard, de Brigitte Gaïti et Samuel Mbajum, et quelques autres...

En 1960, la décolonisation de l’Afrique subsaharienne ne fut pas le triomphe de la liberté, encore moins celui de la volonté des peuples, mais le moment d’une incroyable transgression et régression : le largage par l’Etat français, selon des voies antidémocratiques et antirépublicaines, de ses territoires africains, et de leurs populations. Pour éviter le métissage de la France (« bougnoulisation » dans le vocabulaire de Charles de Gaulle) et déployer le néocolonialisme, que l’octroi de l’égalité politique aurait entravé. Cela alors que les populations africaines et leurs leaders, y compris Sékou Touré, dans leur écrasante majorité, n’aspiraient pas à l’indépendance, mais à l’égalité et à la fraternité, dans la grande République franco-africaine, que celle-ci fût fédérale, confédérale, ou jacobine.

Petit à petit, j’ai vu les réactions se faire autour de moi moins hostiles. Sur les sites ou dans la vraie vie, les cris d’orfraie ont cédé la place aux soupirs de dépit (« ça ne m’étonne même pas », « on nous ment tellement », « c’est logique ») ou aux petits sourires complices.

Il reste néanmoins encore beaucoup de chemin à parcourir pour que l’information sort de la confidentialité et se diffuse. Or l’année 2010, riche en souvenirs et commémorations (14 pays africains ex-français, du Cameroun, le 1er janvier, à la Mauritanie, le 28 novembre, en passant par le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Congo-Brazzaville, le Tchad et tant d’autres), devrait être l’occasion d’une grande prise de conscience en France mais aussi en Afrique, et pour tout dire d’une véritable révolution culturelle.

Le Grand Symposium Franco-Africain 2010 s’est fixé pour but de lancer ce grand mouvement de rénovation, le samedi 16 janvier 2010, au théâtre du Lucernaire, à Paris.

Coorganisé par L’Harmattan, maison d’édition bien connue pour sa passion pour l’Afrique, et le Club Novation Franco-Africaine, qui regroupe des écrivains africains et français, le colloque du Grand Symposium entend livrer une part essentielle de sa vérité, dans l’espoir que le monde puisse en être changé.

Car comme chacun le voit, il y a plus qu’urgence.

Venez nombreuses et nombreux participer aux débats !

Grand Symposium Franco-Africain 2010, Théâtre du Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6e. Métro Notre-Dame-des-Champs. De 9 h à 15 h.

  • 2190 visites
  • 5 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 13h57 le 14/01/2010
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    les malheurs de la décolonisation et ses effets pervers. Alors que hypocritement, le colonisateur, donc la France, gardait la haute main sur les richesses de l’ Afrique et se les appropriait ce
    qu’ elle avait abondemment fait du reste pendant la colonisation, en tenant soigneusement à l’ écart les peuples de ces pays, en leur imposant des frontières qui arrangeaient le colonisateur, mais qui séparait parfois des ethnies ce qui par la suite eut de funestes conséquences. Notre monarque, au lieu de dire à Dakar lors d’ un discours resté célèbre que l’ homme africain
    n’ était pas entré dans ll’ histoire, ce qui est faux car ils avaient une civilisation aussi valable que la notre, mais il a fallu que nous leur imposions nos religions, nos habitudes bonnes ou mauvaise tout en les laissant à la marge. Notre roitelet, au lieu de dire ce qu’ il a dit aurait dû leur présenter nos excuses pour les dégats que nous avons causé chez eux

  • LienRag
    • Posté à 11h06 le 15/01/2010
    • Internaute 34767

    L’Harmattan est surtout devenue une maison d’édition à compte d’auteur déguisée...

    • Alexandre Gerbi
      Alexandre Gerbi répond à LienRag
      Auteur(e) de l'article Ecrivain
      • Posté à 17h42 le 15/01/2010
      • Internaute 56555
        Ecrivain

      Cher LienRag,

      Plutôt que ce genre de commentaire stérile et fallacieux, il serait plus intéressant d’accepter un débat rigoureux et argumenté SUR LE FOND du sujet.

      Mais évidemment, c’est beaucoup plus facile de botter en touche... ou de tirer des penalties...

      A bon entendeur...

      Alexandre Gerbi

      • LienRag
        • Posté à 10h28 le 17/01/2010
        • Internaute 34767

        Fallacieux ? Manque de chance, quelqu’un de ma famille a récemment signé un contrat avec l’Harmattan, contrat que j’ai examiné, ce qui me permet sans complexe de maintenir mon affirmation.

        Stérile ? Apporter sa contribution, même modeste comme ici, à la manifestation de la vérité ne me semble pas stérile, et rentre en tous cas dans le champ de la construction participative de l’information qui est le credo de Rue 89. Il ne me paraît de fait pas forcément inutile de porter à la connaissance de vos lecteurs, à qui vous ne prenez même pas la peine de préciser que le Club Novation Franco-Africaine est votre création, que l’Harmattan qui vous sert de caution africaine et littéraire met son réel prestige passé au service de qui la paye, en ce qui concerne sa ligne éditoriale au moins.

        Débat de fond ? Vous avez raison, la question que vous posez est intéressante et mérite réellement débat. Hors le fait que votre prose est d’une agressivité permanente qui ne présage pas d’une très grande ouverture au débat de votre part, il se trouve que je ne suis pas historien et connaît relativement mal la période dont vous parlez, et donc que j’aurais du mal à apporter une contribution pertinente au débat, à moins que vous ne confondiez celui-ci avec une discussion de café du commerce.
        Par ailleurs, la vidéo d’interview qui vous a présenté sur Rue89 permet de penser que vous n’avez pas beaucoup manié la daba aux côtés du paysan africain ; et de même votre présentation ici ou ailleurs ne laisse voir aucune qualification professionnelle qui donnerait une autorité à vos affirmations - ce qui explique peut-être qu’elles soient si souvent à l’emporte-pièces - ou une crédibilité à vos prétentions à réviser le champ historique de la décolonisation. Par conséquent, si je maintiens que la question que vous posez est originale et intéressante, je ne suis pas certain que vous ayez personnellement quelque chose à y apporter au-delà de l’énoncé de la question.

        Et puisque vous vouliez une botte en touche, la voilà : par le choix d’une période historique actuellement négligée et sur le fond d’une immense ignorance française en ce qui concerne l’Afrique, votre approche originale d’une question effectivement importante vous a permis de vous créer une niche que vous occupez avec constance et véhémence ; mais vous n’avez pas montré jusqu’à présent que vous savez y faire autre chose qu’aboyer.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 12h23 le 15/01/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro