Extraits 11/01/2010 à 02h00

Racisme, adultère : les poubelles de la campagne américaine 2008


Lire un livre sur une campagne électorale une fois qu'elle est terminée, c'est souvent aussi intéressant que de se plonger dans un Lonely Planet une fois rentré de voyage. Mais Game Change, consacré aux tueries politiques qui ont précédé l'élection de Barack Obama en 2008, fait saliver qui aime les feuilletons politiques. Résumé.

Des bonnes feuilles et des extraits du livre de Mark Halperin (d'ABC News, auteur du blog The Page) et John Heilemann (de New York Magazine) provoquent déjà des remous aux Etats-Unis. Ce qu'on y apprend :

C'est sa fille Chelsea qui l'en a empêchée in extremis, en lui assurant que les électeurs de l'Etat de New York ne lui pardonneraient pas de ne pas finir son mandat de sénatrice.

  • Le deal des Obama et Gore

Avant d'annoncer son entrée dans la course à la Maison-Blanche, les Obama sont allés voir Al Gore pour s'assurer qu'il ne comptait pas se présenter. Ils vérifient aussi si la voie est libre du côté de Colin Powell.

  • Bill Clinton dit des horreurs

Ted Kennedy, dont Hillary Clinton et Barack Obama se sont disputé le soutien, aurait (conditionnel puisqu'il n'est plus là pour confirmer) décidé de se rallier à Obama après une discussion avec un Bill Clinton tentant de le convaincre.

« Racontant la conversation plus tard à un ami, Teddy enrageait à l'idée que Clinton ait pu dire “il y a quelques années, ce type [Obama, ndlr] nous aurait préparé nos cafés”. »

  • Harry Reid aussi

En privé, Harry Reid, le chef de file des démocrates au Sénat, parle d'Obama comme d'un « Afro-Américain à la peau claire », qui « ne parle pas avec l'accent nègre sauf quand il le veut bien ».

Reid a publié un communiqué d'excuse depuis, alors que Michael Steele, figure noire et désormais président du Parti républicain, demande sa démission.

  • Le camp Hillary fait tout pour nourrir les rumeurs sur la consommation passée de drogue de Barack Obama

Mark Penn, stratège d'Hillary Clinton, se vante devant son équipe du nombre de fois où il a prononcé le mot « cocaïne » dans une interview télé.

  • Obama et Biden ne se parlent plus

Les relations entre Barack Obama et son colistier Joe Biden sont tellement désastreuses pendant les trois derniers mois de campagne qu'ils ne se parlent plus et l'équipe d'Obama n'informe plus Biden des téléconférences internes.

  • L'autre visage du couple Edwards

John Edwards (ex-colistier de John Kerry en 2004 et candidat en 2008) doit une grande partie de sa popularité à Elizabeth Edwards, son épouse dont le public a suivi la bataille contre un cancer.

Dans ces bonnes feuilles, l'équipe de campagne s'inquiète de la présence de plus en plus lourde de Rielle Hunter, une groupie d'Edwards devenue sa maîtresse (jusqu'à ce qu'il lui promette de l'épouser après la mort d'Elizabeth).

Lorsque le National Enquirer révèle la liaison du candidat, John demande à un membre de son équipe de se déclarer le père de l'enfant de sa maîtresse.

  • Hillary Clinton prête à refuser le poste de secrétaire d'Etat dans un gouvernement Obama

Il la convainc d'accepter après une longue discussion. Elle s'inquiète de l'ombre de son mari : « Vous savez que je ne peux pas le contrôler et un jour ou l'autre, il posera un problème ».

  • Sarah Palin est encore plus félée qu'on ne l'imaginait

Après une interview désastreuse, Sarah Palin, colistière du candidat républicain, regrette d'avoir accepté d'être candidate vice-présidente.

L'équipe de McCain inquiète de ne plus la voir ni manger ni boire se demande si elle souffre d'une dépression post-partum après la naissance de son quatrième enfant et organise une réunion pour discuter de sa stabilité mentale.

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  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 07h54 le 11/01/2010
    • Internaute
      oiseau

    Listing amusant en effet.

    Il y a même quelques surprises sur certains personnages. Sarah Palin, même dans son camp, est perçue comme une instable psychologique ; et Bill Clinton est perçu comme un cheval fou. Le racisme de ce dernier (si la phrase est avérée) est écœurant.

    Au delà des surprenantes révélations sur les personnes, doit-on être surpris des conflits de personnes ? Dès qu'il y a du pouvoir, il y a lutte de personnes pour ce pouvoir et ces luttes sont parfois à ras-les-pâquerettes (je n'ai rien contre les pâquerettes). Si un courageux voulait s'amuser à écrire la même chose ici ou ailleurs, il aurait sans doute matière à nous faire rire (plus surement à nous faire peur puisque ces gens là nous gouvernent).

    La conclusion qui me vient à l'esprit, c'est de demander « à quand des tests psychologiques pour s'assurer un minimum de la stabilité du candidat à tel ou tel poste publique ? »
    Cela éviterait qu'un prétendant avec un gros complexe d'infériorité dû à son poids ou à sa taille, ou qu'un obsessionnel du sexe soit élu avec les conséquences que l'on connait.

  • rrrobotom
    rrrobotom
    Sea lover
    • Posté à 08h01 le 11/01/2010
    • Internaute
      Sea lover

    Si les mauvaises langues comptaient, il n'y aurait pas eu Ghandi, Mandéla ou Obama. Tout changement politique, idéologique, sociologique ou autre a ses propres obstacles. l'essentiel est que le monde sache que seuls les actes comptent et que la couleur de la peau n'est qu'un élément de différence dans l'apparence rien de plus. Donc les racistes n'ont quà la boucler. Quant aux manigances politiques c'est tout à fait normal qu'elles soient dignes d'un thriller sinon ce n'est plus les E.U d'Amérique. Notons que les kennedy resteront toujours un exemple d'anti-racistes et les meilleurs relayeur du Lincolnisme.

  • Guillemette Faure
    Guillemette Faure répond à Tita
    Auteur(e) de l'article
    • Posté à 08h06 le 11/01/2010

    Ce qui m'a frappée, c'est le risque qu'était prêt à faire prendre John Edwards au parti démocrate en passant aussi près de l'investiture démocrate (il finit quand même 2e dans l'Iowa). Avec des casseroles pareilles, s'il avait été le candidat démocrate, les républicains en auraient fait deux bouchées.

  • LienRag
    LienRag répond à Tita
    • Posté à 08h22 le 11/01/2010
    • Internaute

    Racisme de Clinton parce qu'il dit de Ted Kennedy (si j'ai bien compris) qu'il y a quelques années il leur aurait préparé leurs cafés (et notez bien qu'il n'a pas parlé du cigare qui va avec) ?
    Je ne suis pas certain que le racisme anti-irlandais qui fut effectivement si fort autrefois existe encore au sein des classes dirigeantes de Washington, ça me parait plus une réflexion sur le pouvoir et la déchéance...

  • Horikomi
    Horikomi
    Observateur
    • Posté à 08h49 le 11/01/2010
    • Internaute
      Observateur

    Intéressant article mais une chose me chiffonne.

    Dans le dernier paragraphe Sarah Palin est dite « félée » et comme preuves de cet argument nous avons :
    - Des regrets qu'elle a exprimée
    - Des traces d'une dépression post-natale.

    Alors autant oui cette femme est sans doute complètement ahurie (ses idéaux faisant foi je pense) mais je trouve que la il y a un sacré amalgame.

    Avoir des doutes et des regrets dans sa carrière et se sentir mal après la naissance de son enfant ne fait pas de vous une personne plus « félée » je pense.

    Rappel : La dépression post natale touche 10 à 18 % des mères.
    source : Lienépression_post-natale

  • LienRag
    LienRag répond à Keloglan
    • Posté à 09h13 le 11/01/2010
    • Internaute

    L'auteur nous départagera, mais étant donné l'égotisme des dirigeants américains je serais étonné que Ted Kennedy s'offusque d'une phrase destinée à un autre que lui.
    Et il ne s'agit pas d'une référence aux serveurs en gants blancs amha mais plutôt aux assistants politiques, donc d'un rang hiérarchique juste inférieur d'un cran, qui comme les stagiaires sont souvent préposés à la machine à café.

  • theshadedcucumber
    theshadedcucumber répond à Tita
    • Posté à 09h48 le 11/01/2010

    Je ne suis pas convaincu du racisme de Bill Clinton.

    En effet, on peut lire sa phrase de deux façons :

    - soit il a voulu dire qu'il y a quelques années, Obama aurait été un esclave qui leur aurait préparé le café (là, en effet, c'est écoeurant)

    - soit il a voulu dire qu'Obama n'était rien politiquement (pas une figure de premier plan) et veut le rabaisser en disant que ce type-là n'a pas la carrure d'un président et est tout juste bon à leur préparer du café

    Mon côté optimiste tend à penser qu'il avait en tête la deuxième option... mais vous avez peut-être raison en effet ! J'ai quand même du mal à imaginer Clinton raciste...