A la une 11/01/2010 à 16h27

Comme les cancres, Luc Chatel copie-colle le Web


Infosignalée par
un internaute


Luc Chatel visite une école à Cambrai le 15 octobre 2009 (Pascal Rossignol/Reuters)

Les élèves ou étudiants qui se sont faits choper en train de plagier le Web vont avoir un nouvel argument pour se justifier : « Ils le font bien au ministère de l'Education nationale ! » La supercherie a été dévoilée sur le blog de Lexington :

« Lors d'une réponse à une question de Christian Vanneste à l'Assemblée nationale sur le chèque éducation, M. Chatel a repris, mot pour mot et sans le citer bien sûr, une partie du contenu d'un article disponible sur Wikibéral [un site qui propose un série de texte sur “la pensée libérale”, ndlr]. »

Qui n'a pourtant pas déjà lu un article sur les profs qui s'inquiètent ou s'agacent de voir élèves et étudiants leur rendre de plus en plus souvent des devoirs partiellement ou entièrement pompés sur la Toile ?

A l'image de ce papier paru dans Le Figaro fin 2007, intitulé « Le copier-coller sur Internet irrite les profs », qui relatait le témoignage d'un professeur d'économie au lycée privé Louise-de-Marillac à Paris :

« Lorsque je leur demande de faire un travail de réflexion, les élèves s'empressent de recopier l'encyclopédie Wikipedia sur Internet. Ils plagient, sans même recouper leurs informations. »

Dans une réponse écrite à un député UMP

Depuis plusieurs années, les logiciels se multiplient pour tenter d'enrayer la tendance. Plus généralement, on « googlise » fréquemment des propos pour s'assurer de leur caractère inédit ou se voir confirmer qu'on les a déjà lus quelque part. Mais Luc Chatel et son cabinet semblent l'ignorer.

A la question écrite du député UMP, qui souhaitait connaître la position du gouvernement sur le chèque scolaire, voici le début de la réponse du ministre de l'Education nationale et porte-parole du gouvernement :

« Il existe, au niveau international, plusieurs types de “chèque scolaire”, communément appelés “chèque éducation”, mais ils partagent une caractéristique commune : au lieu que les établissements scolaires soient directement subventionnés, ce sont les parents qui reçoivent un chèque dont le montant représente le coût de l'éducation de leurs enfants.

Ils sont libres de le remettre à l'établissement de leur choix qui percevra la somme correspondante. Ce système a été initialement développé en 1990, dans la ville de Milwaukee (États-Unis) sous le nom de “school vouchers” et a depuis été mis en place au Chili, en Suède, aux Pays-Bas, à Hong-Kong et dans plusieurs autres États des États-Unis. Il a par ailleurs été expérimenté, puis abandonné, au Royaume-Uni. »

Des professeurs pourraient en vouloir à leur ministre

En comparaison, voici le texte co-écrit par Lexington sur Wikibéral, cette encyclopédie en ligne collaborative qui dit présenter « un panorama complet de la pensée libérale » et qui n'a pas de lien avec Wikipedia :

« Il existe plusieurs types de chèque éducation, mais ils partagent une caractéristique commune : au lieu de subventionner directement les établissements scolaires, ce sont les parents qui reçoivent par un chèque éducation l'argent qui est destiné à l'éducation de leurs enfants. (...)

De nombreux pays ont mis en place ce système : Chili, Suède, Royaume-Uni, Pays-Bas, Hong Kong, États-Unis. Au Royaume-Uni, une première expérimentation a été tentée mais finalement non mise en place par Keith Joseph sous le gouvernement Thatcher. (...) En 1990, Milwaukee a inauguré un tel système. »

L'article de Wikibéral ayant été modifié la dernière fois le 19 décembre 2009, comme l'indique l'historique de la page, et la réponse du ministre ayant été publiée au Journal officiel du 29 décembre 2009, le plagiat ne fait aucun doute. Certains professeurs pourraient en vouloir à leur ministre et à ses plumes.

Photo montée : Luc Chatel visite une école à Cambrai le 15 octobre 2009 (Pascal Rossignol/Reuters).

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  • paumahu
    paumahu
    désabusée
    • Posté à 16h36 le 11/01/2010
    • Internaute
      désabusée

    Rien de bien surprenant vu le peu d'estime que ce gouvernement a pour nous. Et comme ces gens n'ont encore rien compris à la force que représente internet, la vitesse à laquelle on peut recouper les infos et les propager, ils se font avoir avec une régularité d'horloge (comme Philippe Val et son histoire d'actionnaire mécontent). Pathétique.

  • willounet
    willounet
    Ingénieur en informatique
    • Posté à 16h49 le 11/01/2010
    • Internaute
      Ingénieur en informatique

    Intégrer l'apprentissage de l'utilisation d'internet à l'école, dès l'école primaire devient absolument indispensable :
    - Comment qualifier des sources ?
    - Comment recouper des sources ?
    - Comment juger de la validité d'une information ?

    Apprendre à avoir du recul sur un espace public est indispensable !

    M. Chatel aurait pu en profiter...

  • la_hulotte
    • Posté à 17h20 le 11/01/2010

    il y a deux questions dans cet article
    1) l'utilisation d'informations trouvées sur internet
    2) le plagiat

    pour le 1) il est heureux que les élèves, comme les conseillers des ministres (et les journalistes...) se servent d'internet. Toute la question pour les élèves et étudiants, c'est d'apprendre à faire preuve d'esprit critique. Tenir compte de cette disponibilité permanente des connaissances devrait faire évoluer radicalement les méthodes d'enseignement. si les élèves « trichent » c'est qu'il faut trouver de nouvelles façons de les évaluer.

    pour le 2) il n'y a plus plagiat dès que la source est citée.
    Ce n'est pourtant pas compliqué de préciser à ceux pour qui on écrit quelle est la source, si on reprend texto une synthèse qu'on trouve efficace (parce que ce n'est pas non plus la peine de tout réinventer soi même, et les conseillers sont des spécialistes, parfois, mais pas omniscients de toutes façons). Si un ministre voit dans la note qu'on lui transmet « il existe plusieurs chèque éducation... » (source wikilibéral), il se servira de l'info autrement. Au conseiller de faire son boulot et de reformuler si nécessaire.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 18h37 le 11/01/2010
    • Internaute
      Littéral

    Hadopi, c'est pas les djeun's qui pillent les auteurs et les interprètes à cause qu'Internet c'est les américains  ?
    Alors, Luc Chatel, c'est un djeun ?
    C'est çà ?