Polémique 10/01/2010 à 12h55

En Italie, 30% d'élèves étrangers à l'école, pas plus

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Pas plus de 30% d'élèves étrangers par classe dans les écoles primaires. Cette mesure prise par le gouvernement italien sera effective dès la rentrée scolaire de septembre 2010 dans l'objectif affiché de ne pas « créer de classes ghettos » et de favoriser l'intégration des étrangers.

Citée par Reuters, la ministre de l'Education nationale Mariastella Gelmini a pourtant expliqué que cette décision avait été prise dans un souci de préservation de la « culture » italienne :

« Nos écoles sont prêtes à accepter toutes les cultures et tous les enfants du monde. Dans le même temps, les écoles italiennes doivent maintenir leurs propres traditions avec fierté et diffuser la culture de notre pays. »

Très controversée, cette recommandation du ministère de l'Education concernera 629 000 élèves étrangers, dont un tiers est né en Italie. En principe théorique, elle devrait pouvoir être ajustée selon le niveau des élèves. Le plafond pourra ainsi être revu à la hausse si les étrangers maîtrisent la langue et inversement.

Une étude du ministère de l'Education datant de 2005, exhumée par La Repubblica, nuance les inquiétudes du gouvernement puisque ce document indique que l'augmentation d'élèves étrangers dans les classes n'a guère d'incidence sur les résultats scolaires.

Interrogée par La Stampa, Graziella Favoro, sociologue, met également en doute l'efficacité d'une telle mesure, fondée sur des chiffres inexacts :

« Il n'y a pas de concontration très importante d'élèves étrangers dans les écoles italiennes. Le chiffre moyen est de 7% d'étudiants étrangers... Bien sûr, dans certaines villes, le taux est plus important, comme à Milan ou dans l'Emilie-Romagne.

Mais il faut souligner que sur les 700 000 élèves étrangers, la plupart sont nés en Italie. Selon les chiffres du ministère de l'Education, ceux qui ne parlent pas italien -les nouveaux arrivants- représentent seulement 10% des élèves étrangers. »

A gauche, le scepticisme domine face à cette nouvelle mesure dont plusieurs responsables politiques craignent qu'elle ne renforce le racisme à l'encontre des étrangers. Ainsi, la sénatrice Vittoria Franco s'inquiète des retombées d'une telle décision alors que le climat est déjà au racisme et à la xénophobie depuis les événements de Rosarno.

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  • Nevermore
    • Posté à 13h10 le 10/01/2010

    C'est pas dit que ce genre de mesure réussisse à « maintenir leurs propres traditions avec fierté et diffuser la culture de notre pays »... Enfin, c'est sûr que ça contribuera à diffuser la culture italienne vers ceux qui ne sont pas italiens... mais ça pourrait aussi vachement bien diffuser la culture des étrangers en direction des italiens parce qu'on se doute bien qu'il y a en Italie comme en France des classes qui ne savent même pas à quoi ça ressemble, un étranger. 30% maximum, ça pourrait bien se transformer en une plus grande diffusion du nombre d'étrangers dans un nombre plus grand de classes. Et puis aussi ça éviterait peut-être les classes-ghettos, ça aussi on connaît en France. Faut voir, peut-être que ça débouchera sur des effets secondaires inattendus.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 13h46 le 10/01/2010
    • Internaute
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Nos écoles sont prêtes à accepter toutes les cultures et tous les enfants du monde. Dans le même temps, les écoles italiennes doivent maintenir leurs propres traditions avec fierté et diffuser la culture de notre pays. »

    ° Je n'ignore pas que le risque est grand de se faire qualifier de raciste ou de xénophobe dans un débat d'une telle nature - si on fait la moindre faute de syntaxe ou si on se risque à faire la moindre petite place à l'ironie.

    - Je considère pourtant qu'une telle structuration (au pourcentage d'étranger) du milieu scolaire pur, en Italie comme en France, n'est pas si stupide que cela.

    Tout le monde se plaint en effet des « nivellements par la base » que l'on attribue souvent à un taux excessif d'étrangers dans une classe - étrangers qui maîtrisent encore mal la langue française...et que les autres doivent « attendre » !
    Il n'y a rien d'offensant à dire qu'un étranger parle mal le français, mais on peut aisément comprendre qu'un petit français qui ne serait entouré que d'étrangers...pourrait bien finir un jour par oublier sa propre langue.

    (Je transpose ce problème Italien à la Françe, car je suis certain que la question sera tôt ou tard posée ici aussi, au sein même de l'Education Nationale).

  • anini
    anini répond à Yvon le Zébulon
    terrienne de souche !
    • Posté à 15h07 le 10/01/2010
    • Internaute
      terrienne de souche !

    Yvon , je comprends vos inquiétudes et je ne pense pas que vos préoccupations soient d'ordre raciste !
    Je trouve qu'effectivement l'idée de répartir 30% des enfants immigrés dans les classes que propose l'Italie est en soit une bonne idée mais je me méfie de ces décisions gouvernementales car elles peuvent toujours cacher des projets différents !
    J'ai travaillé pour ma part dans un lycée international !
    On regroupe les non francophones dans des classes spécialisées pendant une année scolaire avant de les mettre dans une classe normale et cela permet de travailler dans de bonnes conditions !
    Je ne suis pas certaine que cette mesure rencontrerait beaucoup d'assentiments parmi nos dirigeants compte tenu de l'intérêt que cela représenterait !
    Malheureusement !