A débattre 06/01/2010 à 12h42

Les effets d'annonce de Roselyne Bachelot sur la grippe A



Comme le raconte en détails Le Canard Enchaîné de ce mercredi, Roselyne Bachelot n'a pas été vaccinée contre les « bobards ». En quelques secondes, lundi soir à la télévision, la ministre de la Santé en a proféré au moins deux.

  • La commande n'a pas été résiliée quand elle l'annonce

Voir le document

(Fichier PDF)

Le courrier est daté du 4 janvier 2010 : l'Eprus (Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires) écrit au laboratoire pharmaceutique GSK :

« L'EPRUS est dans l'obligation de vous notifier la suppression de la commande à hauteur de 32 millions de doses, ce qui porte à 18 millions les doses de vaccins achetées par l'EPRUS sur les 50 millions de doses initialement prévues. »

Le même jour, à 20h sur TF1, Roselyne Bachelot annonce l'annulation de la moité de la commande passée par l'Etat aux laboratoires :

« Je vous annonce donc que j'ai résilié les commandes de 50 millions de doses. »

  • Aucune négociation n'a été entamée avec les labos

Décision prise, ajoute la ministre de la Santé, après une longue négociation qui aurait démarré le 20 novembre. Car à partir de ce moment-là, les experts ont su qu'il ne faudrait qu'une seule dose et pas deux pour immuniser les Français.

Or, les laboratoires concernés, notamment GSK et Novartis, démentent toute « renégociation » pour l'instant.

Vérités successives

Depuis le début de cette crise, le gouvernement jongle avec les chiffres relatifs au plan de vaccination et présente différentes versions des doses commandées et des conditions financières qui leur ont été imposées.

Par exemple, aucune clause de reprise n'a été négociée, alors que d'autres pays européens ont pu les inclure dans leur négociation avec les laboratoires.


Le dessin de Na !

Gérer la crise à la boussole... politique

En réalité, la boussole de Roselyne Bachelot tient en deux mots : principe de précaution. Principe intangible pour les politiques, depuis le désastre des crises de la canicule de 2003 ou du sang contaminé. Dans le doute, le cabinet de Bachelot a donc fait « ceinture et bretelles », comme l'écrivait Rue89 à propos de la composition des vaccins.

Problème : l'épidémie de grippe A ne s'est pour le moment pas avérée aussi grave que les experts appointés par l'OMS (que l'organisation mondiale de la santé refuse d'identifier) le prévoyaient. Le dernier pointage effectué par la revue indépendante Prescrire indique que l'épidémie de H1N1 est assez comparable aux épidémies grippales classiques :

« Selon nos calculs, en moyenne il y a eu environ 1 décès pour environ 40 000 grippes H1N1 et 1 grippe grave pour environ 8 000 (2,3). Les taux de décès et de grippes graves paraissent encore 5 fois à 10 fois plus faibles chez les personnes sans risque de complications. »

Et Prescrire de conclure que les « complications graves de la grippe H1N1 sont rares ». Roselyne Bachelot avait urgemment besoin de corriger le tir.

  • 33443 visites
  • 117 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • daniel
    daniel
    daniel
    • Posté à 13h02 le 06/01/2010
    • Internaute
      daniel

    Dans cette affaire, on ne peut que remarquer la mauvaise foi la plus grossière du gouvernement.
    Le principe de précaution s'il était réellement appliqué interdirait purement et simplement l'industrie automobile !
    Ils ont commandé 94 millions de doses pour 60 millions d'habitants, couplés à des quantités fantastiques de Tamiflu et de masques.
    Aucun pays dans le monde ne s'est planté autant.

    Même en enlevant soit-disant 50 millions de doses, cela fait encore 44millions pour 5 millions de vaccinés !

    Le principe de précaution d'accord, mais le foutage de gueule, non !

  • Ruski
    • Posté à 13h40 le 06/01/2010

    Nous attendons enfin, une parole sensée de vaccinator : Je démissionne !

  • Jean-Francois Hollanchon
    Jean-Francois Hollanchon
    Francine président
    • Posté à 13h54 le 06/01/2010
    • Internaute
      Francine président

    Mr Le Guen, lance la polémique, c'est de bonne guerre... mais il vaut mieux qu'elle soit dans ce sens la que dans l'autre... (imaginez s'il n'y avait pas assez eu de vaccin pour une grippe qui touche beaucoup plus de monde...). C'est surement les leçons retenues du passé depuis l'affaire du sang contaminé ou de la canicule.

  • Waphy
    Waphy répond à telemaque50
    Intermittent du travail
    • Posté à 13h56 le 06/01/2010
    • Internaute
      Intermittent du travail

    La compensation serait apparement une augmentation du prix des médicaments.

    à l'avenir, si vous tombez malade, achetez de la coke, la guérison vous coûtera moins cher que vos médocs (et coutera moins cher à la sécu).