A la une 03/01/2010 à 18h25

Aéroports : derrière les scanners corporels, le contrôle au faciès

François Krug | Journaliste Rue89


Dessin de Chimulus

Contre le terrorisme, le gouvernement britannique va généraliser les « scanners corporels » dans les aéroports. Une technologie ultra-moderne qu'il veut utiliser avec une méthode plus ancienne, mais tout aussi controversée : le contrôle au faciès pour repérer les éventuels terroristes.

Après l'attentat manqué sur un vol Amsterdam-Detroit, le gouvernement britannique estime que les détecteurs traditionnels ne suffisent plus.

L'auteur de la tentative d'attentat avait ainsi réussi à cacher des explosifs dans ses sous-vêtements. Les spécialistes de l'anti-terrorisme s'inquièteraient aussi d'un mode opératoire inédit : la « bombe suppositoire ».

Avec ces scanners très curieux, passagers pudiques s'abstenir

Ce dimanche, Gordon Brown a donc annoncé l'adoption des « scanners corporels ». Le Premier ministre britannique n'a pas voulu attendre l'avis que les autorités européennes doivent rendre sur cette technologie.

Une technologie controversée : à l'écran, les passagers passés au scanner apparaissent complètement nus. Difficile de cacher une arme ou des explosifs, mais aussi de préserver son intimité.

Ces scanners ont déjà été testés à Manchester et à Heathrow, un des aéroports londoniens, ainsi qu'à Amsterdam. Aux Etats-Unis, ils ont fait leur apparition dès 2008 à Los Angeles et New York. Et certains passagers semblent s'inquiéter d'être ainsi mis à nu. (Voir la vidéo d'Associated Press, en anglais.)

Ce n'est pas le seul problème des scanners personnels. Ces appareils sont encore trop volumineux, coûteux (autour de 110 000 euros, selon The Guardian) et trop lents.

« Les gens préfèrent être contrôlés qu'être victimes d'une bombe »

D'où ce projet révélé par The Guardian, qui cite une source gouvernementale : sélectionner les passagers devant être « scannés ». Les autorités ne se contenteraient pas de repérer les comportements « inhabituels » : elles prendraient aussi en compte la couleur de peau et la religion.

Discrimination ? Racisme ? Interrogé par The Guardian, le député travailliste Khalid Mahmood estime que la sécurité doit primer :

« Je pense que les gens préfèrent être contrôlés qu'être victimes d'une bombe. Ce ne serait pas de la discrimination (...). Certains seront certainement choqués, mais le fait est que la majorité des auteurs de ces attaques terroristes sont musulmans. »

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  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 19h17 le 03/01/2010
    • Internaute
      non connue

    Bon, la peur fait vendre, la technique fait peur, tout baigne pour le business.
    Comme chantait Brassens, « il y a peu de chances qu'on détrône le roi des cons ».

    Maintenant, si ce pognon est plutôt investi dans l'aide au développement, ou pour se passer du pétrole et donc éviter certains « dommages collatéraux », ce serait plus efficace, non ?
    Parce qu'il sera toujours possible de dissimuler une saloperie dans son propre organisme. Un virus, une bactérie, une réaction chimique dormante, ça se voit au scanner ?

  • Brédala
    Brédala
    La V2 Maria ...
    • Posté à 19h33 le 03/01/2010
    • Internaute
      La V2 Maria ...

    « Les gens préfèrent être contrôlés qu'être victimes d'une bombe »

    L'ultra-sécuritaire pousse toujours sur l'imparable...ça fleure bon le bon sens...mais ça n'en est pas.
    Le bon sens, ne serait-il pas plutôt en amont : Prévention, éducation, discussion, échange, rencontre, nourrir le lien social.. ?
    Mais mystérieusement, en amont y'a de moins en moins de monde et pas de scanner en vue.

  • mystigris
    mystigris
    ...
    • Posté à 19h45 le 03/01/2010
    • Internaute
      ...

    Evidemment je condamne ces dérives racistes et liberticides mais en plus j'aimerais faire remarquer un autre point :

    Imaginons une seconde que toutes ces dérives permettent d'obtenir une sécurité absolue dans les avions.
    Que se passera-t-il ?
    C'est très simple les terroristes iront au choix dans le métro, la rue ou les grands centres commerciaux plein de monde etc

    Donc on fera quoi ensuite ?
    Un scanner pour prendre le métro ?
    Montrer ses papiers pour entrer dans un grand magasin ?
    Qu'inventeront donc nos gouvernements ensuite ?

  • Kid_A
    • Posté à 20h11 le 03/01/2010
    • Internaute

    Le contrôle au faciès serait donc plus efficace que les fichiers avec lesquels on nous bassine tant ?
    A ce que je sache, l'auteur de l'attentat raté était fiché, connu. Encore une fois, « le monde » était prévenu...
    Ils ne font pas leur boulot correctement et ils trouvent ensuite des excuses pour nous imposer leur « tout sécuritaire ».
    Il faudrait peut-être commencer par changer ceux qui Contrôlent.

  • Atalante
    Atalante répond à spqr
    Illusionnée
    • Posté à 21h34 le 03/01/2010
    • Internaute
      Illusionnée

    Ce qui ne les empêche pas d'être controlés. J'ai pris l'avion le 23 décembre pour un vol entre l'allemagne et la france avec un paquet cadeau dans mon bagage à main,dont la forme a visiblement parue suspecte au scanner.

    J'ai les yeux bleus, je suis blonde, j'ai moins de 25 ans et j'étais habillée plutôt élégamment. Ca ne m'a pas empêché d'entendre un « mademoiselle veuillez non suivre svp », de devoir expliquer pendant plus de dix minutes que non, je ne transportais pas une bombe, de voir mon paquet sondé par je ne sais quel appareil dans un des bureaux de la police et enfin de devoir le déballer.

    Et même si ça m'a vraiment emmerdée sur le coup, je suis contente que des précautions soient prises.

    C'est facile d'être contre le renforcement de la sécurité dans les aéroports, de crier au populisme, au régime totalitaire et d » être contre les scanners corporels quand on ne prend pas souvent l'avion.
    Moi, qu'un mec de la sécurité me voit toute nue sur son écran, ça ne me fait ni chaud ni froid, je sacrifie bien volontier ma pudeur pour ne pas un jour avoir à subir la folie d'un kamikaze en plein vol. Ce n'est pas avec ma cuillère en plastique Air France que je pourrais faire grand chose contre un fanatique décidé à faire exploser sa bombe-suppositoire.