LYONCAPITALE.FR 29/12/2009 à 10h53

La pub plombe le lapin pour mieux nous en faire manger

Lyon Capitale"


Quand le Comité lapin interprofessionnel décide de relancer la consommation du lapin, elle n'a d'autre choix que de faire appel au genre d'agence de communication qui pourrait bien nous faire avaler des couleuvres. Et depuis novembre, la chasse est ouverte sur le net via une campagne de dépréciation pas si novatrice.

Agence de communication spécialisée en agroalimentaire, la société Thomas Marko & Associés, sous l'impulsion du Comité lapin interprofessionnel pour la promotion des produits (Clipp), s'est donnée comme mission de rompre définitivement avec l'image sympathique véhiculée par Bugs Bunny, Panpan (l'ami de Bambi) ou le lapin Cassegrain.

Sa méthode ? Décrédibiliser le mammifère aux grandes oreilles pour déculpabiliser le consommateur, le lapin étant l'une des rares créatures à s'apprécier aussi bien en moutarde qu'en animal de compagnie.

Élise Amiet, chargée de communication au sein de l'agence Thomas Marko, sourit :

« On voulait casser cette douce image d'un animal quasi domestique que l'on trouve très mignon, qu'on n'a pas forcément envie de manger. Pour ce faire, on a créé un personnage qui est tellement agaçant, tellement irritant, qu'on a qu'une envie : le passer à la casserole. »

Voilà comment, à travers deux vidéos et un site web, l'insupportable mascotte Cyril le lapin est née (en hommage peut-être à Cyril Lignac, le cuistot d'M6 ? ) sous les traits d'un malheureux comédien un peu négligé apprêté de petites oreilles.

Bien entendu, l'opération vise surtout à interpeller les jeunes actifs à travers une campagne « décalée ». L'agence s'associe même à des événements pour célibataires dans le but de séduire « les trentenaires qui n'ont pas l'habitude d'en consommer », précise Élise Amiet, soucieuse de rendre la bête « un peu tendance et un peu fun ».

Une campagne difficile à avaler

Mais cette campagne n'est pas au goût de tout le monde. Et si personne n'est encore monté au créneau pour faire monter la sauce, ce type de communication a la fâcheuse tendance d'agacer les associations de défense des animaux.

Christophe Marie, directeur du bureau de protection animale de la fondation Brigitte Bardot, n'apprécie guère cette nouvelle tendance

« La filière équine avait lancé une campagne qui disait : “vous perdez au tiercé ? Vengez-vous, mangez du cheval” ! Il y a toujours une volonté d'éloigner le consommateur de la réalité de l'élevage, des transports et de l'abattage, ce qui est assez logique en soi, pour en favoriser la consommation. »

Ce farouche défenseur de la cause animale se dit choqué par ce traitement humoristique qui se généralise. Il préconise, pour les producteurs à l'origine de cette campagne, de plutôt jouer la carte de la « transparence à l'encontre des consommateurs, pour que les acteurs du secteur n'aient pas honte de leur manière de produire cette viande ». Un élevage qui se fait essentiellement en cage, précise-t-il.

« Zafè a kabrit pa zafè a lapin », pourraient lui rétorquer le Clipp et l'agence Thomas Marko. Un proverbe guadeloupéen qui pourrait se traduire par : « occupe-toi donc de tes oignons ! ».

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  • Disciple ressucité
    • Posté à 11h17 le 29/12/2009

    Et là, pas envie de dézinguer à tout va ?

  • ApollonduRéverbère
    • Posté à 12h47 le 29/12/2009

    Disons que ça n'a rien à voir.
    Mon père a élevé des lapins, j'ai participé activement à l'élevage pendant toute mon adolescence. Et je peux vous dire que j'éprouve parfois quelques suspicions quand je vois les dépouilles de lapins sur les marchés. Des corps très longs pour une si petite tête je n'ai jamais vu ça. On dirait des chats. Point barre.
    Vous saviez que chats et lapins sont jumeaux quand ils naissent ? Je le sais vous dis-je parce que j'en ai élevé et que j'ai eu des chats.

  • Lapin Bleu
    • Posté à 09h55 le 31/12/2009

    Salut à tous,

    Cette campagne qui tente pitoyablement de nous dénigrer n'est pas seulement outrancière et de mauvais goût, elle est en outre assez inefficace et ratée.

    - Déjà, les « créas » à la c** des ces agences n'ont même pas pensé à faire appel à un lapin pour le clip, mais à un humain ! C'est dire s'ils sont c***, affubler un mec mal rasé et transpirant d'un cintre avec de fausses oreilles ne suffit évidemment pas à donner l'illusion. Alors que je suis sûr qu'en cherchant pas beaucoup, ils auraient trouvé un copain prêt à vendre son espèce pour un peu d'oseille.

    - Ils ne donnent même pas envie du produit qu'ils pensent vouloir vendre avec des clips qui ne le montrent même pas.

    - L'esthétique des clips est nulle. Et comment croire qu'un lapin puisse se comporter de façon aussi mal éduquée que le personnage de cette série, en tous points bassement humain.

    Mais passons. Etant moi-même un lapin, je me doute que de nombreux riverains me jugeront partisan. Alors j'arrête là le poids des mots pour livrer à mes copains riverains le choc des vidéos. Voilà la réalité que les gugusses qui ont échafaudé Cyril le lapin cherchent à cacher :

    Sur cette vidéo, on voit des congénères mal électrocutés et égorgés qui reprennent du poil de la bête en pleine chaîne de production (attention personnes sensibles s'abstenir).

    Par ailleurs, ce genre de campagne de pub, où des « créas » s'imaginent drôles en occultant totalement la conséquence de leurs actes, en appelle quand même au meurtre (« Passez le à la casserole »), ce qui est répréhensible rappelons-le. Mais comme il s'agit de lapins, personne ne trouve cela anormal.

    Il n'empêche que c'est avec ce genre de campagnes débiles, qu'on donne des idées à certains déséquilibrés, comme celui qui génocide tous les lapins de Coulonges-sur-l'Autize. Rappel des faits :

    Génocide de lapins à Coulonges
    Huit plaintes ont déjà été déposées à la gendarmerie : à Coulonges-sur-l'Autize (Deux-Sèvres), quelqu'un tue systématiquement les lapins domestiques. Depuis quelques jours, on constate une montée en puissance dans le rythme des exécutions (100 lapins tués depuis fin novembre) et dans les mises en scène macabres : corps alignés en masse, lapine vidée de ses petits, tête coupée de son lapin placée sur le chemin de l'école d'un enfant...
    (Sources : Lien, Lien, décembre 2009)

    Bref, chers riverains, vous l'aurez compris, je suis lapinesquement outré.