Automobile : derrière l'euphorie, la réalité d'un sous-traitant
C'en est trop, je ne peux plus faire autrement que réagir face à ce que j'entends aux informations depuis quelques jours. Nous entendons des économistes et des politiques se réjouir des résultats des ventes des constructeurs automobiles (et en particulier les marques françaises).
On nous parle de la meilleure année depuis 2001, avec des progressions à deux chiffres. Bref, on nous parle d'un secteur qui se porte plus que bien.
En effet, durant toute cette année, à chaque fois que je me suis rendu dans des concessions, quelle qu'en soit la marque, j'entendais toujours la même chose : « On n'a jamais si bien vendu ! ».
Alors aujourd'hui, je regarde en arrière.
Chez mon employeur, le discours est à l'opposé : morose
Je travaille pour un équipementier automobile (spécialisé dans l'injection diesel) qui a notamment pour client Renault et PSA, et durant cette même période le discours de mes responsables n'a cessé d'être à l'opposé de ce que je viens d'énoncer.
Cela a commencé fin 2008 avec l'arrêt des contrats de tous les intérimaires. Cela représentait environ 500 départs sur les 2000 personnes que comptait le site sur lequel je travaille.
Puis le chômage partiel a fait son apparition entre décembre 2008 et mars 2009. Au premier trimestre, ce sont les liquidités après lesquelles il fallait courir. Certes, à cette époque nous ne savions pas encore quels seraient les effets des aides de l'Etat pour le secteur automobile.
Chômage partiel, gel des salaires, délocalisations...
Néanmoins, la tendance n'a jamais été rectifiée, et ce malgré tous les chiffres prometteurs qui tombaient chaque trimestre :
- gel des salaires
- gel des formations
- gel des investissements sauf en ce qui concerne la délocalisation de nos lignes de production
Je me disais pendant tout ce temps, « avec tous ces véhicules vendus, la situation ne peut que s'améliorer ». Pas du tout. Ces dernières semaines, tout est passé à la vitesse supérieure :
- les augmentations ne sont toujours pas d'actualité
- accélération des délocalisations vers des pays pas toujours européens
- départs volontaires
- prévisions presque catastrophiques pour 2010 (on nous parle d'une année encore « moins bonne » que 2009)
- licenciements dans certains de nos sites européens
- et l'apothéose, les ingénieurs (dont je fais partie) se sont vus proposer de venir travailler sur les chaînes de production plutôt que faire leur travail habituel ou de prendre des congés de fin d'année pour palier un manque de main d'œuvre
Alors je me pose la question : si les constructeurs ont bien vu leurs ventes exploser, pourquoi a-t-on un ressenti complètement opposé en tant que professionnel de l'automobile ?
- Sur latribune.frTrès bonne année 2009 pour le marché automobile français (LaTribune.fr)
- Sur rue89.comTous nos articles sur l'automobile
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2012, toujours pas de voisins, (...)
2012, toujours pas de voisins, (...)
Comme j'ai travaillé longtemps dans l'automobile je peux vous donner certains éléments :
1. Les volumes ont explosés mais le mix véhicule s'est abaissé à confirmer par les ventes par modèles mais c'est le bas de gamme qui a été vendu cette année
2. Les véhicules bas de gamme ne sont plus fabriqués en France et les sites low cost qui auparavant été approvisionnés par les sous traitants français ne le sont plus ! Dorénavant les sites d'assemblage low cost sont approvisionnés par des équipementiers low cost... (intégration locale de la sous traitance)
3. Les véhicules bas de gamme sont rarement achetés en diesel (environ 70% essence /30% diesel alors que c'est le contraire en moyenne et haut de gamme)
4. Les constructeurs ont réduit leur en-cours de près d'un mois...
Désolée, mais votre constat ne m'étonne pas...




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