A la une 13/12/2009 à 19h46

Silvio Berlusconi frappé au visage après un meeting à Milan

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

D'abord conspué par des manifestants, le président du conseil italien a ensuite reçu un coup et dû être transféré à l'hôpital.

L'agitation politique autour de Silvio Berlusconi en Italie est souvent traitée sur le mode de la dérision. Dimanche, elle a laissé la place à la violence, lorsque le chef du gouvernement italien a été agressé par un homme de 42 ans à l'issue d'un meeting politique à Milan.

Les images de télévision ont montré un Berlusconi au visage tuméfié, visiblement sonné par le coup porté par une petite statue du célèbre Duomo (la cathédrale de Milan), embarqué dans sa voiture et aussitôt emmené à l'hôpital. (Voir la vidéo)

Berlusconi, qui est agé de 73 ans, restera en observation pour 24 heures. Il aurait eu deux dents et le nez cassés. Pour bien montrer qu'il n'était pas sérieusement atteint, Silvio Berlusconi est ressorti de sa voiture un bref instant, avant de se rasseoir et d'être emmené à l'hôpital.

Son agresseur, Massimo Tartaglia, a été maîtrisé et arrêté. Selon le site Repubblica.it, cet homme aurait suivi un traitement psychiatrique pendant dix ans, et n'est connu pour aucune appartenance politique, même extra-parlementaire. Il n'a aucun passé judiciaire. Des informations qui accréditeraient un geste isolé.

Juste avant l'échauffourée, pourtant, un groupe d'une dizaine de personnes avait conspué le chef du gouvernement, qui était en train de signer des autographes. Ils l'ont traité de « bouffon » et de « voleur ». Berlusconi avait riposté en criant dans leur direction « honte à vous ».

Juste après, l'agresssion s'est produite, sans qu'on sache réellement si l'auteur du coup de poing faisait partie de la dizaine de personnes qui avaient conspué Silvio Berlusconi.

« Mes ennemis me dépeignent comme un monstre »

Les réactions politiques en Italie ont été très rapides pour condamner l'agression contre le chef du gouvernement, de la part de ses amis comme, bien sûr, de ses ennemis qui ont tous condamné l'irruption de la violence dans le débat politique.

Au cours du meeting électoral auquel il a participé, il avait notamment déclaré :

« Mes ennemis me dépeignent comme un monstre, mais je ne pense pas en être un. D'abord parce que je suis beau-gosse, et ensuite parce que je suis quelqu'un de bien ».

Les polémiques qui se multiplient autour du chef du gouvernement portent aussi bien sur sa vie privée, avec, en particulier, le « Noemigate », du nom d'une jeune fille mineure dont il a été proche, ou de call girls qui ont témoigné dans la presse avoir été payées pour passer la nuit avec lui, que de ses liens supposés avec la mafia. Il a réussi jusqu'ici à faire face dans un pays polarisé entre pro et anti-Berlusconi.

Slivio Berlusconi domine la scène politique de l'Italie depuis deux décennies après avoir façonné son univers médiatique grâce à son empire de télévision commerciale. C'est la troisième fois qu'il est chef du gouvernement, après un bref intermède en 1994-95 à l'issue duquel ses rivaux pensaient l'avoir éliminé.

Mais il a de nouveau gagné les élections en 2001, gouvernant jusqu'en 2006. Enfin, il a été réélu en 2008 à la tête d'une coalition de la droite italienne.


Dessin de Na

►Réactualisé avec la nature de l'objet qui a frappé Berlusconi

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  • Gibert Because-Youno
    • Posté à 20h37 le 13/12/2009

    D'un côté, ça fait plaisir.
    Et puis ça fait un peu irruption du réel, le sang, les yeux perdus, sur ce visage toujours lisse, retouché par les caméras et la chirurgie.

    D'un autre côté, là où l'opposition commençait vraiment à prendre de l'ampleur, et la colère à monter contre ce dangereux personnage, ce coup de force risque d'inverser la vapeur, et de faire de lui un martyr auprès de l'opinion. Et sa paranoïa à lui (« je suis l'homme le plus persécuté de l'histoire », avait-il déclaré) va encore gonfler d'autant.

    Pas forcément une bonne opération.

  • ApollonduRéverbère
    • Posté à 20h43 le 13/12/2009

    Tout ça nourrit l'extrême-droite italienne.
    La photo est choquante, on ne peut qu'être bouleversé de voir qu'un élu se fasse agresser alors que le cordon de sécurité est suffisamment lâche pour laisser passer un maboul.
    Mais tout ça fait le lit de l'extrême-droite partout en Europe, et c'est bien dommage. A la haine répond toujours la haine.

  • fab 31
    fab 31
    travailleur social
    • Posté à 21h02 le 13/12/2009
    • Internaute
      travailleur social

    pas, de violence en « démocratie » ? ? ? ?
    Vous avez vu comment les polices européennes agissent(et bien sur avec la bénédiction des plus hautes autorités)
    Pas de violence pas de violence...et quoi encore ?

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 21h41 le 13/12/2009
    • Internaute
      oiseau

    Et voilà !

    L'opinion publique aura tôt fait d'associer cette agression lamentable à l'opposition politique de Berlusconi.

    La preuve : même Pierre Haski dont la plume est pourtant souvent précise fait cet implicite malheureux.
    Juste après nous dire qu'il s'agit probablement d'un « geste isolé », Pierre Haski écrit un « pourtant » dans la phrase « Juste avant l'échauffourée, pourtant, un groupe d'une dizaine de personnes... » ce qui laisse bien l'idée implicite d'un lien.

    C'est en cela que cette agression est éminemment malheureuse : elle discrédite toute l'opposition qui voit ainsi ses arguments balayés, bien qu'ils soient des plus pertinents. La majorité des gens n'aime pas la violence et face à elle, ils aiment à prendre pitié de la victime. Notre bon Nicolas connait bien ce principe : celui de se présenter en victime pour s'attirer de la sympathie.

    Pour l'opposition, politiquement, cette agression est un désastre.