A débattre 09/12/2009 à 11h05

Grippe A : et si la vaccination était une cause de divorce ?

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Se faire vacciner ? Faire vacciner ses enfants ? La question de la vaccination divise au sein du couple. Témoignages.



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La chronique de Stéphane Guillon, ce mardi matin à la radio, en plus de me faire rire, m'a ouvert les oreilles sur une question de société peu évoquée : « Tous les couples qui ne mourront pas de la grippe A divorceront dans l'année. »

C'est vrai ça, que se passe-t-il lorsqu'un désaccord de cette taille surgit au sein d'un couple ? Après avoir raillé Roselyne Bachelot, qui était l'invitée de la matinale de France Inter, l'humoriste décrit une scène de ménage. (Voir la vidéo à partir de 3 minutes 10)

« Même au sein de la famille, les gens ne sont pas d'accord. Le médecin de monsieur a dit oui mais la pédiatre des enfants a dit non...

- Très bien, quand ils auront 41°C, viens pas chialer, tu t'en voudras à mort...

- Je préfère qu'ils aient 41 plutôt qu'ils attrapent la sclérose en plaques...

- Qui t'as dit ces conneries ?

- Brigitte a une copine...

- Brigitte ? ! Cette cooooonne qu'est même pas capable d'avoir des enfants ! Passe-moi le téléphone, je vais l'appeler...

- T'as jamais pu blairer mes copiiiiiiiiines...

Bref, tous les couples qui ne mourront pas de la grippe A ou du vaccin divorceront dans l'année, c'est le seul effet secondaire dont on est certain. »

Entre parents d'élèves, entre parents et enfants et au sein du couple, la question a parfois des accents politiques. Puisque c'est la ministre de la Santé elle-même qui nous invite à nous faire vacciner, certains ont l'impression qu'ils seront comptés parmi les partisans de la politique gouvernementale s'ils prêtent leur bras.

Chez les enfants, les rumeurs vont bon train, et du coup il faut parfois une petite mise au point pour chasser leurs fantasmes.

S'en remettre aux scientifiques

L'envie de se faire vacciner varierait-elle avec les classes sociales ? Hervé, conseil en développement durable, raconte :

« Dans nos milieux écolos, on a beau être des adeptes du principe de précaution, on est plutôt opposés à la vaccination. Pour nous, c'est évident que cette affaire de grippe est une blague énorme. D'ailleurs, dans les médias, on entend moins les sceptiques... »

Ceux qui comptent des scientifiques parmi leurs proches s'en remettent souvent à leurs avis. Flore témoigne :

« Mon père est chercheur en biologie, dans son milieu tout le monde se fait vacciner, alors je l'ai fait et pour mes enfants aussi. »

Et que se passe-t-il lorsque le débat coince ? Au ministère de l'Education nationale, on précise que :

  • pour la vaccination dans les collèges et lycées, qui a démarré le 25 novembre et doit durer jusqu'à Noël, les parents doivent signer le bon de vaccination et dire si oui ou non ils veulent se faire vacciner. Mais, de toutes façons, c'est eux qui décident ;
  • pour les écoliers, il n'y aura pas de passage dans les établissements. Les parents sont invités à se rendre dans les centres de vaccination collective. La présence d'une seule personne ayant autorité parentale suffit.

Théoriquement, un parent pourrait décider pour son enfant, sans en référer à l'autre. Il est rare d'en arriver là... même quand on est divorcé. Jean-Charles, divorcé et papa d'une fille de 9 ans, explique :

« On a décidé de faire confiance au pédiatre. Lui a fait vacciner ses petits-enfants, donc on fera pareil. »

« Face à une mère... je me sais perdant »

Chez Pascal, le pédiatre jugeait la vaccination des enfants pas très utile. Mais sa femme était pour :

« J'avais coché “non” sur le bon de vaccination du collège, elle a voulu aller le reprendre pour dire oui ; entretemps notre fils a passé une soirée avec des copains dont l'un avait la grippe A, et lui ne l'a pas attrapé. Comme il avait eu un coup de fièvre un peu plus tôt, on s'est dit qu'il devait être immunisé. »

Les mères semblent plus favorables à la piqûre que les pères et, comme précise Bertrand qui est dans ce cas de figure :

« Pour l'heure, je garde la main, mais face à une mère... je me sais perdant ! »

Surtout, le penchant des Français à se faire vacciner varie avec l'annonce du nombre de morts (118 en métropole). Chacun fait son rapport bénéfices/risques, avec une bonne dose d'irrationnel. Patrick, journaliste scientifique et père d'un garçon de 14 ans, raconte :

« Quand c'était la pointe de l'épidémie, il y a dix jours, sa mère voulait qu'on le fasse vacciner. Moi j'avais l'impression que s'il avait la grippe, ce ne serait pas grave. Je n'ai pas peur qu'il attrape une maladie rare, mais c'est toujours fatiguant un vaccin. Lui n'avait pas envie, ça a joué.

Des médecins disent qu'il vaudrait mieux se faire vacciner contre les infections à pneumocoques, avec le Pneumo 23. »

Mais ce dernier est réservé aux personnes présentant des facteurs de risque. Et vous, la décision fait-elle consensus dans vos familles ?

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  • ClaireChar
    • Posté à 11h11 le 09/12/2009

    Je n'ai pas d'enfants mais je suis enceinte donc la question s'est posée et bizzarement quand vous êtes enceinte,votre corps appartient un peu aussi à votre mec, à vos parents, à vos beaux parents
    mais bon j'étais pour me faire vacciner donc problème régle.

    en revanche sur la question des conflits que cela soulève dans le couple, çe ne me parait pas pire que de savoir si on accepte de donner téléphone portable à son enfant, si on le laisse sortir après minuit ou pas, si on laisse le petit ami ou la petite copine de son enfant dormir à la maison, si on met son enfant dans le privé ou dans le public du quartier même si c'est pas un bon établissement
    bref des raisons de divorcer, on a pas attendu la grippe A pour en avoir ! ! !

  • Ben85
    • Posté à 13h21 le 09/12/2009

    C'est un peu idiot de s'engueuler dans un couple à propos de ce vaccin...

    Ma femme et moi nous étions mis d'accord : nous ne voulions pas nous faire vacciner, mais la question se posait pour les enfants. Dans un premier temps, on a demandé à notre généraliste ce qu'il en pensait. Comme prévu, ne voulant pas se mouiller (et je le comprends), celui-ci nous a dit de faire comme nous voulions pour les enfants.
    On s'est accordés au préalable, ma femme et moi : si l'un des deux ne voulait pas faire vacciner les filles, on ne faisait rien. Il fallait que nous deux soyions d'accord. On s'est informés. On a pesé le pour et le contre. Les doutes équivalant les certitudes, on a décidé de ne rien faire...

    D'un commun accord. Ensemble. En dialoguant.

    Bref, en faisant tout ce qu'un couple doit faire au quotidien.

    Franchement, je ne vois pas trop le problème...

  • Corti
    Corti
    Onaniste Otaku
    • Posté à 13h43 le 09/12/2009
    • Internaute
      Onaniste Otaku

    Le fait que des couples se déchirent sur le vaccin, me rappelle que le vote de la Consitution Européenne où le même « problème » avait été relevé.

  • layote
    • Posté à 16h40 le 09/12/2009
    • Internaute

    Chez nous pas de problème.On travaille à l'hopital ,on est particulièrement bien informés...Je suis vaccinée mon mari aussi et mes enfants de 17 et 15 aussi.Mon fils ainé avait coché non croyant que nous n'étions pas favorables.Je ne lui pas laissé le choix : je lui ai dit qu'il devait être vacciné et lui ai présenté les arguments mais pas avec des liens pseudoscientifiques qui circulent sur le net avec leur cortège de délire.Je lui ai présenté la réalité du terrain et les données épidémiologiques que je reçois chaque semaine de la SIRE.Je lui ai présenté le rapport bénéfice risque.
    Ce que nous enfants attendent de nous c'est une décision claire.Mes fils ont compris , on a discuté mais nous restons des parents avec nécessité d'assumer nos choix.Le plus jeune est le seul de sa classe a avoir l'accord pour être vacciné.Il a tout entendu : le Guillain Barré , paralysie , cancer et j'en passe.Je lui ai expliqué et cela s'est bien passé.

  • vince_51
    vince_51
    chef de projet
    • Posté à 16h53 le 09/12/2009
    • Internaute
      chef de projet

    Et bien nous, nous sommes mariés et avons une petite fille de presque 2 ans et quelques médecins dans la famille, l'avis de ceux-ci médecin a changé entre cet été et maintenant.
    En résumé pour les enfants en bas age, vaccination, pour les adultes, vaut mieux attendre de voir.
    C'est ce qu'après moult lectures condratictoires nous avons décidé.
    Si ils m'avait proposé un vaccin sans adjuvant je l'aurai accepté, mais le pandémirix (vaccin proposé dans notre Région) ne me dit rien qui vaille. Développer trop rapidement selon moi, et les rapport de pharmacovigilances français et europeen ne sont pas en phase, il existe des différences notables.
    Aussi dans le doute je préfère m'abstenir.
    Donc vaccination sans adjuvant pour notre fille et pas pour nous.
    Ceci dit, la maman a tout de même laissé la responsabilité au papa pour aller faire vacciner la petite.

  • hagalma
    • Posté à 20h10 le 09/12/2009
    • Internaute

    Si la vaccination était une cause de divorce, elle ne serait jamais qu'une cause de plus !