Revue de web 08/12/2009 à 17h24

Le PDG de Google contre le droit à l'oubli, sauf pour lui-même

François Krug | Journaliste Rue89

Si vous voulez effacer vos traces sur Internet, c'est peut-être que vous avez quelque chose à vous reprocher : avec cette remarque, le PDG de Google va encore se faire des amis chez les partisans du droit à l'oubli numérique. Pourtant, il s'était lui-même offusqué de la publication d'informations sur sa vie privée, toutes dénichées sur Google.

Eric Schmidt était interviewé le 3 décembre sur la chaîne CNBC. Voici sa réponse aux internautes réclamant le droit d'effacer les traces de leurs activités sur le web :

« Si vous voulez que personne ne le sache, c'est peut-être déjà que vous n'auriez pas dû le faire. Si vous voulez vraiment que ça reste privé, la vérité, c'est que les moteurs de recherche, dont Google, gardent ces informations pendant un certain temps. Et aux Etats-Unis, nous sommes tous soumis au Patriot Act (loi anti-terroriste, ndlr), et ces informations peuvent être transmises aux autorités. » (Voir la vidéo, en anglais.)

Pour le PDG de Google, c'est donc aux internautes de s'adapter à la technologie, pas l'inverse. Mais associer les terroristes et les héros de vidéos embarrassantes sur YouTube, ce n'est pas forcément très subtil.

D'autant qu'il n'y a pas si longtemps, Eric Schmidt était un peu plus regardant sur le respect de la vie privée. Le site people Gawker a donc décidé de lui rafraîchir la mémoire.

Gawker rappelle qu'en juillet 2005, CNet, un site de référence sur l'informatique et l'actualité du web, avait mené une petite enquête sur Eric Schmidt pour illustrer un article sur le respect de la vie privée sur le web.

Une enquête menée uniquement sur Google : en une demi-heure, CNet avait pu découvrir le salaire d'Eric Schmidt, le montant de ses opérations boursières, le quartier où il habitait et même ses hobbies (le PDG de Google est ainsi pilote amateur).

L'intéressé n'avait pas apprécié cette démonstration. Selon CNet, Eric Schmidt avait « blacklisté » le site, interdisant aux cadres de Google de répondre aux questions de ses journalistes pendant un an.

Le PDG de Google changera peut-être à nouveau d'avis sur la question : son propre moteur de recherche permet aujourd'hui de suivre sa vie amoureuse.

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  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h08 le 08/12/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    c'est donc aux internautes de s'adapter à la technologie, pas l'inverse
    Bien sur ! C'est quoi l'alternative ? Les internautes pas content vont sur un autre Internet fait rien que pour eux... et par eux ? Bon courage...

    Ça me fait pitié ce genre de réflexion, c'est un peu comme un mec qui va à l'église faire des prières, ou au bistrot râler, parce que la société est trop méchante et qu'il faut qu'elle change.
    Sauf qu'il n'existe que deux solutions : se démerder avec le système tel quel, ou bien s'inventer son propre système.

    Donc dans le cas présent, changer de nom ou racheter Google et le reprogrammer... Bonne chance...

    On peut aussi assumer. Après tout y'a bien des photos de moi en string (string de meuf, couleur flashy, et taille pour meuf, très ridicule, très drôle) qui traine sur le net, je vais pas en faire un caca nerveux.
    J'ai fait cette connerie, j'ai pas casser la gueule à la meuf qui m'a pris en photo, donc j'assume.
    De toutes manières on est jamais mieux caché qu'au milieu de la foule, donc y'a peu de chance que ma belle-mère tombe dessus.

    De toutes manières le « droit à l'oubli », ça n'existe que chez les Bisounours. Si je choppe un truc compromettant, je vais pas le laisser gentiment sur mon gentil site de gentils amis qui partagent leurs gentilles photos. Il est au chaud planqué sur un skeud, où peu de gens peuvent l'atteindre.

    En plus Google est innocent dans cette histoire, il ne fait que référencer les pages contenant un nom. Les responsables, selon cette théorie fumeuse, sont les sites web qui contiennent les pages en question. Et selon le principe sacrée de la liberté d'expression, chacun peut mettre ce ses propres œuvres sur son site, que ce soit un article people sur le patron de Gogole, un article sur un procès ou une photo honteuse d'un type en string.

    Et surtout refuser le droit d'archiver à Internet, c'est une profonde injustice.
    Sans le Net, pour avoir accès aux vieux articles, faut avoir des potes dans le journal qui a pondu l'article afin d'accéder aux archives.
    La démocratie, c'est aussi retirer le pouvoir de nuisance à une poignée de privilégiés (avocats, flics, journalistes, etc.) et le donner à toute la population.

  • PtitCanard a déménagé le 28 avril.
    • Posté à 11h19 le 09/12/2009

    Je crois qu'il ne faut pas confondre le droit à la vie privée et le droit à l'oubli.
    Je suis absolument contre ce fameux « droit à l'oubli » qui ne peut avoir pour but que de dissimuler des données compromettantes. Je pense qu'il faut qu'internet reste une source d'information « neutre », c'est à dire qu'on ne puissent pas si facilement effacer de la toile du contenu selon qu'il nous arrange ou non.

    Alors bien sûr, on met en avant la protection du pauvre quidam qui un soir trop arrosé a eu la bonne idée de baisser son pantalon pour la postérité.
    Mais je ne vois pas en quoi cela est compromettant. L'employeur ? mais s'il cherche des infos sur vous de cet ordre, et qu'il s'appuie dessus pour fonder sa décision, je crois qu'on peut dire que cela reste un voyeur qui juge sur les apparences non ? Le problème ce n'est à mon goût pas vos fesses sur internet, mais bien la démarche de l'employeur omniscient et tout puissant.

    Je crois surtout que cela permettrait d'effacer des infos sur les hommes et les femmes publics. Prenons par exemple les récentes infos assez amusantes sur le cv de roselyne bachelot. Dans un internet du droit à l'oubli, on serait aussi bien informé que par les journaux, Madame bachelot n'aurait jamais travaillé pour des laboratoires pharmaceutiques. Hors en quelques clic, on s'aperçoit que c'est tout le contraire, merci internet ; -)

    Bref, exit le droit à l'oubli, oui au droit à l'anonymat et mieux vaut s'attaquer aux « mauvais usages » que certains font des infos qu'ils trouvent plutôt que d'offrir l'absolution à toutes nos crapules en costard ; -)

  • Robic
    Robic
    Inutile
    • Posté à 11h58 le 09/12/2009
    • Internaute
      Inutile

    Travaillant avec des adolescents, je discutais avec eux de leur rapport à internet et j'ai été surpris de leur manque de prudence par rapport à ce qu'ils exposent d'eux-mêmes sur des réseaux sociaux. Leurs parents ne sont guère plus sages quand ils découvrent des sites au demeurant bien amusants comme copainsdavant. Certaines informations peuvent devenir bien embarrassantes si elles tombent dans les mains de votre patron, d'un possible employeur ou d'une personne mal intentionnée.

    Comment garantir le droit à l'oubli et à la préservation de la vie privée ? La première mesure est d'être vigilant par rapport à soi-même et respectueux des autres. Je me suis fixé comme règle de ne jamais aller taper le nom d'un proche ou de quelqu'un que je rencontre dans Google juste par curiosité. J'espère que la réciproque est vraie, même si cela est sans doute illusoire.

    Je crois aussi que l'abondance et l'accessibilité des informations garantit paradoxalement une relative protection. Comme tout est archivé, la masse d'informations disponibles croit de manière exponentielle, ce qui fait que tout se dilue et est moins exposé. La probabilité que quelqu'un tombe par hasard sur une information qui vous concernerait est relativement faible. Progressivement la vidéo de vous un soir de beuverie va se perdre dans la masse des autres vidéos de ce type. Trop de mémoire tue la mémoire.