Tribune 05/12/2009 à 12h37

Humanitaire : qui sont ceux qui ne donnent pas ?

Frank Hourdeau | Directeur Général Adjoint, Mediaprism Group

30% des Français se déclarent non-donateurs. Et pourtant 90 % d'entre eux disent reconnaître l'utilité des associations humanitaires.

Qu'est-ce qui les retient donc de donner ?

A l'occasion de la 4e Journée nationale d'information sur les générosités, nous avons lancé, en tant que partenaire de l'association France Générosité (syndicat professionnel des organismes faisant appel aux générosités) une étude* portant sur le profil et les motivations des non-donateurs aux associations et fondations.

Les « non-donateurs » se divisent en deux populations :

  • « les irréductibles » (17% des personnes interrogées) qui ne franchiront pas la barrière du don
  • Les « espoirs » (12%) qui sont finalement des donateurs potentiels avec lesquels les associations doivent apprendre a communiquer …

Les principales raisons de ne pas faire un don sont :

  • Les doutes sur les usages faits des dons récoltés (87% des non-donateurs),
  • Le fait de ne pas avoir soi-même assez d'argent pour donner (76%)
  • Le fait de préférer garder son argent pour sa famille (70%)

Ils seraient prêts à donner si...

Au-delà des deux raisons les plus citées sur « l'utilisation de l'argent ? » et le « manque de transparence des associations » nous arrivons aujourd'hui à mieux comprendre le sens du « non-don », car les non-donateurs déclarent à hauteur de 67 % qu'ils donneraient à une association s'ils recevaient une somme d'argent inattendue.

Mais plus important, et c'est là que les associations doivent s'interroger sur les nouveaux leviers de générosité à lever… les « espoirs » seraient prêts à donner, s'il s'agissait d'une association dont la cause les touchait personnellement ou quelqu'un de leur famille proche (58%) ou si une personne de l'association venait leur parler personnellement.

Oui, il faut s'interroger sur comment mieux créer une nouvelle proximité entre les Français et les organisations caritatives, comment leur donner une meilleure notion de la gestion de celles-ci et comment démontrer l'utilité et la réalité concrète de leurs actions.

L'Etat du Bouthan a mis en place un indicateur : le Bonheur national brut. Peut-être devons nous travailler nous aussi sur un indicateur, le BDD : le Bonheur du donateur ?

*Enquête online réalisée du 29 octobre au 3 novembre auprès d'un échantillon de 2 990 individus âgés de 25 ans et plus, échantillon provenant de la base de données d'internautes de 18 ans et plus acceptant de participer au programme d'enquêtes MediaprismGroup.

Mediaprism est un groupe de conseil en communication et marketing.

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  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 13h26 le 05/12/2009
    • Internaute
      délinquante avérée

    ayant fait partie pendant quelques années de Médecins du Monde, j'ai donné pour des opérations ciblées dont s'occupaient des médecins grenoblois. Je savais où allait l'argent.

    Je préfère donner ce que je peux à des associations locales, je sais comment l'argent est employé, je ne fais pas trop confiance aux grandes ONG et pourtant, elles ont besoin d'argent pour des actions dans les pays « en voie de développement » qui sont toujours en « développement » depuis tellement d'années ! C'est un puits sans fond maintenu par par les prédateurs des pays riches et leurs organisations OMC, FMI etc

  • watashi_baka
    • Posté à 13h43 le 05/12/2009
    • Internaute
      ...

    Tiens une question,
    posseder une chevre où un Zébu, via l'association zébu.net
    c'est être donateur ou pas ?
    Acheter sa plaque sur rue89 c'est être donateur ou pas
    Filer 10 € a Wikipedia via un paypal anonyme c'est être donateur ou pas ?

    Berf c'est quoi quelqu'un qui fait un don ?

  • bleuet1
    bleuet1
    espère malgré tout
    • Posté à 13h52 le 05/12/2009
    • Internaute
      espère malgré tout

    Il y a de nombreuses études sociologiques qui montrent que les Français ont un rapport particulier au caritatif, qui a à voir avec la notion qu'on a de l'Etat et de son implication dans la vie quotidienne des gens.

    Les Français ne donnent pas beaucoup (comparé à d'autres pays comme les pays anglo-saxons, par exemple), parce qu'ils attendent de l'État qu'il pourvoie lui-même aux besoins des nécessiteux (quelle que soit la nature du besoin) grâce à l'argent des impôts. Comme les Français donnent déjà beaucoup d'argent aux impôts, ils estiment ne pas avoir à donner beaucoup plus.
    Les Américains ou les Britanniques ont une approche tout à fait différente. Les organisations caritatives sont beaucoup plus puissantes là-bas que chez nous, parce que les gens leur donnent beaucoup plus que nous. Ça a à voir avec la culture de ces pays, qui s'appuie davantage sur la responsabilité individuelle, chevillée à la tradition protestante. Ils préfèrent décider eux-mêmes de la ou les causes qu'ils souhaitent défendre, alors qu'en France, on fait peut-être davantage confiance à l'État pour la répartition des fonds. ca ne veut pas dire que les Français ne donnent pas du tout de leur propre chef, mais dans la comparaison avec d'autres pays, c'est une question de culture.

  • PtitCanard a déménagé le 28 avril.
    • Posté à 15h31 le 05/12/2009

    Les principales raisons de ne pas faire un don sont :

    * Les doutes sur les usages faits des dons récoltés (87% des non-donateurs),
    * Le fait de ne pas avoir soi-même assez d'argent pour donner (76%)
    * Le fait de préférer garder son argent pour sa famille (70%)

    Je suis surpris :
    suis-je le seul qui ne donne pas parce qu'il considère que la solidarité doit passer par la politique et non l'affectif ? Que les « générosités » individuelles ne sont qu'un agréable conte et un écran de fumée sur une société qui maltraite et exploite ses membres au lieu de les assister ?

    La question n'était peut-être pas posée ? quelle valeur a cette « étude » ?