Confidentiels & indiscrets 04/12/2009 à 09h56

Joëlle Ceccaldi-Raynaud élue finalement à la tête de l'Epad



Jean Sarkozy et Joëlle Ceccaldi-Raynaud (jeansarkozy/flickr)

Selon une source interne à l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (Epad), le conseil d'administration de l'établissement public a choisi ce vendredi matin comme présidente la maire UMP de Puteaux Joëlle Ceccaldi-Raynaud par 14 voix contre 4 pour le maire PCF de Nanterre Patrick Jarry.

Les 18 administrateurs de l'Epad ont également choisi trois vice-présidents : Patrick Jarry, le maire UMP de Courbevoie Jacques Kossowski et Jean-Marc Michel, haut fonctionnaire nommé par le ministère de l'Ecologie.

« Je ne veux pas d'une victoire qui porte le poids d'un tel soupçon »

Cette élection du président du conseil d'administration de l'Epad, qui gère l'immense parc immobilier de La Défense, était particulièrement attendue depuis le début de l'affaire Jean Sarkozy et la révélation par LePoint.fr le 7 octobre de la candidature du fils du chef de l'Etat, âgé de 23 ans.

Les accusations de népotisme s'étaient alors multipliées. Dans les rangs de l'opposition, sur le Web et jusque dans la presse internationale. Dans une première intervention télévisée le 13 octobre sur France 3 Ile-de-France, Jean Sarkozy assurait tout de même vouloir aller « jusqu'au bout ».

Mais la polémique s'amplifiant, on retrouvait le même Jean Sarkozy, le 22 octobre sur France 2, qui cette fois renonçait à son ambition :

« Je serai candidat au poste d'administrateur de l'Epad devant l'assemblée départementale, mais si je suis élu je ne briguerai pas la présidence de cet établissement public. (...)

Depuis plusieurs jours, il y a eu beaucoup choses qui ont été dites, beaucoup d'excès, beaucoup d'outrance, et puis il y a eu du vrai aussi. Moi j'ai beaucoup écouté, j'ai beaucoup réfléchi, et je ne veux pas d'une victoire qui porte le poids d'un tel soupçon. » (Voir la vidéo)

Elu donc le lendemain simple administrateur par le conseil général des Hauts-de-Seine, largement dominé par le groupe UMP-Nouveau Centre qu'il préside, Jean Sarkozy décidait de se mettre médiatiquement en retrait. Restait alors à l'Elysée à lui trouver un remplaçant.

Ceccaldi-Raynaud n'est pas en odeur de sainteté à l'Elysée

Car c'est bien l'Elysée qui a géré cette transition à la tête du deuxième plus important quartier d'affaires européen, véritable machine à cash pour tout le clan UMP du 9-2. Le président sortant Patrick Devedjian atteint par la limite d'âge de 65 ans, seuls deux administrateurs élus de droite étaient plus jeunes : Jean Sarkozy et Joëlle Ceccaldi-Raynaud.

Mais celle-ci n'est pas vraiment en odeur de sainteté au Palais. La maire de Puteaux a voté au mois d'octobre contre les décrets d'extension de l'Epad rédigés par le gouvernement, par crainte de voir diluée la mainmise de sa ville sur l'établissement public.

Sans compter l'épisode de 2005. Suppléante de Nicolas Sarkozy aux législatives de 2002, elle était aussitôt entrée à l'Assemblée nationale à la faveur de la nomination au gouvernement de son député titulaire. Nicolas Sarkozy à qui elle refusera ensuite -mais brièvement- de céder son siège, qu'il voulait retrouver lorsqu'il fut contraint par Jacques Chirac de quitter le ministère de l'Economie s'il voulait prendre la présidence de l'UMP.

L'Elysée a donc d'abord songé à faire élire président de l'Epad un des neufs administrateurs nommés par le gouvernement, ces hauts fonctionnaires qui représentent les ministères de tutelle de l'Epad. Jean-Marc Michel, qui a finalement été élu vice-président, était en pôle position.

« Je ne me place pas dans une perspective de transition »

L'hypothèse de la candidature de Joëlle Ceccaldi-Raynaud a repris de la vigueur avec l'intervention de Patrick Devedjian, qui ne comptait pas se laisser déposséder sans rien contrôler. Le ministre de la Relance et président du conseil général des Hauts-de-Seine a dénoncé la centralisation que constituerait cette décision. Soutenu par les élus UMP du département, il a fini par obtenir gain de cause.

Autre élément qui semble avoir échappé au gouvernement : la participation au vote de ses neuf représentants au conseil d'administration de l'Epad. Ils y ont tous pris part, alors que Benoist Apparu, le secrétaire d'Etat au Logement qui dispose de la tutelle de l'établissement public, déclarait mercredi encore au micro d'Europe 1 :

« Je vais donner des consignes de vote aux neuf représentants de l'Etat. Et cette consigne sera probablement, je dis bien probablement, l'abstention, parce que nous avons toujours considéré à l'Epad que c'était aux élus de décider qui présidait l'Epad. » (Voir la vidéo)

La maire de Puteaux a donc pris les rênes ce vendredi matin de l'Epad, grâce aux voix des quatre élus de droite, des neuf hauts fonctionnaires et du représentant de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris. Patrick Jarry a lui recueilli les suffrages des quatre élus de gauche.

Ecartant une candidature future de Jean Sarkozy, la maire de Puteaux assure qu'elle ne sera pas une présidente de paille. Si elle sait inéluctable l'extension de l'Epad, elle compte bien peser sur les modalités du projet, comme elle a affirmé dans une interview accordée au Figaro :

« Je ne me place pas dans une perspective de transition. Je souhaite au contraire être présidente de l'Epad pour les mois qui viennent et ensuite me présenter à la tête de la nouvelle structure, l'Epadsa, fruit de la fusion avec l'établissement de Nanterre.

Je connais parfaitement ce quartier où j'habite depuis cinquante ans. J'ai vu la Défense sortir de terre. (...) J'ai un grand amour pour ce petit bout de terre que je connais bien aussi pour avoir été, ces cinq dernières années, vice-présidente de l'Epad. »

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  • Bruno_bxl
    Bruno_bxl
    informaticien
    • Posté à 11h52 le 04/12/2009
    • Internaute
      informaticien

    Joëlle, on te soutient à mort !

  • Quality street
    Quality street répond à Shix
    à l'ouest, bien trop à l'ouest
    • Posté à 13h49 le 04/12/2009
    • Internaute
      à l'ouest, bien trop à l'ouest

    Mme. Joëlle Ceccaldi-Raynaud vaut autant que ses prédécésseurs. Rien ne va s'arranger à La Défense, ça risque même d'être pire quand on regarde la gestion de la Ville de Puteaux.

    Ce n'est pas un cadeau fait aux villes populaires avoisinantes. Nanterre risque de voir le projet de réunification de l'EPAD et de l'EPASA véritablement compromis alors que ça aurait été une source de financement bénéfique. En effet, la maire de Puteaux est farouchement opposé à cette réunion qui mangerait un peu du gratin que sa ville touche grâce à La Défense.

    Cette « élection » (rappelons qu'elle était la seule éligible à droite) est une catastrophe pour La Défense.

    Je pense vraiment (outre les convictions que je peux avoir) que choisir le maire de Nanterre aurait été plus bénéfique. Les prochains investissement du quartier devant avoir lieu sur sa commune.... Mais bon, il en a été décidé autrement et la machine a billet va continuer à tourner au profit des villes les plus riches du coin. C'est moche...

  • emachedé
    emachedé
    Ici
    • Posté à 08h43 le 05/12/2009
    • Internaute
      Ici

    Encore plus de béton et de magouilles donc !

    Elle va tout faire pour mettre des grosses tours chez le voisin communiste, eux ne méritent pas de conserver une ville à taille humaine. Bien joué
    Et évidemment le pognon de l'EPAD ira droit dans les caisses de l'UMP. Promis on laissera des miettes à l'EPGD pour ramasser les papiers gras ; -)

    Jean Sarkozy Ou le Népotisme Assumé
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