Droit de suite 03/12/2009 à 15h50

Climategate : le climatologue mis en cause se met en congé

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


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Le Climategate n'a finalement pas fait un flop : le principal scientifique mis en cause dans cette affaire de piratage d'e-mails, Phil Jones, directeur du Climate Research Unit de l'université d'East Anglia, vient de suspendre ses fonctions.

Accusé d'avoir manipulé les données pour démontrer le réchauffement climatique, il avait dans un premier temps minimisé l'ampleur des révélations contenues dans les e-mails. Il jurait qu'il ne manipulait pas les chiffres pour dissimuler un « déclin des températures » et que le prétendre était une « ânerie » :

« Nos séries sur les températures mondiales coïncident avec celles de scientifiques totalement indépendants travaillant pour la Nasa ou le National Climate Data Center entre autres. Les faits parlent d'eux-mêmes, inutile de les manipuler. »

Les collègues climatologues le plombent

Phil Jones semble désormais lâché par sa communauté scientifique.

Michael Mann, le directeur du Earth System Science Center, de l'université de Pennsylvanie, mis en cause par Phil Jones comme auteur d'une « astuce » destinée à « masquer le déclin des températures » a nettement pris ses distances. A propos de la demande de Phil Jones d'effacer des échanges d'emails, il dit :

« Je ne peux justifier une telle action, je peux seulement supposer qu'il se sentait tellement attaqué [par les climato-sceptiques] qu'il a pris de mauvaises décisions, franchement c'est clair. »

James Hansen, climatologue à la Nasa et l'un des premiers scientifiques à avoir prévenu des dangers du réchauffement climatique dans les années 80, a déclaré au quotidien The Guardian qu'il était préférable que le sommet de Copenhague soit un échec. Une sorte de stratégie du pire qu'il explique ainsi :

« Toute l'approche [de Copenhague] est si fondamentalement erronée qu'il serait mieux de réévaluer la situation. Si c'est pour avoir une chose comme le (protocole) de Kyoto, alors nous allons passer des années à essayer de déterminer exactement ce que cela signifie. »

Déjà, la semaine dernière, le centre de recherche britannique mis en cause avait accepté de révéler les données brutes longtemps restées confidentielles, malgré la demande insistante de scientifiques sceptiques comme Vincent Courtillot.

Résultat, Phil Jones a décidé de ne plus exercer ses fonctions tant qu'une enquête indépendante sur l'affaire ne sera pas bouclée. De quoi satisfaire sans doute George Monbiot, blogueur du Guardian qui avait réclamé la tête des climatologues mis en cause. Mais pas Sylvestre Huet, journaliste à Libération avec qui j'ai débattu sur le plateau d'Arrêt sur Images et qui défend mordicus la qualité du travail de Phil Jones.

Récupération chez les climato-sceptiques américains

Quoi qu'il en soit, depuis que le millier d'e-mails circule sur le Net, les climato-sceptiques ont le vent en poupe. Ils passent désormais à l'action aux Etats-Unis. A la Chambre des représentants, le républicain James Sensenbrenner (Wisconsin), a déclaré :

« Si les courriels sont authentiques cela est très troublant, car ils remettraient en question toute la science du changement climatique. A un moment où les membres du Congrès se préparent à prendre des décisions qui affecteront l'économie américaine durant des décennies, nous devons avoir des données scientifiques exactes (sur le climat) et il semble qu'il y ait suffisamment de doute à cet égard. »

Au Sénat, le républicain James Inhofe (Oklahoma), a demandé une audience sur l'affaire des e-mails piratés.

On ignore toujours par qui ces e-mails ont été piratés et dans quel but, si ce n'est vraisemblablement de compliquer un accord sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre à Copenhague.

Quant à savoir s'ils révélaient effectivement un complot des climatologues en vue « d'inventer » le réchauffement, c'est plus qu'exagéré. Disons qu'ils ont mis à jour des divisions au sein de la communauté des climatologues, divisions qui n'apparaissent pas assez explicitement dans les conclusions à destination des politiques qu'ils rendent dans leurs rapports au sein du Giec.

Mis à jour le 4/12 à 9h32 avec précisions sur James Hansen.

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  • mocekx
    mocekx
    médecin en semi retraite
    • Posté à 17h12 le 03/12/2009
    • Internaute
      médecin en semi retraite

    faut il être ébranlé par la démission de Phil Jones ? le climat peut il avoir décliné ces toutes dernières années ? peut être mais cela ne remet pas en cause le réchauffement climatique sur une longue période et l'action néfaste des gaz à effet de serre. On a même parlé de complot occidental pour freiner l'émergence de pays tiers ! les faits sont pourtant têtus, la calotte glaciaire de l'arctique continue à diminuer façon accélérée, la vitesse des glaciers du grand nord est en nette augmentation, les glaciers de montagnes fondent à vue d'oeil, la submersion des terres basses et la montée des eaux des océans sont vérifiables. Alors qu'il y ait eu un excès de zèle de la part de scientifiques ne remet pas en cause le changement climatique car nous étions rentrés dans une période froide qui peut expliquer ce déclin momentanée des températures

  • salomgp
    • Posté à 18h18 le 03/12/2009

    Ça fait un petit moment que je cherche à voir s'il y a une voix discordante à ce fameux réchauffement climatique, qu'on nous bassine depuis 20 ans. Il y en avait, mais si difficile à trouver, et en tout cas interdits de sommet (Montréal entre autres en 2004). Maintenant la guerre est ouverte, les mensonges sont montrés au grand jour. Dans ce contexte partisan, beaucoup de confusion, pas mal de raccourci que les journalistes adorent, mais au total qu'en est -il vraiment ? Quel est le dessous des cartes ? Je suis moi même météorologiste amateur, et il y a vraiment des informations sans fondement qui arrivent directement dans les journaux pour que les gens s'en emparent et soient bien manipulés. Il est triste ce monde où on ne peut penser par nous mêmes, Le climat se réchauffe, eh bien voilà on va vous flanquer une taxe carbone sur le dos, qui est responsable ? Vous bien sûr consommateurs que vous êtes ! Nous les gouvernements, le climat c'est une aubaine !

  • drecman
    drecman répond à emericn6k
    A 2 ans de la retraite (-1)
    • Posté à 19h31 le 03/12/2009
    • Internaute
      A 2 ans de la retraite (-1)

    En ce qui concerne l'épaisseur des calottes glacières, voici un lien qui montrera la concentration des glaces aux pôles :

    Lien

    Il s'agit de l'univerisité de l'Illinois. La date de 1979 correspond à la date de mise en service du satellite.

    En ce qui concerne l'augmentation des températures des océans, voici un autre lien :

    Lien

    En ce qui concerne le recul des glaciers, la fonte a commencé vers 1810, époque extrêmement industrielle comme chacun sait. Aucune accélération depuis 1950.
    Lien.
    Document à télécharger en anglais « Environmental Effects of Increased Atmospheric Carbon Dioxide »

    En ce qui concerne la surface des calottes glacières, voici un autre lien, japonais celui-ci (la date de 2002 correspond à la mise en service du satellite)

    Lien

    Le Giec ne contredit pas et surtout n'affirme pas que le niveau des océans monte et que les glaciers fondent anormalement en raison du taux de CO2.
    En ce qui concerne la disparition des espèces sauvages, il faudrait peut être aussi s'intéresser à la déforestation et à la disparition des écosystèmes. Sur ce point, tout le monde est d'accord sur l'origine humaine de ce fait, mais ceci n'a aucun rapport avec le CO2.

    Les septiques du réchauffement critiquent l'hypothèse de l'origine puisque depuis + de 700 000 ans, le taux de CO2 dans l'atmosphère a toujours suivi une augmentation de température et pas l'inverse, c'est à dire n'en a jamais été la cause. Elle est attribuée au dégazage des océans dû à l'augmentation de température. L'effet se produit environ 800 ans plus tard, ce qui correspondrait aux années 1200, c'est à dire à la période appelée « l'optimum médiéval » qui est « lissé » dans la courbe du Giec, alors qu'elle apparaissait avant 1996.

    A vous de vous faire une opinion

  • Rhino
    Rhino
    retraité
    • Posté à 20h50 le 03/12/2009
    • Internaute
      retraité

    Pour ce qui est des publications scientifiques, peer reviewed, voici in lien vers plus de 45o articles qui contestent les thèses du GIEC.
    Lien

  • BienSiur
    BienSiur répond à Kris.m
    chercheur cnrs
    • Posté à 20h54 le 03/12/2009
    • Expert
      chercheur cnrs

    Avez vous lu le chapitre 9 du groupe I du rapport du GIEC ?

    Understanding and Attributing Climate Change, on peut y lire :
    « No climate model using natural forcings alone has reproduced the observed global warming trend in the second half of the 20th century ».

    Traduction « Aucuns modèles climatiques (comprendre simulation numérique du climat) utilisant uniquement le forçage naturel (solaire, volcanique, et poussières) ne reproduit le réchauffement observé durant la fin du vingtième siècle ».

    Par contre si on ajoute l'augmentation des GES, on y arrive pas trops mal (cf. Lienérature.svg)

    De nombreux articles scientifiques détaillent cela, sans être exhaustif ! vous pouvez jeter un œil aux plus récents :

    - Tett, S.F.B., et al., 1999 : Causes of twentieth-century temperature change
    near the Earth's surface. Nature, 399, 569–572.

    - Tett, S.F.B., et al., 2002 : Estimation of natural and anthropogenic
    contributions to twentieth century temperature change. J. Geophys.
    Res., 107(D16), 4306, doi : 10.1029/2000JD000028.

    - Tett, S.F.B., et al., 2007 : The impact of natural and anthropogenic forcings
    on climate and hydrology since 1550. Clim. Dyn., 28, 3–34, doi : 10.1007/
    s00382-006-0165-1.

    - Broccoli, A.J., et al., 2003 : Twentieth-century temperature and
    precipitation trends in ensemble climate simulations including natural
    and anthropogenic forcing. J. Geophys. Res., 108(D24), 4798.

    - Meehl, G.A., et al., 2003 : Solar and greenhouse gas forcing and climate
    response in the 20th century. J. Clim., 16, 426–444.

    - Meehl, G.A., et al., 2004 : Combinations of natural and anthropogenic
    forcings in 20th century climate. J. Clim., 17, 3721–3727.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 22h46 le 03/12/2009
    • Internaute
      Chroniqueur Grolandais

    Extravagant
    A chaque grande cause mondiale, réchauffement climatique de la planète, pandémie de grippe H1N1, les lobbys se déchainent et contre attaquent.
    Il n'y a pas un jour sur la « toile » où des messages pro et anti vaccination, pro et anti Copenhague, pro et anti Tetethon, pro et anti sidaction ne fleurissent. Chacun y va de ses arguments scientifiques et apocalyptiques pour détruire l'argumentation et surtout les réflexions de l'autre
    Imparfaites, puisque d'essence humaine, les propositions des « commissions théodule » ont le mérite d'exister, il ne faut surtout pas le négliger

  • rocheclaire34
    • Posté à 22h52 le 03/12/2009

    Qui manipule qui ? Ca tombe ben toute cette histoire pour les gouvernements qui n'ont pas envie ou qui ne peuvent pas prendre des mesure... La fonte de la banquise c'est tout de même bien une réalité, les tornades, les cyclones, qui augmentent c'est bien une réalité, alors que cela soit de la faute des humains ou un processus normal climatique, il y a des conséquences graves pour des peuples et des animaux et des mesures à prendre non ? !

  • Peureux anonyme
    • Posté à 23h26 le 03/12/2009

    On a bien tord de critiquer les climatologues pour avoir ajusté leur chant.

    Contrairement à ce que l'on entend dire çà et là, la Climatologie n'est pas une science, mais un département de la Poésie.

    Ses poètes célèbrent la température de la Planète. Cela n'a aucun fondement rationnel, (quelle est la température de la planète à l'instant où j'écris ces lignes ? ). Mais quelle image au niveau de l'affect !

    Les oeuvres de Berthelot, de Kelvin et d'Albert Einstein (en matière de mécanique statistique) ont permis de cerner clairement la notion de température. Elle n'a rien à voir avec la Poésie Climatique, laquelle est au delà de la Science. Cette « Température » de la planète qui n'est pas définie et encore moins mesurée, les poètes en déterminent la vitesse de croissance. Mieux, les plus audacieux en apprécient l'accélération !

    Le CO2 conduisant à la catastrophe climatique aurait certainement inspiré Alfred de Musset : « les chants les plus désespérés sont les chants les plus beaux » .

    La montée des eaux de l'Océan sous l'effet du réchauffement était déjà dans l'esprit du grand Victor Hugo : « comme une onde qui bout dans une urne trop pleine »...

    Peut on critiquer le Cercle des Poètes pour avoir ciselé son poème ?

    L'utilisation de la messagerie électronique pour parfaire le chant n'a rien de répréhensible, au contraire !

  • Gotch
    • Posté à 06h17 le 04/12/2009

    Si Copenhague n'est que l'occasion de marchander des droits à polluer, autant rester chez soi et utiliser l'argent de ce sommet pour apprendre à moins polluer. Déjà, que les pays les plus irrespectueux de l'environnement se mettent à produire moins d'effluents, moins de déchets. On pense à l'Australie, les USA, ensuite à l'Europe....

    Le secret est déjà dans le moins consommer-mieux consommer. Cela implique un changement dans les mentalités. Car même si le réchauffement est un mythe, la pollution et l'épuisement de nos ressources ne le sont pas.