Vaccination : les généralistes prennent Bachelot en grippe
Alors que le gouvernement annonce la mobilisation de l'armée, ils contestent les raisons budgétaires de leur mise à l'écart.

Avec 1 million de personnes vaccinées en près de trois semaines, la vaccination collective contre la grippe A n'a jusqu'ici pas fait recette. Les généralistes crient à la désorganisation et proposent de mettre la main à la piqûre, mais la ministre les renvoie dans leurs cabinets. Et préfère faire appel au service de santé des armées, comme l'a annoncé un communiqué commun avec le ministère de l'Intérieur ce lundi.
De son côté, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque les a accusés d'hypocrisie, estimant que « derrière tout ça il y a une histoire de pognon », ce qu'ils ont très mal pris.
Eux qui vaccinent chaque année 12 millions de personnes contre la grippe saisonnière en deux mois et demi ne voient pas pourquoi ils seraient moins efficaces et plus chers pour participer à cette campagne jugée d'intérêt national. Argument contre argument.
« Pas assez de vaccins monodoses »
La commande aux laboratoires a été passée dans l'urgence cet été et pour faire au plus vite, l'essentiel des vaccins sont conditionnés par dix, conditionnement peu adapté aux vaccinations en médecine de ville.
Roselyne Bachelot déclare que la France ne dispose à ce jour que de 800 000 vaccins monodoses et qu'elle les réserve en priorité aux « gens qui ne vont ni dans les centres de vaccination ni dans les cabinets médicaux » comme les sans-abri.
Or MG France jure que « 3 millions de vaccins monodose ont été livrés récemment », ce que n'a pu confirmer l'Eprus, la grande pharmacie de l'Etat qui a passé commande et n'a plus autorisation de communiquer sans l'aval du cabinet de la ministre.
Chez Sanofi Pasteur (vaccin Panenza), et chez Novartis (vaccin Focetria), on n'a pas voulu non plus confirmer le chiffres des commandes et des livraisons. Martial Olivier-Koehret, le président de MG France, ne veut divulguer ses sources, mais jure qu'il en est sûr.
Quoi qu'il en soit, la question n'est pas là, assurent les généralistes. La Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF) estime que :
« Les médecins généralistes et les pédiatres libéraux, si la possibilité leur en était offerte, à raison de 20 vaccinations chacun, ce qui correspond à une faible activité pour ce type d'acte, et deux flacons de vaccin multi doses, pourraient vacciner 1 million de personnes par jour, tout en garantissant la traçabilité et le respect de la chaine du froid. »
« Cela coûtera plus cher »
François Chérèque assure que les généralistes feront payer une consultation supplémentaire pour vacciner, et que cela reviendra à « 22+8 euros », soit le prix de la visite, et celui du vaccin. Ce qui est discutable, puisque le coût du fonctionnement des centres n'est pas non plus négligeable. Outre les internes, les retraités, les médecins du travail, et bientôt les médecins militaires, il y a aussi des médecins libéraux volontaires, et leur rémunération est de 66 euros de l'heure.
Surtout, il n'y aura pas nécessairement de consultations supplémentaires dans tous les cas car les médecins pourraient vacciner à l'occasion des visites habituelles. Xavier Tarpin, auteur du blog Le toubib est un généraliste estime que pour la grippe saisonnières, « 90% des gens se font vacciner à l'occasion d'une autre consultation ». Martial Olivier-Koehret ajoute que :
« Les personnes souffrant d'une affection longue durée (malades du coeur, des poumons, diabétiques…) viennent nous voir tous les mois ou deux mois, on est capable au cours d'une même consultation de faire plusieurs réponses en ne facturant qu'un seul acte.
Après, il y a tous les gens isolés à domicile (1,1 million de personnes) qui n'iront jamais jusqu'au centre de vaccination quand il est à 25 km de chez eux. »
Des équipes mobiles pour les prioritaires ?
Comme pour les écoliers, des équipes mobiles sont censées se déplacer jusqu'à ceux qui ne le peuvent (grabataires, handicapés, personnes hospitalisées à domicile…) ; sauf que les médecins interrogés n'ont pas encore vu l'ombre de ces équipes, et on imagine le coût de l'ensemble de ces déplacements.
Les personnes alitées pourraient aussi faire appel à des ambulances pour se rendre dans les centres de vaccination collective, sauf que là encore le coût serait faramineux. Au final, « pleins de patients prioritaires n'ont pas reçu leur bon de vaccination, ou sont allés au centre et ont fait demi-tour devant les files d'attentes », constate Xavier Tarpin.
Risque de contagion dans les cabinets ?
La ministre de la Santé pourrait penser avoir trouvé un allié objectif avec le SML (Syndicat des médecins libéraux) qui se dit opposé à la vaccination dans les cabinets médicaux, par peur que les personnes saines attrapent un virus dans la salle d'attente. Mais quand on interroge son secrétaire général, Roger Rua, celui-ci est plus nuancé :
« On ne dit pas qu'on ne veut pas participer, ce n'est pas un problème de capacité mais d'organisation. On ne réclame pas d'activité supplémentaire mais on sera volontaire si on nous le demande. D'ailleurs, on aide déjà dans les centres de vaccination collective. »
Un discours qui finalement rejoint celui de MG France, dont le président précise qu'« à aucun moment je n'ai dit que les gens viennent dans mon cabinet, et s'il le fallait on saurait gérer les flux entre sains et malades, soit en les mettant dans deux pièces soit en prenant les uns le matin et les autres l'après-midi ».
Les médecins libéraux ne sont pas si divisés que les médias le disent, juste un peu vexés, alors qu'on leur demande d'être au centre du parcours de soin, d'être éloignés d'un dispositif dont l'efficacité n'est pas encore démontrée.
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De Slovan
Baroudeur | 16H48 | 01/12/2009 |
"Avec 1 million de personnes vaccinées en près de trois semaines"
Sauf qu'en disant 1000 000 en trois semaines, on oublie de dire que c''est proche de 600 000 sur la dernière semaine...
"la vaccination collective contre la grippe A n'a jusqu'ici pas fait recette."
Euh, on se demande si vous vivez dans le même pays que nous ? On dirait plutôt que la campagne est victime de son succès, non ? Et ca ne fait qu'une semaine que les centres sont bondés.
"Ce qui est discutable, puisque le coût du fonctionnement des centres n'est pas non plus négligeable. Outre les internes, les retraités, les médecins du travail, et bientôt les médecins militaires, il y a aussi des médecins libéraux volontaires, et leur rémunération est de 66 euros de l'heure."
En une heure, avec des questions simples, suffisantes et rapides, le médecin du centre de vaccination s'entretient avec nettement plus de 10 personnes, soit un débit bien plus important que si il les recevait en cabinet.
On reproche au gouvernement de dépenser trop d'argent pour la grippe A, mais la Sécu en dépenserait bien plus en laissant l'essentiel des vaccinations se faire en cabinet médical. Quant au président de MG France qui dit qu'on peut séparer dans deux pièces différentes les malades des patients à vacciner, quel pourcentage ont deux salles d'attente différentes ?
De Ishtar
19H51 | 01/12/2009 |
J'ai reçu mon bon de vaccination il y a déjà plusieurs jours mais déjà pas très convaincue de me faire vaccinée,j'avoue ne pas être motivée du tout par ce que j'ai vu des centres de vaccination.
-file d'attente où on peut aisément attraper des microbes beaucoup plus que chez le généraliste et où on attend des heures et en pleine rue exposé aux intempéries
-pas d'intimité du tout dans ces grands gymnases où visiblement il faut expliquer ses problèmes de santé devant tout le monde.
-on est reçu par un toubib qui ne nous connait pas et qui peut ainsi faire des conneries
-être reçu par un toubib de l'armée,dans le cadre d'un plan d'urgence,très franchement cela ne me branche pas du tout.
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Pour toutes ces raisons,je ne me ferai certainement pas vaccinée dans des conditions pareilles.Bachelot s'obstine à ne pas laisser faire les médecins de ville et préfère les gymnases remplis de microbes pour vacciner les français.Je me demande comment elle trouve encore des volontaires pour une pareille mascarade.
D'ailleurs objecter que les vaccinations chez les médecins ne sont pas possibles à cause de la contamination éventuelle,c'est franchement gonflé quand on voit les conditions d'accueil de ses centres.
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De Zabo2
NRV | 22H07 | 01/12/2009 |
Ces centres de vaccinations font penser aux dispensaires du tiers monde: des queues pas possibles à l'entrée, avec quelquefois quelques énervements entre ceux qui font la queue "normale" et les prioritaires (femmes enceintes et enfants de moins de 2 ans), distribution d'un numéro (que personne ne regarde ensuite), puis attente devant la salle d'un médecin qui vérifie la fiche, puis re-attente pour la vaccination proprement dite. Avec personnes âgées, certaines venant avec cannes et tremblements, enfants en bas-âge...
C'est la médecine que nous prépare notre cher président...
De vroomus
ingénieur | 23H50 | 01/12/2009 |
Si on réfléchit bien, pour quelle raison le pouvoir s'obstine a refuser la vaccination au médecin de Ville ?
L'histoire des 10 doses c'est archi bidon bien sur. Il ont des frigos, et à défaut il peuvent aisément vacciner 10 personnes par jour (et même s'il en gache un peu ce n'est pas un drame.... Sans parler de la possibilité de recevoir du monodose.
L'aspect coût est aussi ridicule, au pire il pourrait ajouter un acte spécifique à la vaccination et bien souvent la vaccination serait en réalité effectué dans le cadre d'une consultation standard.
Voir par des infirmière en libéral.
Non la seule raison que je vois, c'est la TRACABILITE.
Car le centre de vaccination de masse permet de tracer ( via le code barre du bon et le justificatif d'identité) avec certitude toutes les personnes vaccinées.
On peut d'abord penser à la traçabilité des vaccinés pour assurer un suivi sur les effets indésirables. Donc si c'est le cas c'est que le gouvernement contrairement à ce qu'il dit ne croit pas à l'innocuité du vaccin...
Au pire il ment pour volontairement en pensant bien faire, et convaincu que cette grippe est dangereuse, il assume le risque a posteriori. Or on ne peut pas dire que Bachelot et la bande à Sarko soit des humaniste et la santé des francais ils en ont vraiment rien à faire ( OGM, pesticide, bisphénol et tout le tralala sans parler du nucléaire dont il raffole et la subvention à tous les pollueurs que le pays peut compter).
Bref, le coté humaniste du gouvernement n'apparait pas très crédible.
Donc cette tracabilité cible en réalité les personne qui ne sont PAS vaccinés. ( par soustraction).
En effet si on ouvre le porte à la vaccination aux généralistes, on risque de perdre de cette information car l'Etat délègue. En gros les généralistes pourraient faire des certificats de complaisance.
Ce type de certificat pourrait intéresser beaucoup de personne désignés comme source de contamination ( personnelle hospitalité, assistante maternelle, salariés, etc...
Donc on peut ne conclure que le gouvernement veut surtout savoir qui n'est pas vacciner .... avec certitude.
Pourquoi ? ....
On verra en 2010.
Sinon bonjour Paranoïa, complot et tout le tralala ...
De Sylvain Reboul
Professeur honoraire de philosophie | 07H59 | 02/12/2009 |
Moi et mon épouse, nous nous sommes fait vacciner il y a 20 jours chez notre généraliste en Allemagne qui reçoit aussi des vaccins multi-doses (10) sans aucun problème.
Mais un généraliste en Allemagne ne travaille pas seul: il dispose d'un personnel para-médical pour faire des actes (piqures) , des examens (électrocardiogramme, échographie ) et des analyses simples (albumine, tests immédiats du colon)
Une vaccination est un acte médical et non pas (seulement) administratif, le médecin traitant, qui connait ses patients, est le meilleur prescripteur qui soit. Ce qui en cause c'est le fait que les généralistes en France sont les parents pauvres (en moyens médicaux et en personnel, pas forcément en revenu) de la médecine.
Il est clair que le système français a fait des généralistes des prescripteurs de soins aux (déjà) malades aux dépens de la médecine préventive.
C'est peut être une histoire de sous, mais la responsabilité des médecins est aussi engagée dans ce choix.
De garouxx
responsable économique | 11H42 | 02/12/2009 |
à la vitesse où l'on vaccine, sachant que le produit a besoin de trois semaines pour être efficace, l'épidémie sera passée avant que la moitié de la population ait reçu son injection!
NB sachant que une seule injection est nécessaire, on va avoir trop de vaccins(si ce n'est pas déjà le cas) , alors pourquoi ne pas équiper les cabinets médicaux qui doivent recevoir plus de cinquante personnes en moyenne par jour... pour une question de principe? Est-ce que cela vaut le coup d'être malade pour cela?