Tribune 28/11/2009 à 16h49

La pandémie H1N1, signe du crépuscule de notre civilisation



Le « grippathon », dessin de Ga, novembre 2009.

Bernard Dugué, ingénieur des mines, docteur en pharmacologie et docteur en philosophie, vient de publier l'essai HIN1 La pandémie de la peur (éd. Xenia). Il y livre une analyse sociologique et une perspective historique et philosophique à la pandémie. Rue89 lui donne la parole.

Dans mon livre, je prends appui sur les faits, à la fois scientifiques et sociétaux, tentant d'élucider les ressorts de ce qui paraît être un emballement de la machine sanitaire. Partons de l'actualité de ces derniers jours pour illustrer ma thèse.

Sur le plateau de Mots croisés (France 2) lundi 23 novembre, la ministre Bachelot expliquait que le conditionnement du vaccin en flacon de dix doses était lié aux contraintes du marché. Ni Yves Calvi, ni ses invités n'ont cru bon de contredire la ministre. Ce conditionnement résulte non pas du marché mais d'un choix technique dans la gestion sanitaire, avec une commande de 96 millions de doses assorti d'un plan de vaccination généralisé et orchestré avec des moyens logistiques sans précédent. Un esprit critique parlerait d'un acharnement thérapeutique. Pourquoi alors cette obstination ?

Quelques-uns ont parlé de théorie du complot ou de diktat des firmes pharmaceutique. Ce n'est pas sérieux et l'on voit bien comment une certaine opinion frondeuse peut réagir face à l'incompréhension de ce plan anti-grippe. Il reste deux réponses. La première est celle des autorités. La menace est bien réelle, il y a urgence sanitaire et l'incompréhension résulterait d'une mauvaise communication. La seconde repose sur une hypothèse forgée après une réflexion systémique. La machine sanitaire étant un système technique, elle va de l'avant une fois déclenché un processus.

Après le Téléthon, voilà le vaccinathon

Autant dire que cet épisode pandémique est révélateur de quelques pathologies de nos sociétés avancées, qu'elles soient occidentales ou asiatiques. Avec sans doute un excès dans l'application du principe de précaution. Dont la concrétisation se traduit par un mauvais choix technologique dans ce champ thérapeutique. Les plans contenus dans les tiroirs de l'expertise visaient en premier lieu une menace du type grippe aviaire. Ils n'étaient pas adaptés pour cette grippe H1N1.

La suite médiatique et sanitaire est assez évidente à analyser. Il faut produire une menace dans l'esprit des gens. Le procédé est classique. Quelques communiqués d'expertises à sens unique. Et puis des annonces répétitives de décès, de classes fermées et quelques images sélectionnées. Après le Téléthon, voilà le vaccinathon, 300 000 Français vaccinés, quel succès ! Le chiffre peut monter et atteindre le seuil de satisfaction ministériel. Et comme pour le Téléthon, rien de mieux que l'exhibition d'un cas particulier servant de déclencheur d'émotion.

Il n'est pas question de donner de l'argent mais d'offrir son bras à l'infirmière dans le gymnase prévu à cet effet. Pour inciter les Français à le faire, les médias peuvent éventuellement filmer une maman en pleurs suite à l'hospitalisation de sa fille mise sous assistance respiratoire. C'est un procédé très efficace, vu sur France3 ce mardi 24 novembre, dans le JT du soir.

On n'invite pas les passagers d'un bateau à prendre la barre

La menace pandémique a été surévaluée pour répondre aux besoins de la mise en route d'un plan national. Mais certaines données ne sont pas fiables : il n'est pas sûr que tous les cas d'hospitalisation soient liés à la grippe, des virus pulmonaires non grippaux et des bactéries peuvent très bien être impliquées. Les médias en ont-ils trop fait ?

Ce qu'on peut leur reprocher, c'est d'avoir occulté les avis contraires, comme celui du Dr Marc Girard. Mais cela aurait déclenché une belle confusion, un peu comme si les passagers d'un bateau venaient sur le pont pour indiquer au capitaine la barre à suivre !

Les autorités ont donc déclenché une menace pandémique qui ressemble à des événements d'un autre âge, comme la peur du démon et des sorcières, qui furent jugées et exécutées lors de l'inquisition qui vint aux XVIe et XVIIe siècles. Pourtant, ces sorcières étaient bien inoffensives. Hermann Broch avait vu dans cette chasse le signe d'une époque crépusculaire, avec une analyse fort savante sur l'hypertrophie de la théologie et la perte en rationalité qui en résultait.

Un troisième crépuscule de notre civilisation

Nous sommes sans doute au moment d'un troisième crépuscule. Si l'on admet que le crépuscule marqué par la démonologie signe la fin du dispositif théologique et de la sécurisation par l'Eglise. Et que le crépuscule marqué par le nazisme, le stalinisme et les sciences humaines matérialistes et raciales marque la fin du dispositif philosophique dévoyé et des jeux nationalistes d'Etat.

Nous voilà au seuil de cette grande énigme du XXIe siècle. Avec une interrogation : nos gouvernants sont-ils réellement en possession de la science ou bien tributaires des experts sanitaires ?

Je pose la question autrement. Les politiques ont-ils peur, sont-ils devenus fous ? Si tel est le cas, nos politiques ne sont pas si puissants qu'on ne le pense mais plutôt les vassaux des experts, en l'occurrence, de ceux de l'OMS. C'est une hypothèse. Il va de soi que d'autres ressorts se greffent. La panique pandémique présente un intérêt pour les profits de l'industrie sanitaire ainsi que les experts qui en ressortent renforcés à l'instar des chefs militaires du temps de Napoléon.

La thèse du crépuscule est donc la leçon philosophique qui s'impose. Chaque époque a ses priorités et ses dispositifs transcendantaux laissant accroire que si une question est résolue, tout va s'en suivre et que la société ira de son mieux. Nous avons cru que si les questions techniques fondamentales étaient résolues, tout irait dans le bon sens.

Déjà, Ellul et Habermas voyaient des problèmes en 1970. D'aucuns tels Fukuyama ont imaginé une ère post-humaine avec l'usage des prothèses bio-technologiques. Le protocole de Lisbonne a cru en un salut par l'économie du savoir et savoir-faire technologique. On a cru aux nouvelles technologies en 1998. On croit en une croissance verte. La leçon de cette pandémie, c'est que la profusion de dispositifs techniques peut engendrer plus de problèmes qu'elle n'en résout. Quand l'humanité se sera affranchie de cette « croyance technologique », une nouvelle époque émergera.

Photo : le logo du « Grippathon », novembre 2009 (Ga).

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  • Lohiel
    Lohiel répond à Pierre Eudes
    • Posté à 17h53 le 28/11/2009

    Excellent article, je tope... la rigueur est portée disparue chez nos gouvernants et c'est fichtrement inquiétant !

    Bis :

    Une vaccination de masse n'est jamais justifiée, car on en ignore les conséquences sanitaires (à long terme), sauf dans le cas très rare où il s'agit d'une maladie extrêmement grave ET où le vaccin est bien maîtrisé depuis longtemps (polio, diphtérie, etc.)

    Dans le cas actuel, avec la H1N1 le rapport bénéfice-risque est inversé (jamais et nulle part on n'a injecté autant de squalène, ni de thiomersal, adjuvants sur lesquels planent de sérieux doutes). Ce rapport bénéfice-risque serait sans doute différent dans le cas d'une H5N1, grippe pour laquelle le protocole actuellement appliqué avait été défini (comme le signale l'auteur de l'article).

    Qu'on vaccine les personnes fragilisées et le personnel médical (avec leur accord) me semble logique... toute la population, non. Et écarter les généralistes qui sont les seuls à connaître toutes les personnes à risque me choque profondément. A cause de tout ce bazar, on voit des gens qui auraient besoin du vaccin (pour lesquels le rapport bénéfice-risque est évident, donc) en être éloignés (pas reçu de bons, trop loin du centre, etc) !

    Sans compter que si on avait produit une quantité raisonnable de vaccins, on aurait pu se passer des adjuvants douteux.

    Toute la catégorie H1N1 de ce blog, aux sources impeccables, vaut la peine d'être explorée soigneusement :
    Lien

  • Bernard Dugué
    Bernard Dugué répond à A déménagé le 23-6
    Auteur(e) de l'article
    • Posté à 18h29 le 28/11/2009

    Bonsoir et merci à tous ceux qui commentent ce billet. Je ne pourrais répondre à tous.

    Je ne propose pas une vision cyclique de l'Histoire, et la thèse du crépuscule est en effet assez éloignée d'Habermas, auteur que j'ai associé à Ellul pour les besoins de ce billet mais que je ne cite pas dans mon livre. Il y a deux thèses, l'une sur la technique et le système, l'autre, évoquant un parallélisme avec la chasse sorcière et le crépuscule, fait largement appel à l'écrivain philosophe Hermann Broch et son fulgurant traité sur la folie des masses.

    Parler de la manipulation des labos, c'est passer à côté du phénomène global qui inclut les experts, les agences, les politiques, les médias et la crédulité des masses face à ce pseudo savoir du virus qui va muter... tiens donc, hop, un coup de peur et les centres de vaccinations sont saturés. Les labos font du lobbying, dans tous les domaines, la médecine devient industrielle

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 19h08 le 28/11/2009
    • Internaute
      Littéral

    L'intuition est très bonne.
    Il s'agit bien un crépuscule de civilisation.
    Car nous vivons une uchronie.

    Mais les interprétations proposées pèchent par trop de simplicité. Évidemment, le format très court de l'article ne permet pas de résumer une thèse moins superficiellement.
    Le millénarisme, je veux dire l'information en mille mots est une utopie.

    Ce qui m'étonne, c'est que le profil résolument de technocrate expert de l'auteur de l'article, ne l'empêche cependant pas de pressentir ce qui ne va pas.

    Si je ne suis pas d'accord avec l'interprétation de ce que représente l'histoire européenne du XX ème siècle, c'est parce qu'elle fausse ce qui est en jeu aujourd'hui.

    Le siècle dernier est le siècle de la systémique, principalement celui des organisations industrielles.

    C'est aussi l'échec de l'autoritarisme en politique :
    Le pacte avec le diable que les conservateurs européens même les plus modérés ont passé avec le fascisme, obtenant aussi bien l'aval du Vatican, a mal fini.

    Tous les pays gouvernés par une dictature de droite et qui n'avaient pas de ressources économiques propres sous la forme d'énormes gisements de matières premières ont failli.

    L'expansionnisme nationaliste comme recours en dernier ressort du maintien au pouvoir des conservateurs n'a pas résisté aux réalités sociales et économiques et les pires régimes autoritaires ont cessé en Europe.

    Et les conservateurs ont dû laisser l'opposition de gauche représentant mieux la diversité des populations accéder au pouvoir.

    Ce qui n'empêche jamais que les conservateurs n'essayent à la faveur d'une crise passagère de revenir à leur pouvoir exclusif et de proposer encore les même vieilles valeurs de la déférence, de l'élitisme inéquitable et de l'éducation inégalitaire. Ainsi Reagan et Thatcher, en arrière-garde triomphante des nationalismes réactionnaires.

    La dernière utopie dont on s'était aperçu que la violence politique n'avait pourtant pas éteint malgré les catastrophes consécutives à l'autoritarisme conservateur en Europe, reste l'espoir technocratique dont l'idéologie délétère est déclinée en diverses versions.
    la mystique du travail pour la gloire du Maître est délivré en messe basse par l'Opus Dei.

    Ailleurs, on vante partout le modèle entrepreneurial comme l'alpha et l'oméga de la politique et de l'histoire.
    Avec, toujours un gros zeste de patriotisme nationaliste et chauvin en guise de viatique pour l'âme afin de faire accepter les inégalités et les à-coups terribles des crises systémiques.

    L'économie est le dernier refuge du féodalisme des conservateurs. Et il faut vraiment une crise dans la culture pour faire accroire que ce qu'on appelle, par antiphrase, provocation ou stupidité on ne sait, le libéralisme, justifie une organisation mondialisée de l'économie sous la coupe de cartels privés.

    Citoyens, encore un effort pour être démocrate ! (C'est pas gagné ...)

    Je dois tout à l'historien américain du fascisme Robert Paxton. Son livre Le fascisme en action est un pur régal de lecture et permet d'être lucide sur ce que nous vivons en ce tardif début d'un nouveau siècle.

  • Compte supprimé le 4 janvier 3
    • Posté à 00h12 le 29/11/2009

    « La suite médiatique et sanitaire est assez évidente à analyser. Il faut produire une menace dans l'esprit des gens. »

    Je ne vois pas ce qui, dans le déroulement de votre raisonnement, vous permet cette affirmation. Les gouvernements pourraient s'en foutre après tout - et je gage que la critique serait alors bien pire.

    Vous analysez tous toujours cet épisode comme s'il s'agissait d'une question franco-française : c'est ce qui me sidère le plus. Il s'agit d'une pandémie. Le choix français de commander le vaccin par flacons de 10 doses - plutôt qu'en doses individuelles - était-il erronné ? Outre qu'il faudrait savoir comment ont procédé les autres pays, la question me semble largement secondaire. Tous les pays développés, sur recommandation de l'OMS (qui sert à ça) ont mis en place des opérations de vaccination de masse.

    Vous parlez d'« autorités ayant déclenché une menace pandémique qui ressemble à des événements d'un autre âge, comme la peur du démon et des sorcières » : à quelle autorités pensez-vous ? A l'OMS ? Les sorcières étaient bien inoffensives, mais ni la peste, ni la variole, ni le choléra ne l'ont jamais été... Les épidémies ont dévasté l'humanité depuis l'aube des temps... jusqu'à l'invention de la vaccination, précisément.

    Les seules questions à se poser, à mon avis, sont les suivantes : y a-t-il oui ou non pandémie ? Si oui, est-il justifié de s'en prémunir ? Donc : l'OMS a-telle fait son travail correctement ou bien s'agit-il d'une bande de charlots ? Est-il normal que les gouvernements suivent les recommandations de l'OMS ? Est-il fantasmatique de se prémunir contre une pandémie ? L'humanité n'en aurait-elle jamais connu ? La vaccination - fût-elle de masse - est-elle une technique révolutionnaire ?

    Le seul problème posé en la circonstance, à mon avis, est le suivant : seuls les pays riches ont les moyens de vacciner leur population - que faire pour aider les pays pauvres à vacciner les leurs ?

    « nos gouvernants sont-ils réellement en possession de la science ou bien tributaires des experts sanitaires ? »

    Quelle étrange question. Non, nos gouvernants ne sont pas « en possession de la science », ça paraît évident. Ils sont effectivement tributaires des experts, pas seulement sanitaires, mais dans tous les domaines. Le rôle des gouvernants c'est de consulter les experts, puis de trancher et de décider.

    L'hypothèse selon laquelle nos gouvernants seraient les « vassaux » de l'OMS me semble ahurissante. Il s'agit de santé publique, d'intérêt général. Quand il existe des doutes sur la qualité d'un fromage, on le retire de la vente - sur la fiabilité d'une voiture, le constructeur la rappelle pour vérifications et/ou réparations. La France s'est d'ailleurs donné le ridicule d'inscrire le « principe de précaution » dans sa constitution... Et il ne faudrait pas réagir quand l'OMS annonce une menace de pandémie et recommande la vaccination massive ?

    Vous préconisez quoi, au juste ?

    Plus personne ne croit depuis des lustres que la technologie va tout résoudre, et tout le monde a parfaitement conscience que la médecine n'est pas une science exacte... Cependant, des chercheurs mal payés s'esquintent aux quatre coins du monde pour trouver des vaccins contre les maladies qui n'en ont pas encore.

    « La thèse du crépuscule est donc la leçon philosophique qui s'impose. »

    Le crépuscule, en l'occurrence, j'ai tendance à penser que c'est celui de la pensée. Car les efforts faits par les gouvernants pour préserver la santé publique me semblent le contraire d'un crépuscule - c'est l'indifférence qui serait crépusculaire. En revanche, qu'à cette occasion l'irrationnel s'empare d'une si grande partie de la population française (au pays de Pasteur et de Descartes), que des théories conspirationnistes fleurissent, que des docteurs en philosophie mettent sur le même plan le nazisme, le stalinisme et les recommandation de l'OMS : voilà qui me semble parfaitement crépusculaire.

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 00h51 le 29/11/2009
    • Internaute
      Dessinateur de presse
  • Alain59
    • Posté à 11h25 le 29/11/2009
    • Internaute

    Vous dîtes des choses justes mais vous niez la part d'instrumentalisation de l'épidémie, qui est comme toutes les peurs, un bon moyen de contrôler les masses, surtout en ces temps de crises financières et de forte poussée du chômage.

    Ce que l'on sait, c'est que cette grippe A est très contagieuse mais relativement bénigne.

    Les chiffres officiels qui nous sont donnés en sont d'ailleurs une preuve : faible mortalité, je dirai même ridicule, pour un nombre très important de personnes atteintes.

    Tout cela on le sait depuis longtemps. Or, les médias et les Etats ont construit une véritable dramaturgie autour de cette grippe au lieu de faire preuve de raison et de s'adapter à sa gravité.

    Si vous regardez le JT de France 2, vous verrez un reportage quasi-quotidien sur cette grippe, et sur la nécessité de se vacciner.

    Fallait-il faire cette campagne de vaccination ? Ma réponse est oui. Cette campagne est-elle démesurée et n'aurait-on pas eu autant de réussite et un meilleur soutien de la population en la ramenant à de plus justes proportions ? Ma réponse est également oui.

    J'ajoute qu'il y a une part d'arrière-pensée politicienne peu ragoûtante et qui peut se résumer ainsi : comme cette grippe est peu mortelle, on va en rajouter dans la dramatisation et essayer d'inciter tout le monde à se vacciner pour pouvoir s'attribuer la faible mortalité à la campagne de vaccination plutôt qu'à la faible dangerosité du virus.

    Il est possible aussi comme le suggère Jacques Attali qu'il s'agisse d'une répétition générale envisagée par les gouvernements de tous les pays pour le cas où un virus réellement dangereux arriverait.

  • amilcar
    • Posté à 18h35 le 30/11/2009

    article intéressant mais qui comporte les défauts qu'il réprouve, on assiste en effet à une multiplication des vérités exclusives, sur chaque tas de caillou, en général un vieux mâle, nous harangue pour nous délivrer la vérité, la raison qu'il serait seul à détenir, qu'on me pardonne mais je me demande si les crépuscules ne donnent pas aux vieux mâle une envie de trouver une partenaire ultime ce qui entraine une certaine cacophonie dans les cours, ne pourrait-on avoir un crépuscule silencieux ou bien chacun va t-il y aller de son communiqué final claironné au bon peuple grouillant ? Curieux la multiplication des pontes en temps effectivement crépusculaires, pontes avec 1 grand P, les poules à ces heures ne pondent plus, mais les mâles rivalisent de déclarations toutes plus solennelles et tonitruantes les unes que les autres mais néanmoins contradictoires et hautement cacophoniques. Au final et en attendant le début d'une chose ou la fin d'une autre on nous dit tout et le contraire de tout et le devoir de réserve ne concerne plus guère que les écrivains primés.

    Détenir la vérité contre tous les autres et ressentir le besoin de le crier sur les girouettes ne clarifie en rien la vision globale que peuvent avoir les citoyens lambda, au contraire tout cela se mélange dans nos pauvres têtes en nous laissant une désagréable impression de déraison généralisée, il me semble contrairement à ce que pourrait faire croire cette époque crépusculaire mais bruyante que l'on pourrait détenir la vérité et la garder pour soi ne serait-ce que pour ne pas ajouter du vacarme au boucan, de la polémique au complot, de la paraonïa à l'angoisse, ou bien n'aurons nous pas la grâce de crépusculer en paix ?