Grippe et ados : « De toutes façons, c'est moi qui décide »
Chez les jeunes, le doute semble contagieux. La vaccination contre la grippe A a démarré ce mercredi dans les collèges et lycées, mais dans beaucoup de familles, l'heure est encore au débat.

Devant le lycée Maurice-Ravel (Paris XXe) ce vendredi, les jeunes se montrent à la fois informés et méfiants. Comme le résume Laure, en seconde :
« C'est bizarre quand on écoute les radios, des experts disent “oui, il faut se faire vacciner, la grippe va faire des morts”, d'autres “non, il y a trop de risques d'effets secondaires, le vaccin a été fait vite”… de toutes façons, c'est moi qui vais décider. »
Chaque nouvelle comme la mort d'une femme jeune en Essonne ou l'annonce d'allergies au vaccin GSK au Canada est amplifiée dans leurs discussions et les laisse finalement perplexes. Jean-Sébastien estime qu'« on n'a pas assez d'infos et que peut-être les gens ont peur de la nouveauté ».
Comme le dit la circulaire publiée par le ministère de l'Education nationale en date du 9 novembre pour vacciner les 12 millions d'élèves du pays, les parents d'enfants mineurs doivent remplir une « fiche médicale individuelle et un formulaire de consentement » mais la vaccination se fera aussi « sur une démarche volontaire des enfants ».
L'opinion publique n'est déjà pas majoritairement favorable à la vaccination, et dans les lycées ce n'est pas la cohue, comme le montre un reportage de TV-Tours où le proviseur raconte : « Il y a un, deux ou trois élèves par classe, ça ne perturbe pas trop le fonctionnement de l'établissement ».
Des facteurs de confusion
L'organisation, menée par les préfets, a été rapide, au point que les familles des premiers établissements concernés n'ont eu que deux jours pour répondre. Mais au-delà, il y a aussi des facteurs qui créent la confusion :
- Les parents ont reçu une circulaire de trois pages sur les effets secondaires jugée dissuasive par nombre d'entre eux.
- Dans le cas où père et mère sont séparés, et si les deux ont l'autorité parentale, ils doivent tous les deux donner leur accord.
- Pour les chefs d'établissements responsables de l'organisation, les consignes préfectorales sont parfois jugées confuses : ainsi dans le Val-de-Marne, certains chefs d'établissement ont dû eux-mêmes aller chercher les doses conditionnées par dix dans les points de distribution « ce qui n'est pas simple alors qu'il faut respecter la chaine du froid », remarque le syndicat SNPDEN-Unsa.
« Consentement libre et éclairé » nécessaire
Admettons que les parents aient bien signé les autorisations pour que leur enfant soit vacciné, et qu'au dernier moment ça coince, que se passe-t-il ?
La charte de la personne accueillie pour la vaccination antigrippale remise aux parents précise dans son article 6 que la vaccination ne peut être pratiquée qu'avec le consentement « libre et éclairé » de la personne, donc de l'enfant qui prête son bras.
L'union nationale des associations familiales (Unaf) souligne le rôle qui incombe au médecin de l'équipe mobile de vaccination :
« Dans la pratique, le médecin doit s'efforcer d'obtenir le consentement grâce à une information détaillée, en cas d'échec en aviser l'autorité parentale et agir dans l'intérêt de l'enfant. »
La loi du 4 mars 2002 sur les droits des malades donne au mineur le droit au respect de sa volonté, en dérogation des principes de l'autorité parentale. Il est aussi dit que le mineur doit participer à la prise de décision le concernant « d'une manière adaptée à son degré de maturité ».
Et, au terme de l'article L. 1111-4 du Code de la santé publique, « le consentement du mineur doit être systématiquement recherché s'il est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision ».
Mais dans le risque de « conséquences graves »…
Attention, les choses se corsent, comme le dit le même article « dans le cas où le refus de traitement par la personne titulaire de l'autorité parentale risque d'entraîner des conséquences pour la santé du mineur », alors « le médecin délivre les soins indispensables … ». Pour l'Unaf, cela est sujet à discussion :
« Ce concept de “conséquences graves” est évident dans certaines situations mais plus difficile dans d'autres cas notamment dans le cas d'un refus de vaccination qui n'est que potentiellement grave.
C'est donc le médecin qui doit juger au final, éclairer sur les risques, répondre aux questions des enfants. Mais face aux informations contradictoires qui circulent, les parents doivent en parler avec leurs enfants et prendre la décision avec eux. »
15 à 20% d'acceptation pour l'instant
Au final, c'est bien l'opinion de l'enfant qui présidera, mais il se peut que leurs doutes s'effacent face à une pression du médecin au moment de la piqûre. Au lycée Hélène-Boucher (Paris XXe), où élèves et familles ont encore deux semaines pour réfléchir avant le passage des équipes mobiles, la plupart des jeunes croisés ne comptent écouter qu'eux-mêmes. Ainsi, Camille, en première, tergiverse encore un peu :
« Comme je suis asthmatique, mon médecin veut vraiment que je me fasse vacciner et mes parents aussi. Mais mon petit frère a déjà eu la grippe A et moi j'ai eu des symptômes, donc je pourrais être immunisée, donc je préfère éviter tout effet secondaire. »
Face à l'accélération de l'épidémie, la méfiance des jeunes, comme du reste de la population, pourrait s'atténuer. Les autorités l'espèrent, comme le rectorat de Paris qui nous assure :
« Environ 15 à 20% des élèves ont accepté d'être vaccinés dans les établissements où les équipes mobiles sont passées, mais les chiffres montent car ils voient qu'il n'y a pas de soucis avec le vaccin et les familles ont plus de temps pour remplir les questionnaires. »
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De Corti
Onaniste Otaku | 16H06 | 27/11/2009 |
Oui et non.
Le souci n'est pas qu'elle soit actuellement mortelle, le souci c'est qu'elle le devienne. D'où le principe du vaccin qui permet de limiter l'épidémie et par ricochet, ses possibilités de mutation.
Car rien ne dit que le vaccin sera toujours efficace si le virus mute.
C'est assez simple pourtant :
- le virus ne mute pas, tant mieux
- il mute et gagne en mortalité et le vaccin reste efficace : tout bénéf pour les vaccinés
- il mute et gagne en mortalité et le vaccin ne reste pas efficace : pas glop
Si l'OMS a classé ce virus si haut, ce n'est pas pour faire plaisir à ceux qui recherchent le complot du nouvel ordre mondial, c'est tout simplement parce que c'est un virus très contagieux et qui a une capacité de mutation élevée. Et que de simple grippe banale équivalente à un soldat deuxième classe avec sa kalachnikov, il peut rapidement passer au statut de grippe mortelle égale à un général pouvant appuyer sur les boutons nucléaires.
Alors certes, la probabilité reste faible. Mais certains ont décidé qu'elle n'était pas si faible que ça, en tout cas suffisament pour mettre en route des protections. Le vaccin est l'un d'entre eux.
Même si je dois bien reconnaître que pour ce dernier, le gouvernement fait TOUT pour qu'on n'ait pas envie de se vacciner :p
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 17H05 | 27/11/2009 |
"Les uns refusent, les autres acceptent. Chacun est libre."
Cela me paraît être en effet l'essentiel !
Mais n'oubliez tout de même pas que si ça tourne mal, aucun labo n'est coupable juridiquement de quoi que ce soit !
- Une loi les déresponsabilise, donc, la responsabilité vous incombe.
A vous les studios, à vous Cognac Jay !
De LG240
17H12 | 27/11/2009 |
Entendu à la radio ce matin (de la part d'un médecin qui s'exprimait sur une libre-antenne):
- 150 000 morts par an de cancer en France =750 millions sur 5 ans pour la recherche contre le cancer.
- Coup de la vaccination collective contre la Grippe A = 1.5 milliard d'euros...
La responsabilité collective n'est-ce pas aussi de refuser de marcher dans cette arnaque (sur fond de sécu en danger)?
De Pierrrrre
11H59 | 28/11/2009 |
► 3 heures de queue pour se faire vacciner...
..la rareté va donner à tous l'envie de faire la queue...
Quand à ceux qui hésitent et qui « réfléchissent »
…comme s'ils possédaient les éléments leur permettant de juger..
..nous sommes bien obligés de nous remettre à l'avis de spécialistes,
et les spécialistes nous disent que c'est par des campagnes de vaccination massive que de nombreuses maladies mortelles ont été endiguées..
Même si d'autres démagos essayent de profiter de la difficulté à gérer une opération de vaccination massive:
au début, ils émettaient des doutes sur le besoin de se faire vacciner,
avançant même des risques supposés,
puis se gaussaient des centres de vaccination vides de monde,
puis aujourd'hui sont scandalisés de centres de vaccination qui débordent de monde.
En fait, le H1N1, ils s'en foutent: ils sont englués dans leur campagne anti-sarko où ils font flèche de tout bois.
De 3teo
lamda d'en bas | 18H45 | 28/11/2009 |
Concernant la grippe saisonnière:
-l'an dernier, en Fr.il y a eu 6000décès,soit sur les 4mois d'hiver 1500morts/mois : il n'y a pas eu de "panique gouvernementale organisée", pas de centres de vaccination,pas de multi-pub quotidien à la TV,radio,...Pourtant c'était déjà Bachelot&son nanoprésident
-tous les ans,il y a un NOUVEAU vaccin,dû à la MUTATION du virus
-les labos sont responsables de leurs vaccins
Concernant la grippe A :
-depuis 1mois:60décès en Fr (6000 dans le monde depuis Avril2009)
-le virus A a muté, mais les vaccins actuels restent...efficaces !?!?
-les labos NE sont PAS responsables de leurs vaccins:"bouclier juridique" offert par Bachelot&son nanoprésident. En clair, en cas de PEPINS , vous devez porter plainte contre l'ETAT(bon courage!)
PS1: on ne vaccine que les gens bien portants(pas de rhume,...).On ne nous dit pas ce qui va se passer chez qq'un qui reçoit le vaccin A et qui est en train de "couver" cette grippe(période d'incubation en général sans symptôme),donc défense immunitaire en baisse?
PS2: Surtout,quelle "bonne" idée de vacciner en "pleine pandémie ou phase d'accélération" comme ils disent (pour rappel: le vaccin saisonnier est dispo 2à3mois avant le "pic" éventuel, donc il faut se faire vacciner début octobre,car 3semaines sont indispensables pour en acquérir l'immunité).Il est vrai que le vaccin n'était pas dispo, mais se précipiter pour le sortir au bout de 3-4mois, il n'y a pas qqes "petits risques" là? Pour comparaison le vaccin saisonnier demande 6mois pour être prêt et il n'y a JAMAIS eu de rappel de lot(s) défectueux. Cette semaine, GSK a rappelé un lot de vaccin A(plus de 10 ou 100.000 doses?) ayant entraîné des problèmes après piqûre(prions pour ceux qui ont reçu le vaccin venant de ce lot!): OK, c'est au Canada,mais la Fr est protégée de ce genre d'ennuis,comme les nuages de Tchernobyl ?
Bon, après,vous faites comme vous le sentez.Ce ne sont que des remarques après réflexion sur les faits observés sans me faire(j'essaie en tout cas) manipuler par les médias.
De maryssan
09H07 | 29/11/2009 |
Ma fille de dix ans a eu la grippe, mais laquelle ? Pas d'analyses, car n'etant pas une personne à risque.
Est-elle passé dans les probables cas de grippe A pour gonfler les stats. ?
Dans un collège de Trappes seulement trois ado se sont présentés pour se faire vacciner, aucun prof, ni même le personnel.
Les trois prétendants au vaccin n'ont pas reçu leur dose, car il aurai fallu dix personnes pour entamer le flacon de vaccination.
Font-ils partis des 15/20 % ?