France Inter : assaut d'amabilités entre humoristes du matin

Le sniper Stéphane Guillon et son collègue Didier Porte n'allument pas que les figures politiques : ils se taclent aussi entre eux, par médias interposés. Jalousie, vanité, bataille d'egos ou exercice mutuel du droit de satire qu'ils appliquent à d'autres ?
Dans l'émission Pop Com (Canal+) du 15 novembre, Stéphane Guillon, chroniqueur en début de semaine à 7h53 sur France Inter, a expliqué en riant combien il s'estime beaucoup plus craint des politiques que ses deux collègues du jeudi et du vendredi, Didier Porte et François Morel :
« Comme moi j'y suis le lundi, mardi, mercredi, souvent [les politiques] viennent maintenant le jeudi ou le vendredi. Ils sont plus libres en fin de semaine. »
Didier Porte n'a pas du tout apprécié. Une petite goutte d'eau après des propos de Guillon cet été dans Télérama, sur l'engagement politique incompatible avec le métier d'humoriste, qu'il avait pris pour lui.
Porte se sent « traité comme de la merde » par Guillon
Dans Midi Libre du 18 novembre, Porte accuse sans le nommer son collègue de ne plus passer les portes, après avoir déclaré que Guillon est totalement dénué de culture politique :
« Ceux qui viennent sur le genre humour politique comme Anne Roumanoff ou Stéphane Guillon, ne savaient pas, il y a trois ans, faire la différence entre l'Assemblée nationale et le Sénat. […]
Je ne passe pas à la télé car je n'y trouve rien d'intéressant. […] C'est un choix qui fonctionne… peut-être parce que je ne me la raconte pas ! [Guillon est aussi chroniqueur sur Canal+, ndlr]. »
Très en verve lors de son passage à Montpellier, Porte a aussi donné une interview à des étudiants en journalisme pour leur site HautCourant.com. Elle est en ligne depuis jeudi 26 novembre, jour où l'éditorialiste politique d'Inter, Thomas Legrand, a pris un malin plaisir à terminer son édito adressé à Dominique Strauss-Kahn (objet d'une petite controverse guillonnesque) par une « private joke » sur la bisbille Guillon-Porte :
« Bon, il vous faudra quand même finir par accepter de revenir à France Inter, mais il suffira de choisir un jeudi ou un vendredi matin. »
Guillon, énigmatique : « N'offense pas qui veut »
Sur HautCourant.com, Didier Porte est encore plus direct que dans Midi Libre. Après des compliments sur le talent de Stéphane Guillon, il l'accuse d'« anti-sarkozysme de pure circonstance » :
« Il a un peu pété les plombs, il est sur un piédestal et commence à donner des leçons à tout le monde […]. Il est au sommet, il est le roi du monde, mais il n'a pas à nous attaquer, François Morel et moi, en nous traitant comme de la merde. » (Voir la vidéo).
Joint par téléphone, Didier Porte m'explique qu'à Montpellier, il était « un peu énervé par Guillon » :
« Ça marche bien pour lui, il devrait en profiter pour être bon camarade. Aujourd'hui, on a l'impression qu'il n'y a que deux humoristes politiques, Guillon et Roumanoff. Bon, je fais un peu de mauvaise foi quand je dis que Roumanoff n'a pas de culture politique, elle a quand même fait Sciences Po. Guillon, lui, n'a jamais eu le début d'un engagement politique.
Est-ce que les gens vont croire que je suis jaloux ? Je m'en fous. Je passe mon temps à critiquer les gens, je ne vois pas pourquoi je me priverais de critiquer Guillon. »
Stéphane Guillon m'a déclaré n'avoir « rien d'autre à dire » que cette citation :
« Comme le disait Guy Bedos en citant François Mitterrand, “n'offense pas qui veut”. »
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De Rineva
13H48 | 27/11/2009 |
Hé les gars!
C'est un ordre: arrêtez donc tout de suite de vous la jouer façon PS!!!! On a besoin de vous!!!
Vous avez chacun votre personnalité que personnellement j'apprécie, même si je ne vous trouve pas bons tous les jours (et de loin), aussi bien l'un que l'autre.
Quant au petit dernier, François Morel, méfiez-vous, sous ses airs faussement naifs, il pourrait bien vous faire coiffer.
De Repie.
accorhédoniste sur Internet | 14H36 | 27/11/2009 |
J'aime beaucoup Porte, Guillon ou Morel mais ce dernier, en plus de me faire rire, m'a beaucoup touché par sa poésie dans son texte sur "le grand con porteur de parapluie".
C'était drôle, c'était vrai, c'était juste (et) beau.
Alors un grand coup de chapeau à ce grand monsieur.
De Yago
16H50 | 27/11/2009 |
Le chroniqueur déteste être chroniqué, le dirigeant déteste être dirigé, l'humoriste déteste être moqué.
C'est pas Carlier ni Guillon qui me contrediront.
Seule exception à la règle, l'auditeur, qui en définitive aime être écouté...
"N'offense pas qui veut", appliqué à l'humour politique est le comble de la bouffonnerie à la française. Immodeste, et sans effet autres que les rires complaisants et l'autosatisfaction partagée de l'assemblée.
Et dans ce domaine il est vrai, Bedos est certainement le plus suceptible d'entre eux.
Pas facile de conserver sa couronne de bouffon de la république.
Coluche s'est fait plus gros que le boeuf, Dieudonné converse avec le clergé, rencontre Ahmadinajad, collabore avec le FN, tout en se disant athée et apolitique. Et tout ça pour une brouille avec le shox biz parisien.
Les guignols n'ont peut-être pas les ambitions de nos immodestes artisans de la vanne, mais il se conforment à leur rôle de guignol il me semble.
Pour faire de la politique, il ne suffit pas d'en rire, il faut aussi faire de la politique.