Chavez veut faire avorter les nuages, un vieux fantasme
Un météorologue décrypte la technique consistant à utiliser de l'iodure d'argent pour faire pleuvoir. Et ses failles.

Hugo Chavez veut « percer les nuages pour faire pleuvoir ». La nouvelle, reprise telle quelle, a bien amusé les médias… qui ne se sont pas demandé si c'était seulement possible. Décryptage avec Jean-Pierre Chalon, conseiller pour la communication scientifique à Météo-France.
Est-ce parce que « Perce les nuages » est le titre d'une chanson québécoise que l'idée rencontre un tel succès ou parce que le président vénézuélien prétend y arriver avec un « canon à rayons » fourni par son allié cubain ?
En 2008 déjà, le régime chinois avait prétendu maîtriser la météo à l'occasion des Jeux Olympiques. Ce dernier parlait de fusées envoyées depuis le sol et d'avions mais restait discret sur la technologie employée et sur ses résultats. Pas si simple, comme le montre ce reportage sur les « nuages anti-sécheresse » réalisé par France2 en 2006. (Voir la vidéo)
Hugo Chavez ne doute de rien et décrit ainsi les aléas de la météo qui n'en sont plus :
« A Valencia, nous sommes en train de tirer des rayons pour recevoir de l'eau. A Bolivar, il pleut. A Guaricio, il n'a pas plu, donc nous allons devoir envoyer un rayon. »
Iodure d'argent envoyé depuis des avions ou du sol
Pour Jean-Pierre Chalon, de Météo France, le président vénézuélien parle sans doute de de « fumées d'iodure d'argent émises soit à partir d'avions volant au voisinage des nuages, soit à partir de générateurs (ou brûleurs) installés au sol » :
« Dans les nuages où la température est très légèrement inférieure à 0°C, les nombreuses gouttelettes d'eau présentes peuvent rester liquides (phénomène de surfusion), mais une intervention externe avec des particules qui favorisent la congélation de l'eau (ici de l'iodure d'argent) est susceptible d'accélérer le processus ».
En clair, l'expression utilisée par Chavez « de faire avorter les nuages » est assez juste : les faire larguer plus tôt que naturellement prévu l'eau qu'ils contiennent.
Des chances de réussite autour de 12%
Si ce type de méthode est utilisé depuis 1946, les opérations sont plus difficiles que prévu, selon l'expert de Météo France :
« Car le comportement des nuages dépend d'un très grand nombre de paramètres encore mal compris et parce que les réactions possibles sont extrêmement variées et difficiles à prévoir. »
Difficile de conclure, quand il a plu, si c'est lié à ces manipulations de nuages ou si c'est naturel. Les chances de réussite n'excèderaient pas 12%, selon les scientifiques.
Comme le montre ce savoureux reportage de 1950, pour sauver la vallée du Gier, il a fallu bombarder les cumulus avec les fusées de l'armée… mais la pluie s'est encore fait attendre plusieurs jours. (voir la vidéo)
Les expérimentations sont plus concluantes dans certains cas que dans d'autres :
« Pour ce qui est des nuages orographiques se développant au-dessus des montagnes, l'ensemencement pourrait augmenter les précipitations ; mais aucune expérimentation n'a été en mesure fournir des preuves suffisantes et scientifiquement acceptables.
S'il est parfois possible de modifier la microstructure des nuages par ensemencement, il est beaucoup moins certain que ces transformations puissent entraîner une modification notable et bénéfique des précipitations atteignant le sol. »
Une pollution des sols a priori réduite
Les scientifiques sont divisés sur la fiabilité des résultats. Jean-Pierre Chalon relativie :
« En dehors de la dissipation de certains types de brouillards et de nuages en couche mince (du type stratus ou altostratus c'est-à-dire des nuages étendus à faible développement vertical), la modification artificielle du temps n'est pas opérationnelle et reste du domaine de la recherche.
Des avancées significatives ne seront possibles qu'à travers des programmes de recherche ciblée destinés à mieux comprendre les effets de l'ensemencement des nuages sur l'évolution des systèmes nuageux, sur le déclenchement des précipitations et sur l'impact des ensemencements. »
Quant au risque de pollution des sols, il serait réduit car les
quantités d'iodure d'argent utilisées sont très faibles et sont
dispersées sur des centaines de km2.
Pour l'heure, faire pleuvoir artificiellement reste du domaine du fantasme.
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De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 13H12 | 25/11/2009 |
Un nuage qu'on avorte , c'est Jésus qu'on assassine !
Comment supporter ce déicide formenté par les communistes adeptes de Pol pot, Guévara , et Simone Veil !!!
De plopplop2000
saute-moutons | 13H33 | 25/11/2009 |
Pas besoin d'avoir recours à l'iodure d'argent dans certains cas.
J'observe très souvent sur le radar météo hollandais (pratique pour ne pas se faire mouiller) http://www.buienradar.nl un phénomène intéressant, dû selon toute vraisemblance aux simples gaz d'échappement de nos chers jets long courrier (rien à voir avec la sombre théorie des "chemtrails"). On peut en effet observer au dessus de la mer du nord, exactement au passage de la route de haute altitude UL-7, très fréquentée, une longue langue de pluie suivant exactement cette route dans certaines conditions.
Vous pouvez observer, en lançant le diaporama, et dans le quart haut-gauche, cette langue de pluie qui apparaît et disparaît régulièrement.
http://www.hiboox.fr/go/albums/divers/ul7-raintrails,24e72124c8ff3b8febf...
Notez que c'est observable dès qu'il y'a des nuages dans le coin. Parfois on observe même une belle croix, deux routes haute-altitude bien fréquentées qui se croisent....
De Vuedechezmoi
utopiste | 14H01 | 25/11/2009 |
Chavez à bon dos ! L'occident, inventeur de toutes ces technologies merdiques et qui les a utilisées depuis des lustres, s'esclaffe parce qu'un dirigeant non occidental veut les utiliser maintenant !?
Cet arrogance occidentale devient nauséeuse....
De Greeddo
Humaniste malgré lui | 14H33 | 25/11/2009 |
Merci d'apporter ces éléments fort à propos.
Je me souviens avoir lu il y a quelques années que l'armée US expérimentait également ces techniques (avec certainement plus de réussite) en Alaska avec comme objectif une application militaire: accompagner les attaques et bombardements de ses avions d'orages et de pluies diluviennes susceptibles de désorganiser les défenses au sol.
L'article concluait sur une citation d'un responsable de l'armée qui disait un truc du genre: "Nous portons beaucoup d'espoirs sur ces techniques modernes qui sont l'avenir de la guerre." Tout un programme...
De amerti
\°[-]° | 17H27 | 25/11/2009 |
..ce sera une source de conflit, car s'il pleut ici, le voisin n'aura pas de quoi alimenter ses terres..et c'est totalement différent du pétrole, des gens qui boudent le toujours plus" vont" se faire dessecher litteralement...apparement c'ets pas une science exacte, mais quand on connait les ressources de l'armée ça me fout les boules..
sur wikipédia :
"Pour des pays où la majeure partie de la population boit l'eau de pluie, les risques de contamination à l'iodure d'argent deviennent préoccupant. Un ensemencement de nuages régulier, année après année se traduira par un effet cumulatif de l'iodure d'argent dans les écosystèmes. L'iodure d'argent est très toxique pour les espèces aquatiques surtout les plus petits dont il bloque le stade de reproduction."