A débattre 23/11/2009 à 18h52

TVA dans la restauration : le Sénat a « secoué le cocotier »

François Krug | Journaliste Rue89


Christine Lagarde visite un restaurant pour l'entrée en vigueur de la baisse de la TVA le 1er juillet (Jacky Naegelen/Reuters)

Surprise ce lundi au Sénat : la TVA sur la restauration a failli être ramenée à 19,6% en guise de réplique aux restaurateurs qui n'ont pas respecté leurs engagements. Le restaurateur Xavier Denamur, résolument opposé à la baisse de la TVA, applaudit : « Il n'y a eu que des mécontents dans cette histoire. » Y compris les clients ?

La commission des Finances du Sénat avait voté ce lundi à l'unanimité un amendement au projet de budget 2010 visant à rétablir à 19,6% le taux de TVA dans la restauration, mais cet amendement a ensuite été rejeté dans la nuit en séance. Pour Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP, les sénateurs ont eu raison de « secouer le cocotier » en signifiant aux restaurateurs que la TVA à 5,5% n'était pas « une situation définitivement acquise ».

En juillet, en échange de la baisse de la TVA, les syndicats de restaurateurs s'étaient engagés à créer des emplois, à augmenter les salaires, mais aussi à baisser les prix sur une partie de la carte. Pour la commission des Finances du Sénat, la baisse n'a pas eu les effets escomptés, et coûte donc trop cher à l'Etat :

« Dans le contexte budgétaire tendu que notre pays connaît et face au risque de creusement de notre déficit public, cette baisse de la TVA pour les restaurateurs décidée en juillet ne nous semble pas justifiée, d'autant plus que les consommateurs n'ont pas vu de résultats probants sur les prix pratiqués par les restaurateurs. »

« Un boycott inconscient de la clientèle »

Il y a un mois, justement, le restaurateur Xavier Denamur réclamait sur Eco89 le retour à une TVA de 19,6%, en échange de dix mesures de soutien au secteur (baisse des charges, aides à l'investissement et au respect de l'environnement...). Il explique aujourd'hui :

« On savait dès le début que la baisse n'allait pas marcher. C'est un secteur très éclaté, avec des gens qui ne jouent pas le jeu et de grands groupes qui n'allaient pas en profiter pour régler les problèmes. Il vaut mieux mettre tout le monde à égalité à 19,6% et utiliser cette manne comme levier, pour changer le secteur.

Il n'y a que des mécontents dans cette histoire : les salariés, les clients, les sénateurs maintenant... Les patrons ont refusé les 2% d'augmentation demandés par les syndicats, et il y a un boycott inconscient de la clientèle.

Les gens fuient parce qu'ils trouvent qu'on s'est foutu de leur gueule : on peut très bien baisser le prix de dix produits sur la carte, et augmenter celui des autres produits. »

Annuler la baisse de la TVA pour redonner de l'appétit aux clients : qu'en pensez-vous ?

Mis à jour le 24/11 à 10h30 après le rejet de l'amendement dans la nuit.

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  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 19h27 le 23/11/2009
    • Internaute
      prof. en province

    Tout cela n'est que gesticulation !
    La TVA à 5,5% pour la restauration est acquise !
    Les sénateurs, y compris UMP, savent très bien que la marche arrière est improbable, sinon ce ne serait que « suicide » à quelques mois des régionales..... !
    Donc effet d'annonce, pas plus !

  • karlsquell
    karlsquell
    légèrement décalé
    • Posté à 19h27 le 23/11/2009
    • Internaute
      légèrement décalé

    J'ai pas les moyens financiers d'aller au restaurant, j'aurais loupé quelque chose si la TVA ré augmente, Pas de bol.

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 19h28 le 23/11/2009
    • Internaute
      Aboyeur

    ben c'est con, ceux chez qui je vais ont joué le jeu. Au passage ils ont gagné en clientèle.

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 21h28 le 23/11/2009
    • Internaute
      Dessinateur de presse
  • vcranfan
    vcranfan
    Eleveur de pigeons
    • Posté à 21h29 le 23/11/2009
    • Internaute
      Eleveur de pigeons

    Je commencerai par préciser que je me fous du débat 19,6 ou 5,5.
    Pour des raison trop longues à expliquer, cela ne changera de toutes manières pas la situation de la restauration dans ce pays...

    Maintenant, ce déferlement de haine envers des artisans qui bossent parfois 14 heures par jour, 6 à 7 jours sur 7... C'est à vomir.

    Tous autant que vous êtes Messieurs, vous parlez sans rien connaître des réalités. Outil de travail vétuste, horaires de cinglés, clients imbuvables, contraintes à n'en plus finir...

    A vous lire, on dirait vraiment que c'est le métier le plus simple au monde, qui permet de s'en foutre plein les poches, c'est ca ? A se demander pourquoi VOUS ne le faites pas ? ?

    Alors ceux (les rares) qui gagnent bien leur vie dans ce métier, figurez vous qu'ils le méritent, en sacrifiant d'ailleurs bien souvent toute vie de famille.
    On ne peut pas tout avoir Messieurs !
    Travailler bien tranquille dans un fauteuil, passer ses dimanches en famille, on ne connait pas ca. Réfléchissez et documentez vous avant d'écrire des énormités. Les restaurateurs sont les artisans qui subissent le plus de faillites. Certainement parce que c'est un métiers de profiteurs...

    Le niveau de vos réflexions est lamentable, populiste, et dénué du moindre intérêt. Moutons.

    Vincent

  • Savmar
    Savmar
    Consultant
    • Posté à 09h38 le 24/11/2009
    • Internaute
      Consultant

    Dans ce débat, on a totalement oublié les petits restaus sympas et pas chers, toujours pleins, mais qui depuis la crise avaient tout de même perdu 40 % de CA et étaient au bord de la faillite.
    On a reproché à ces petits restaus de ne pas avoir abaissé leurs prix ! Mais Est qu'à un moment on a regardé leur prix et leurs menus ? Sur Nantes, je connais de nombreux petits restaus au vous mangez des menus complets, bons et copieux (entrée - plat - dessert) entre 12 et 19 € -
    Alors comment pouvait -on espérer que ces Restaurateurs là baissent leurs prix ?
    Alors que les grandes chaines qui ont un ticket moyen plus élevé de 50 %, se sont contentées de faire des effets d'annonces purement « marketing » en baissant quelques plats de leur carte, parmi les moins vendus !
    Bien sûr il était tellement plus facile de créer du buzz contestataire en fustigeant ceux qui n'avaient pas bougés leurs prix mais avaient simplement sauvés leur petite entreprise et les 3 ou 4 emplois qui allaient avec - - - -