Polémique

Peillon visait-il Royal avec sa « psychiatrie lourde » ?

« Quelque chose d'horrible s'est produit ». Lundi matin sur France Inter, Vincent Peillon a déclaré avoir été piégé par BFM-TV la semaine dernière, quand ses propos sur la « psychiatrie lourde » au cours d'une conversation sur Ségolène Royal sont venus attiser un peu plus leur dispute.

A en croire le député européen, il évoquait, au travers de cette expression lourde de sens, le contexte général, et pas du tout Ségolène Royal personnellement :

« Les choses se sont passées de la façon suivante : […] je dis [à la journaliste qui l'a joint au téléphone, ndlr] : “Ecoutez madame, les oiseaux ne nagent pas, les poissons ne volent pas, et vous me demandez de commenter des choses qui n'ont pas de sens, on se croirait dans ‘Vol au dessus d'un nid de coucous’, tout ça relève de la psychiatrie lourde.”

Tout ça relève de la psychiatrie lourde. C'était une conversation privée, prise à la dérobée, dans un autre contexte. »

L'eurodéputé PS explique ensuite comment, après un appel à la direction de BFM, une équipe est venue l'interviewer. (Voir à la fin de la vidéo, à 9'55.)



De son côté, la chaîne d'information reconnaît une erreur : « La journaliste n'a pas prévenu Vincent Peillon que son interview serait diffusée », admet Patrick Roger, le directeur de la rédaction.

Ses propos initiaux ont donc été retirés du site de la chaîne, ce qui montre bien une certaine gêne par rapport aux déclarations « privées » de l'élu. Pourtant, quand on réécoute ses déclarations conservées par LePost.fr, il n'est pas question d'oiseaux ou de poissons, mais bien de Ségolène Royal :

« Comment peut-elle le faire [l'écarter du mouvement “l'Espoir à gauche”, ndlr], je dirige ce courant. Elle a nommé [inaudible : trois préfets ? ] et reculé sur le vote des militants. Non mais je vous jure, on est en psychiatrie lourde là, hein. » (Voir la vidéo.)


Et selon son directeur de la rédaction, BFM-TV n'a « pas du tout tronqué ou monté » les propos de Vincent Peillon : « Tout au plus, un petit nettoyage. »

Joint finalement mardi matin, l'eurodéputé socialiste raconte les circonstances de l'interview dans les mêmes termes que sur France Inter (il part à un dîner, c'est une conversation informelle…). Quand je lui répète les propos du patron de la rédaction de BFM et lui rappelle les siens tels que conservés par LePost.fr, il répond :

« D'abord, je ne savais pas que la conversation était enregistrée. Je pars dans une tirade, et je ne peux pas vous en dire le détail exact. Mais mon expression visait le contexte, le rassemblement de Dijon, etc. Je trouve ça dingue. La situation qu'elle [Ségolène Royal, ndlr] crée est une situation irrationnelle. »

Vincent Peillon s'interroge plus largement sur « la question centrale de la structuration de l'espace public », des propos montés en épingle, du rôle des journalistes… Il s'exprimera à ce propos sur Arrêt sur Images vendredi.

3 commentaires sélectionnés

Portrait de isaway

De isaway

bloggeuse en résistance | 15H34 | 24/11/2009 | Permalien

Pfffffff y'en a marre de ces politiciens qui n'assument pas ce qu'ils disent...

Portrait de lavoine

De lavoine

région parisienne | 15H47 | 24/11/2009 | Permalien

Pffffff, y en a marre de cette presse à ras des pâquerettes qui s'érige en police de la pensée et traque le moindre mot d'écart.

Portrait de déluge

De déluge

menuisier | 17H15 | 24/11/2009 | Permalien

Il parlait des Auvergnats, voyons.

Tous les commentaires

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code