Droit de suite 23/11/2009 à 18h02

Le handicap mental de retour aux Jeux paralympiques de Londres

Emilie Laissus | Salariée de la FFSA

Le Comité paralympique international (IPC) vient de prendre une décision importante. Les sportifs touchés par une déficience intellectuelle pourront participer à des compétitions labellisées par l’IPC. Ce sont donc les Jeux paralympiques que les handicapés mentaux vont pouvoir réintégrer.

Réintégrer car présents à Atlanta (1996) et Sydney (2000), ils avaient été exclus, tous, à cause d’une tricherie d’une équipe de basket en 2000. Des sportifs handicapés mentaux qui ne l’étaient pas. Un de ses membres était même journaliste économique !

Fort du soutien de Bob Price, président de l’Inas-FID (Fédération internationale des sportifs handicapés mentaux), anglais et ancien membre du Comité paralympique, cette décision a été prise à 56 voix pour et 43 contre (7 absentions). A l’issue du vote, le président de l’IPC, Sir Philip Craven, a déclaré :

« La décision prise aujourd’hui est le résultat d’une coopération unique, entre les instances dirigeantes du sport et la communauté scientifique. Je tiens à remercier toutes les parties concernées, en particulier les scientifiques, pour leur contribution et leur engagement aux cours des deux dernières années. Je souhaite à tous les athlètes déficients intellectuels, la meilleure des réussites sur les compétitions à venir. »

Cette décision autorise l’accès aux compétitions paralympiques à tous les sportifs handicapés mentaux qui auront satisfait au processus d’éligibilité proposé par l’Inas-FID, au terme des travaux réalisés ces deux dernières années.

Ce processus comporte deux étapes. Dans un premier temps l’athlète devra soumettre un dossier médical à l’Inas-FID, qui le fera étudier par un comité d’éligibilité. Une fois la demande approuvée par ce comité, l’athlète recevra une lettre lui indiquant son éligibilité. Sur la deuxième étape l’athlète sera soumis à des tests en situation, visant à valider sa classification pour chaque sport concerné. De fait, la classification obtenue par le sportif sera valable pour le sport concerné.

Précision importante pour les athlètes handicapés moteur et sensoriels, cette décision n’aura, selon l’IPC, aucune incidence sur le nombre d’épreuves leur étant réservées. Pour Bob Price, Président de l’Inas-FID :

« Cette décision replace les sportifs déficients intellectuels à leur juste place au sein de la famille paralympique. Je suis extrêmement reconnaissant au groupe de travail mixte. J’attends avec impatience de voir nos sportifs concourir aux Jeux paralympiques de Londres. »

Ils le feront en athlétisme, natation, tennis de table et aviron.

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  • le_bienheureux
    • Posté à 20h13 le 23/11/2009
    • Internaute 63135

    Chouette ! Douillet va pouvoir continuer la compétition.

  • Anonyme

    Enfin une bouffée d’intelligence, dans ce monde où la connerie humaine s’institutionnalise de plus en plus. Et un bon gros manche de pioche dans le cul de ceux qui ont trouvé intelligent de tricher aux jeux paralympiques (le journaliste économique en tête).

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 23h33 le 23/11/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Un manche de pioche ! Vous êtes cruel quand même... En même temps ça a le mérite d’être original comme insulte.

      • Anonyme répond à Arnaud Aubron

        Et encore, c’est le minimum syndical. Si je n’avais planté mes griffes dans le parquet et freiné des quatre fers, j’eusse pu en perdre mon flegme et devenir nettement plus ordurier ...

  • ombrax
    ombrax
    IDF
    • Posté à 16h06 le 24/11/2009
    • Internaute 35027
      IDF

    Jusqu’à lors les déficients intellectuels oeuvraient surtout dans le journalisme TV, le cinéma, la pub ou l’écologie politique, des niches un peu ringardes il faut bien l’avouer. Leur ouvrir la porte des stades est une belle initiative.