Sondages régionales : la gauche profite des déboires de Sarkozy
La vie politique est décidément pleine de paradoxes. Le dernier sondage en date sur les prochaines élections régionales fait apparaître une poussée de l'ensemble des listes de gauche, et une baisse sensible de l'UMP.
Un signe que les divisions et les querelles de personnes à gauche comptent moins, dans la période actuelle, que le rejet croissant de la politique de Nicolas Sarkozy.
C'est une inversion complète par rapport aux élections européennes de juin, certes marquées par une abstention record supérieure de plus de la moitié de l'électorat, mais dont le président de la République avait tiré comme leçon qu'il était imbattable, malgré la crise économique.
Une erreur d'appréciation qui l'a sans doute conduit à penser qu'il pouvait passer en force sur ses réformes, et en particulier sur celle de la taxe professionnelle qui lui a mis à dos les élus locaux, acteurs-clé de la campagne des régionales.
La gauche mène de 13 points sur la droite
Le sondage Opinionway-Fiducial pour le Figaro et LCI (réalisé à partir d'un échantillon représentatif de 1 002 personnes), publié samedi, donne, si les élections avaient lieu ce dimanche :
- un total de 44% des voix à la gauche (PS, Europe Ecologie, Front de gauche) dans son ensemble
- 31% pour la droite (UMP, Nouveau Centre et Alliance écologique indépendante)
- Le Front National obtiendrait 9%, le Modem 7%, et le NPA 4%
En moins de deux mois, selon le même baromètre, l'UMP a perdu 4 points, et le PS en a gagné 3.
A rapprocher d'un autre baromètre, Ifop-Journal du Dimanche, publié ce week-end, et qui révèle une nouvelle chute de popularité de Nicolas Sarkozy. Ce dernier ne recueille plus que 36% d'indice de satisfaction sur son action, soit -2%, contre un record de 63% de mécontents.
François Fillon baisse lui aussi, de 3%, et passe sous la barre des 50% d'opinions favorables, à 48%.
Ces deux sondages vont dans le même sens, et montrent en particulier l'impact du « trou d'air » que traverse la majorité depuis des semaines, avec, en particulier :
- la querelle à ciel ouvert sur la taxe professionnelle, nourrie par la « révolte » des anciens premiers ministres Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin
- la bronca réservée au premier ministre au congrès des maires de France, en l'absence de Nicolas Sarkozy parti en visite « privée » en Arabie Saoudite.
Les divisions de la gauche pèsent peu sur les enjeux locaux
La bonne santé sondagière de la gauche est d'autant plus surprenante que celle-ci est plus souvent dans l'actualité autour de ses divisions que de ses propositions.
Le dernier épisode Peillon-Royal n'étant que le dernier d'une longue série. Mais le baromètre du Figaro montre l'importance des enjeux locaux dans les choix des électeurs, et, de ce point de vue, confirme que la gauche, et en particulier le PS, reste une force de gestion locale considérable.
Ces résultats potentiels (il ne s'agit que de sondages, ne l'oublions pas…) devraient peser sur les stratégies des différents acteurs de la campagne, avec la prise en compte des nouveaux rapports de force : un PS qui se maintient en tête, talonné par Europe Ecologie, la force montante depuis les européennes, et un Modem qui ne retrouve que la moitié de ses suffrages du premier tour de la présidentielle de 2007.
Signe des temps, samedi, on a pu voir Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou côte à côte à une tribune pour la première fois depuis leur célèbre clash télévisé de la campagne des européennes, pour la noble cause du climat…
Sarkozy droit dans ses bottes
Nicolas Sarkozy, pour sa part, reste droit dans ses bottes face à la fronde de son propre camp, comme il l'a montré en recevant vendredi quelque 700 maires à l'Elysée, une session de rattrapage pour le congrès qu'il avait sèchement boycotté. Il s'est montré pédagogue mais pas flexible :
« Nous avons engagé une réforme majeure et ce n'est pas mon genre de ne pas faire face à mes responsabilités. »
Le scrutin n'a lieu que dans quatre mois, les 14 et 21 mars 2010, et la campagne électorale n'en est qu'à ses balbutiements, mais on voit bien que si les scrutins se suivent, ils ne se ressemblent pas. Les régionales 2010 ne ressembleront visiblement pas aux européennes de 2009.
- 36838 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque



























6
De caro
délinquante avérée | 13H03 | 22/11/2009 |
Ce qui est intéressant, même si ce n'est qu'un sondage, c'est finalement de voir que les habitants des régions de gauche ne sont finalement pas si mécontents de la gestion, ils sont prêts (aujourd'hui) à reconduire la même majorité.
En Rhône Alpes, puisque cette région a été sondée, on peut voir de légers changements à l'intérieur de la majorité, le PS perd un peu, les verts montent, la droite et le FN perdent des voix.
Malgré le battage UMPiste sur l'augmentation des impôts locaux due à la gauche, les habitants ont l'air d'avoir compris que moins l'Etat donne d'argent aux Régions, ne compensant même pas les transferts de compétences, plus celles-ci doivent compenser sur les "cochons de payants" que nous sommes.
De ApollonduRéverbère
13H22 | 22/11/2009 |
Oui mais, car il y a toujours un mais dans les élections intermédiaires.
Mais il ne faut pas oublier que la gauche a succédé à la droite en 2004 par un score sans appel de 22 régions sur 24, entraînant la déconfiture locale de l'UMP partout, et systématiquement, depuis cette date, comme le montre le résultat des municipales.
Si la gauche s'était battue pour les législatives 2007, elle pouvait obtenir le 3è tour c'est-à-dire la cohabitation car 1 mois après la présidentielle les Français marquaient déjà leur nette désapprobation des moeurs et du programme de l'UMP.
Oui mais, si la gauche n'avait pas réussi depuis 2004 à supplanter la droite dans le coeur des électeurs, les mesures prises par Sarkozy lui auraient valu quoiqu'il en soit la désapprobation des électeurs.
Donc, en dépit de sa base électorale de 31%, la gauche est pratiquement assurée de garder ses régions.
Toutefois, le PS sera le grand perdant de la gauche, voyant l'unité voler en éclats, ce sont les élus locaux qui sont en réalité la matrice du parti, il n'a pu ou su empêcher une fragmentation accrue de l'opposition.
Je pense qu'ils seront tous reconduits, mais ils devront partager le pouvoir et je crains bien que ce ne soit au détriment d'une cohérence politique.
De spin590
14H12 | 22/11/2009 |
Méfions nous des sondages à la "opinion Way" et de leur tendence à tenter d'orienter.
Malgré celà, il serait temps que l'"opinion" se fasse sentir dans les urnes, quelle que soient les batailles de l'opposition.
Ce ne fût pas trop le cas aux européennes, ce n'est pas le cas dans les élections intermédiaires.
Que ceux qui veulent que cela cesse se réveillent.
Arrêtons le "tous pourris" et le "ça ne changera rien", car sinon, nous allons garder les mêmes orientations économico-politiques à vie ( si toutefois on appelle cela vivre) pour les 80% qui en subissent les conséquences.
De oyo
pluvieux | 14H23 | 22/11/2009 |
A Pierre Haski,
Permettez-moi de contester votre affirmation disant que l'UMP est sortie victorieuse des élections européennes: la droite (UMP + Villieristes) a envoyé 30 députés à Strasbourg.
La "gauche de gouvernement" (PS + Verts + Front de gauche) a envoyé 32 députés.
Sans compter les 6 députés Modem qui sont plus proches d'une alliance avec la gauche qu'avec Sarkozy.
C'est à dire que si tous les pays d'Europe avec voté comme la France, on aurait une majorité de vert-gauche au Parlement Européen.
Comme les autres pays ont voté à droite, l'UMP peut fanfaronner et crier victoire...
De JJ Reboux outrageur de poulets
14H53 | 22/11/2009 |
"Une erreur d'appréciation qui l'a sans doute conduit à penser qu'il pouvait passer en force sur ses réformes…" et qui prouve que Sarko n'est pas l'homo politicus fûté, affuté, le géniale bête de scène dont on nous a bassiné à longueur de médias (je ne parle pas de Rue89…) mais quelqu'un qui est complètement A COTE DE LA PLAQUE.
Il faut dire qu'avec des flèches comme Guaino, il est vachement bien entouré! (mais bon, tant mieux pour nous…)
Municipales 2008: les frasques avec Carla.
Régionales 2010: le prince Jean, la taxe professionnelle (+ tout ce qui ne va pas manquer d'arriver d'ici là…).
2012: le jugement du peuple tranchera.
De gnawa
15H18 | 22/11/2009 |
Lâchez les sondages et parlez nous des enjeux des élections régionales!
Des pistes :
- la perte de vitesse des fonds structurels européens
- la diversité des politiques régionales de transport
- S.Royal en Poitou-Charentes
- l'Ile-de-France et la création d'un Grand Paris
- le rôle des régions dans l'espace communautaire européen
- etc.