Decryptage 21/11/2009 à 13h40

Président de l'Europe, Van Rompuy laisse un vide politique en Belgique

Jean-Paul Nassaux | Politologue

La Belgique se retrouve aujourd’hui dans la situation d’une équipe de football modeste dont les performances sont transcendées par un excellent meneur de jeu qui lui est soudainement enlevé par une formation prestigieuse. En effet, ce 19 novembre, son Premier ministre Herman Van Rompuy a été désigné par ses pairs président permanent du Conseil européen, fonction créée par le traité de Lisbonne.

On peut évidemment déplorer que ce traité ait été imposé aux peuples européens -ou, en tout cas, à certains de ceux-ci- en contournant leur opposition. On pourrait regretter de la même manière le mode de désignation trop verrouillé des hauts responsables européens.

Toutefois, les choses étant ce qu’elles sont, Herman Van Rompuy, rompu aux difficiles négociations institutionnelles belges, semble disposer du profil adéquat pour exercer une fonction où il est indispensable de pouvoir forcer des compromis.

La Belgique satisfaite du choix de Van Rompuy, inquiète pour son départ

Dès qu’elle fut révélée, son éventuelle accession à la présidence du Conseil européen suscita une très large adhésion des milieux politiques et médiatiques belges -tant francophones que néerlandophones-, tempérée par une inquiétude relative au vide politique que laisserait son départ.

On lui sait gré d’avoir sorti la Belgique de l’impasse politique après la démission de son prédécesseur Yves Leterme à la fin 2008.

La plupart des observateurs s’accordent à reconnaître le respect qu’il affiche à l’égard de ses adversaires ainsi que sa loyauté dans l’exécution des accords conclus. Quelques notes discordantes se sont néanmoins fait entendre dans ce concert de louanges.

Dont celle de Jean Quatremer, le correspondant à Bruxelles du quotidien français Libération, qui relevait l’intransigeance linguistique du parti d’ Herman Van Rompuy (les démocrates-chrétiens flamands du CD&V) à l’égard des francophones de la périphérie bruxelloise.

Et qui se demandait de façon assez pertinente si les Flamands mettraient autant d’enthousiasme à soutenir la candidature à une fonction internationale d’un dirigeant francophone que les francophones n’en manifestent à l’égard de celle d’ Herman Van Rompuy.

Une sortie de crise possible dans le dossier de la circonscription « BHV »

Il n’en reste pas moins qu’après le cours chaotique emprunté par la politique belge à l’issue des élections fédérales de 2007, Herman Van Rompuy a contribué à rétablir une certaine stabilité en Belgique.

Le gouvernement qu’il dirige a pu engranger des accords sur des points sensibles tels que la régularisation des sans-papiers ou le sort des anciennes centrales nucléaires et franchir le redoutable écueil budgétaire dans le contexte de crise économique et financière.

L’optimisme était même de mise sur le plan communautaire et sur les perspectives d’aboutir à un accord sur une réforme de l’Etat ainsi que sur l’épineuse question de la scission de la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde avant la présidence belge de l’Union européenne, programmée pour le second semestre 2010 .

Il n’est dès lors pas étonnant que la perspective du départ d’ Herman Van Rompuy et de son remplacement par Yves Leterme ait secoué le monde politique et médiatique belge ces dernières semaines. L’importance prise par un seul homme dans la vie politique de la Belgique est révélatrice de la fragilité actuelle de ce pays.

Malgré ses échecs passés, le retour d’Yves Leterme se profile

Même si les libéraux francophones ont eu raison de souligner que le rapport de forces entre les familles libérale et démocrate-chrétienne au sein de la majorité pouvait justifier la désignation de leur président, Didier Reynders, au poste de Premier ministre, l’équilibre politique délicat en place rendait difficilement évitable de confier cette fonction à une personnalité du CD&V.

D’autres noms de membres de ce parti ont un moment circulé, mais la plupart des commentateurs considèrent que le retour d’Yves Leterme à la tête du gouvernement belge devrait s’imposer.

Il faut se souvenir que c’est lui qui avait conduit le CD&V à la victoire aux élections fédérales de 2OO7, en cartel avec les nationalistes flamands de la N-VA. Certes, Yves Leterme n’est pas parvenu à réaliser la réforme de l’Etat qu’il s’était engagé à obtenir devant ses électeurs, son cartel avec la N-VA a éclaté et sa prestation de Premier ministre de mars à décembre 2008 n’a pas laissé le meilleur souvenir.

Sa faible capacité à mener les négociations communautaires est épinglée alors que l’affaire de la circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde se profile à nouveau dangereusement à l’horizon et qu’elle pourrait emporter le gouvernement. Mais l’homme a une revanche à prendre. Soupçonné d’intervention sur le pouvoir judiciaire dans l’affaire Fortis, il avait été contraint à la démission le19 décembre 2008.

« Etre qualifié pour accéder au pouvoir » vs « être qualifié pour l’exercer »

Rien, depuis, n’a pu être mis à sa charge et il se voit donc naturellement reprendre les rênes du gouvernement à l’occasion du départ d’Herman Van Rompuy.

Si la presse flamande ne s’est guère montrée complaisante à son égard, les réactions assez dures des médias francophones relatives à son retour -la rédactrice en chef du journal Le Soir avait émis un « veto » à ce sujet le 6 novembre- ont eu pour effet de resserrer une partie des rangs flamands autour de lui, et il apparaît comme le candidat logique du CD&V.

Plusieurs ténors se veulent rassurants et estiment qu’il faut donner une nouvelle chance à Yves Leterme. Pourtant, au stade actuel, l’action de celui-ci depuis sa victoire électorale de 2007 valide une fois de plus le constat établi par Cornélius Castoriadis de la dissociation croissante entre les qualités spécifiques pour accéder au pouvoir et les qualités spécifiques pour exercer celui-ci.

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  • Anonyme

    Yves Leterme de nouveau Premier ministre et retour probable de l’amer Michel (Louis Michel, à gauche sur la photo) du MR, le parti libéral francophone, comme ministre des Affaires étrangères.

    On demande talonnettes pour tatanes taille 41. Ah, il va être bat’ une fois le nouveau gouvernement belge !

    • SuperAlAmAs-
      SuperAlAmAs-
      Don Quichotte
      • Posté à 18h15 le 21/11/2009
      • Internaute 65608
        Don Quichotte

      Si vous voulez mieux comprendre la corruption en Belgique, par exemple celle du PS qui agit en véritable Mafia depuis plus de 30ans dans certaine région et notamment le pays minier et industriel de Charleroi ( ville fondée en 1666 ) qui a le don de posséder une histoire sociale riche ( surtout pauvre ) et qui pourrait largement servir de point d’étude pour expliquer pas mal de chose...
      La vie politique de Charleroi ces dernières années est intéressante pour les journalistes dans ce domaine je pense...

  • Humain
    • Posté à 15h08 le 21/11/2009
    • Internaute 21387

    On nous refait le coup du président de l’europe...

    On applique, je crois actuellement le traité de Lisbonne.

    Article 9B :
    Conseil européen élit son président à la majorité qualifiée pour une durée de deux ans et demi, renouvelable une fois

    Mais actuellement le président du Conseil européen a été seulement nommé.... et non élu !

    Et s’il est élu en janvier 2010, il aura commencé son mandant « avant » d’avoir été élu... ! !

    En fait en regardant les textes, on s’aperçoit que le Conseil européen, composé des dirigeants de chaque état, peut faire à peu près ce qu’il souhaite... !
    La preuve !

  • SuperAlAmAs-
    SuperAlAmAs-
    Don Quichotte
    • Posté à 18h10 le 21/11/2009
    • Internaute 65608
      Don Quichotte

    La Belgique, un état fantoche créé au service de la construction de l’Europe Libérale et pour se faire un royaume offert à la fameuse famille de Bavière des Saxe-Cobourg-Gotha, comme la famille d’Angleterre...
    Belgique : pays quasi uniquement construit avec les colonies Africaines (Zaïre...) et l’industrie d’l’acier et du charbon au détriment de son nouveau peuple qui a souffert à travers ce pays minier et de Fer ( ;) pr ceux qui connaissent la Belgique )
    Outre cela, le peuple Belge est exceptionnellement « surréaliste » et talentueux au niveau artistique, la qualité de vie y est agréable...
    Mais il ne s’agit pas de gratter un peu la dernière couche de peinture...

  • eden-saga.com
    eden-saga.com
    webmestre
    • Posté à 20h38 le 21/11/2009
    • Internaute 89905
      webmestre

    Un salut règlementaire de « pienfenue » à Fon Rampouille… Rampouille, en argot de la Royale, c’est la recrue qui passe le faubert sur le pont pendant ses classes. Alors, afec une imitatzionn grozièrrre de l’akzent de là-hhaut, che réitèrrre : Pienfenue, Fon Rampouille ! !

    • Haiku79
      Haiku79 répond à eden-saga.com
      belge
      • Posté à 15h15 le 23/11/2009
      • Internaute 93060
        belge

      Plutôt Vanne Rome p’oeil, merci. Déjà que les gugusses du Grand Journal nous l’ont massacré...