Stéphane et Stéphane, récit d'une love story sur glace

Deux crosses de hockey tatouées sur une épaule (Ryan Frost/Flickr).

En partenariat avec TêtuNotre partenaire Têtu fête son 150e numéro. Nous publions la touchante histoire d'un hockeyeur amoureux d'un autre, choisie parmi les nombreux témoignages que le magazine a reçus depuis le début de l'été célébrant le bonheur et la fierté d'être homo malgré l'histoire, malgré l'homophobile, malgré l'adversité.

Un soir d'octobre, l'an dernier, à la patinoire de Bordeaux. Le comité directeur du club de hockey sur glace se termine. Les sentiments se mélangent dans ma tête, je suis à la fois heureux et nostalgique. Je me demande ce que Stéphane serait en train de faire, en ce moment précis. Serait-il sur la glace, avec l'équipe professionnelle, pour l'entraînement ? Où à la maison, avec Jordi, mon fils, notre fils ?

Le président me sort de mes pensées. « Pour l'apéro, c'est ta tournée ! » Mon élection comme numéro 2 du club va me coûter cher. Je me sens bien avec mes collègues dirigeants, j'ai toujours pu évoluer dans le club malgré ma différence, dans un milieu -­ le sport de haut niveau- ­ d'ordinaire homophobe, ou en tout cas peu ouvert à l'homosexualité. L'entraînement se termine, nous sortons. Sur la même glace, dans le même club, des années plus tôt, j'ai connu tant de joies. Quelquefois aussi, des heures plus sombres…

Flash immédiat

Juin 1993. Le championnat du monde des juniors se déroule en Suède. Je suis capitaine de la sélection nationale suisse des moins de 20 ans. Cette compétition, importante sur le plan sportif, le sera aussi pour ma vie. Lors d'une conférence de presse d'après-match, je suis présent sur la tribune à côté du capitaine de l'équipe nationale danoise.

Ce mec, je l'ai repéré dès le premier jour de la compétition. Sa beauté toute naturelle, sa personnalité m'ont fait flasher immédiatement.

Je passe à côté de l'interview. L'euphorie de la victoire, peut-être… Ce mec qui me trotte dans la tête, plus sûrement… Je bois ses paroles. A la fin de la compétition, nous terminons vice-champions du monde des moins de 20 ans. Les équipes encore présentes concluent ce dernier soir en boîte de nuit.

Nous faisons connaissance avec mon homologue danois. Nous partageons le même prénom, Stéphane, nous bénéficions chacun de deux nationalités, dont une nous est commune : nous sommes, aussi, français tous les deux. La nuit se terminera à deux…

Du couple à la famille de quatre

Juin 1994. Un an après notre rencontre, notre couple se porte bien. Nous avons des projets à la pelle : nous installer ensemble, fonder une famille. Ce rêve prendra forme plus tôt que nous le pensions. Nous avons tous deux signé un protocole d'accord avec Bordeaux. Il me devancera d'une saison, le temps pour moi de terminer l'année de contrat qu'il me reste à effectuer en Suisse.

Quelques mois plus tard naîtra un petit garçon, Jordi, grâce au concours d'une amie bienveillante. Père biologique, j'en suis le père légal. Mais Stéphane prendra pleinement part à son éducation, sans oublier Valérie, la mère, qui tiendra toute sa place dans ce trio…

Septembre 1995. Nous venons d'aménager, Stéphane et moi. Je découvre la ville. L'appartement, payé par le club, est en plein centre, grand et spacieux. Officiellement, nous avons chacun notre chambre, mais cette illusion ne trompe pas grand monde. Notre relation commence à faire le tour du petit monde du hockey français.

Ma famille est au courant depuis bien longtemps déjà. Stéphane, de son côté, est plus discret par nature. Cela m'a freiné, à regret, dans ma volonté de sortir officiellement notre couple du placard, Stéphane y étant opposé. Je cherche la lumière, non seulement par militantisme, par souci de visibilité, pour faire évoluer les mentalités, mais aussi pour crier mon amour de ce garçon dont je suis fou.

La nuit où tout s'effondre

Octobre 1997. La sonnerie stridente du téléphone me réveille en sursaut. Il est minuit. Un ami, jeune interne de permanence, me prévient que Stéphane vient d'être admis aux urgences dans un état critique, victime d'un accident de la route. Je me précipite à l'hôpital. L'état de Stéphane n'est pas terrible, il est placé dans un coma profond.

En raison de son état et vu l'heure tardive, je ne peux pas le voir. En rentrant, je craque. Cet accident, intervenu alors qu'il rentrait d'un déplacement chez ses parents, je m'en sens responsable. Nous nous étions engueulés, Stéphane était parti. Kristina, sa mère, m'avait appelé pour me dire combien il était mal. Elle se doutait que je devais l'être aussi. Son discours m'avait touché. C'est en partie grâce à elle que nous nous sommes reparlés, réconciliés même.

Stéphane restera dans le coma trois semaines. Trois semaines de cauchemar, à ne plus manger ni dormir. Un soir d'entraînement, le directeur sportif fait signe à l'entraîneur. Ils me regardent, puis m'appellent. J'ai peur de comprendre. Ces quelques secondes m'ont paru une éternité. C'est la fin pour Stéphane. Je me précipite à l'hôpital, accompagné de plusieurs joueurs de l'équipe, nos potes les plus proches. Ses parents sont en route vers Bordeaux. J'ai réussi à obtenir que Stéphane ne soit pas débranché avant l'arrivée de nos proches (famille, parents et amis), afin qu'ils puissent le voir vivant une dernière fois.

Juin 2009. Jordi est désormais un jeune homme ; je suis fier de ce gamin. J'ai une pensée émue pour ses deux autres parents. D'abord pour Stéphane, mon premier grand amour. ensuite, pour Valérie, sa mère, partie beaucoup trop tôt elle aussi, des suites d'une maladie longue et douloureuse. Je les imagine dans un monde idéal, sans souffrance. Je pensais ne jamais me relever de leurs départs successifs. Pourtant, je suis toujours debout. Ils m'ont enrichi de leur amour, chacun à sa manière. Et avec le plus beau des cadeaux : ce fils, qui est une partie d'eux-mêmes.

En partenariat avec Têtu
Têtu

Photo : deux crosses de hockey tatouées sur une épaule (Ryan Frost/Flickr).

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Portrait de Keldan

à neopingouin Portrait de neopingouin De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 18H16 | 20/11/2009 | Permalien

C'est clair, ce mec là est une "femmelette au cœur de midinette", aucun sous entendu, c'est haut et clair.
Mais je ne parle que de lui, y'a que chez les gens bizarres qu'être homo est une façon de se comporter bien précise, et les gens étranges pour s'imaginer que lorsqu'on insulte un homo on est forcément homophobe (et si en plus il est noir ils me traiteraient de raciste).

Et oui c'est mièvre, le coup de foudre, il trop mignon, je pense qu'à lui, on va fonder une famille, blablabla.
On croirait lire le scénar du dernier film à l'eau de rose pour teenager ou les pensées d'une lycéenne.

Bon j'admets que c'est un peu de ma faute, après tout fallait pas lire jusqu'au bout, mais que veux, tu j'attendais un truc bien à un moment ou un autre.

Mais bon, continue quand même si tu veux, j'apprends des trucs.
Putain ils s'en vantent pas les Turcs que leur héros national était gay, ça c'est bien drôle :D

Portrait de menalahy

à Keldan Portrait de Keldan De menalahy

Tel Quel | 15H36 | 21/11/2009 | Permalien

1) quand tu lis un article, quand tu regardes un film, une video, un seul conseil : oublie de t'attendre à lire et/ou à voir ce que tu veux lire/ voir. Et tu ne seras pas déçu car tu gardes les yeux ouverts et l'esprit libre de toute attente et de tout pré-jugé.

L'attente de quelque chose crée l'illusion, et l'illusion engendre la plus cuisante des déceptions.

2) je ne crois pas personnellement "au coup de foudre" tant côté hétero que côté homo. Mais je ne suis pas "le "Stephane qui a vécu ce coup de foudre comme il le décrit. Donc, je m'abstiens de juger ( c'est mièvre le coup de foudre) et de glisser sur la sémantique de ce qui est noble ou pas en sentiment (apparemment, le "sentiment amoureux" n'est pas digne d'un être humain car trop mièvre, trop léger). Mais bon !

Toutefois, il faut bien se dire que quelle que soit notre orientation sexuelle, voire politique, religieuse, philosophique ou que sais-je encore, nous ne pouvons pas faire autrement que d'utiliser des mots inclus dans la langue que nous parlons (ici, le français) et que nous sommes obligés de nous conformer à des schémas "éculés" pour que celui (ou celle) qui aura l'obligeance de nous lire comprenne ce que nous ressentons.

La Tour de Babel aurait existé, devrions-nous la reconstruire ?

Portrait de Keldan

à menalahy Portrait de menalahy De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 14H57 | 23/11/2009 | Permalien

Il n'existe qu'une seule manière de ne jamais être déçu : s'attendre à la pire merde qui soit.
Comme ça soit on a ce qu'on pensait avoir, soit on se retrouve avec une bonne surprise ou du moins quelque chose de moins pire que ce qu'on craignait.
Le problème c'est que ça finit par tuer toute motivation, puisque ce sera pourri, et surtout comme on ne peut tout faire en une vie, cela fait passer à côté des trucs qu'on aurait aimé si on avait mieux choisi au préalable.

Il est impossible de ne pas avoir de préjugés, à moins d'effacer totalement sa mémoire. La vie passée d'un individu, avec ses propres expériences, son éducation, sa culture et tout ça, lui fournit une grille d'évaluation qu'il appliquera malgré lui.
Même si on se dit qu'on ne juge pas, c'est déjà porter un jugement puisqu'on estime que la situation est trop complexe ou que c'est une mauvaise chose de jauger.
De toutes manières je le revendique clairement : dès que je suis confronté à quelque chose de nouveau, à l'instant même où je le découvre, je me fais une opinion de la chose, le plus souvent méfiante, qui bien sur évolue avec le temps et le nombre de contact.

De fait, ce n'est pas une question de sémantique, il aurait pu écrire d'une autre façon cela n'aurait rien changé au fait qu'il étale sa romance à travers les paragraphes alors qu'une phrase aurait pu résumer très bien sa relation.
Donc vu que je ne supporte pas le style fleur bleue larmoyant, et qu'en publiant son récit publiquement il le soumet à mon avis, je ne me gêne pas pour l'exprimer. Tout en étant bien conscient qu'en faisant cela à mon tour je m'expose ta propre opinion.

Portrait de menalahy

à Keldan Portrait de Keldan De menalahy

Tel Quel | 20H33 | 23/11/2009 | Permalien

Tu me sembles bien pessimiste dans ton argumentation : " Comme ça soit on a ce qu'on pensait avoir, soit on se retrouve avec une bonne surprise ou du moins quelque chose de moins pire que ce qu'on craignait. " L'hiver approche et le pessimisme envahit les esprits, forcément... Vivement le printemps et la lumière qui vont éclairer nos esprits...

Quand je parlais de "pré-jugé" et non de "préjugé", c'était toujours dans la perspective de la "non-attente" et non d'un point de vue sociologique.

En fait, ton problème viendrait du fait que Stéphane le survivant " étale sa romance (à l'eau de rose ? je suppose) à travers les paragraphes alors qu'une phrase aurait pu résumer très bien sa relation. " car tu " ne supporte(s) pas le style fleur bleue larmoyant". Bref, "mon fils, tu seras un homme". Et un homme, ça ne pleure pas. Et un homme (un vrai de vrai, bordel de bordel) ça n'est pas "fleur bleue" car "ça fait midinette, voire femmelette" comme certains ont écrit. On est en plein négationnisme là. Négationnisme du sentiment amoureux entre deux hommes (ah, la mievrerie de l'amour).

Je ne vois nulle part de " style larmoyant" sauf que ce témoignage peut, effectivement, être émouvant au point de faire larmoyer certains lecteurs. Chaque lecteur / trice a sa façon de réagir, de toute façon, par rapport à son vécu.

De mon côté, je n'ai pas eu cette réaction larmoyante car ma compassion n'est pas dans les larmes mais dans la façon de partager les joies et les peines de ce survivant.

Pour vivre heureux, vivons cachés... ? (et bouche cousue ? ) ptdr

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à menalahy Portrait de menalahy De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 12H32 | 24/11/2009 | Permalien

Bin oui, c'est exactement ça, que ce soit chez un homme ou une femme, je déteste le sentimentalisme, le romantisme et tous ces trucs de "midinette".

Et niveau non-attente, il est clair que je ne m'attendais pas à ça et que j'ai été aussi désagréablement surpris que si j'avais eu de l'eau de mer dans une bouteille de vodka.

Portrait de menalahy

à Keldan Portrait de Keldan De menalahy

Tel Quel | 02H33 | 25/11/2009 | Permalien

Je lis : "je déteste le sentimentalisme, le romantisme et tous ces trucs de "midinette".

Lol

Pourtant, il t'arrive certainement, de re-trouver la paix (et un peu de larme au fond de tes yeux) quand tu poses ta tête si lourde des fardeaux de tes souffrances passées, sur l'épaule de ta compagne. Je me trompe ?

Ne me fais pas croire que ton coeur ne bat plus la chamade. Arrête de jouer la comédie.

Tu as bu de l'eau de mer en t'attendant à boire du vodka parce que tu n'as pas bien regardé la bouteille et l'étiquette. Tu t'es trompé toi-même en t'illusionnant. Tu t'es raconté une histoire et quand ta raison t'a fait lire une autre histoire (celle qui a été écrite en noir sur blanc), tu n'as pas supporté et ton dégoût t'es remonté à la gorge. Normal, qui pourrait boire de l'eau de mer (même sciemment) sans risquer de vomir ?

Portrait de LaptiteBlan

De LaptiteBlan

dilettante | 15H11 | 20/11/2009 | Permalien

Malgré l'homophobie, on arrive à bien vivre. Mais bien vivre "malgré l'homophobile", ça c'est fort !

Bon anniv à Têtu et à tous les amoureux !

www.laptiteblan.fr

Portrait de Lestorey

De Lestorey

16H30 | 15H12 | 20/11/2009 | Permalien

touchante ? écoeurante !

Portrait de neopingouin

à Lestorey Portrait de Lestorey De neopingouin

seul | 17H43 | 20/11/2009 | Permalien

ce serait intéressant de savoir pourquoi vous jugez cette histoire écoeurante ?

Portrait de menalahy

à neopingouin Portrait de neopingouin De menalahy

Tel Quel | 15H50 | 21/11/2009 | Permalien

Peut-être à cause d' une homophobie qui n'ose plus dire son nom.

Une histoire d'amour comme tirée de "Nous Deux" version homosexuelle, c'est encore trop choquant (écoeurant ? ) pour certains.

On aurait peut-être préféré une histoire "sexuel-homo" pour mieux les caricaturer encore plus et pour ne pas leur reconnaître, sauf du bout des lèvres, les droits qu'ils réclament pour être reconnus comme des citoyens à part entière et non des "sous-hommes" et des "sous-femmes". Si on appliquait à tous les citoyens la devise de notre chère République...

Il y a toujours ceux qui sont "plus égaux que les autres".

Portrait de neopingouin

à menalahy Portrait de menalahy De neopingouin

seul | 18H52 | 21/11/2009 | Permalien

si on ne peut par parler de l'amour-homo, trop "Nous Deux", ni le cul-homo, trop caricatural et limite scandaleur, évitons donc les rapports que les gays peuvent entre eux, ce qui évitera tout dégoût et tout scandale. Je ne sais pas très bien comment on pourra en parler comme des hommes et des femmes normaux.

Portrait de menalahy

à neopingouin Portrait de neopingouin De menalahy

Tel Quel | 20H00 | 21/11/2009 | Permalien

1) Je n'ai pas eu la prétention d'interdire quoi que ce soit ni qui que ce soit. Il n'est pas dans mes habitudes d'agir de la sorte. Nous ne sommes pas ici pour nous museler les uns les autres, mais pour exprimer nos réactions.

2) le "cul-homo", comme tu dis, est très caricatural car c'est essentiellement vu sous l'angle de la sodomie. Or, dans un rapport sexuel entre hommes, il peut y avoir autre(s) chose(s) que cette obsession de la pénétration si chère aux heteros.

3) je ne vois pas en quoi les rapports (sexuels ? ) entre hommes peuvent créer "ton" dégoût et faire l'objet d'un scandale. Parce que les homosexuels ont inventé d'autres jeux qu'un penis dans un "trou" ? Parce que tu ne conçois pas qu'un homme puisse explorer le corps d'un autre homme avec ses mains, sa bouche ? Parce que les homosexuels se sentent plus libérés sexuellement que les heteros ? Il y a autant d'endroits reservés pour les heteros pour des "jeux sexuels" que de saunas ou bars pour les rencontres entre homos. La différence est que les endroits pour les heteros sont considerés comme "normaux" car les gens y reproduisent des comportements avalisés par la morale "normale", tandis que les endroits que les homos fréquentent sont entâchés par les mots "péché "anormal" voire "bestial".

4) La normalité, comme chacun, le sait est une mesure statistique qui correspond aux comportements du plus grand nombre. La sodomie entre un homme et une femme serait-elle moins dégoûtante, moins scandaleuse, plus "normale" qu'une sodomie entre deux hommes ?

5) On pourra parler des homosexuel(le)s comme des hommes et des femmes normaux si et seulement si la société voudra bien accepter :

5.1) leurs différences en tant qu'êtres sexués dotés du choix de l'être à aimer et avec qui copuler (on est entre adultes donc je mets le mot adéquat, faut pas que tu sois dégoûté ni scandalisé par ma franchise),

5.2) que la forme de sexualité dominante ne soit pas imposée comme la norme en la matière mais que chaque individu, à un moment donné de sa vie, puisse avoir le libre choix de sa propre "norme sexuelle".

Mais la révolution des mentalités est longue à mettre en oeuvre et je constate que ce n'est pas pour demain surtout en sarkozie...

Portrait de LSH

De LSH

desamusée | 15H23 | 20/11/2009 | Permalien

"Rue89, site d'information et de débat"
Quel intérêt à cette histoire, qu'elle soit homo ou hétéro?

Un témoignage certes touchant, mais l'occasion des 150 ans de Têtu aurait pu donner lieu à une exploration de l'évolution de la perception des homosexuels, ou - mieux! - de la survie et du développement de la presse LGBT dans le monde...

A la place, Gala?

Portrait de Arnaud Aubron

à LSH Portrait de LSH De Arnaud Aubron

Les Inrocks (et ex-Rue89) | 16H17 | 20/11/2009 | Permalien

"donner lieu à une exploration de l'évolution de la perception des homosexuels"

Ça on le fait assez régulièrement. (cf il y a deux jours http://www.rue89.com/2009/11/17/etre-lesbienne-aujourdhui-ce-quils-en-pe...) Pour une fois qu'on essayait d'être un peu fleur bleue, vous êtes cruel :-(

Portrait de menalahy

à LSH Portrait de LSH De menalahy

Tel Quel | 16H12 | 21/11/2009 | Permalien

Têtu se veut d'être un magazine qui ratisse large (sans notion péjorative aucune). la communauté homosexuelle (on devrait écrire "les communautés homosexuelles) n'est pas uniforme. Idem pour les hétérosexuels.

Il y a autant de communautés sexuelles (homo ou autres) que d'individus sexuellement fonctionnels.

Je ne suis pas "actionnaire" de Têtu mais je comprends pourquoi la rédaction de Têtu a demandé à ses lecteurs de raconter "leur plus belle histoire d'amour".

La perception commune des homo-sexuels est limité au mot "sexuel". C'est pour ça qu'ils préfèrent l'angliscisme "gay" car au moins ce terme évacue le sexe dans lequel on les enferme trop souvent.

Je ne nie pas que le "sexuel" n'est pas une part importante dans la vie (homo autant qu'hetero), mais enfermer une population dans le sexuel uniquement, c'est lui dénier le droit aux sentiments (mièvres ou pas, c'est à chacun de définir la valeur des mots).

Publier une enquête sur la perception de l'homosexualité en France en 2009 est une démarche très intéressante du point de vue socio-anthropologique voire sociétale tout court, mais les lecteurs de Têtu, à mon avis, ont aussi besoin d'un espace "sentimental" qui réflète leurs démarches pour trouver le bonheur à travers des rencontres qui commencent par le sexuel (relire l'article où Stéphane dit sans ambiguité : la nuit se termina à deux), histoire qui peut continuer sur d'autres plans plus pragmatiques car la vie c'est ça aussi (organiser la vie à deux, etc).

Je ne doute pas un seul instant que Têtu publiera, ultérieurement, une enquête sur cette perception de l'homosexualité en 2009. Comme ça a été fait en d'autres temps et pour d'autres enquêtes concernant d'autres sujets de société (les comportements sexuels à risque par exemple).

Il faudrait juste ne pas oublier qu'une enquête reste une enquête (sondage) avec tous les risques que ça comporte et que tout le monde connaît depuis une certaine élection... qui a fait mentir tous les sondages

Portrait de sanlucar

De sanlucar

15H26 | 20/11/2009 | Permalien

Les homos vivent, se rencontrent, s'aiment, ont des enfants qu'ils aiment et qu'ils éduquent (plus ou moins bien, comme n'importe qui d'autre), se déchirent, se réconcilient, meurent... Leurs histoires sont à la fois banales et touchantes, faites de drames et de moments lumineux... L'homosexualité n'a pas à être rebelle ni rock'n roll, laissez nous VIVRE comme tout le monde !

(Certains ici semblent découvrir une banale évidence qui les dérange...)

Portrait de Valparaiso-Cerro-alegre

à sanlucar Portrait de sanlucar De Valparaiso-Cerro-alegre

PISCOLOGUE | 16H14 | 20/11/2009 | Permalien

Je pense ( pas trop sinon après j'ai mal à la tête) que le "ont des enfants " est abusif. Le ONT bien sûr.

Portrait de sanlucar

à Valparaiso-Cerro-alegre Portrait de Valparaiso-Cerro-alegre De sanlucar

18H10 | 20/11/2009 | Permalien

ben pourtant... ils en ont !

Portrait de Akaa

à sanlucar Portrait de sanlucar De Akaa

20H44 | 20/11/2009 | Permalien

Si tous les homos pensaient comme vous, c'est à dire ne revendiquaient qu'un "laissez nous vivre comme tout le monde", votre cause aurait sans doute avancé plus vite. Quand je vois qu'on peut être "fier" d'être gay, ça me laisse totalement dubitatif. Enfin je sais pas, je suis pas du tout fier d'être hétéro, je conçois pas comment on peut être fier de sa sexualité.
Je rêve d'une société où on ne remarque pas les homos, parce que tout le monde s'en fout. La sexualité c'est pas grave, si on veut être mariés, soyons mariés, et si on veut être parents, soyons parents. En tout cas triste histoire...

Portrait de monOpinion

à Akaa Portrait de Akaa De monOpinion

21H05 | 20/11/2009 | Permalien

Arf.. je pense pas qu'on puisse vraiment reprocher à certains de "revendiquer" leur homosexualité, c'est un comportement bien plus naturel qu'il n'y paraît (je suis homo et pourtant très loin d'être le genre à revendiquer). Je ne voudrais pas me lancer dans la psychanalyse de super-marché, mais quand on est jeune et homo, à un moment ou à un autre, on a envie que ça sorte, on en a assez de se lamenter sur son sort, on a envie que tout ça explose et vivre sa vie comme on l'entend. En fait ce sentiment de fierté est une sorte de "réponse" logique à la pression de la société.

Portrait de Joli grain de sable

à monOpinion Portrait de monOpinion De Joli grain de sable

ni loup ni mouton | 21H11 | 20/11/2009 | Permalien

"quand on est jeune et homo, à un moment ou à un autre, on a envie que ça sorte"

que ça rentre plutôt... non ?

Portrait de troma

à Joli grain de sable Portrait de Joli grain de sable De troma

21H31 | 20/11/2009 | Permalien

Allez, va te pendre.

Portrait de menalahy

à Akaa Portrait de Akaa De menalahy

Tel Quel | 20H25 | 21/11/2009 | Permalien

1) Je suis d'accord avec toi sur un point seulement : "Je rêve d'une société où on ne remarque pas les homos, parce que tout le monde s'en fout" (copier-collé).

C'est ce que revendiquent les militants homosexuels mais la société reste sourde et aveugle. Donc, il faut qu'on crie, qu'on pétitionne, qu'on agisse sinon on restera encore dans le placard.

2) Ce n'est pas en revendiquant "laissez nous vivre comme tout le monde" que les homosexuels ont eu droit de cité et sont devenus de plus en plus visibles, n'en déplaise à certains.
Psalmodier cette phrase c'est faire un voeu pieux et espérer un miracle qui ne viendra pas si on ne lui force pas la main.

Si certains militants homosexuels ont agi d'une façon un peu trop visible (pour ne pas dire extrêmiste), c'est parce que la société a une telle force d'inertie qu'il a fallu ruer dans les brancards. Peu importe les méthodes utilisées, mais le résultat est là : la visibilité homosexuelle existe.

3) La "fierté gay" n'est pas "je suis fier(e) d'être homosexuel(le)" comme si l'homo-sexualité était une qualité ou un honneur. La "fierté gay" c'est de s'accepter être gay, ne pas s'en faire du regard de l'Autre parce que je suis différent (dans mon choix sexuel).

On n'est pas "fier" de sa sexualité, on est fier parce qu'on a réussi à sortir du placard où la société avec sa morale judeo-chrétienne procréatrice nous a cantonnés jusqu'à maintenant.

On est fier d'avoir réussi à s'assumer sexuellement car ce n'est pas facile de se dire "je suis gay" et de le dire aux autres (j'ai évité un mot trop souvent utilisé dans ce cas : avouer car la connotation de culpabilité est inadéquate et montre le jugement moral sous-jacent).

Portrait de Akaa

à menalahy Portrait de menalahy De Akaa

18H31 | 24/11/2009 | Permalien

Merci pour ces précisions. Je suis bien d'accord sur l'inertie de la société, mon propos était un peu provocateur. Tout le monde est d'accord pour dire que le problème ce n'est pas les homos qui revendiquent des droits qu'ils devraient naturellement avoir, mais les vieux coincés qui se formalisent sur la sexualité des gens.
Seulement, et c'est à ça que je voulais en venir, ces bons hétérosexuels mariés et pétris de morale judéo-chrétienne (ou autre), je me demande comment ils réagissent face aux provocations de certains. Est-ce le mieux pour faire progresser la cause des homosexuels? Je n'en sais rien... Si la "visibilité" a récemment progressé, je n'en sais rien des préjugés, par exemple. Il suffit d'écouter le débat public et médiatique sur l'adoption par des parents homosexuels, c'est assez délirant ce que certains se permettent de dire. A mon avis, ces "certains", c'est pas à coups de gay prides qu'ils vont évoluer, s'ils ne se raidissent pas entre temps.

Portrait de menalahy

à Akaa Portrait de Akaa De menalahy

Tel Quel | 03H17 | 25/11/2009 | Permalien

Le problème, justement, c'est que les homosexuels doivent réclamer leurs droits en tant que citoyens. Tant que la visibilté homosexuelle n'était pas là, la société ne pouvait pas discuter des droits d'une composante invisible.

La Gay Pride est une fête caricaturale qui ne réflète en rien les travaux en profondeur (sans jeu de mots) des associations qui luttent pour les droits des homosexuel(le)s.

C'est un peu comme la Fête de l'Humanité qui ne réflète en rien les travaux des militants communistes (je ne suis ni un militant associatif ni un membre d'un quelconque parti politique : petite précison pour qu'on ne fasse pas d'amalgames).

Je ne peux pas juger :
-1) des effets positifs ou négatifs de la Gay Pride dans l'évolution de la cause homosexuelle,
-2) la perception du beauf et de Mme Michu par rapport à la visibilté homosexuelle.

Toutefois, si les homosexuel(les) avaient dû / devraient s'occuper des états d d'âme de M et Mme Michu qui ont mis leurs oeillères et leurs boules Quiès, je crois qu'il aurait fallu et qu'il faudrait investir en masse dans la menuiserie pour construire des placards (pour éviter à M et Mme Michu de voir la réalité) et des potences (pour faciliter le suicide des jeunes qui se découvrent homosexuel(le)s).

En quelque sorte, les homosexuel(le)s devraient être un peu plus discret(e)s, voire un peu plus invisibles et inodores, pour ne pas indisposer M et Mme Michu ? Cachez ce sein que je ne saurais voir ? ça supprimerait l'existence physique de ce sein impudique et immoral aux yeux de M et Mme Michu ? Absolument pas. ce serait juste une négation de l'existence de ce sein (ce qui n'est pas mieux moralement parlant).

Concernant l'homoparentalité : le débat est faussé dans la mesure où les vraies craintes de ses opposants résident dans la défense de l'heterosexualité comme forme unique de la sexualité acceptable. Crainte aussi que l'enfant ne devienne "homosexuel" en ayant la vision permanente de ses parents "du même sexe". Amalgame également entre homosexualité et pédophilie (sujet très médiatique et très émotionnel).

Les préjugés existeront toujours quel que soit le domaine social concerné car les mentalités évoluent moins vite que la réalité et les technologies.

Ce n'est pas pour autant qu'il faut baisser les bras. La peine de mort était un sujet d'actualité au temps de Maître Badinter. Mais malgré son abolition, le sujet revient sur le tapis à propos de telle ou telle affaire criminelle. Si M Badinter nétait pas allé jusqu'au bout de sa logique abolitionniste, quelles seraient les positions de M et Mme Mivhu actuellement ?

Portrait de menalahy

à sanlucar Portrait de sanlucar De menalahy

Tel Quel | 20H27 | 21/11/2009 | Permalien

Tout à faire d'accord avec toi pour réclamer "le droit à l'indifférenciation" quelle que soit l'orientation sexuelle d'un individu : l'égalité c'est ça, tout le monde a le même droit et on traite / on regarde chaque individu de la même manière.

Mais tant que les homosexuel(le)s seront considéré(e)s comme des citoyens lambda, de seconde zone, il est nécessaire de continuer à montrer la visibilité que certains voudraient occulter car c'est ça qui les dérange.

Tant qu'ils n'ont pas compris que l'orientation sexuelle d'un individu ne lui enlève en rien les caractéristiques communs (défauts / qualités, etc) à tous les êtres humains, il faut passer par cette "pédagogie de la visibilité".

Le temps n'est pas encore venu où les homosexuel(le)s peuvent se tenir par la main ou s"embrasser dans la rue sans que certaines personnes haussent les épaulent avec condescendance, voire avec mépris/dégoût/insultes.

NB : Je préfère écrire "droit à l'indfifférenciation" plutôt que "droit à l'indifférence" comme ça a été utilisé dans des revendications des homosexuel(le)s pour jouir de tous leurs droits de citoyens.

L'indifférence, pour moi, c'est la non-existence, c'est presque une négation de l'existence de l'autre. Alors que l'indifférenciation, ce serait plutôt "tout le monde pareil".

Portrait de hanzel

De hanzel

? | 16H18 | 20/11/2009 | Permalien

Moi je trouve ça émouvant. Je pense que ceux qui trouvent ça mièvre devraient s'interroger sur la mièvrerie de leur vie sentimentale.
Beaucoup de commentaires désobligerants m'ont quelque peu dégoutés...

Portrait de menalahy

à hanzel Portrait de hanzel De menalahy

Tel Quel | 16H48 | 21/11/2009 | Permalien

Bien sûr que c'est émouvant car c'est une histoire vraie, réelle, vécue : une vraie histoire humaine.

Mais ça dérange les "homophobes du placard" car c'est une histoire d'amour entre deux "hommes" (un garçon ça ne pleure pas, un garçon est un guerrier, etc n'est-ce pas ? ptdr). Et puis, les "hommes" (les vrais ?) ça évacue l'amour car c'est reservé "aux bonne femmes".

CQFD, le sentiment amoureux est "mièvre".

Ca dérange aussi car la fameuse équation ( 1 homosexuel + 1 homosexuel = sexe à tire larigot) est démentie et vole en éclat. Tiens donc, "ces gens-là" peuvent aussi connaître "le sentiment amoureux" (généralement réservé à 1 femme + 1 homme) ?

Et puis, on voudrait reconnaître à Stephane et à Stephane le droit d'exercer leur choix sexuel mais ça fait "tapette" qu'un sentiment amoureux puisse exister entre "deux homosexuels" qu'on voudrait bien mettre sur le même plan que deux "hommes" (hétérosexuels sous-entendu).
C'est là où ça coince pour certains qui se la jouent "tolérants" (quelle horreur que cet adjectif dans ce contexte), voire compréhensifs : je côtoie des homosexuels, ils ne me dérangent pas (tant qu'ils se conforment aux comportements que je veux qu'ils adoptent, sous-entendu).

Ne sois pas dégoûté, Hanzel, sinon tu n'avances pas car tu baisses les bras devant ceux qui ont peur de leur propre homosexualité.

Portrait de Chaosmagic

De Chaosmagic

Murderfucker | 16H19 | 20/11/2009 | Permalien

Ou est passé le sujet sur l'Ouganda?
Il est accessible par google et je le retrouve plus ici.

Portrait de Arnaud Aubron

à Chaosmagic Portrait de Chaosmagic De Arnaud Aubron

Les Inrocks (et ex-Rue89) | 19H03 | 20/11/2009 | Permalien

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