Grand plan de vaccination H1N1 : vous racontez les ratés
Procédures obscures, personnel mal informé, généralistes et pharmaciens exclus : depuis jeudi, les couacs se multiplient.

Pour se faire vacciner contre la grippe H1N1, il ne suffit pas de le vouloir. Gilles Brun a lui aussi un courrier l'invitant à aller se faire vacciner le samedi 7 novembre. Il raconte ses difficultés :
« Nous avons un nourrisson de moins de 6 mois. (…) Je suis donc allé lundi 9 au matin à l'assurance maladie de Laval. Ils n'étaient pas au courant du contenu de lettre de la ministre de la Santé. Je n'ai pas obtenu mon bon de vaccination. Ils doivent se renseigner et me rappeler (j'attends toujours ! ).
Ensuite, j'ai appelé la préfecture de la Mayenne. La personne au téléphone a noté mon numéro de téléphone pour me rappeler et m'a dit d'appeler la Ddass. J'ai appelé la Ddass. Ils n'étaient pas au courant.
Une personne de la préfecture m'a rappelé (et je l'en remercie ! ) pour me dire d'aller directement au centre de vaccination avec mon livret de famille. En principe, elle pense que je serai vacciné. Pas sûr, car mardi, j'ai appelé à nouveau la Sécu de Laval, qui m'a dit : “pas de bon de vaccination, pas de vaccin” !
Mon interlocuteur ne savait pas comment cela allait se passer, ils attendaient des instructions de la direction nationale. J'ai essayé de joindre ce jeudi matin la sécu. Leur serveur était en maintenance !
Je suis motivé pour me faire vacciner. En revanche, je suis étonné de voir le manque de préparation de cette campagne. »
Rappel ou pas rappel ? « On n'en sait pas plus que vous »
Supervroum2 a fait l'expérience de la vaccination en centre collectif à Deuil la Barre (95) :
« Papa d'une petite fille de 4 mois, j'ai suivi la procédure. Je me suis pris un lapin deux fois de suite (vendredi matin et samedi matin) avant de me faire enfin vacciner.
Sur place, l'accueil était agréable mais le personnel semblait paumé : “Heu, le rappel du vaccin ? Peut-être… On sait pas… On apprendra ça dans la presse…” Et pourquoi un rappel ? “On n'en sait pas plus que vous.” Pas très rassurant venant d'un médecin.
En fait, tout est centralisé par la préfecture, et le personnel comme les patients sont informés à la dernière minute… Il n'y a d'ailleurs pas de numéro de téléphone indiqué sur le courrier de la ministre. »
Pourquoi ne pas laisser les médecins traitants s'en charger ?
Jicebe fait valoir que la concentration de l'opération sur des centres spécifiques, sans possibilité de recourir aux services des médecins et infirmières locaux, privent des gens comme lui de vaccination :
« Moi je voudrais me faire vacciner. Je suis seul, hémiplégique, en ALD à 100% après un accident cérébro-vasculaire et deux infarctus, mais j'habite à 10 km d'un centre de vaccination et le transport en VSL [ambulance, NDLR] n'est pas pris en charge sur le bon de Mme Bachelot !
Pour la grippe saisonnière, mon médecin, l'infirmière et le pharmacien locaux sont là. Pour la A H1N1, je fais quoi ? J'attends d'avoir la grippe pour y aller en ambulance ? »
Non seulement, les médecins ne sont pas dans la boucle, mais ils sont aussi court-circuités dans la diffusion de l'information. Jeune médecin, Glucozze raconte le sort réservé aux généralistes comme lui :
« il n'y a aucune information logique et synthétique fournie par les autorités (en gros on fait comme tout le monde, on regarde sur les sites d'actualités Internet…) »
Lorsque le personnel hospitalier a pu se faire vacciner, les libéraux n'avaient pas été prévenus à temps, raconte-t-il :
« Moralité : du personnel hospitalier attendant des libéraux qui ne venaient pas. »
Même les professions médicales rament
Bibabouze s'est fait vacciner à l'hôpital :
« J'étais là à l'ouverture, et déjà sept personnes dans la salle d'attente (trois médecins, un dentiste et deux infirmières). Vingt-cinq minutes d'attente pour trois minutes dans le cabinet du médecin (…)
Dans la salle d'attente, nous nous disions en plaisantant qu'il fallait installer un self-service : chacun remplit le questionnaire, pique son voisin de droite, et en trois minutes c'est plié ! »
Quant au personnel mobilisé, il y va parfois en traînant les pieds. Infirmière Audette12, a été « réquisitionnée par le préfet de l'Essonne pour aller vacciner » :
« Nous avons vacciné une petite cinquantaine de personnes, le médecin a expliqué au personnes les effets possibles (soit 15 à 20 minutes par personne). Personnellement, je ne suis pas pour cette vaccination, mais en bonne fonctionnaire réquisitionnée, j'ai piqué. »
Et vous ? Si vous avez été vacciné, comment cela s'est-il passé ?
Photo : Roselyne Bachelot s'est fait vacciner contre la grippe A le 12 novembre, premier jour de la campagne (Charles Platiau/Reuters)
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De Iv
Roboticien utopiste | 16H31 | 17/11/2009 |
La question qui revient tout le temps c'est bien :
Pourquoi ne pas laisser les médecins traitants s'en charger ?
En cette période de réduction des dépenses, la grande campagne médiatique de vaccination fait un peu tâche. On est habitué à se faire vacciner pour plein de trucs, il y a des gens qui se font vacciner tous les ans pour la grippe saisonnière, on a l'habitude. Quel intérêt à ces centres ? Qu'on mesure l'incapacité du ministère à faire face à une petite grippe et qu'on panique si un truc plus gros doit être géré par la même Bachelot ?
De Tofraziel
Orwellien | 16H49 | 17/11/2009 |
Je me fais vacciner la semaine prochaine.
Mon centre n'est ouvert que le mardi et le jeudi entre 13 et 19h, et se trouve à près d'une heure de transport...Déjà, c'est un problème.
Je verrai comment cela se passe, mais ces témoignages ne sont guère rassurants ! Pourtant, je préfère en cette année de concours, prendre le risque du vaccin plutôt que le risque de la grippe. Je suis déjà vacciné contre la grippe saisonnière.
De Dolf395
17H07 | 17/11/2009 |
Il ne s'agit pas d'un couac en France mais c'est un couac quand même!
La semaine dernière, le ministre de la santé turc s'est fait vacciné devant moulte caméras et appareils photo en disant que "Bien sûr, le président et le premier ministre vont se faire vacciner dans les prochains jours". Ce qu'il ne s'avait pas, c'est qu'au même moment, devant tout autant de caméras et d'appareils photo, le premier ministre expliquait qu'il ne se ferait pas vacciner en raison des doutes sur l'inoquité du vaccin et que chacun devait être libre de faire ce qui lui semblait le mieux...
Intéressant par ailleurs de comparer les populations considérées comme prioritaires selon les pays. Toujours en Turquie, ce sont les enfants qui ont commencés à être vaccinés. Le vendredi 30 octobre, toutes les écoles ont même été fermées. La raison était que le 29 étant la fête nationale, en raison de toutes les "mélées" populaires et donc le risque de contagion, il valait mieux attendre le lundi afin de voir qui pouvait avoir incubé le virus.
De jabier
consultant dans les Landes | 17H10 | 17/11/2009 |
En raison de la pathologie dont je souffre, pour la grippe saisonnière je suis considéré comme « prioritaire » depuis 6 ans.
À l’occasion de la grippe H1N1 mon pneumologue m’a conseillé de ne pas trop me socialiser.
J’attends toujours le bon de vaccination pour me rendre au centre de vaccination.
Mais ce fameux bon, il est comme l’arlésienne. On n’en parle beaucoup et on ne le voit jamais.
De manuelkine
masseur kinésithérapeute | 17H32 | 17/11/2009 |
je suis kiné de ville en région parisienne, je fait de la kiné respiratoire, et je n'ai pas encore été convoqué pour me faire vacciner. C'est bien connu, le virus n'attaque pas les professions médicales libérales qui ne s'arrêtent jamais en maladie!!!
De la blatte
Eleveur d'idées, empathovore dépend... | 17H51 | 17/11/2009 |
Ma frangine est infirmière puéricultrice, elle manipule donc tous les jours les prématurés, et bien pas de vaccins! Et ce n'est pas à l'ordre du jour!
Lamentable! Merci Bachelot...
De Jacomoparis
consultant | 18H06 | 17/11/2009 |
dix minutes de métro, et hop quartier Montorgueil à Paris. Un gymnase... on monte au 2° étage et là, accueil sympa, questionnaire à remplir, médecin qui vous pose des questions... gentilles... puis feu vert et vaccination.... bref, en moins de douze minutes tout est fait... Bravo à tous ces professionnels qui se sont mobilisés pour nous rendre ce petit acte bien commode :)
De end
| 18H24 | 17/11/2009 |
Une personne très proche considérée comme à risques n'a toujours pas reçu son invitation à aller se faire vacciner.
Jusque là, me direz-vous, rien d'extraordinaire !
Par contre, elle a reçu une demande pour aller encadrer bénévolement les vaccinations dans les centres.
Cherchez l'erreur !
De morphee 78
médecin | 18H31 | 17/11/2009 |
http://www.hcsp.fr/docspdf/avisrapports/hcspa20091020_H1N1.pdf
Qui a eu la bonne idée de présenter ce vaccin en flacon multidoses avec poudre et solvant séparés à reconstituer ?
Problème de coût ou incompétence ?
Plus on multiplie les gestes et les manipulations , plus les risques septiques augmentent , et plus la " perte " de produit est grande ( il est vrai que tout est payé.).
En plus , ces manipulations rendent très imprécises les quantités de vaccin et d'adjuvant injectés .
C'est bien pour cela que tous les vaccins antigrippaux fabriqués à ce jour sont présentés en seringues préremplies unidoses capuchonnées .
Cette présentation style " hopital militaire en temps de guerre " explique que le médecin de famille est délibérément exclu de cette campagne de vaccination .
Quant à la procédure officielle de reconstitution du vaccin , ( lien ci -dessus ) , c'est à pleurer .
Pourquoi faire simple quand on peut tout compliquer ?
Bachelot and C° a tout faux depuis le début . Heureusement cette grippe n'a rien d'inquiétant . Mais , si un jour nous sommes face à une situation vraiment sérieuse , il me semblerait souhaitable de confier la campagne de vaccination à l'Armée , à une seule condition ... que Bachelot ne soit pas ministre des armées .
De onapatouvu
perdu pour la science | 18H55 | 17/11/2009 |
Ce conditionnement des vaccins par flacons de 10 doses est, de plus, générateur de gaspillages importants.
Une fois entamé, un flacon ne se conserve que 24 heures ; dans les centres où la fréquentation est faible, nombre de flacons ouverts doivent ainsi être jetés ; ce gaspillage représenterait, dans certains centres, entre 30 et 50 % des vaccins "consommés".
De Sylvain Reboul
Professeur honoraire de philosophie | 08H26 | 18/11/2009 |
Nous nous sommes fait vaccinés mon épouse et moi en Allemagne où nous résidons, par notre médecin traitant, une semaine après l'avoir demandé. C'était, il est vrai, un vendredi 13 (11)
Qui dit mieux?
Cette mise à l'écart du médecin traitant par le gouvernement français me parait en effet énigmatique et probablement dissuasive. Pourquoi ce qui peux être fait en Allemagne semble impossible en France?
De sebl01
11H01 | 18/11/2009 |
J'ai reçu mon bon de vaccination et celui de ma fille de 3 ans ce week end. Je me suis donc rendu ce matin avec elle (il n'y a pas école) au centre de vaccination le plus proche de chez moi.
Première impression : les locaux ont l'air organisé pour traiter de manière "industrielle" les patients : zones d'attentes, bureaux successifs pour la paperasse, plusieurs box de vaccination, sortie par une porte différente pour garder un flux de personne bien organisé.
Seconde impression (immédiatement après) : nous sommes les seuls patients, tout cela fait très vide.
Première déconvenue, ma fille ne peut pas encore se faire vacciner car le vaccin sans adjuvent n'est pas disponible (j'avais compris que c'était pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 3 ans mais j'imagine que les autorités ne veulent pas prendre de risque). Nous reviendrons donc pour elle la semaine prochaine.
Après un entretien avec un médecin, une infirmière m'a piqué et les derniers papier ont été remplis : tout cela s'est bien passé, par contre l'organisation semble encore un peu en rodage. Il m'a fallut 20 minutes pour me faire vacciner alors que j'étais seul dans le centre. Espérons que le rendement s'améliore.
Pour le rappel : rien n'est encore sûr, on attend les résultats sur l'immunité : Il faut se tenir informé pour savoir si j'y retourne dans 3 semaines.