En marge du dossier qui a vu la condamnation de Pasqua, un juge enquête sur des détournements de fonds via d'anciens d'Elf.

Entre les rodomontades de Charles Pasqua sur le trafic d'armes avec l'Angola et les cris d'orgueil blessé de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream, un juge de Genève enquête sur un Angolagate bis. Ou comment les plus haut dignitaires de Luanda ont utilisé les services des anciens d'Elf-Aquitaine pour détourner des dizaines de millions de dollars.
Le quotidien Le Temps fut le premier à lever un coin du voile sur cette affaire. Depuis décembre 2008, un juge d'instruction du tribunal de Genève, Yves Aeschlimann, est parti à la chasse aux transactions financières pour reconstituer un vrai système de détournement de fonds au bénéfice de la présidence angolaise.
Les nouveaux circuits de la corruption
En 2003, alors que l'enquête française a porté un coup à la filière de trafic d'armes Falcone-Gaydamak, le pouvoir angolais décide de changer ses filières de corruption. Elisio de Figueiredo, l'homme lige du président Dos Santos, part s'installer en Asie, à Singapour, tandis que l'intermédiaire français Pierre Falcone pose ses valises à Pékin.
Le banquier François Rouge, propriétaire de la Banque de patrimoine privée (BPP), récupère une bonne partie de la gestion des fonds occultes angolais : une somme estimée « entre 400 et 500 millions de dollars » par un fin connaisseur des circuits pétroliers. Le trésor lui a été confié par Jack Sigolet, un ancien d'Elf devenu conseiller de la République angolaise.
Tout fonctionne parfaitement jusqu'en 2007, quand François Rouge est incarcéré aux Baumettes, accroché par un juge marseillais dans l'affaire du cercle Concorde. A sa sortie de prison, Rouge a perdu la gestion des fonds angolais, récupérés par un trio :
- Jack Sigolet, ancien bras droit d'André Tarallo, le Monsieur Afrique d'Elf et grand spécialiste des préfinancements pétroliers, présenté comme le « conseiller » de la République d'Angola ;
- Nicolas Junod, avocat suisse, qui s'occupe aussi de montages financiers exotiques, pour le compte du Congo-Brazzaville, le « chef d'orchestre des montages financiers » ;
- Riccardo Mortara, expert financier et pilote d'avion, qui fut pendant des années le pilote personnel d'Alfred Sirven, l'éminence grise de Loïk le Floch-Prigent, ex-PDG d'Elf, le « factotum ».
Dès les débuts de l'enquête, ce dernier a accepté de négocier une transaction avec le juge genevois après une semaine au frais derrière les barreaux. Jugement : une légère peine de prison avec sursis, 240 jours-amende (soit le condamné paie, soit il effectue sa peine de prison) et 45 millions de dollars rapatriés en guise de « confiscation ». Le sort des deux autres suspects n'a pas encore été tranché, ils sont poursuivis pour « blanchiment aggravé ».
75% des commissions pour le Président
En fait, c'est en perquisitionnant les bureaux de Sextius, société de François Rouge, et d'Adfin, celle de Jack Sigolet, que les magistrats suisses sont tombés sur ce « nouveau » réseau. Jack Sigolet, qui a fourni les préfinancements pour le pétrole angolais pendant des années, a placé le trésor des commissions dans la banque de Rouge sans vraiment savoir à qui appartenait ces fonds… Elf ? Les Angolais ? Et si oui, lesquels ?
Jack Sigolet et sa société Crossoil Trading travaillent depuis longtemps pour la Sonangol, la société nationale exploitant le pétrole off-shore angolais. Le principe est simple : il achète 30 000 barils/jour avec une décote de 3 à 4 dollars par baril, du pétrole brut immédiatement revendu au prix du marché. Bénéfice : entre 90 000 et 120 000 dollars/jour. De quoi alimenter quelques comptes exotiques…
A force d'éplucher la comptabilité et les archives des sociétés, le juge Aeschlimann a pu remonter la trace d'une société offshore titulaire d'un compte en banque au nom de China Dynamic Development à Hong-Kong, qui a vu défiler 116 millions de dollars entre 2006 et 2008. De l'argent qui a servi à régler des achats de bijoux, pour six millions de francs suisses, via la société Sonnig de Mortara, offerts à des dignitaires de Luanda.
Riccardo Mortara, décrit comme le « garçon de course » de l'équipe, a multiplié les ouvertures de comptes bancaires à Jersey, au Portugal, au Liban et à Hong-Kong. Comme le précise Le Temps, la clef de répartition des commissions est la suivante, selon la Chambre d'accusation genevoise :
« 75% des fonds répartis semblaient concerner le président angolais, 15% l'un de ses ministres et d'autres intermédiaires. »
Les derniers 5% ont terminé dans les caisses de Crossoil, la société de Sigolet.
Le parquet de Genève et les avocats d'accord pour étouffer l'affaire
Alors que l'instruction est déjà très avancée, elle est devenue un scandale majeur, à cause d'une note retrouvée au cours de l'une des perquisitions. Cette note, signée de l'avocat français Claude Richard, lui aussi un ancien d'Elf, mettait en évidence de supposés liens unissant le procureur général de Genève, Daniel Zapelli, aux avocats des suspects.
L'accusation ? Une collusion entre l'accusation et la défense pour obtenir le dessaisissement du juge genevois au profit de l'échelon fédéral. Une manière comme une autre d'étouffer cette belle affaire. Or, lundi 9 novembre, la Chambre d'accusation du tribunal a rendu une décision très sévère pour Zapelli, estimant que le procureur général était allé aux limites de ses prérogatives. Un désaveu en bonne et due forme.
Au Palais de Justice de Genève, l'ambiance est devenue glaciale entre les « fossoyeurs » de dossiers, soutiens du procureur général et les « nettoyeurs de cols blancs », ses opposants. Jack Sigolet et Nicolas Junod sont, pour l'instant, muets comme des carpes. Mais désormais, ils devraient avoir accès au dossier pénal. Ce qui les rendra peut-être plus loquace.




















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De 3èmeàgauche
Expatrié | 13H31 | 15/11/2009 |
Il est temps que quelques procès transparents donnent enfin la crédibilité nécessaire aux démocraties européennes pour montrer l'exemple à la fois aux gouvernements africains, aujourd'hui désillusionnés, mais surtout à la population africaine qui se sent trahie par ses dirigeants, avec l'aide de l'Europe.
à 3èmeàgauche
De juba71
Revolté | 15H29 | 15/11/2009 |
"mais surtout à la population africaine qui se sent trahie par ses dirigeants, avec l'aide de l'Europe."
Ca c'est une utopie qui ne ce realisera jamais dans ce bas-monde
sauf par miracle d'allah . surtout avec les genereaux au pouvoir a alger depuis 1962 , c'est a dire just apres avoir déserté l'armée francaise vers la fin de la guéguére d'algerie. qui peux les déboulonner sans l'aide des démocrasses francais ????? eh oui pour les deboulonner il faut l'aide de celui qui les a boulonné au trone depuis 47 inferenales années.
traduisez pour nos amis pieds noir svp !
De GWERN
Ex militant du vaste mouvement des ... | 14H11 | 15/11/2009 |
One man show de Pasqua : 0 pointé !
Travail méthodique de juge d'instruction ; 1 point voire plus !
Le match peut continuer !
De brawd
contemplateur | 15H08 | 15/11/2009 |
Monsieur le Président de la République,
Pourquoi vouliez vous la dépénalisation de la vie des affaires en affirmant, via le porte parole du ministère de la justice Ch. Didier le 05/10/2007,
"Quel est l'intérêt d'avoir un procès pénal qui dure plusieurs années alors qu'une injonction administrative, qu'une astreinte, ou qu'une sanction disciplinaire, peut mener au même résultat dans un délai plus rapide".
Quelles belles paroles, alors que vous allez supprimer le juge d'instruction pour le remplacer par un membre du parquet.
Souhaiteriez vous la disparition des "affaires" par absence de poursuites?
De infiltré_
ex étudiant...... | 16H07 | 15/11/2009 |
Article intéressant, mais ces dossiers sont des trous sans fins.
Ce genre de choses ne s'arrêtent jamais.
De plus il y a une partie qui m'échappe:
" (...) « 75% des fonds répartis semblaient concerner le président angolais, 15% l'un de ses ministres et d'autres intermédiaires. »
Les derniers 5% ont terminé dans les caisses de Crossoil, la société de Sigolet.(...)"
Je ne suis pas bon en maths mais je crois qu'il y a un truc:
75+15=90
90+5=95
100-95=5
Il semblerait que 5% du fric se balade dans la nature
Les milliards d'€$£ etc. coulent à flots!!!!!
à infiltré_
De juba71
Revolté | 16H38 | 15/11/2009 |
Les milliards d'€$£ etc. coulent à flots!!!!!
Commme le petrol et le sang des africains
De Michel-Petit
Retraité | 17H52 | 15/11/2009 |
Ah, si l'affaire UIMM pouvait être délocalisée en Suisse !
Peut-être que des muets de tout poil se mettraient enfin à table.
Certes, les choses de la France-Afrique ne sont pas des plus propres et on se demande bien pourquoi notre Parlement répugne à mettre sous séquestre les biens achetés par les dirigeants aux dépends des populations.
Mais les affaires de la France-à-Fric ne vont pas davantage dans le sens du bonheur, et cette fois de celui des français.
De castor74
auxiliaire de vie | 20H42 | 15/11/2009 |
BONSOIR .....AU VU DE CE QUI S EST PASSE AVEC MONSIEUR PASQUA EN FRANCE JE PENSE QUE CE REBONDISSEMENT AU NIVEAU DE L ANGOLA GATE ....SE TERMINERAS EN QUEUE DE POISSON ...LES VRAIS RESPONSABLES DORMIRONT SUR LEURS MILLIONS ET QUELQUES PETITS POISSONS IRONT DANS LES GEOLES DE LA REPUBLIQUE.....END BAD
De jaimelenet
tombé dedans quand il était petit | 10H52 | 16/11/2009 |
C'est triste... mais nécessaire !
Finalement, contrairement à "l'AngolaGate" Français où ce sont des armes qui ont été fournies.. pour massacrer des victimes quelque part en Afrique, ici on n'a affaire qu'à une simple transaction autour d'un marché pétrolier !
Ca ne tue personne, ça ne nuit à personne, ça enrichi les intermédiaire et les politiques : et alors ?
Elf (Total maintenant) contrôle ainsi des champs d'exploitation en garantissant l'accès à un prix contrôlé sur une réserve de barils, et peut ainsi créer des bénéfices... imposés par la France !
Total verse le plus gros chèque au Fisc Français de toute nos entreprises.... c'est pas en jouant à la marelle qu'on y arrive !
Mon cynisme est écœurant ?
OK, je me vomit moi-même...
Mais admettons que Total fasse demain toutes ses affaires sans pot-de-vins, sans corrompre, et sans réseaux de rétro-commissions... d'après vous, signeraient-ils un seul contrat dans l'une de ces fabuleuses démocraties pétrolières ?
Ou alors, ça y'est, j'ai compris : CNOOC (Chinois) ou Exxon (USA) ou Gazprom (Russe), se refusent à de telles pratiques, et vraiment la France est un sale concurrent pour eux, usant de méthodes malhonnêtes et répugnantes !
Et il n'y a pas que le pétrole !
Qu'est-ce que la France exporte le mieux ? ses armes, ses Airbus et ses centrales : d'après vous tout y est tip-top clean ?
Qu'est-ce qu'on importe de plus stratégique ? pétrole/gaz, uranium, fer, aluminium..... oh ben dis donc, et en plus tout ça vient encore d'Afrique !
Désolé, c'est dégueulasse, mais c'est nécessaire ...
De YoshiL7
12H37 | 16/11/2009 |
Est ce dossier pour lequel les suisses disent que celui-ci, vu les élèments qu'ils pourraient avoir en leur possession et ceux à mettre à jour, pourraient permettre aux francais d'avoir les réponses aux nombreuses questions qu'ils ont sur certains politiques passés et du moment ?
à YoshiL7
De David Servenay
(auteur)
Rue89 | 15H37 | 16/11/2009 |
Non, je crois que vous confondez avec le dossier Karachi (vente de sous-marins au Pakistan) et son attentat, qui a aussi donné lieu à un développement en Suisse.
De fedor2b
retraité | 19H22 | 16/11/2009 |
75 % + 15% + 5% = 95 % ?? il manque 5 % pour faire 100 % ??
De dijou
Esclave d'une SSII | 22H00 | 16/11/2009 |
Bientôt de l'histoire ancienne quand les juges seront mit en laisse. Dormez tranquille citoyens , plus de juges plus d'affaires, après on dira que le gouvernement ne bosse pas pour désengorger les tribunaux...RIP