Tribune 13/11/2009 à 10h38

La « peur du déclassement », un décor qui cache la rupture sociale

Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin | « Recherche le peuple désespérément »

Déclassement ou peur du déclassement ? Le débat qui s'instaure depuis la sortie du dernier livre d'Eric Maurin pourrait permettre à nos élites de feindre d'ignorer plus longtemps la réalité du malaise qui touche la société française. Ce débat, qui ne manque d'intérêt ni intellectuel ni politique, fait pourtant l'impasse sur la dimension géographique de la crise sociale qui frappe notre société. A la lumière de l'analyse spatiale des classes sociales en France on peut sans peine établir que, nonobstant son talent, Eric Maurin livre une analyse partielle et partiale du « déclassement » et que ses thuriféraires, quant à eux bien moins innocents, y trouvent motif à nier la réalité sociale du pays.

Eric Maurin ignore les mutations géographiques

La principale faiblesse de l'analyse d'Eric Maurin réside dans l'ignorance délibérée des mutations géographiques que la France a connues depuis vingt ans. Faire parler les statistiques en ignorant le puissant déterminant géographique du destin des Français, c'est s'aveugler sur le maelström social qui s'est emparé de la France des zones périurbaines et rurales.

Derrière la nouvelle géographie sociale de notre pays il y a l'emprise de l'économie financiarisée sur la localisation de l'activité économique, autre phénomène ignoré par Eric Maurin. Les agglomérations ont en effet, depuis vingt ans, profondément muté. Elles ont expulsé de leur cœur ouvriers et employés (A Paris, la proportion d'ouvriers et d'employés a chuté de 65% à 35% depuis les années 1970). Ceux-ci ont été propulsés aux confins des aires urbaines dans les zones périphériques et dans le rural sous influence urbaine. Cette France-là accumule embûches et difficultés.

En déficit d'emplois, elle concentre des populations en quête d'un logement moins cher mais dont les temps de transports et distances pour aller au travail s'allongent. Cette France de petits pavillons et de petites communes qui se situent en bordure des aires urbaines concentre un nombre croissant d'ouvriers et d'employés et, à bien y voir, une majorité de Français. Cette France-là a exprimé électoralement son malaise et sa révolte en 2002, 2005 et, hélas, a accompagné l'ascension de Nicolas Sarkozy en 2007. Ces différents coups de semonce devraient avoir éveillé l'attention...

La classe moyenne n'est plus vouée à l'expansion

Nous assistons à la fin d'une représentation et d'une vision imposée de la société française. Ce qui était vu comme une grande « classe moyenne » (« deux Français sur trois ») s'engouffre dans les difficultés, la précarité et plonge consécutivement dans un certain malaise collectif. En fait, au contraire de l'idée dominante répandue dans les années 1970, 80 et 90, la « classe moyenne » n'est plus vouée à l'expansion.

Soumise à une forme croissante de ségrégation territoriale, elle est également en proie à un déclassement effectif. Pour preuve, selon Camille Peugny, un fils de cadres supérieurs sur quatre et une fille sur trois exercent, à l'âge de 40 ans, un emploi ouvrier. Ajoutons que, dans l'espace périurbain, la situation des employés est encore plus préoccupante : leur revenu moyen diminue et l'emploi se précarise davantage encore que ceux des ouvriers. Voilà la réalité d'une France qui souffre presque physiquement mais dont on voudrait réduire le malaise à une forme de névrose ou de fantasme collectif.

La précarisation croissante des surdiplômés

Le diplôme est, certes, un frein relatif au déclassement. Mais là encore cette affirmation ignore délibérément deux phénomènes. L'entre-soi des villes-centres et une ségrégation scolaire de moins en moins honteuse favorisent une reproduction sociale que quelques mesures de saupoudrage faites de « diversité » et de bons sentiments sont censées légitimer. L'autre fait tient à la précarisation croissante des surdiplômés. Le phénomène des « intellos précaires », eux bien ancrés géographiquement dans les centres, est-il lui-même marginal ou bien ne révèle-t-il pas le mal profond qui ronge une société qui récompense de moins en moins bien les diplômes ?

Que les Français ressentent une « peur » du déclassement serait, à lui seul et en soi, un fait social préoccupant. Mais on peut se demander si après le « sentiment d'insécurité », la « peur du déclassement » ne va pas servir à camoufler plus longtemps la rupture sociale et spatiale qui existe entre une majorité de Français et une minorité élitaire connectée à la mondialisation néolibérale.

La France dont rêvent les zélateurs du dernier opus d'Eric Maurin est une France de villages Potemkine, un France dans laquelle il fait bon camoufler aux puissants la difficulté à vivre d'une majorité de la population. L'enjeu de la décennie à venir est pourtant de répondre au malaise de cette France déclassée, périphérique et finalement majoritaire. Cela suppose d'abord de retrouver le peuple...

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  • kevangel
    kevangel
    Chercheur
    • Posté à 11h27 le 13/11/2009
    • Expert
      Chercheur

    Ce phénomène de dévalorisation des diplomes est tout-à-fait cohérent avec la pensée sarkozyste. En effet, ce type a toujours hai l'école et souhaite promouvoir les self-made men plutot que les diplomés. De plus il déteste les intellectuels.
    Le problème c'est que la promotion des self-made men est purement théorique et la réalité est le retour des héritiers et la fin de la méritocratie républicaine. L'épisode Jean Sarkozy montre bien cela. Quand Sarko dit promouvoir le mérite, il ne parle pas des fils d'ouvriers qui font des études mais plutot de ces pauvres fils à papa qui ne sont pas assez intelligents pour réussir leurs études mais qui méritent selon lui plus que les autres.
    Conclusion : pour réussir en France, aujourd'hui, si vous n'avez pas de parents bien placés, il faut partir à l'étranger, dans des pays où on sait reconnaitre le vrai mérite.

    • pablico
      pablico répond à kevangel
      Sudoku et Nord de face
      • Posté à 12h22 le 13/11/2009
      • Internaute
        Sudoku et Nord de face

      la méritocratie républicaine s'est transformée en médiocratie républicaine..

      tout devient médiocre, même les dirigeants.. qui nous tiennent par :

      du pain, des jeux, la peur de l'autre et de l'avenir, les dettes à rembourser..

      cela fait un peu ambiance de la chute de l'empire romain..

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 11h31 le 13/11/2009
    • Internaute
      non connue

    Très bel article, vraiment.
    Il est rare de voir, dans une analyse sociologique, la même chose que par la fenêtre.
    Et il est temps de parler matériel, sans plus se cacher derrière des fantasmes psycho-truc à deux balles.
    Oui, la situation est catastrophique.
    Oui, aujourd'hui en France, faire des études supérieures c'est se préparer une belle carrière... au Canada ou aux USA.

    Oui, on est passé, dans la douleur, hors de cette hypocrisie républicaine qui est le concept d'ascenseur social. Cette même République qui allège les impôts sur la succession, soigne l'échec scolaire par des journées plus longues, et des parents bossant le dimanche.

    Il n'y a jamais eu d'ascenseur social. Il y a eu un transformateur social, mais rares sont ceux qui ont gravi l'échelle de rémunération sans laisser derrière eux ce qu'ils étaient intimement.
    L'argent est une putain de religion.

    • christobal0094
      • Posté à 14h27 le 14/11/2009

      oui c'est vraiment un tres bon artile

      le determinisme geographique en france c'est le bon vieux jacobinisme de l'epoque des diligences.
      le centralisme et son avatar marxiste de centralisme democratique ne peuvent qu'aboutir au concentration de pouvoir : politique et financier.

      d'ou la longue suite des concentrations et fusions et la suppression des postes redondants : ca s'est appele economie d'echelle.
      cette simplification du paysage economique, caricature par la grande distribution ou 7/8 groupes nourrissent et lavent 70 % de la population, c'est bien sur la mort de l'ascenceur social ou, comme vous le precisez, du transformateur social.

      une societe bloquee, regresse et regressant vers un social niveau XIX eme il est logique que les classes moyennes redescendent l'echelle avec ou sans diplomes.

      il n'y aura plus d'Auvergnat montant a Paris, creant un Bois & Charbon, engendrant un Sylvain Flouarat.
      a la place il y a son gendre.

  • yoye-2000
    • Posté à 11h38 le 13/11/2009

    Qd on parle de déclassement, on parle surtout de « jeunes », 20-25 ans.
    Or, pour en voir certains autour de moi, je vois un autre type de déclassement peu exploré : les « séniors » ('tention ca commence tôt, vers 50 ans), avec souvent des momes à la fac, la maison à finir de payer. Après parfois de très bons salaires, 2-3 ans d'assedic, puis la dèche totale, et surtout aucune perspective, à part des job en autoentreprises pour vivoter.
    Et ça, c « est particulièrement cruel. On pense avoir “réussi sa vie” et on se retrouve moins que rien alors que la retraite est encore loin.

    Ceci dit, parallèlement, je connais aussi des plus jeunes qui ne se retrouvent en situation guère plus brillante à 30-40 ans.

    Quant à la précarisation, c'est devenu le modèle : intérim, portage autoentreprise, chèque emploi service, stage à gogo... etc, etc ; tout est fait pour accompagner le mouvement.

    Lien

    • lally
      lally répond à yoye-2000
      • Posté à 13h00 le 13/11/2009

      Je serai plus pessimiste que vous.
      Le déclassement des seniors hommes démarre depuis les années 90 à 43-45 ans pour les cadres. Et s'ensuit le plus souvent un déclassement et une précarité jusqu'à la retraite.
      Un de mes meilleurs amis âgé de 58 ans est dans ce cas et il n'est pas le seul.
      Il enseigne en étant vacataire pour survivre. Et il emprunte régulièrement de l'argent à sa mère les mois où il n'arrive pas à joindre les deux bouts.
      Alors qu'il a commencé à travailler dès l'âge de 19 ans sans avoir besoin d'une aide parentale et qu'il a touché avant de très très bons salaires en tant que directeur commercial international d'une grosse firme.

      Souvent c'est cette génération d'hommes cinquantenaires et cadres qui est la plus fragile car absolument pas préparée au déclassement et à la misère. Le choc est donc bien plus rude pour cette génération née dans les années 50 que pour ma génération (70 )ou celle de ma soeur aînée (60).

      • Chaosmagic
        Chaosmagic répond à lally
        • Posté à 14h24 le 13/11/2009

        Bien sur AUCUN rapport :

        Lienpar Lien

        Quand je passe exceptionnellement dans un temple capitaliste (aussi appelé centre commercial), je remarque beaucoup d'idiotes utiles.

  • jma14
    • Posté à 11h39 le 13/11/2009
    • Internaute

    1/ Qui a voulu vivre en maison plutôt qu'en appartement ?

    2/ Qui a cru dans les années 70, 80 et 90, qu'il ferait le même métier jusqu'à sa retraite.

    3/ Qui a cru que donner le BAC à 80% de la population et baisser le curseur du niveau d'étude supérieur rendrait plus intelligent ces citoyens ? On s'en fout, les parents peuvent bomber le torse en sortant les diplomes de leur enfant, ils sont contents.

    4/ Le prochain supositoire c'est l'interdiction du redoublement. Il est tout petit celui-ci, mais il est dans la même ligné que le « BAC pour tous ». En plus il est bien lubrifié : il parait qu'un enfant qui redouble vit très mal le message.

    • jma14
      jma14 répond à jma14
      • Posté à 12h20 le 14/11/2009
      • Internaute

      6 voix contre !
      Mon article n'est pas pertinent.
      Il est tellement plus facile d'accuser l'autre plutôt qu'assumer ces choix ou sa passivité.

  • Anonyme

    Quand il y a trop de chômeurs à l'horizon, on coince les demandeurs d'emploi en devenir dans des cursus surdiplomants par rapport aux taches qui vont leur être demandées. En découle une survalorisation des diplômes qui est totalement déconnectée de la réalité. Dévaloriser les diplômes revient peut-être à rééquilibrer les plateaux de la balance. Ce pourrait être une bonne idée si cela ne servait pas à rétablir les castes.

  • un homme dans la foule
    • Posté à 11h55 le 13/11/2009

    Le déclassement guette d'autant plus les classes d'ages à venir que la proportion de diplômés produite par l'enseignement supérieur français stagne depuis le milieu des années 90 autour d » 1/3 d'unegénération (on peut retrouver ces chiffres un peu partout, notamment dans les bilans de l'OCDE, et sur le site de l'observatoire des inégalités). Or ceux qui accède aux études sont majoritairement les enfants de ceux qui ont déjà un bon niveua d'étude. Cela conduit à deux phénomènes :
    1/ça fige les positions sociales de génération en génération
    2/ pour les enfants de milieu aisé, la non réussite scolaire est très stigmatisante et les parents sont prêts à tous les sacrifices pour que leurs rejetons ne finissent pas manutentionnaires ou agent de sécurité. En effet, de nos jours, il faut commencer par un poste de cadre, car le devenir en cours de carrière est devenu compliqué.

    D'ailleurs la france d'aujourd'hui donne l'impression d'un corps social figé, même si la précarité et les changements d'emploi sont beaucoup plus fréquent qu'il y a trente ans ou avant.

    En effet, Après la guerre, il y a eu la fin du mouvement d'exode rurale. Les villes se sont peuplés, les paysans pauvres sont devenus des ouvriers, cheminots,employés, etc... pas très riche, mais avec un certain nombres de protection et des perpectives pour leurs enfants.
    Ces enfants nés dans les années 50 ont bénéficié de l'appel d'air dans l'enseignement secondaire et supérieur du au gros besoin de cadres moyens. Même les entreprises ont formé et encouragé la promotion interne (manut devenu cadre dans le commerce et la distribution, guichetier devenu cadre dans la banque)
    La génération suivante nés dans les années 70 (à laquelle j'appartiens) a continué à bénéficier de l'augementation des bataillons de l'enseignement supérieur.
    pour les générations nés après 85, on à l'impression que tout est figé. Cela devient plus difficile de dépasse le niveau scolaire des parents et d'accéder à des l'enseignement supérieur lorsqu'on est issu de parent n'ayant pas fait d'étude.

    Du coup l'intégration sociale et la promotion est plus compliquée. Cela est aggravé par le fait qu'on ne fait plus toute sa carrière au sein d'une même entreprise, ce qui rend difficile la valorisation des expériences pour des promotions internes.

    Enfin, d'un point de vue géographique, tout ce passe comme-ci les banlieues populaire des grandes villes et notamment les cités étaient devenus des terminus sociaux : Pas desservi par les transports en communs, par l'enseignement supérieur d'où la difficulté d'y échapper. On mettrait à l'entrée de ces lieux « Vous qui entrez ici abandonnez tout espoir » que ce ne serait pas plus effrayant

    Ceci ci dit, je ne voudrais pas passer pour un vieux cons, donc si certains ont des éléments pour démentir ce noir tableaux...
    La seule chose dont je sois à peu près sur, c'est que c'était plus facile de faire des études de mon temps ( les « 90)

    • lally
      • Posté à 12h48 le 13/11/2009

      De la même génération que vous, je ne démentirai pas votre analyse.
      Juste rajouter que, malgré un accès aux études supérieures plus facile que pour les jeunes d'aujourd'hui, nous sommes ceux qui avons inauguré la précarité et nous la vivons pour la plupart d'entre nous, de façon quasi permanente et ce depuis le début de notre carrière professionnelle.
      Une minorité d'entre nous est en CDI et dans la même société depuis longtemps.
      Depuis la fin de mes études j'ai dû travailler dans une douzaine de lieux différents. Un seul CDI de deux ans. Tout le reste, CDD en alternance avec quelques petites périodes chômées.
      Pas par manque de diplômes ou de compétences mais par le fait de la précarisation des surdiplômés évoquée dans l'article.

      Notre génération a également été la dernière qui a pu choisir majoritairement son secteur d'activité pro et un métier en rapport avec son désir initial. A présent, ce n'est plus du ressort du choix le plus souvent mais cela relève de ce qui pourra faire vivre économiquement le plus tôt et le mieux possible.

      Et pour les jeunes filles, c'est encore plus compliqué et difficile que pour les jeunes gens. Donc beaucoup prennent n'importe quel job du moment que ça paye loyer, nourriture et essence.
      Le reste, c'est de la débrouille...
      Et à présent majoritairement les jeunes qui suivent des études supérieures sont des étudiants salariés. Ce qui était moins le cas à l'époque de nos études.

      • un homme dans la foule
        • Posté à 13h13 le 13/11/2009

        C'est vrai,nous sommes sûrement la première génération à avoir intérioriser les risques sociaux et la précarité comme une donnée.
        J'ai passé le bac en 93, donc en pleine récession et tout au long des études, on nous a rabâché qu'il faudrait changer d'entreprise au cours de notre carrière, qu'il fallait être très performant car les entreprises n'auraient que l'embarras du choix au moment du recrutement. De ce fait, on a intériorisé notre infériorité vis à vis de l'entreprise qui va nous recruter.
        En revanche après, j'ai eu de la chance, je suis rentré sur le marché du travail en 98, lors de la dernière période de croissance rapide qu'on ait connu, et j'ai pu faire mon trou dans les services informatiques. D'ailleurs la majorité de mes relations a connu une insertion facile, car c'était une bonne période. Beaucoup ont obtenu rapidement des CDI. En revanche, nous avons tous connu des réorientations professionnelles ou des changements de société, alors que cela fait à peine plus de 10 ans que nosu travaillons. Nos parents n'ont pas connu cela.

        ça montre également que le destin social est conditionné par la chance : à talent égale, il valait mieux rentrer sur le marché du travail entre 97 et 2000 qu'entre 91 et 94.

         1 autres commentaires
  • Lohiel
    • Posté à 12h36 le 13/11/2009

    quand on regarde ce document de l'insee
    Lien
    on voit tout de suite que le déclassement correspond à une réalité très concrète , en particulier à cause de la manière dont la pression s'est considérablement accrue sur les actifs (qui sont obligés de faire vivre beaucoup plus de monde - les inactifs étant pour beaucoup ceux qui ont abandonné l'espoir de trouver un emploi et sont revenus à la charge de leur famille) :

    1975
    Actifs 22,8M - chômeurs 0,79M - Inactifs 16,5M
    sur une population globale de 39,3M de 15 ans et +

    2008
    Actifs 25,8M - chômeurs 2,22M - Inactifs 21,8M
    sur une population globale de 49,8M de 15 ans et +

    Seulement 3 millions de personnes ayant un revenu en plus, depuis 1975... pour 10 millions de personnes en plus dans la population globale ! Et gonflement inquiétant de la population d'inactifs/chômeurs par rapport aux actifs... (bientôt 1/1 au train où ça va)

  • ON M RSA2012
    • Posté à 12h42 le 13/11/2009

    Nous sommés déjà déclassés

    Deux coeurs d'emplois aux conditions de vie différente

    Lien

  • Chaosmagic
    • Posté à 13h50 le 13/11/2009

    On dirait que j'ai fait mon petit effet en postant inlassablement ces extraits d'un article sur différents fils depuis un mois.
     : -)

    ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
    Dans certains pays, en particulier dans l'Europe nordique, mais aussi chez les Anglo-Saxons, le flux croissant de diplômés s'est développé au rythme de la croissance des emplois qualifiés.

    Dans ces pays-là, il n'y a pas eu de déclassement par rapport aux diplômes. En revanche, en Italie, en Espagne, en Grèce, dans l'ensemble des pays de l'Europe méditerranéenne - dont la France -, les jeunes ont bénéficié d'une très forte croissance des diplômes, mais les emplois correspondants ont connu une croissance beaucoup plus lente.

    La résultante en Italie, en Espagne, en Grèce, en France également, c'est que beaucoup de diplômés ne peuvent pas trouver des emplois correspondant aux qualifications scolaires qu'ils ont reçues.

    En France, on a une masse de jeunes qui sont membres des classes moyennes du point de vue du diplôme, mais qui ne sont pas véritablement membres des classes moyennes du point de vue des emplois qu'ils obtiennent.

    [...]

    Partout dans le monde hors de France, la méritocratie, c'est le talent plus l'effort. En France, c'est le concours réussi à l'âge de 20 ans. Evidemment, ce sont deux choses complètement différentes.

    Lien
    __________________________________________________

    J'espère personnellement que les riches qui nous laminent la gueule le paieront DANS LEUR CHAIR le moment venu.

  • JP_JP
    • Posté à 13h52 le 13/11/2009

    Article très intéressant qui mériterait figurer en lieu et place de la bêtise écrite par hugues serraf (oui je sais, c'est un pléonasme) tellement médiocre mais tellement plus facile à lire ...