
C'est officiel : il n'y avait pas de complot terroriste à Fort Hood, mais le geste d'un homme seul. Ce sont les premiers résultats de l'enquête après la tuerie de vendredi dans la base militaire texane, provoquée par le commandant Nidal Malik Hassan, qui a ouvert le feu et tué 13 militaires américains et blessé 29 autres avant d'être lui même grièvement blessé.
Des conclusions qui rassureront l'opinion américaine mais ne calmeront pas pour autant la méfiance suscitée vis-à-vis des Américains musulmans.
Les enquêteurs, selon le New York Times, privilégient la piste d'un ensemble de « pressions émotionnelles, idéologiques et religieuses », et en particulier d'un impact « émotionnel » dû à son travail de psychiatre auprès des soldats revenus de missions en Irak et en Afghanistan et qui en reviennent parfois ave de sérieux troubles psychiques.
Le commandant Hassan, issu d'une famille d'origine palestinienne, est décrit d'un côté comme un officier compétent et pacifique, et de l'autre un homme tourmenté par son travail auprès des vétérans des deux guerres américaines en terre musulmanes, l'Irak et l'Afghanistan, et par le fait qu'il devait, lui aussi, partir en mission en Afghanistan fin novembre.
Il tentait d'échapper à cette mission et évoquait souvent, selon des témoignages reccueillis par la presse américaine, son hostilité à voir des musulmans américains aller combattre d'autres musulmans.
Selon les enquêteurs, qui ont eu accès à son ordinateur, le commandant Hassan a visité à plusieurs reprises des sites islamistes, et a même échangé des e-mails avec des personnes de cette mouvance. Pas de quoi, à ce stade, considérer qu'il a agi dans le cadre d'une organisation, et, pour l'heure, les enquêteurs excluent l'existence de complices.
De ce fait, Hassan devrait être déféré devant un tribunal militaire, et pas civil comme cela aurait été le cas s'il y avait eu complot.
La fragilité du « front intérieur » et la lassitude de la population
Cette affaire est embarrassante pour Barack Obama, que ses détracteurs s'emploient toujours à présenter comme « Barack Hussein Obama », des origines musulmanes qu'il n'a jamais niées et dont il a même fait un atout dans son discours du Caire au monde musulman au printemps dernier.
Mais surtout, elle vient montrer la fragilité du « front intérieur », et les dégats provoqués par ces guerres interminables -celle d'Afghanistan est le plus long engagement militaire américain depuis le Vietnam- sur la population.
Le président américain est en pleine redéfinition de sa stratégie en Afghanistan, et doit prendre une importante décision sur l'envoi ou non de renforts supplémentaires, comme le lui demande le chef du contingent américain en Afghanistan, le général McChrystal.
Les Britanniques pas convaincus que cette guerre peut être gagnée
La leçon vaut aussi pour les alliés des Etats-Unis. La Grande-Bretagne, qui vient de subir une série terrible de pertes, dont cinq soldats tués par un policier afghan, est elle aussi confrontée au problème du moral de la population.
Selon un sondage de la BBC, 64% des Britanniques ne croient pas à une victoire en Afghanistan contre seulement 27% qui y croient. 63% des Britanniques jugent également que les troupes britanniques devraient se retirer dès que possible contre 31% qui estiment le contraire.
En France, pourtant fortement engagée dans la guerre d'Afghanistan, le débat public n'existe quasiment pas. C'est à peine si on a entendu Bernard Kouchner dire il y a quelques jours que le président Hamid Karzaï était « corrompu », mais que l'Occident devait néanmoins le « légitimer ». Il n'y a pas eu de question à l'Assemblée ou d'éditorial pour s'interroger sur la cohérence de la stratégie de l'Otan en Afghanistan.




















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De Monsieur Lambda
N'importe qui, n'importe quoi, n'im... | 18H41 | 08/11/2009 |
Cher monsieur Haski,
Permettez-moi de vous remercier pour cet article qui a le mérite de remettre les choses en perspective, notamment par rapport aux commentaires singuliers (je pense particulièrement à Madame Lifka, ou Messieurs Pierrrrre, qui récidive ici, ou Roger64000) qu'on a pu lire sur ce site lorsque cette nouvelle a été annoncée dans la rubrique "A chaud" (http://www.rue89.com/2009/11/06/fusillade-sur-une-base-militaire-aux-eta...).
De ce point de vue, alors que vous évoquez la "méfiance suscitée vis-à-vis des Américains musulmans" aux Etats-Unis, on peut constater qu'elle est ici aussi largement partagée. Je crois bien qu'il devient tout à fait évident qu'elle ne vise pas que les Américains musulmans, mais les musulmans dans leur ensemble.
Pourtant, je crois bien que c'est la première fois qu'une telle tuerie est le fait d'un Américain musulman, et je ne crois pas que les divers massacres que nous offrent très régulièrement les Etats-Unis aient jamais suscité la moindre méfiance vis-à-vis des Américains chrétiens (ou athées, ou est-ce que je sais...). C'est donc bien que ce fait-divers révèle quelque chose de plus que ses devanciers. Comment ne pas constater qu'un mass murderer américain ne suscite pas le même soupçon selon la religion qu'il confesse ? Cela signifie-t-il qu'un mass murderer chrétien est de l'ordre du normal ou de l'acceptable ? Cela signifie-t-il, a contrario, qu'un mass murderer musulman est une sorte de surmass murderer ? Voilà qui devrait nous poser de nombreuses questions sur l'état de notre civilisation (ou ce qu'il en reste).
Bien à vous.
Marcel Lambda
De alaixih
18H38 | 08/11/2009 |
La religion fait partie de son identité.
Jusqu'à présent en dehors des japonais lors de la seconde guerre mondiale, à ma connaissance aucune religion n'a utilisé de kamikazes comme l'islam le fait actuellement. Ce genre de fait n'est pas sans marquer les esprits.
Par ailleurs, la question se pose de savoir quelles étaient ses motivations en butant tout le monde.
Ce genre de tuerie collective est "assez" fréquent aux états unis cependant chez les militaires cela me semble être quelque chose d'assez rare, encore plus pour un psychiatre.
Ceci dit les motivations exactes de cette personne resteront obscures à moins qu'il ne survive.
Ceci dit il y a aussi aux états unis comme ailleurs une immense minorité musulmane silencieuse qui n'approuve pas les actions terroristes.
En l'espèce, jusqu'à preuve du contraire les motivations de cette personne ne peuvent être a priori considérées comme religieuses à moins qu'il n'ai crié allah ouakbar avant de tuer....
Je pense qu'il a du se trouver face à une impasse dans sa propre vie et qu'il n'a pu trouver d'autre extrémitée que celle ci.
De mauser
18H36 | 08/11/2009 |
Pour un bon tireur c'est possible 40 cartouches c'est entre deux et trois magasins de pistolet.
Non dans une caserne en temps de paix à part les sentinelles et peut être quelques officiers conservant une arme personnelle sur eux.... Les armes sont dans les armurerie ou des dépots et gardée en plus les munitions sont entreposées ailleurs c'est le cas dans les armèes européennes je ne vois pas pourquoi cella serait diffèrent au USA.
Des mutins se seraient équipè plus sérieusement qu'avec du 9*19
mais bon passons.
J'avais écrit que cette histoire me plaisais pas et hiers sur la 2 au JT il passait une couche de conspiration islamiste pour qui voulait le gobe
Il est musulman oui et alors soit l'on ne peut plus s'y fier et il faut les ejecter de l'armèe vite fait bien fait en instaurant une belle zizanie et une belle panique qui ne profite pas forcément à ceux que vous pensez.
Reste l'homme c'est un psy qui travaillait à Walther Reid là où échouent les grands mutilès qu'il faut reconstruire psychologiquement. Un des cadeau les plus pervers de la chirugie d'urgence actuelle 20 ans plus tôt ces hommes n'auraient pas survécu.
C'est à cella qu'il était confrontè depuis ? Et il n'y a pas de psy pour aider les psy . En plus il devait partir pour l'Irak ou l'Astan pas au front mais qui peut dire où se situe le front dans ces Merdier. Il a craquè point
De Anastaze 53186
☺ | 19H55 | 08/11/2009 |
Ce n'est pas sur la personnalité des tueurs qu'ils faut s'attarder, ils ont tous le même profil: ils ne s'identifient à aucune des communautés cloisonnées qui constituent les pays de culture protestante, et ils s'attaquent à ces communautés (églises, écoles, armée etc.) .
Au moment où notre président de la république, s'interroge sur l'identité nationale des citoyens qui peuplent son pays, lui qui se veut un admirateur de la culture américaine, il serait bon qu'il s'interroge aussi sur la nature de cette culture.
Des amishes aux gays, chaque citoyen des États-Unis est membre actif d'au moins une de ces communautés sous peine de se voir interdire l'accès aux soins au crédit et tous les services institutionnels qui souvent se trouvent regroupés autour des paroisses.
C'est pour ça que la réforme de santé d'Obama est bien plus qu'un progrès sociale, en donnant un système de santé commun à tous les américains il effectue une révolution culturelle.
De Tita
oiseau | 22H53 | 08/11/2009 |
Ce n'est pas envers les américains musulmans que la méfiance devrait aller mais vers les psychiatres militaires.
En psychanalyse, il y a un mécanisme qui s'appelle le contre-transfert. Si les patients transfèrent leurs problématiques sur le psychanalyste, le psychanalyste a tendance à réagir à ces transferts et à faire ce qu'on appelle un contre-transfert sur le patient. Pour éviter cela, il doit parler de ce qu'il a entendu à un collègue afin de rester "zen" en face de tout ce qu'il a entendu.
Donc :
1) dans quelle mesure un tel mécanisme de contre-transfert n'est-il pas possible en psychiatrie ?
2) Dans quelle mesure, (connaissant les structures administratives ou militaires) aucun structure d'aide au psy permettait d'éviter le contre-transfert à Fort Hood ?
3) Dans quelle mesure ce manque de structure explique l'acte à Fort Hood ?
A ce moment, l'aspect religieux de l'individu peut être vu comme un élément facilitateur, mais assurément non suffisant.