« On ne peut pas prévoir comment va évoluer le climat »

Peut-on douter du réchauffement de la planète ? Décrié pour sa tribune dans Le Monde, Serge Galam affirme son droit au scepticisme.

Image extraite du film "Le Jour d'après" de Roland Emmerich (DR)

Le simple fait de poser la question expose ses auteurs à une inquiétante mise au pilori. Théoricien du désordre et physicien, Serge Galam n'a rien du »complotiste ». Il travaille depuis vingt ans sur les mouvements d'opinion et a observé à partir de 2007, la montée en puissance du catastrophisme sur le climat avec l'affirmation que l'homme était coupable d'une apocalypse programmée (à venir).

Il s'est senti gêné par la présentation des faits : d'abord l'unanimité, sans cesse mise en avant, des 2 500 scientifiques du Groupe d'experts international sur l'évolution du climat (Giec), ensuite la culpabilité s'appuyant sur un fait « scientifique ».

Or quand Serge Galam s'est penché sur la climatologie et ses preuves, il a remarqué qu'elle n'était pas (encore) une science capable de prédiction exacte et que les dites preuves n'étaient que des résultats de modèles simulés sur gros ordinateurs. (voir la vidéo)


Il a alors écrit une tribune dans Le Monde, où il s'en expliquait longuement, avec toutes les précautions d'usage sur le fait qu'à ce jour, il n'y a pas de certitude scientifique de la culpabilité humaine dans le réchauffement climatique global de ces dernières années :

« Il y a seulement l'intime conviction de milliers de scientifiques. Et ce n'est pas parce que le débat serait clos au sein de la communauté institutionnelle des climatologues que la question est dépassée. Elle n'est toujours pas résolue scientifiquement, même si elle l'est “politiquement”, du moins en principe. »

Des attaques sur le plan moral

Quelle ne fut pas sa surprise face aux réactions nombreuses et violentes venant de toutes parts (collègues, amis, inconnus…) :

« Un hallali. On demandait des sanctions contre moi, j'étais attaqué sur le plan moral. »

Invité par un éditeur à approfondir la question, il a alors écrit « Les scientifiques ont perdu le Nord, Réflexions sur le réchauffement climatique » (Plon 2008).

Dans ce passionnant opus, qui analyse les ressorts de l'unanimisme ambiant sans tomber dans la théorie du complot, on renoue avec les vertus du doute.

Car il n'y a pas d'un côté les alarmistes, et de l'autre les sceptiques : on n'entend en fait qu'une parole, celle qui nous annonce la fin du monde, comme les deux livres reçus ce matin sur mon bureau « La catastrophe climatique » (Robert et Maya Kandel, Hachette Littérature) et « Alerte. Changement climatique : la menace de guerre » (Gwynne Dyer, Robert Laffont). Quant à la conférence de Copenhague en décembre, son objectif affiché est de nous éviter le pire.

« 90% de certitude = 0% de preuve »

ONG, scientifiques, politiques, tous prédisent le même avenir avec le même degré de certitude décidé par le Giec. Serge Galam temporise :

« Dire à 90% de certitude que l'homme est la cause du changement climatique revient à 0% de preuve. Car on n'a qu'une planète, un seul climat dont on ignore le fonctionnement et donc les probabilités n'ont pas de sens. Et pourtant les décisions que l'on prendra nous concerneront tous. »

Que dit Serge Galam de si répréhensible ? Que le climat est bien trop complexe pour se réduire à un seul paramètre, le CO2, que la climatologie est une science jeune, pas du tout exacte, et que « pour qu'elle devienne une science dure, il faudrait qu'elle soit capable de faire des prédictions réfutables par l'expérience ». Ce sera peut-être le cas dans deux ou trois cents ans.

« L'effet de serre est bien plus compliqué qu'on ne le dit. Bien sûr que le CO2 y contribue, mais on ne parle quasiment jamais du méthane, de la vapeur d'eau, qui y contribuent encore plus, et surtout on ignore les effets inattendus que pourraient avoir d'autres données sur le climat. »

Une bonne cause, mais de faux arguments

Animé d'aucun présupposé politique, il revendique la lutte contre la pollution, le gaspillage, les inégalités. Mais, la science n'est pas la morale et de la confusion entre les deux peuvent naître des troubles graves :

« Quand, au nom d'une bonne cause, on utilise de faux arguments, ça aboutit à la catastrophe. C'est comme le colonialisme où l'on allait piller les ressources au prétexte de sauver les âmes. »

Cette obligation de revoir notre modèle de développement capitaliste sous la menace du réchauffement climatique conforte Serge Galam dans son scepticisme : et si l'Occident était en train d'organiser sa propre perte, en se créant un ennemi, nous-mêmes ?

On va se demander de gros sacrifices, et cela a quelque chose de « rassurant », estime-t-il, parce qu'à l'inverse, dire que le changement climatique a des causes naturelles « est beaucoup plus angoissant, car il n'est pas garanti que nous puissions y faire fac. » :

« Derrière ce consensus, il y a le mythe d'une nature idéale, où la terre débarrassée de l'homme aurait un climat qui ne bougerait pas. C'est faux.

Et ceux qui veulent mettre fin au capitalisme pour sauver la planète auront préparé les esprits pour demain mener une guerre salvatrice au nom d'un devoir supérieur d'ingérence de sauvegarde de la planète et du même coup… rétablir la suprématie de l'Occident sur le monde des humains.

Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. »

Photo : image extraite du film « Le Jour d'après », de Roland Emmerich (DR)

14 commentaires sélectionnés

Portrait de Disciple ressucité

De Disciple ressucité

Tiens, il pleut. | 11H29 | 07/11/2009 | Permalien

Ne prendre en compte qu’un possible changement climatique, oublier l’épuisement des ressources et de la biodiversité, il fallait oser.
Comparer le questionnement sur le réchauffement climatique et le colonialisme, il fallait oser.
Enfin quoi ? On joue l’avenir des enfants aux dés ?

Portrait de Kurt

De Kurt

13H27 | 07/11/2009 | Permalien

Je suis assez d'accord avec vous, mais dans le cas qui nous concerne ici, il semblerait bien qu'on ait affaire à un dogme : "L'activité humaine est responsable du réchauffement climatique".

Il ne s'agit pas d'une affirmation "scientifique" au sens de Popper :

* Est-ce réfutable ? Non, personne en l'état actuel des choses, et pour longtemps encore, ne sera capable de montrer que l'être humain n'a pas d'influence sur l'évolution actuelle du climat. (On peut rapprocher cette affirmation de celle qui veut que "Dieu existe" : ce n'est pas réfutable, cela ne veut pas dire pour autant que Dieu existe...). C'est le cœur de la critique faite par Serge Galam.

* Est-ce reproductible ? Évidemment non...

* Est-ce prédictible ? Comme l'explique S. Galam, non, ça ne l'est pas de manière déterministe. Les "expériences" qui prédisent le réchauffement climatique du fait de l'activité humaine reposent sur des simulations numériques basées sur des modèles dont la fiabilité reste largement à prouver...

Il est donc clairement d'utilité publique de débattre de ce sujet, or aujourd'hui il s'agit d'un tabou. Toute personne qui voudrait ne serait-ce qu'en débattre est classé parmi les salauds, dont on peut soupçonner la passion pour la politique de G.W. Bush ou la parenté avec C. Allègre...

Portrait de BienSiur

De BienSiur

chercheur cnrs | 14H13 | 07/11/2009 | Permalien

En tant que chercheur sur ces questions je ne peux m'empêcher de réagir à cet article.

LE CLIMAT N'EST PAS UNE SCIENCE ??!!!

Les prévisions climatiques utilisent les équations fondamentales de la dynamique de la physique et de la chimie. Il faut de nombreuses années d'études scientifiques et une thèse pour comprendre la complexité des mécanismes qui gouverne le climat.

Discuter de la fiabilité des modèles climatiques est une chose !
Nier le caractère scientifique de la démarche des climatologues c'est de la mauvaise foi !! un abus de langage (intentionnel ?)

EVOLUTION DE LA TEMPERATURE MOYENNE

D'aprés Mr Galam la température moyenne:
a augmentée de 1978 à 1998
est restée stable de 1998 à 2008
baisse depuis 2008

Peut-il citer ses sources ? ou est l'étude qui montre cela ??!!!

Il suffit de consulter les pages wikipedia: Réchauffement_climatique
et notamment la courbe d'évolution de température à la surface du globe entre 1856 et 2005 (qui est validé par des centaines d'études scientifiques).

Si Mr Galam remet en cause cette évolution sur plus de cent an, qui est validé par les experts de la communauté scientifiques qu'il donne ses arguments et publie un papier dans Science ou Nature !!!
sinon il s'agit d'une désinformation pur et simple...

RAPIDITE DE L'EVOLUTION
"Le climat évolue sur des échelles de milliers voir millions d'années, ce n'est pas avec une évolution sur quelques dizaines voir cent ans que l'on peut prédire l'évolution sur des milliers d'années"

C'est vrai, les climatologues ne sont pas capables aujourd'hui de prédire l'évolution du climat dans un millier d'année. Ils cherchent juste à faire des prédictions pour 2050 et 2100.
Mais le problème est justement que les évolutions climatiques que nous avons connus ces dernières décennies sont d'une ampleur comparable aux variations climatiques observée dans le passée sur une échelle de temps de plusieurs milliers d'années !!
C'est bien pour cela que les scientifiques essaient de tirer la sonnette d'alarme en disant attention le climat est en train d'évoluer très rapidement...

Ce n'est pas du catastrophisme mais un "warning". Nous avons aujourd'hui suffisement d'indices et d'éléments scientifiques (cf. rapport GIECC) pour dire : Attention cela change et cela va s'amplifier dans 50 ans ... quel sera le prix de l'adaptation ? que pouvont nous faire pour limiter cela ? les scientifiques proposent des pistes. C'est aux citoyens et politiques de prendre les décisions.

DOGME ET CONTRADICTIONS

Bien entendu qu'il y a des nombreuses discussions et de nombreuses questions ou les scientifiques n'ont pas de prévisions fiables (sur à 80-90%) sur les évolutions climatiques. Mais lorsque toute une communauté scientifique (= les milliers de chercheurs qui signet le rapport du GIECC) annoncent une fourchette d'augmentation de la température moyenne comprise entre (+2°C et +4°C) pour 2100. Je peux vous assurer que des centaines d'hypothèses et de contre hypothèses ont été testées, des centaines de simulations ont été réalisés avant d'affirmer cela.

Le débat est permanent au sein de la communauté et les climatologues sont ouvert à toutes les hypothèses ou modèles. Il n'y a pas de dogme !!! mais ce débat doit être mené avec de véritables arguments scientifiques et non des opinions, des contre vérités ou des simplifications trompeuses qui sont trop souvent mis en avant pour dire "finalement on ne sait rien", "il n'y a pas de preuves" etc...

Il est normal et sain que la communauté scientifique réagisse face à cela. Les réactions sont parfois exagérées (j'en conviens) et cela donne au non expert le sentiment d'une certaine forme d'intolérance. Mais la mauvaise foi de certains qui utilise leur notoriété pour faire passer pour arguments scientifiques une opinion personnelle a de quoi exaspérer !
Lorsque quelqu’un dit n’importe quoi sur votre travail ou dans votre domaine de compétence… on peut parfois réagir avec vigueur ☺

Portrait de zaichonok

De zaichonok

bobo bio | 15H01 | 07/11/2009 | Permalien

Au pays de Descartes, réfuter à quelqu'un le droit de douter ça mériterait presque une réflexion sur l'identité nationale...

Moi je suis un "convaincu" par opposition aux sceptiques, mais je trouve le débat sain, et d'expérience les gens ne commencent à y croire que s'ils ont eux même abouti à raisonnement qui y conduit, pas qu'on leur a fait avaler une vérité avariée au petit déjeuner.. pour la méthode, relire Ménon.

la phrase clé de cet ouvrage que vous citez, à mon sens, c'est « pour qu'elle devienne une science dure, il faudrait qu'elle soit capable de faire des prédictions réfutables par l'expérience »
L'histoire des sciences nous a appris que beaucoup de certitudes finissent par céder, fourbissant les arguments de quelques nihilistes au passage, mais surtout amenant une reflexion sur les sciences exactes, et sur ce qu'est une science. C'est Karl Popper qui a introduit l'idée de réfutabilité, avec la définition que reprend en gros Galam ici : la théorie n'est scientifique que si elle est réfutable. Un des exemples les plus célèbres fut la mise en évidence du caractère corpusculaire de la lumière par l'observation d'une éclipse.

Après je ne suis pas pour autant d'accord avec tout ce qu'il dit, quand il dit qu'on parle peu du méthane ou de la vapeur d'eau typiquement, peut être parle-t-il des médias généralistes, mais il y a de saines lectures à lui opposer à ce sujet qui vont dans le sens des "réchauffistes".

Je ne suis pas non plus d'accord pour dire que 90% de certitudes revient à 0% de preuves, ça n'est vrai que dans une logique purement binaire (oserais-je dire manichéenne). Là encore l'histoire des sciences est riche en enseignement, on a établi beaucoup d'équations de physique par l'expérience, et donc des régressions mathématiques, bien avant de pouvoir les expliquer ou les prouver ! à commencer par la gravité. C'est exactement le même fonctionnement que les "gros ordinateurs" tant décriés, les modèles sont juste beaucoup plus complexe et laissent la place à beaucoup plus d'incertitudes.. donc 100% certainement pas, mais 0% c'est l'excès inverse.

"un seul climat dont on ignore le fonctionnement et donc les probabilités n'ont pas de sens" là aussi je ne comprends pas bien la causalité, les probabilités n'auront plus de sens quand on aura compris le fonctionnement, on sera dans une science dure, mais d'ici là pourquoi réfuter les outils dont on dispose pour essayer d'avancer ?

et finalement la phrase qui m'embete "Derrière ce consensus, il y a le mythe d'une nature idéale, où la terre débarrassée de l'homme aurait un climat qui ne bougerait pas. C'est faux." Pour moi dire ça c'est un peu la meme démarche que de citer Claude Allègre pour prouver que les sceptiques n'ont rien compris. Il y a des gens qui disent ça, mais pas les gens sérieux, c'est trop réducteur pour le travail d'un paquet de scientifiques qui font bien leur boulot.

pour résumer, je dirai que dans l'ensemble son approche est à voire comme un rappel au cartésianisme, et que le haro qu'il a subi, si c'est le cas, est sans doute indigne... à ce titre c'est au moins une saine lecture à conseiller aux 'un peu trop' convaincus qui assènent des arguments idiots décrédibilisant pour cette théorie
Mais ça ne veut pas dire que tous les "haros" soient indignes, celui sur Allègre est pleinement justifié tant les arguments qu'il utilise sont à coté de la plaque et décrédbilisent, au meme titre que les un peu trop convaincu au dessus, la démarche pourtant salutaire du doute.

Portrait de kawouede

De kawouede

15H28 | 07/11/2009 | Permalien

Tout à fait d'accord.
Galam n'est pas crédible quand il dit "la climatologie n'est pas une science... parce qu'elle ne peut pas prédire". Il y a des sciences qui ne prédisent rien !

Maintenant vu les faits, je ne suis pas de ceux qui croient par pensée magique que baisser les émissions de CO2 va inverser la tendance en 10, 20 voire 50 ans mais on peut se dire honnêtement et sans dogmatisme que ne rien faire c'est - eu égard aux émissions de gaz, aux pollutions, à la raréfaction des ressources et conséquences environnementales + sociales - est criminel.

Donc il faut non pas "croire aveuglément" aux bienfaits de l'action contre le réchauffement, mais la tenter et voir au fur et à mesure quels choix existent pour un développement économique plus soutenable sur Terre - pour la planète comme pour les hommes.

Et attention aussi à ne pas tomber dans les panneaux du lobby nucléaire http://www.dont-nuke-the-climate.org/index.php?lang=fr

Portrait de Mandrake

De Mandrake

| 16H13 | 07/11/2009 | Permalien

A la question "Peut-on douter du réchauffement climatique ? et de ses causes éventuelles?", la réponse est évidemment "oui". Chacun est libre de douter de ce qui lui plait!
Que Mr Serge Galam doute, s'il le souhaite, personne ne le lui reprochera. Mais c'est une chose de douter dans son intime conviction et c'en est une autre de les exprimer en public.

Ce qui est d'autant plus étonnant dans ce papier de Serge Galam, comme dans les déclarations d'Allègre, c'est qu'ils font état de leur statut de "scientifique" et qu'ils s'expriment dans des journaux qui ne sont pas les lieux habituels du débat scientifique.
Pourquoi?
Si ils ont des arguments à faire valoir, ils devraient participer au débat dans les revues spécialisées où il a lieu en publiant des arguments rationnels!
On pourra toujours arguer du sectarisme de la communauté mais quels sont donc les argument scientifiques avancés par Mr Galam qui auraient été rejetés à tord? Comme l'a bien expliqué dans les commentaires un chercheur du CNRS, les faits qu'il énonce sont bien connus (le climat a une évolution "naturelle" mais avec une vitesse qui n'a rien de commun avec les évolutions actuelles, les prévisions reposent sur des calculs et des modèles qui ne sont pas qu'une transposition aussi fidèle que possible de la réalité).
Je serai donc d'avis que Mr Galam présente ses arguments -s'il a quelque chose de plus sérieux à avancer que son intime conviction (son dogme)- dans des revues où la complexité du sujet sera appréhendée par des spécialistes et non dans les pages "du monde" où son statut de scientifique ne peut que troubler les lecteurs par l'irresponsabilité de ses propos.

Portrait de ThePhysicist

De ThePhysicist

Etudiant Physics BSM | 16H18 | 07/11/2009 | Permalien

Cher monsieur BienSiur, je ne sais pas si vous êtes chercheur en climatologie, mais vous ne semblez pas être au courant des résultats dans ce domaine de recherche....

Oui la température est stable depuis 1998, et oui elle a diminué récemment.
http://en.wikipedia.org/wiki/File:Short_Instrumental_Temperature_Record....
http://news.bbc.co.uk/2/hi/8299079.stm
C'est disponible partout, même sur le site du giec.

Pas une science ?
Franchement, quand les autres scientifiques ont vu votre preuve d'un stratospheric cooling (qui est la contrepartie d'un global warming et qui est prédit par tous les modèles du giec sans exception), ils se sont dit soit que vous aviez beaucoup bu ce jour là, soit qu'il y avait un vrai problème...
Pour réussir à voir une tendance baissière de fond sur ce graphique:
http://www.atmosphere.mpg.de/media/archive/1385.jpg
http://science.nasa.gov/newhome/essd/atmos_temps/strato_temp.gif
http://www.wunderground.com/education/dec_stratosphere.gif
il faut être soit climatologue, soit revenir d'une soirée vodka.
Hors volcans, la température est on ne peut plus stable, et ça vous a vite été renvoyé dans les dents par le reste de la communauté scientifique (courbe constante par palliers, avec des palliers plus bas après chaque éruption).

"C'est vrai, les climatologues ne sont pas capables aujourd'hui de prédire l'évolution du climat dans un millier d'année. Ils cherchent juste à faire des prédictions pour 2050 et 2100."
Le problème c'est que si vous reprenez les prédictions faites il y a dix ans, elles n'ont pas été vérifiées.
Pour reconstruire le climat passé vous êtes plutôt doués (en même temps vu les superordinateurs et le financement, heureusement que vous arrivez à faire ça), par contre pour le climat futur pour l'instant vous êtes très très loin du compte.

"C'est bien pour cela que les scientifiques essaient de tirer la sonnette d'alarme en disant attention le climat est en train d'évoluer très rapidement..."
Ce qui est contredit par les dix dernières années de température, cf plus haut. Pour l'instant le GIEC n'a jamais réussi à prédire quoique ce soit correctement, c'est un fait.

"Attention cela change et cela va s'amplifier dans 50 ans"
Sauf que strictement rien ne prouve un emballement.... aucun phénomène critique n'apparait dans aucune donnée.

Je pense que la comparaison aux religions occidentales homme mauvais/apocalypse/paradis est très très vraie.

Portrait de tsunum

De tsunum

- - | 16H27 | 07/11/2009 | Permalien

Donc le sujet du débat est non pas le réchauffement climatique mais la part de responsabilité de l'homme dans cette affaire ?!?

Il est vrai que la terre a connu des périodes plus chaudes et des périodes glacières. Cependant, il n'y a aucune cause "interne" (et naturelle) capable de faire monter les températures globalement de plusieurs degrès. En d'autres termes la principale cause des périodes de réchauffement a été une orbite terrestre plus proche du soleil (seule possibilité naturelle); dans ce cas, toutes les couches de l'atmosphère se réchauffent. Or actuellement, il n'y a que les couches basses qui se réchauffent (ça commence là où se stockent les gaz à effet de serre). La raison du réchauffement actuel n'est donc pas lié au soleil. Comme il n'y a sur terre aucun processus, en-dehors des activités humaines, capable de créer un tel réchauffement...bein il semble bien que ce soit pour notre pomme.

D'accord, je n'ai fourni aucune preuve "positive" de la responsabilité de l'homme. Mais les raisonnements par élimination, ça marche aussi. D'autre part, réfuter la responsabilité de l'homme sur la base "d'un manque de preuves scientifiques", c'est faire un peu comme les pro-NRA aux USA qui disent qu'il n'y a pas de preuves scientifiques d'une corellation entre la vente libre des armes à feu et le nombre de morts par arme à feu. Certes on ne peut pas fournir la "preuve", mais d'un autre côté, il suffit de comparer les stats des morts par armes à feu entre l'Europe, où l'usage des armes à feu est très restreint et régulé, et les USA pour comprendre qu'il y a une relation.

Enfin, je remarque que le thème du réchauffement climatique recouvre d'autres problèmes plus précis pour lesquels il y a des preuves scientifiques. Par exemple: les méfaits de la pollution sur la santé des gens (maladies respiratoires, cancers liés aux particules fines, etc.). Il y a aussi de preuves scientifques qu'un excès de CO2 (lié à l'utilisation des énergies fossiles et à la déforestation) entraine l'acidification des océans (problème gravissime).

Peut-être peut-on encore "discutailler" sur les causes exacts du réchauffement climatique et créer des polémiques, mais il me semble important de réaliser que le thème du réchauffement climatique sert à ralier les gens et à mobiliser l'opinion pour lutter contre un ensemble de problèmes à la fois trop techniques et trop précis pour être eux-mêmes fédérateurs.

Pour finir, non seulement la polémique me semble stérile et contre-productive, mais en plus elle fournit de l'eau au moulin de personnes comme Sarah Palin...Là, je n'ai besoin d'aucune preuve scientifique pour savoir de quel côté il ne faut surtout pas aller.

Portrait de Liger

De Liger

liger.amsud.net | 16H45 | 07/11/2009 | Permalien

Pour faire simple, voilà les différents modèles et leur projections (source GIEC 2001)

Mais au delà de ces calculs numériques, le scientifique honnête a 4 problèmes (je fais simple) :
- on ne connait pas précisément le mécanisme d'échange entre le CO2 et la terre (influence de H2O notamment)
- on ne sait pas comment va réagir la biosphère avec un excès de CO2 et de température
- on ne connait pas avec assez de précision l'influence de l'eau (entre 64% et 95% de l'effet de serre ????)
- on ne sait pas prévoir précisément l'évolution du rayonnement du soleil.

D'autre part, conformément aux théories officielles, on devrait observer certains phénomènes, et c'est l'inverse qui se produit :
- la troposphère devrait se réchauffer, elle ne le fait pas
- l'effet de serre anthropogénique n'explique pas les immenses variations passées, ce qui prouve qu'il manque aux modèles du GIEC des éléments qui lui échappent
- en 2004-2005, les océans de la planète se sont brusquement refroidis, ce qu'on explique pas et remet en cause le GCM ("Global Circulation Model")
- l'hémisphère sud se refroidit, ce qui contredit les modèles courants évoquant les aérosols et autres fumées, absents dans l'hémisphère sud.

Enfin, les données mesurant le CO2 et la température sont aussi sujettes à caution.

Beaucoup d'incertitudes, dis-je. Je ne nie pas le réchauffement, cependant. Je trouve, encore une fois, qu'on ne s'intéresse pas assez à l'eau.

Portrait de nono le simplet

De nono le simplet

artisan du moindre effort | 17H22 | 07/11/2009 | Permalien

Dire que la planète court à la catastrophe sur le plan écologique est une évidence que personne de sensé ne peut nier .
Par contre prévoir le climat dans 20 ou 30 ans me semble parfaitement présomptueux .
Je suis régulièrement les prévisions météo sur 7 ou 8 sites dont la météo.org qui est le seul site qui propose des prévisions à moyen terme ( 6 mois ) . Les prévisions , bien que trés générales , s'avèrent régulièrement archi-fausses , un mois prévu assez sec et froid , par exemple , s'avère trés humide et doux ...
Ils ont au moins le courage de proposer leurs prévisions , ce que je trouve louable , par contre la comparaison prévisions/réalité a disparue du site , dommage ...
Ces prévisions sont établies en fonction des modèles de : NOAA, Météo-France, Meteorological Office, IRI, TWO, Langfristwetter.de, Lothar Beckman, qui sont loin d'être des amateurs , et pourtant ils se plantent régulièrement .
Donc , si on n'est pas (encore) capable de faire de projections à un mois ou deux , comment se fier à des projections à 10 ou 15 ans ????
ci-joint le trés complet site lameteo.org ainsi que le non moins complet site meteociel
http://www.lameteo.org/meteo-71.html
http://www.meteociel.fr/accueil/satellite.php

Portrait de Tarkus

De Tarkus

Passant désabusé | 19H07 | 07/11/2009 | Permalien

Du temps de Galilée, on était sûr que la Terre était plate...
Pas à 90%. sûr, à 100%. On connaît le résultat...

Que la Terre se réchauffe, c'est indéniable. Que ce soit dû à l'homme est totalement infondé en regard des preuves actuelles. Le GIEC, qui semble vénéré par les partisants du catastrophisme, est en réalité la traduction américaine de "Intergovernemental Panel on Climate Change", traduit en français par "Groupement d'Experts sur l'évolution du climat". Les "experts" sont nés de la traduction française.

Que lit-on dans les travaux du GIEC ? Que la mer va monter de.... 3 cm tous les 10 ans ! que l'augmentation de la température a été de 0,74 degrés sur les 100 dernières années ! Quand on sait qu'il y a jusqu'à 40 degrés d'écart entre les températures moyennes de la Sibérie et de l'Egypte, et que des terriens habitent dans les 2 pays, on voit mal pourquoi 0,74 degrés changerait quelque chose...

Et puis surprise, Sciences & Avenir nous apprend que, contre toute attente, le désert recule à certains endroits du continent africain, ramenant la végétation à la place du sable... Pas des petits arbustes, plutôt une forme de savane avec des arbres... Enfin, la Terre a plusieurs fois subi de brusques élévations de température. Il y a 14700 ans, un réchauffement de 10 degrés en une seul année par exemple, comme le montrent les travaux du CNRS du 19 juin 2008.

Il est aussi probable que ce soit en effet le Soleil qui réchauffe actuellement la Terre. Les carottes de l'antarctique montre que la teneur en CO2 (qui, rappellons-le n'est rien à côté de la vapeur d'eau ou du méthane en terme d'effet de serre) SUIT l'élévation de température, et non pas l'inverse. Enfin, la calotte Polaire de la planète Mars fond elle aussi, comme les clichés du site de la NASA le montrent fort bien. Ne serait-ce pas plutôt le soleil qui fait réchauffer la terre ?

Quand j'avais évoqué ces arguments sur Rue89, j'avais été conspué et insulté. On me traitait d'imbécile borné, de simple d'esprit. Mes arguments étaient forcément stupides. Et j'étais aussi demeuré que si j'avais cru dans l'existence des Schtroumpfs.... Or, tous ces arguments sont sérieux, connus, vérifiables et documentés (Nasa, CNRS, compte-rendu du GIEC, etc). Et ceux qui m'ont insulté n'avaient aucun élément concret à apporter au débat...

On n'est plus dans la science, on est dans la guerre de religions... On ne cherche pas à débattre ou à démontrer... On est dans la croyance... On est dans la dictature verte.... Mais la science a toujours lutté contre l'obscurantisme. Le problème est qu'aujourd'hui, on est revenu au temps de Galilée et de Giordano Bruno : Ceux qui ne vont pas dans le sens du troupeau bêlant sont de dangereux hérétiques....

En attendant, on laisse crever de faim et de maladie 10.000 enfants par jour (répétons-le PAR JOUR) en Afrique, pour sauver 2 ours blancs et empêcher les océans de monter de 3 cm en 10 ans, à coups de milliards et d'endoctrinement de masse...

Portrait de Sinus

De Sinus

Chercheure | 20H08 | 07/11/2009 | Permalien

Je suis une humble statisticienne et je travaille, entre autres, sur la question des « changements climatiques », sujet très à la mode il est vrai. Je reconnais bien volontiers que le catastrophisme est fort prisé de certains médias, de certains décideurs politiques et également, ne le nions pas, de certains scientifiques. Cela étant dit, les généralités, au mieux approximatives au pire erronées, énoncées par Serge Galam dans cet article me semblent tout aussi dommageables que celles relatées dans différents médias, notamment (mais pas seulement) pour ce qui concerne l’influence humaine présumée dans le réchauffement climatique.

Je ne travaille pas au sein du GIEC, ma démarche n’a donc rien d’une tentative pour défendre ma paroisse, mais il me semble toutefois nécessaire de rétablir quelques faits. Tout d’abord, parler de « l'unanimité, sans cesse mise en avant, des 2 500 scientifiques du Groupe d'experts international sur l'évolution du climat (Giec) » est absurde. Les chercheurs travaillant au sein du GIEC sont répartis en trois groupes, chacun d’eux oeuvrant dans un domaine particulier (voir http://www.ipcc.ch/organization/organization_structure.htm). Tous les chercheurs du GIEC ne travaillent donc pas à établir la responsabilité humaine (réelle ou supposée) dans le réchauffement climatique (réel ou supposé toujours).

Parlant de Serge Galam, vous écrivez : « Il travaille depuis vingt ans sur les mouvements d'opinion et a observé à partir de 2007, la montée en puissance du catastrophisme sur le climat avec l'affirmation que l'homme était coupable d'une apocalypse programmée (à venir). » Il s’agit d’un faux procès à l’encontre du GIEC. Il se trouve que l’année 2007 correspond à la publication du quatrième (et dernier à ce jour) rapport de synthèse du GIEC. Est-ce véritablement le contenu de ce rapport qui a fait qu’à partir de 2007, on a pu assister à un étalage de catastrophisme ou n’est-ce pas plutôt que le précédent rapport, datant de 2001, avait été peu lu et encore moins relaté dans les médias? Doit-on vraiment imputer aux chercheurs du GIEC la façon dont leurs travaux sont exposés dans les médias?

L’étude de l’influence humaine dans les émissions de gaz à effet de serre ne date pas de 2007. Dans le rapport de synthèse 2001, il est écrit : « De toute évidence, le climat de la terre a évolué à l'échelle régionale et mondiale depuis l'époque préindustrielle, et certains aspects de cette évolution sont imputables aux activités humaines. Les émissions de gaz à effet de serre et d'aérosols dues aux activités humaines continuent de modifier l'atmosphère d'une manière qui influera probablement sur le climat (…). » Source : http://www.ipcc.ch/pdf/climate-changes-2001/synthesis-syr/french/questio.... Comme on peut le constater, il n’y a pas là d’affirmations tranchées comme on peut en lire (trop) souvent dans la presse mais bien plutôt une grande prudence.

Serge Galam écrit : « L'effet de serre est bien plus compliqué qu'on ne le dit. Bien sûr que le CO2 y contribue, mais on ne parle quasiment jamais du méthane, de la vapeur d'eau, qui y contribuent encore plus, et surtout on ignore les effets inattendus que pourraient avoir d'autres données sur le climat. »

Permettez-moi de poser la question suivante : qui ne « parle quasiment jamais du méthane »? Le GIEC ou les médias? Pour le méthane, voici ce qui est écrit entre autres dans le rapport de synthèse 2007 : « Les activités humaines engendrent des émissions de quatre GES à longue durée de vie : le CO2, le méthane (CH4), l’oxyde nitreux (N2O) et les hydrocarbures halogénés (un groupe de gaz contenant du fluor, du chlore ou du brome). Les concentrations atmosphériques de GES augmentent lorsque les émissions l’emportent sur les processus d’absorption. ». Source : http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar4/syr/ar4_syr_fr.pdf.

Quant à affirmer que, en comparaison du CO2, le méthane et la vapeur d’eau « contribuent encore plus » à l’effet de serre, il s’agit là d’une affirmation plutôt curieuse si ce n’est sur le fond (je ne suis absolument pas qualifiée pour me prononcer à ce sujet) du moins sur la forme. Il est pertinent (et même nécessaire) de critiquer l’étalage d’une « vérité absolue » suivant laquelle l’activité humaine serait LA coupable des changements climatiques (même si cette critique devrait être adressée principalement à ceux, nombreux, qui déforment les propos des chercheurs du GIEC pour en faire de l’information-spectacle). Mais cette affirmation catégorique et sans nuances (« contribuent encore plus ») me paraît relever de la même dynamique.

Par ailleurs, le rapport de synthèse 2007 du GIEC ne passe absolument pas sous silence la vapeur d’eau. Tout un chacun est parfaitement en droit de ne pas être d’accord avec tout ou partie des conclusions de ce rapport (et des nombreux autres). Mais il n’est pas honnête d’affirmer que « on ne parle quasiment jamais » de ceci ou de cela dans ces rapports. C’est dans les médias que l’on n’en parle pas.

Serge Galam écrit encore : « Derrière ce consensus, il y a le mythe d'une nature idéale, où la terre débarrassée de l'homme aurait un climat qui ne bougerait pas. C'est faux. » Je suis entièrement d’accord, c’est faux. Mais ce « mythe d’une nature idéale » doit-il être reproché aux chercheurs du GIEC ou à ceux qui en relatent les travaux?

Vous écrivez que « quand Serge Galam s'est penché sur la climatologie et ses preuves, il a remarqué qu'elle n'était pas (encore) une science capable de prédiction exacte et que les dites preuves n'étaient que des résultats de modèles simulés sur gros ordinateurs. » En fait, Mr Galam ne dit pas tout-à-fait cela. Retranscription de la vidéo : « La climatologie n’est pas une science, enfin elle n’est pas encore une science dans la mesure où elle ne peut pas faire des prédictions certaines. »

Ainsi donc une science se définirait par sa capacité à faire des « prédictions certaines »? Outre le fond, là encore il y a la forme : pour combattre cette « pensée unique » suivant laquelle l’activité humaine serait la seule et unique cause des changements climatiques, on passe d’un dogme à un autre. C’est classique. Quant au fond… Mr Gelam vient, en quelques mots, de définir ce qu’est LA science : les milliers d’auteurs qui ont étudié cette question depuis la nuit des temps (bon, là, j’exagère un peu) vont être contents d’apprendre que le débat est clos. Si je puis me permette une toute petite question : si l’on exclut de LA science toute discipline qui, à un moment ou à un autre, s’est trompée, révélant ainsi que des conclusions considérées jusqu’alors comme « certaines » ne l’étaient plus, que reste-t-il?

Mr Galam poursuit dans cette vidéo : « Les faits en fait sont une augmentation de la température moyenne de 78 à 98, donc sur 20 ans, un plateau de 98 à 2008, et une baisse depuis 2008. »

Mr Galam est très attaché à ces années (voir par exemple http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=1&section=11&article=650...) et à ces « faits » qui sont sensés prouver hors de tout doute que tous les climatologues et autres chercheurs du GIEC et d’ailleurs disent n’importe quoi. Il serait absurde de prétendre que les chercheurs travaillant sur ces questions sont tous parfaitement rigoureux et qu’ils ne sont jamais influencés par une pensée dominante. Il est tout absurde d’affirmer le contraire. Il est en outre malhonnête de dire « Les faits… » : on passe une fois de plus d’un dogme à un autre.

Dire « les faits » sous-entend qu’il n’y en a pas d’autres et focaliser sur ces années revient à faire croire qu’il ne s’est rien passé d’autre. Toujours dans le rapport de synthèse 2007 du GIEC, on lit : « Onze des douze dernières années (1995–2006) figurent parmi les douze années les plus chaudes depuis 1850, date à laquelle ont débuté les relevés instrumentaux de la température à la surface du globe. » Nous parlons donc ici de séries de plus de 150 ans, et non pas de 20 ou 30 ans. On est en droit de penser que 150 années ne sont rien au regard des cycles climatiques très longs. Mais il est malhonnête de dire « les faits ».

À la question « Comment les climatologues font-ils leurs prévisions? », Mr Galam répond : « Alors, ils utilisent des modèles, puisque aujourd’hui en fait toute la climatologie se réduit essentiellement à un certain nombre de données partielles et de modèles complexes qu’ils font tourner sur de gros ordinateurs et à partir de ces modèles ils prévoient ce que va être la température moyenne, donc à partir de leurs modèles ils trouvent que, compte tenu de notre production de CO2 et si elle continue au rythme actuel, même en la limitant, on aurait une augmentation de 2 degrés de la température moyenne. Mais ce ne sont que des modèles. »

Ces propos laissent entendre que les modèles en question ne sont conçus que suivant un seul scénario : « compte tenu de notre production de CO2 et si elle continue au rythme actuel ». Je me permettrais de signaler que plusieurs scénarios sont envisagés et que ces scénarios sont continuellement réévalués. En 2005 par exemple, un atelier a été consacré à cette question; on peut lire dans le compte-rendu : « According to Prof Nakićenović, there seems an interesting contradiction when considering different user groups as scientific assessments require complexity: the treatment of uncertainties across models, inclusion of drivers, spatial and temporal disaggretated assessments – all require large ensembles of scenarios. On the other hand policy makers’ prefer simplicity and a focus on single projections, or “high likelihood” scenarios. » Source : http://www.ipcc.ch/pdf/supporting-material/ipcc-workshop-2005-06.pdf.

Du point de vue de la statisticienne que je suis, il est évident qu’il serait préférable de disposer d’un grand nombre de scénarios et d’un non moins grand nombre de projections climatiques. Mais il existe des contraintes réelles. Certaines, comme il apparaît clairement dans l’extrait ci-dessus, proviennent des décideurs politiques.

D’autres contraintes proviennent de difficultés techniques : les modèles climatiques qui « tournent » actuellement sur la planète sont de plus en plus complexes, afin justement de rendre compte de mieux en mieux de la réalité. Au fur et à mesure de l’évolution des modèles, on ajoute des processus physiques et l’on affine la résolution spatiale. Tout cela a un coût : le temps de calcul est gigantesque. Les « gros ordinateurs » auxquels fait référence Mr Galam sont parmi les plus gros du monde (après ceux de la défense…). Pour obtenir une projection climatique de quelques décennies seulement, ces ordinateurs tournent pendant plusieurs mois. C’est une réalité à laquelle on n’échappe pas pour l’instant.

Cela ne signifie pas que les chercheurs ne sont pas conscients des limites inhérentes à ces projections. Cela ne signifie pas non plus que de nombreux chercheurs ne travaillent pas à évaluer au mieux, étant données ces contraintes, les incertitudes associées aux projections climatiques. Ces travaux ne font pas la une des journaux et ne la feront sans doute jamais. Mais ce n’est pas aux chercheurs qu’il faut le reprocher.

Les propos de Mr Galam rapportés dans cet article pourraient laisser croire que tous les chercheurs n’ont d’autre objectif que de justifier la pensée dominante. C’est faux et c’est insultant. Cela ne veut pas dire que tous les chercheurs remettent en question cette pensée dominante : certains chercheurs ne veulent pas que quiconque mette son nez dans leurs travaux. C’est vrai dans tous les domaines, et c’est évidemment regrettable. Mais de grâce, ne généralisez pas à l’ensemble des chercheurs.

Portrait de Chaitin

De Chaitin

Assis devant son ordinateur | 20H35 | 07/11/2009 | Permalien

"Que dit Serge Galam de si répréhensible ?"

C'est bien là la question : il dit qu'il faut être prudent sur les prédictions, que la science ne se fait pas en jour, que les modèles ne sont que des modèles (la carte n'est pas le pays -Aristote-) et qu'il ne faut pas confondre science et choix politiques, et d'ailleurs ne pas faire de confusion entre différents choix politiques. Les mauvaises raisons font-elles de bonnes politiques ? Pas pour moi, cela détourne de problèmes peut-être plus graves....

La question au coeur du sujet est : le CO2 est-il responsable du réchauffement constaté de ces trente dernières années ? Le GIEC dit que oui, nos politiques aussi (ça les arrange bien de ne pas avoir à parler du chômage et de pouvoir déclamer un discours volontariste et militant). D'autres disent que non, certains par intérêt industriel (mais le marché des droits de carbone est train de les racheter petit à petit) et d'autres disent que non, dont des scientifiques.

Comment s'en sortir ?
- Faire des expériences en laboratoire (NB : ce n'est pas le CO2 dans une serre qui fait monter la température, c'est l'absence de circulation d'air, ouvrez les portes et la température baisse, la terre est un système ouvert) : c'est compliqué mais on pourrait essayer
- attendre de voir si la corrélation (qui ne définit pas une relation causale) constatée entre 78 et 98 se poursuit (depuis 98, cela stagne plutôt, donc il faut attendre),
- les modèles, certes mais de l'aveu même du GIEC, certains facteurs sont très mal connus (dont les nuages et la vapeur d'eau),
- explorer d'autres hypothèses et en premier lieu le Soleil, source de chaleur, de vie et de combustibles fossiles, pour voir s'il est possible de trouver des liens (il y en a au moins avec les cycles glaciaires) et des causes plus simples que celle du CO2 : c'est en cours, mais idem, il faut attendre....

Réchauffement climatique et émissions de CO2 sont deux choses différentes, qui restent à relier.

Merci monsieur Galam

Portrait de Lacuzon91

De Lacuzon91

chercheur | 01H07 | 08/11/2009 | Permalien

Je suis chercheur, pas en climatologie, mais en physique..., disons des fluides, mais ça n'a pas d'importance ici. On peut s'envoyer des chiffres à la tête, ergoter sur le temps qu'il fait ou qu'il aurait dû faire, mais il y a quand même une simple remarque de bons sens qui est la suivante. La croissance de notre espèce est extrême. Nous fabriquons et relargons de plus en plus de choses dans l'environnement, et cette croissance n'est pas linéaire. Elle s'amplifie. Il est donc inévitable, qu'à un moment ou un autre, notre action sur le climat devienne de force comparable aux effets "naturels". Que ceci conduise à un réchauffement, un refroidissement ou "pas d'effet clair pour l'instant" est il la vraie question? Tot ou tard, il est évident qu'il y aura un effet, dans un sens ou dans l'autre. Il y a des indices sérieux qui suggèrent que nous sommes arrivés à ce moment. Encore une fois, on se fout de savoir si ça va réchauffer ou refroidir. Il est évident, arrivé à ce stade, qu'une espèce un peu raisonnable essaierait de limiter l'impact de ses activités sur le climat. Alors, maintenant, compte tenu de ce contexte, les gens qui s'inquiètent ont de toutes façons de fortes chances d'avoir raison, et les quelques hurluberlus qui souhaitent relativiser et pratiquer le doute universel sont bien d'aimables irresponsables donnant à certains un alibi pour continuer dans leurs pratiques industrielles irresponsables. Voici mon point de vue. Chacun a le droit de douter, mais il y a aussi le problème de l'action. On fait quoi? Rien en attendant d'être sûr? Aimable rigolo, va.

Tous les commentaires

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code