a la une

Après Jean, un coup de pouce de l'Elysée pour Pierre Sarkozy

Un conseiller de l'Elysée est intervenu auprès de la SCPP afin qu'il obtienne pour son projet musical l'aide qu'on lui avait refusée.

Pierre Sarkozy (à gauche) avec son frère Jean, Eric Besson et Bruno Lemaire à Colleville en juin 2009 (Ph. Wojazer/Reuters)

Le site Electronlibre.info révèle une information plutôt gênante, après plusieurs semaines de polémique sur Jean Sarkozy : alors que la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) lui avait refusé une aide, son frère Pierre Sarkozy, producteur de rap, est allé se plaindre à l'Elysée. Après intervention d'un conseiller de son père, la direction de la SCPP aurait promis de tout arranger…

ElectronLibre, un site spécialisé dans l'actualité high tech, médias et culture, est très lu par les acteurs de ces secteurs, et considéré comme très fiable.

Joint par Rue89, le directeur général de la SCPP Marc Guez reconnaît qu'un conseiller de l'Elysée est intervenu auprès de lui, après le refus de la commission prononcé en septembre :

« Je lui ai répondu qu'on n'avait pas attribué d'aide à la société dont Pierre Sarkozy est actionnaire pour des raisons de manque de budget, et que nous avons préféré privilégier les membres de notre association. Il est très rare que nous versions des aides à des non-membres, même si c'est déjà arrivé.

Mais ce conseiller ne m'a pas demandé de faire en sorte que cette aide lui soit versée. De toute façon, je n'aurais rien pu faire, puisque la commission qui attribue les aides est indépendante. »

Marc Guez aurait pourtant répondu par e-mail, il y a moins de dix jours, qu'il faisait « une affaire personnelle » du dossier de Pierre Sarkozy. Ce dernier, qui a notamment produit un album de Doc Gyneco, cherche des financements pour un projet évalué à environ 80 000 euros. Sa demande d'aide porterait sur un montant inférieur à 10 000 euros.

Une « simple » demande d'explication ? Mais pourquoi de l'Elysée ?

Le conseiller culture de l'Elysée, qui en raison de ses fonctions connaît bien le secteur du disque, a donc essayé d'arranger cet humiliant revers.

Car pourquoi aurait-il simplement demandé une explication au directeur général de la SCPP, alors qu'il est notoire dans le milieu qu'elle n'accorde des aides qu'à ses membres, sauf rares exceptions ? Entre-t-il dans les attributions d'un conseiller du président de la République de savoir pourquoi le dossier de son fils a été refusé par un organisme indépendant ?

Cité par l'AFP, le conseiller en question, Eric Garandeau, a affirmé qu'à « aucun moment, l'Elysée n'a demandé une décision dans un sens ou dans un autre » :

« Je suis sollicité en permanence par des producteurs à qui on a refusé une subvention et je demande systématiquement les raisons du refus. »

Le conseiller : « J'ai précisé que l'Elysée ne demandait aucun traitement de faveur »

Comme Pierre Sarkozy s'était tourné vers lui, il a « fait comme pour les autres » :

« Mais comme c'était Pierre Sarkozy, j'ai pris deux précautions : j'ai mentionné par oral et écrit que l'Elysée ne demandait aucun traitement de faveur et je n'ai pas cité le nom de Pierre Sarkozy. »

En révélant cette intervention, ElectronLibre écrivait :

« Dernièrement, la direction générale de la SCPP, contactée par le Château, s'empressa d'apporter toutes les garanties, que lors de la prochaine commission, l'affaire serait réglée dans le sens qu'il convient ».

Toutefois, selon Libération.fr, qui a contacté Yves Riesel le président de la société de production Abeille Musique et membre de la SCPP, « cela n'arrivera pas ». Rieser a longtemps siégé à la commission, et il la décrit comme « très formaliste, et cherchant toujours à distribuer les sommes de façon équitable ».

Il confirme qu'avec la crise du disque et l'augmentation du nombre de dossiers, « cela fait des mois et des mois que les aides sont réservées aux membres » de la SCPP. Et que rien n'empêche Pierre Sarkozy d'adhérer.

Mis à jour le 09/11/2009 à 12h14, avec la réaction d'Eric Garandeau.

8 commentaires sélectionnés

Portrait de barbouille

De barbouille

surfeuse | 20H44 | 07/11/2009 | Permalien

en plus ce sont des clônes ..
Avec des prénoms d'apôtres, ils attendent beaucoup du bon Dieu.

c'est à mourir de rire. ou à en pleurer.

Portrait de Vuedechezmoi

De Vuedechezmoi

utopiste | 20H45 | 07/11/2009 | Permalien

J'ai besoin de tunes pour produire mon spectacle (35 ans de métier derrière moi...), je peux aller demander à l'Elysées, non ?

Portrait de Samuel82

De Samuel82

Humoriste | 20H49 | 07/11/2009 | Permalien

Le Schtroumpf Népotisme frappe encore une fois !

- Allô papa ? La caissière m'a refusé une réduction de 0,50 cents sur mon shampoing !!! Tu peux faire intervenir un conseiller de l'Elysée ?

- Allô papa ? Ma prof a refusé de me mettre la moyenne ! Tu peux faire intervenir Luc Châtel ?

- Allô papa ? Mon voisin de classe refuse de me chanter " La Marseillaise" ! Tu peux appeler Eric Besson ?

- Allô papa ? Un homme dans la rue a refusé de me donner un mouchoir ! Fais intervenir Roselyne Bachelot !

- Allô papa ? Un gars a refusé de me faire tourner un joint ! Appelle sans plus attendre Brice Hortefeux !

(Démarrons le concours du meilleur caprice de fils à papa ! A vos claviers !)

Portrait de Bardamu

De Bardamu

difficile | 21H05 | 07/11/2009 | Permalien

Eh oui...

L'ancien proviseur du lycée Henri IV a raconté dans ses mémoires comment un jour, à sa grande surprise, il est convoqué à l'Elysée par François Mitterrand...

Le bonhomme évidemment se perd en conjectures sur la raison d'une telle convocation. Il est reçu par Mitterrand, et, abasourdi, s'entend demander par le président de la république une place dans son établissement pour sa fille Mazarine...

Rien de nouveau sous le soleil.

Portrait de bertrand58

De bertrand58

chômeur | 21H22 | 07/11/2009 | Permalien

c'est pas seulement anti sarko, si ségo avait fait la même je pense que les réactions seraient les mêmes (enfin je l'espère) si la mère aidait un de ces enfants en utilisant les moyens liés à la présidence, les réactions auraient été les mêmes.

Donc c'est inacceptable pour qui que soit mais encore plus pour le président de le république, qui doit, normalement, servir d'exemple et le montrer surtout.

Portrait de cariboo

De cariboo

cadre de dir en retraite | 21H35 | 07/11/2009 | Permalien

je ne suis pas madame Irma, mais je connais déjà le prochain scandale qui paraîtra d'ici une quinzaine : un mauvais coucheur employé au ministère de l'Education Nationale vient de révéler que les diplômes du CEP, du BEPC et du Baccalauréat remplis au nom de Louis Sarkozy seraient déjà prêts, seule la date étant encore en blanc.
Les mêmes sources avancent que le ministère n'aurait pas osé imprimer les certificats de licence, les enfants Sarkozy ayant une fâcheuse tendance à bloquer un peu dans leurs études, passé le baccalauréat !
Quelle merveilleuse dynastie qui confirme bien ce que disait le grand Malraux " le XXI° siècle sera sarkosien ou ne sera pas".

Portrait de Caillera

De Caillera

Gibier de gibet | 22H24 | 07/11/2009 | Permalien

Allô papa ? Il y' a un riverain de Rue 89 appelé Samuel82 qui se fout de ta gueule... ;-)

Portrait de jiemo

De jiemo 21993

retraité | 00H35 | 08/11/2009 | Permalien

Ce fait , s'il est avéré ne doit pas nous conduire à l'acceptation de la banalisation du népotisme.

S'il est un premier acte de résistance que nous pouvons facilement réaliser , c'est bien celui de voter massivement aux régionales qui s'annoncent de manière à faire entendre notre ras le bol !

Tous les commentaires

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code