A debattre 06/11/2009 à 12h40

Quotas de femmes patronnes : Darcos refuse la contrainte

François Krug | Journaliste Rue89


Anne Lauvergeon, PDG d'Areva, en 2008 (Benoit Tessier/Reuters)

« On ne peut pas exiger le même chiffre du BTP ou de l'industrie cosmétique » : dans une interview à Madame Figaro, Xavier Darcos se dit sceptique sur un quota féminin dans les conseils d'administration. Le ministre du Travail veut « du cousu main », pas du systématisme. Simple réalisme ou frilosité ?

La polémique sur la féminisation du patronat a été relancée en juillet, avec la remise à Xavier Darcos d'un rapport sur l'inégalité hommes-femmes au travail. Parmi ses propositions : un minimum de 40% de femmes dans les conseils d'administration.

Une députée UMP, Marie-Jo Zimmermann, vient de déposer une proposition de loi en sens. Sans contraintes fixées par la loi, « rien ne bouge », argumente-t-elle sur le blog du Figaro Paroles d'entrepreneurs.

« On ne peut pas exiger le même chiffre du BTP ou de l'industrie cosmétique »

Xavier Darcos n'en est pas convaincu. Dans Madame Figaro, il explique qu'un quota aurait simplement « valeur de symbole » :

« Plus que l'égalité, je veux l'équité -pas seulement dans les conseils d'administration-, pour que les sexes soient répartis à due proportion de leur représentation dans l'entreprise. Là où l'on compte 60% de femmes cadres supérieures, on doit retrouver peu ou prou ce score dans le top management de l'entreprise.

On ne peut pas exiger le même chiffre du BTP ou de l'industrie cosmétique. Je veux du cousu main. »

Pourtant, aucun doute possible : les femmes sont nettement sous-représentées, comme l'avait expliqué Eco89. Et pas seulement dans les secteurs que Xavier Darcos semble considérer comme typiquement masculins, le BTP notamment.

Au sein des 500 plus grandes entreprises, 8% seulement des administrateurs sont des administratrices. Dans le CAC 40, il n'y en pas une seule chez Axa, Capgemini, EADS, STMicroelectronics, Vallourec et Veolia Environnement. BNP Paribas sauve l'honneur, avec quatre femmes sur quatorze administrateurs.

Ce sera donc aux hommes qu'il reviendra de féminiser les entreprises

Le « cousu main » de Xavier Darcos ne risque pas d'apaiser le débat. Le ministre avait déjà estimé en septembre que le mouvement « s'accomplira de lui-même, sans que nous soyons obligés d'imposer une contrainte dans la loi ».

« Imposer une contrainte dans la loi » ? Xavier Darcos s'y refuse pour le « top management », mais il est prêt à le faire pour le reste de l'entreprise. Dans son interview à Madame Figaro, il détaille son programme :

  • Des négociations entre partenaires sociaux sur l'égalité hommes-femmes
  • Une loi au premier semestre 2010 pour les entreprises de plus de 300 salariés
  • Un système de bonus-malus, avec une pénalité pouvant représenter 1% de la masse salariale pour les entreprises les plus sexistes

Sans contrainte pour modifier le « top management », ce sera donc essentiellement aux hommes qu'il reviendra de féminiser les entreprises. Selon vous, Xavier Darcos a-t-il raison de leur faire confiance ?

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  • Camille
    • Posté à 13h32 le 06/11/2009

    Ben les femmes dans le BTP faudrait pas déconner, comme si les femmes savaient conduire : pour aller aux conseils d'administration ou pour conduire des grues, faut être un homme c'est sûr (Bouygues n'embauchent plus que des femmes car elles boivent moins et qu'il y a moins de casse avec les grues sur certains chantiers) !
    Dans les cosmétiques par contre, c'est bien normal, c'est un truc de femmes, qu'importe si dans les études de chimie, on trouve une majorité d'hommes, au final, il faudra bien qu'on embauche des femmes.

    Tout ça n'est pas sexiste bien sûr et X Darcos a au moins autant réfléchit que sur les couches dans les maternelles

  • mr_megot
    mr_megot répond à Camille
    .
    • Posté à 14h13 le 06/11/2009
    • Internaute
      .

    Mouais. Veuillez pardonner ma goujaterie, chère madame, mais votre mauvaise fois est impressionnante, pour un peu on croirait lire un post de numero6…
    Si les personnes qui siègent au conseil d'administration d'une entreprise sont choisies parmi les cadres de cette même entreprise, il parait logique que la proportion hommes/femmes du CA reflète celle des cadres... Et si L'Oréal compte 90% de cadres femmes et Bricorama (bon, rien d'autre ne m'est venu à l'esprit) 90% de cadres hommes, il n'est pas totalement incohérent de considérer que les CA doivent refléter ces écarts...

    En fait ce qui me gène c'est que vous vous trompez de colère, comme disait l'autre. Vous niez une situation au lieu d'en critiquer les sous jacents, c'est comme si je vous disais qu'il y a que des bonnes femmes en hypokhâgne et que des bonhommes en maths sup, et que vous me répondiez « C'est FAUX ! En disant cela vous sous entendez que les femmes sont trop connes pour faire des maths ! ».
    Alors que je ne fais qu'énoncer une situation bien réelle, on peut se poser des questions sur les raisons sociologiques qui amènent à cette situation (et donc à des injustices puisque les études scientifiques sont mieux considérées que les études littéraires), disserter sur les habitus qui amènent à la « domination masculine » (j'aime à pérorer en montrant que j'ai lu les quatrièmes de couverture de livres compliqués, une attitude particulièrement masculine d'ailleurs, pardonnez moi), mais ca n'est pas en niant que les cosmétiques sont un univers somme toute assez peu masculin qu'on fera avancer les choses…

    Bises !

  • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
    • Posté à 14h35 le 06/11/2009

    le quota ne réglera pas le problème. Les acteurs s'adapteront a cette nouvelle règle pour placer une pouliche qui soutienne leurs intérêts.

    Le vrai problème est culturel, il réside dans la socialisation, dans l'éducation, qui diffère selon le genre sexuel auquel on appartient.

    Il me semble qu'avant de poser des quotas, il faudrait commencer par regarder ce qui déja, est inadmissible, a savoir les écarts de paye, selon qu'on est un homme ou une femme, pour un meme poste.