Une faute du ministre Christian Estrosi sur son compte Twitter et un rattrapage osé ont relancé ce débat crucial.

Après s'être fait rabrouer au Sénat pour son utilisation compulsive de Twitter, Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, s'est également vu reprocher sa mauvaise orthographe par le socialiste Martial Bourquin. En cause, ce message :
« Je commence le bêtisier : Bourquin PS : efficacité du service publique mais cette efficacité pas au détriment du service publique. »
Le sénateur l'a corrigé publiquement :
« Monsieur Estrosi, je suis un autodidacte comme vous. “Service public”, c'est un “c”, c'est pas “que”. Quand on parle de l'identité nationale… l'orthographe fait partie de l'identité nationale. »
« Publique ou public ? Ce n'est pas privé c'est l'essentiel. Coquille… Autant pour moi ! »
Passons sur le débat concernant « au temps pour moi ». Le reproche de Martin Bourquin l'ayant visiblement beaucoup froissé, le ministre a consacré une partie de sa matinée de vendredi à se justifier. Pour expliquer sa coquille, le voici invoquant la première graphie de l'adjectif « public » :
« Petit cours d'histoire orthographique : “Publique” est la première orthographe admise pour l'adjectif quelque soit son genre. (…) C'était d'ailleurs la seule graphie non fautive jusqu'au XVIIIe siècle. Au delà “Public” a progressivement évincé “Publique”. »
Ouf, l'honneur est sauf pour le maire de Nice puisque sa coquille n'en était pas une ; il s'agissait d'une coquetterie orthographique. Un peu comme si la faute d'orthographe était l'erreur ultime à faire en politique, d'autres personnalités publiques se sont vues raillées pour s'être emmêlé les lettres.
Nicolas Sarkozy : « Si y en a que ça les démange »
Le Président écrit comme il parle et inversement. Ses petites phrases surprenantes d'imperfections syntaxiques sont rédigées ainsi dans ses discours. Ainsi, on retrouvera « si y en a que ça les démange d'augmenter les impôts… » ou « Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur et tous ceux qui sont importants, bonjour ».
Dans une tribune publiée dans Le Monde, Barbara Cassin, chercheuse au CNRS, s'indigne de la « présence massive de fautes d'orthographe sur le site de la présidence de la République française » :
« Dans le discours prononcé devant les ouvriers de Daher tel qu'il figure sur le site de l'Elysée, je lis, entre autres, ces deux fautes qu'on ne tolère pas en classe parce qu'elles sont le signe que l'élève ne comprend pas le mécanisme de la langue : “Nous on fait confiance et vous adhérer à cette stratégie offensive”, et “on apporte aux participations les participations qu'à la Caisse, les participations qu'à l'Etat”. »
En 2008, c'est « Le Petit Journal » de Canal + qui relevait une jolie faute de Nicolas Sarkozy, griffonnée durant un discours : « fréquenter l'infrécentable ». (Voir la vidéo)
Martine Aubry : des propositions bourrées de fautes
Lorsque Vincent Peillon, en décembre 2008, flingue le texte d'orientation de Martine Aubry, tout juste élue première secrétaire du PS, il critique le fond et la forme : un texte « qui ne fait aucune proposition, qui dès la première page comporte plusieurs fautes d'orthographe, oublie le thème de l'Education ».
Le Post a relevé ces erreurs dans le document suivant :

Luc Chatel, ministre de l'Education nationale et une mauvaise copie
En septembre dernier, Luc Chatel a fait distribuer un dossier de presse consacré à la rentrée scolaire truffé de fautes d'orthographe. Florilège :
- « La rèforme de l'enseignement primaire, qui est entré en application à la rentrée 2008, s'appuie sur des horaires et des Les programmes, redéfinis par arrêtés du 9 juin 2008 qui s'articulent avec les sept grandes compétences du socle commun. »
- « En 2009 se sont 214.289 élèves qui ont suivi… »
- « Ces formations concerneront prioritairement les enseignants qui exercent pour la première fois en école maternelles . »
Moqué par les médias, le ministre a fait corriger le texte.
Finalement, les hommes politiques ne font que suivre les tendances, la dernière étant de négliger son orthographe sans mauvaise conscience. Il y a quelques mois, Pascal Collardey, directeur des ressources humaines du cabinet d'audit et de conseil KPMG pour la France, expliquait à Eco89 qu'une bonne orthographe n'était pas forcément nécessaire pour obtenir un emploi :
« Il y a vingt ans, faire deux fautes dans une lettre de motivation était clairement rédhibitoire. Aujourd'hui, si on s'arrêtait à cela, la pile des candidatures maigrirait sérieusement. Il ne faut pas que l'orthographe soit le seul critère lorsqu'on décide d'écarter une candidature. »
Le débat sur l'orthographe a été relancé à l'automne avec la parution de « Zéro Faute » du journaliste François de Closets. Il y raconte sa détresse de « nul » en orthographe et plaide pour sa simplification. A un journaliste de l'Indépendant, l'essayiste de 75 ans a confié :
« Finis les complexes. A mon âge, je me sens enfin libre vis-à-vis de l'orthographe. Il faut savoir qu'il reste deux tabous en France : la masturbation et les fautes d'orthographe. »




















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De tweesty
Né 1jour ferié | 18H47 | 06/11/2009 |
"Je veut bien me chargé de corigé leurs texte en echanje d une rémunneration efective."
Plus sérieusement, je pense que l'orthographe est "la science des ânes". Et cette affirmation prend tout son sens lorsqu'il s'agit d'un texte au contenu politique ou polémique où ce sont les idées qui priment.
C'est malsain et dangereux car cela exclue toute une partie de la population (ceux qui ont un niveau d'instruction faible, les dyslexiques ou les immigrés) du débat politique.
J'ai enseigné les lettres il y a quelques années à un niveau assez élevé et lorsque je devais corriger une copie pleine de fautes, je me contentais d'un sobre "Attention à l'orthographe" ou d'un "relisez-vous". Je ne tenais compte de ce critère que lorsque je constatais que les fautes étaient significatives d'un manque d'investissement personnel dans la copie.
De plus, j'ai déjà posté dans la précipitation des commentaires contenant des fautes d'orthographe, sans prendre le temps de me relire. Je pense que les messages qu'ils contenaient sont tout de même passés.
De Elcondorpasa
irresponsable | 18H50 | 06/11/2009 |
C'est normal qu'il y ai autant de faute d'orthographe. Comme les entreprises, les partis politiques "emplois" des stagiaires non rémunérés pour faire leur travail.
De FaDiTo
Professeur | 18H58 | 06/11/2009 |
Ecrire sans faute, s'exprimer sans faute sont deux marques de respect des autres.
Lorsque le Président Sarkozy s'exprime dans un français volontairement très approximatif et vulgaire lors de ses rencontres avec des ouvriers ou des employés, il pratique un art de la démagogie hautement condamnable et fait preuve de mépris à l'égard des personnes auxquelles il s'adresse.
Certes, les langues évoluent, s'adaptent et se modernisent à l'instar d'organes vivants. Rien de plus normal.
Mais les journalistes et hommes politiques se doivent de respecter les règles élémentaires de la grammaire française. Juste par politesse, juste pour être crédibles et ne pas passer pour des crétins, je m'en foutistes une fois élus, une fois en place.
Mais, avez-vous jamais remarqué le nombre de fautes d'accord et autres dont nos journalistes de télévision nous abreuvent ?
Les peuples ont les journalistes et hommes politiques qu'ils méritent.
De Porey
| 19H10 | 06/11/2009 |
Sauf erreur personne n'a encore relevé que la (fumeuse) justification du ministre motodidacte comporte une nouvelle faute : "... l'adjectif quelque soit son genre" au lieu de "l'adjectif quel que soit son genre."
Ceci dit il ne s'exprime pas plus mal que son très cultivé, très digne et très distingué patron.