Lors d'une bagarre, le 10 mars 2007 à Udine en Italie, Abdelmalek Bayout a poignardé à mort un homme qui l'avait traité de « pédé ». Mais un élément a attiré la clémence de la cour d'appel de Trieste : la mise en évidence de « gènes de la violence » dans son ADN.
Ces gènes, a estimé la Cour, prédisposaient le prévenu à un comportement agressif, dans une situation où il était provoqué. De neuf ans et deux mois de prison (en première instance), la peine de prison a été ramenée à huit ans et deux mois.
Avant de décider de réduire sa peine, le juge d'appel, Pier Valerio Reinotti, avait ordonné qu'une nouvelle étude indépendante fut menée pour déterminer les problèmes mentaux du prévenu, déjà constatés en première instance. C'est dans ce cadre que les neurologues Pietro Pietrini (University de Pise) et Giuseppe Sartori (Université de Padoue) ont repéré, dans le patrimoine génétique de l'assassin, plusieurs gènes suspectés d'être à l'origine de comportements agressifs.
Une prédisposition à mal réagir en cas de provocation
L'une des références de leur rapport est une étude menée en 2002, sur un échantillon de plus de 1000 enfants et jeunes adultes entre 3 et 26 ans, sous la direction de Terrie Moffit. L'étude portait sur le gène de la monoamine-oxydase A (MAOA). Le MAOA est un enzyme qui aide le cerveau à s'adapter à des situations de stress : lorsque l'activité de cet enzyme baisse, les comportements agressifs sont favorisés. Or certaines mutations du gène du MAOA seraient moins efficaces que d'autres dans la « production » de l'enzyme apaisant.
Dans leur rapport, les deux scientifiques italiens suggèrent que, du fait de ses gènes particuliers, Bayout était prédisposé à mal réagir en cas de provocation. « Il existe des preuves de plus en plus solides que la combinaison de certains gènes, dans un contexte d'insultes, peut prédisposer à certains comportement », a assuré Pietro Pietrini. Le juge a été convaincu.
Le jugement a été rendu dans l'indifférence, il y a un mois, avant qu'un journal, le Messaggero Veneto, ne le repère et lui consacre un article. Ses conséquences, s'il faisait jurisprudence, seraient vertigineuses. Ce jugement va en effet bien au-delà des circonstances atténuantes pour problèmes psychiatriques. Il laisse entendre que certains gènes, par leur présence même, amoindriraient la responsabilité sociale des hommes.
Les scientifiques minimisent le rôle des gènes
Mais si la justice se mèle de génétique, on peut se demander quelle sera la prochaine étape. La constitution d'une police génétique « pré-crime » chargée de mettre les « futurs délinquants » sous surveillance ? L'avortement de tous les foetus portant ces « mauvais » gènes ? Bienvenue à Gattaca !
Les scientifiques interrogés par le magazine scientifique Nature sur la décision de la Cour d'appel de Trieste sont dubitatifs. « Nous ne savons même pas comment le génome fonctionne », réagit ainsi Giuseppe Novelli, généticien à l'université Tor Vergata à Rome, jugeant que des tests portant sur des gènes isolés sont selon lui « inutiles et onéreux ».
En France, la question du lien entre génétique et criminalité avait été au centre d'une controverse pendant la campagne électorale de 2007. Le candidat Nicolas Sarkozy avait en effet fait part de sa conviction que les gènes permettaient d'expliquer les suicides ou la pédophilie.
Les scientifiques admettent qu'il existe des « vulnérabilités » somatiques ou psychologiques liés aux gènes ; mais leur importance, dans l'explication des comportements, ne pèse presque rien, comparée, par exemple, à l'environnement social ou familial.




















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De Alcide Nikopol
Passé a l'Est | 11H42 | 01/11/2009 |
Les implications pour la justice sont nombreuses. Des scientifiques viennent de découvrir que certaines personnes sont génétiquement susceptibles de toucher des commissions sur des ventes d'armes à des pays en guerre.
Le gène arnako-barbouze-VrepublicO-france-à-fricA (ANG-OLA) serait concerné
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, pierr... | 11H57 | 01/11/2009 |
c'est biscornu comme raisonnement
d'une part il faudrait "excuser" certains individus "prédisposé" à la violence
on pourrait carrèment les dispenser de prison puisque "ce n'est pas de leur faute"
et ensuite les refoutre en taule puisqu'ils sont un danger potentiel
De CyrilM
13H28 | 01/11/2009 |
Ceci met en évidence une fois de plus que nous nous dirigeons vers de graves incohérences quand aux bases de notre justice. D'un coté la justice fondé sur le libre arbitre, un individu est responsable de ses actes, d'un autre coté la science (au sens large) qui ne cesse de mettre en évidence nos déterminismes et la bases de nos comportements (que ce soit génétique ou environnemental d'ailleurs les deux restent totalement indissociable pour moi et le problème n'est pas là). D'un coté soit on prend en compte les déterminismes, le cas extrême étant la folie, on décrète ainsi l'individu irresponsable de ces actes (et donc innocent), soit on le considère totalement libre d'agir et donc responsable (et donc coupable et condamnable). Alors de temps en temps les juges prennent en compte certains déterminismes mais cela génère un sentiment étrange, jusqu'où peut-on aller, à partir de quand commencer ? Un individu dans une foule en délire est-il encore un individu ayant tout son libre arbitre ?
Le moyen de supprimer cette contradiction (selon H. Atlan "la science est-elle inhumaine ?" qui prend comme point de départ l'incontournable Spinoza) est de dissocier la notion de responsabilité et de libre arbitre. Prendre comme base que nous sommes tous déterminés dans nos actes (le libre arbitre n'existe pas, sauf en tant que sentiment illusoire et la liberté se situe ailleurs, en quelque sorte dans la prise de conscience de ses déterminismes, libre est celui qui agit selon la nécessité de sa nature...) et quelque soit les déterminismes qui nous ont conduit à agir nous devons rester responsable de nos actes. Ainsi la justice devrait mettre en lumière qui est responsable d'une situation donnée, c'est à dire s'il y a participation ou non aux faits (fou ou pas), et ensuite jugé la part de culpabilité...
De hgo04
Citoyen Lambda | 13H49 | 01/11/2009 |
M. RICHE..
Vous devriez, en écrivant ce genre d'article, bien préciser que les faits, le jugement et les décisions de justice viennent d'un autre pays que le notre..
Les réactions qui concernent votre article, font la confusion entre justice française et italienne.
Vous pourriez ainsi, nous parler des décisions de justice d'autres pays encore, qui exécutent des hommes, d'autres encore qui lapident des femmes et ainsi de suite. Certes l'Italie est en Europe, certes c'est notre proche voisine, mais la s'arrête la comparaison.
Et ce n'est pas le petit paragraphe sur ce qu'a dit l'un ou l'autre il y a quelques temps, qui changeront quoique ce soit... Sinon les pédophiles ne seraient pas ou plus condamnés..
Votre article est intéressant, mais sélectionner des commentaires qui ramènent la critique sur la justice française est surprenante...
De claustaire
enseignant | 16H56 | 01/11/2009 |
Je ne comprends pas très bien l'émoi voire les fantasmes soulevés par cette information.
Cet individu, après avoir commis un crime, s'avère, selon des experts (il y a toujours des experts dans un système judiciaire), porteur d'une anomalie physique ou psycho-physique (génétique) l'exposant à répondre plus violemment que des gens normaux à une agression.
Si une telle fragilité psycho-physique, caractérielle, génétique ne peut pas valoir un minimum de circonstance atténunante, alors ne parlons plus d'irresponsabilité ni de circonstances atténuantes.