Témoignage

Romain, ex-pédophile : « J'aurais dû le rejeter, mais comment ? »

A 31 ans, après cinq ans de prison, il raconte comment il est tombé amoureux d'un garçon de 10 ans et ce qu'il regrette.

Enfant de prostituée à Kolkata, en Inde, le 31 octobre (Parth Sanyal/Reuters)

Quand il arrive à Paris, samedi matin, celui qu'on appellera Romain est très remonté. La veille, Francis Evrard a été condamné à trente ans de prison, dont vingt ans de sûreté, pour le viol et l'enlèvement d'Enis, 5 ans, en 2007. Au kiosque de la Gare de l'Est, toute la presse titre sur le verdict et ça le met en colère :

« On diabolise, on dit aux gens qu'un pédophile, c'est un monstre. Evrard est un monstre parce que c'est un criminel sexuel, récidiviste en plus. Mais pédophile, c'est une attirance, pas un crime. Est-ce qu'on précise que le violeur de la joggueuse en Seine-et-Marne était hétérosexuel ? »

On peut se demander si ce combat est bien opportun. Mais Romain, 31 ans, est sorti de prison en mars. Cinq ans derrière les barreaux pour avoir eu des relations sexuelles avec un mineur de moins de 15 ans. Le mineur en question en avait 10, Romain venait de rentrer dans sa région d'origine après quelques années à Paris.

Quand il parle de l'époque de leur « rencontre », on comprend que Romain était plutôt seul et en plein « syndrôme de Peter Pan ». Juste avant, il travaillait d'ailleurs dans un parc d'attraction où « voir Mickey dans les coulisses [le] faisait pleurer » - un poste sans contact avec les enfants toutefois.

« Il est venu me chercher mais c'était à moi de le rejeter »

Quelques vagues amitiés d'avant, ses parents, pas de boulot. Il passe du temps chez une vieille copine d'enfance, laquelle a un fils. Lequel a un meilleur copain. Le meilleur copain s'attache à Romain, et vice versa.

Aujourd'hui, il sait dire que le petit garçon, alors en CM1, « cherchait sans doute un père ». A l'époque, il était incapable d'en parler ainsi. Il a fallu les gendarmes, l'incarcération immédiate, deux tentatives de suicide en cellule, des semaines « à pleurer des litres et des litres de larmes sans s'arrêter », et des rencontres, une oreille. Aujourd'hui, il dit :

« C'est moi qui aurais dû mettre un terme à tout cela, mais je ne savais pas comment réagir. Ça ne me dérangeait pas plus que ça qu'il s'attache, qu'il veuille venir chez moi, que je l'emmène à la piscine, qu'on joue à des jeux.

Ça comblait un vide immense, même si quand on s'est connu, j'avais une copine, dont il était d'ailleurs très jaloux et avec qui j'ai fini par rompre. Il est venu me chercher mais c'était à moi de le rejeter. Je suis le seul responsable, le seul coupable. Lui ne pouvait avoir conscience qu'on dérapait. »

L'enfant à califourchon qui lui fait des calins et qui finit par l'embrasser sur la bouche « en fermant les yeux ». Romain raconte « un emballement » :

« Un soir, il était à côté de moi dans le lit, et je lui ai demandé s'il se rendait compte de ce qui se passait. Il m'a dit : “Oui, on fait l'amour”. J'ai demandé si c'était bien ce qu'il voulait, il m'a dit : “Oui, j'adore.” Alors je lui ai dit que je l'aimais. Que c'était le petit amour de ma vie. »

On lui fait remarquer que l'hypothèse de sentiments amoureux qui singent ceux des adultes le dédouane. Comme si c'était moins grave, moins traumatisant, parce qu'il y avait de l'amour et de la douceur dans tout ça. Il répète qu'il « aurait dû réagir », mais qu'il n'a pas su :

« J'avais l'impression que mon entourage fermait les yeux. A commencer par sa mère, qui le laissait dormir chez moi. Tout le monde me disait : “Il est beaucoup plus épanoui, il travaille mieux à l'école depuis qu'il est avec toi.” Je me suis laissé aller. On nous a laissés nous enterrer. »

On sent qu'il a erré, tâtonné avec les limites :

« J'ai toujours refusé qu'il me voie nu, je sentais qu'il y avait quelque chose de pas normal, de déséquilibré. Je ne voulais pas qu'il voie un corps d'homme, un sexe d'homme. J'avais eu le malheur de lui apprendre le terme “turlutte”, alors je cédais quand il en demandait. Masturbation et fellation, mais lui ne me faisait rien. Le reste, c'était des bisous, des câlins. »

Il raconte qu'il allait souvent chercher à l'école l'enfant qui passait « la moitié du mois » chez lui :

« A l'école, dans la rue, dans le quotidien, je n'étais pas excité par lui. Pendant l'acte, je ne peux pas vous dire que non, mais c'était plutôt une excitation sentimentale. Pas des pulsions inopinées ou “l'envie de me faire un petit garçon” : on faisait l'amour dans un contexte d'adultes, la nuit, après s'être couchés, lumière éteinte.

Son affection me touchait. J'en avais les larmes aux yeux, je pouvais de moins en moins me passer de lui. Dans le dossier pénal, plus tard, j'ai vu que l'expert avait conclu à un authentique attachement de sa part. »

« On avait 9 ans, on s'éclatait à la récré »

A aucun moment, au cours de la conversation, Romain ne semble étonné de la précocité des désirs de son partenaire de 10 ans. La raison tient sans doute à son entrée à lui dans la sexualité : Romain était en CM1. Fellation, masturbation, c'est manifestement « un très bon souvenir » :

« On avait 9 ans, on s'éclatait à la récré avec un copain. Je ne me souviens plus qui a pris l'initiative, mais pour moi, c'était évident très tôt que je n'aimais pas les filles. »

« Sans doute parce qu'il [les] a surpris dans les toilettes », l'instituteur des deux garçons commence à avoir des attouchements. Mais Romain n'a pas porté plainte et n'en a parlé à sa famille qu'après son arrestation, quand il a « remis le puzzle dans l'ordre » :

« Ils sont tombés des nues, le choc a été rude, alors que j'avais eu une enfance aimante dans une famille de la classe moyenne ouvrière. Quand j'étais au collège, ils avaient déjà été appelés pour venir me chercher à l'internat, où on nous avait dénoncés, mon camarade de jeux sexuels et moi. Mais on n'en avait jamais plus reparlé et après cette humiliation, j'avais refoulé mon homosexualité. »

« Ça ne serait peut-être pas arrivé si je n'avais pas refoulé mon homosexualité »

Hormis ses parents, il n'a gardé aucun contact avec sa vie d'avant. Certains ont tourné le dos, mais il s'est contenté de disparaître pour la plupart - « le passé, c'est le passé ». Six mois après avoir éclusé sa peine, il n'a pas l'impression d'être seul, il s'est fait de nouveaux amis, dont d'anciens détenus. Il dit que la prison ne l'a pas cassé.

Son histoire, ses nouveaux amis la connaissent, même ceux qui ont des enfants. Romain a l'air surpris quand on lui demande s'il a retrouvé une vie sexuelle - bien sûr que oui, dès la prison évidemment. Il ajoute :

« Tout cela m'a permis de redécouvrir que j'étais homo et que ça ne serait peut-être pas arrivé si je ne l'avais pas refoulé. »

Aujourd'hui, il vit du RSA, cherche du travail mais n'en trouve pas : « Je n'ai pas le droit d'être de près ou de loin en contact avec des enfants, ça limite beaucoup. » Il s'investit auprès de l'association l'Ange Bleu, qui l'a sauvé de la dépression derrière les barreaux.

Beaucoup d'écoute, quelques conseils, des heures au téléphone ou par e-mail avec des victimes et des pédophiles paumés qui ne savent où appeler. 95% sont abstinents. Le but de Romain, c'est de « ne pas les enfermer dans une étiquette qui les isole ».

L'association, rarissime structure à faire de la prévention depuis onze ans, voudrait trouver des fonds pour avoir un salarié. Ça pourrait être Romain, qui se défonce comme bénévole parce qu'il se « trouve utile ». Même s'il ajoute, d'un air mi-songeur mi-embué :

« Mon plus grand chagrin, c'est d'aider tous les autres, sauf lui, qui a 16 ans aujourd'hui et à qui je ne peux pas demander pardon. »

Photo : enfant de prostituée à Kolkata, en Inde, le 31 octobre (Parth Sanyal/Reuters)

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6 commentaires sélectionnés

Portrait de PoG

De PoG

Etudiant. | 12H18 | 01/11/2009 | Permalien

Diabolisation.

Au japon, les mangas à base de pédophilie sont autorisés. Ça ne choque pas (du moins d'après ce que je sais) la bas.

On laisse les pédophiles vivre leur fantasmes. Car le pédophile, c'est juste quelqu'un qui a une orientation sexuel qu'il ne peut pas pratiquer.

Le pédophile qui n'a jamais touché a un enfant, c'est quelqu'un de bien plus fort moralement que n'importe qui. Et si on respectait ces gens la ?

Notez que je n'accable pas Romain, sa situation est très particulière. Du "pas de bol" en fait.

Portrait de ON M RSA2012

De ON M RSA2012

Bientôt au RSA Enfin le bonheur ! | 12H24 | 01/11/2009 | Permalien

A la lecture de cet article, je constate que ce Romain a encore besoin de soins.

L'une des conséquences des expériences éducatives type Cohn Bendit.

Depuis la parole de l'enfant a heureusement plus de poids.
Depuis le corps de l'enfant est mieux protégé.

Que l'enfant soit en demande d'affection pour différentes raisons n'est pas une circonstance atténuante pour un adulte qui ne fait plus de différence.

Le pardon, une vision bien judéo-chrétienne !

Ce n'est pas un pardon dont a besoin un enfant.

Pourquoi l'enfant, l'adolescent, le futur adulte devrait-il pardonner ?

Il a juste besoin d'intégrer qu'il n'est ni responsable ni coupable.

Romain devrait encore s'interroger sur son sentiment de culpabilité.
Il devra apprendre à vivre avec. Le pardon n'efface rien.

Quand à l'enfant, espérons qu'il a été accompagné, que sa famille n'a pas chercher à voir une faute dans ses actes.

Il ne faudrait pas transférer la culpabilité et la honte du violeur à l'enfant !

Lui, il ne savait rien, il était innocent malgré ses demandes d'affection.

Portrait de stivell

De stivell

éducatrice | 13H27 | 01/11/2009 | Permalien

tout celà est bien triste, mais meme si le récit est presque littéraire,on ne peut pas s'empècher d'etre effaré par la tentative de "minimiser" sa responsablite dans cette affaire; et moi, je pense à certains gamins dont je m'occupe et qui ont subit ce genre de séductions sexuelles, et qui à vie sont marqués et culpabilisés... il faudrait vraiment plus de soins pour les personnes attirées par des enfants car on voit bien que le tout répressif est inutile, comme dans beaucoup d'autres délits, hélas, il y a -t-il d'ailleurs une prévention possible quand on sait qu'une grande partie des pédophiles ont été eux meme victimes dans leur enfance, ce qui souvent provoque de la confusion.

Portrait de ThatJazz

De ThatJazz

étudiante | 13H35 | 01/11/2009 | Permalien

C'est intéressant ce témoignage, j'avoue, je suis assez partagée. La ligne de défense des pédophiles est décidément toujours la même: l'enfant était consentant, voire provoquait. Certains voient des attitudes aguicheuses chez des petits de 4 ans, lui c'est chez un enfant de 10 ans...J'ai quand même du mal à crier au monstre, j'imagine que cet homme est très sérieusement perturbé, parce qu'il continue de tenter de se dédouaner, ce qui montre qu'il est loin d'être un EX pédophile. Mais de toutes façons, si on ne commence pas, bien que ce soit très dur, à considérer ces personnes avec un minimum d'empathie, on n'arrivera jamais à les soigner correctement.
Je dis ça mais en même temps je pourrais tout aussi bien lui mettre une balle dans la tête si la victime était mon petit frère.

Sujet difficile, très difficile...

Portrait de martinjo

De martinjo

SARKOPHOBE | 18H18 | 01/11/2009 | Permalien

Cela me coûte de « témoigner » (peut-on parler de témoignage dans l’anonymat ?) peut-être ne devrais-je pas ?

Romain, je comprends totalement votre sentiment, votre vie d’aujourd’hui. Vous avez payé. Je ne vous accable pas ; n’oubliez seulement pas que ce n’est pas vous la victime, c’est le petit.
Je ne peux trop me dévoiler, je voudrai simplement vous dire que je me remets seulement 50 ans plus tard de « câlins » que je croyais consentir à un voisin pédophile.
Pendant tout ce temps j’ai cru que c’était moi qui le provoquais. Enfant battu au quotidien, mal aimé, je me tournais volontiers vers cet homme qui me prodiguais semble-t-il de la tendresse, il avait 70 ans, j’en avais 10. Ma mère me prêtait de temps en temps à cet homme alors pourquoi aurait-il dû se sentir coupable ? Et moi, donc…
J’ai grandi avec une sexualité précoce, hétéro, quelquefois homos, dès l’âge de 13 ans, initié aux femmes par une vieille alcoolique de 40 ans, une amie de ma mère. Je vivais dans un climat des plus sordides…
Je suis arrivé à me détacher de ce milieu voire à fréquenter des gens biens, des gens propres, riches, de bonnes mœurs apparentes. Les mamans de mes amis(es) m’adoraient, j’avais 17 ans, rugby, « belle gueule » etc… On se « refilait » l’adolescent, on m’invitait aux « partouzes » mais j’étais souvent seul pour mes tentatives de suicides…
A 20 ans j’étais devenu un gigolo ; j’étais devenu à mes propres yeux un être vicieux, trop souvent amoureux.
Insidieusement, le malheur m’a pénétré (si j’ose dire), je me suis reproché mes vices. Par chance ( ?) je n’ai jamais commis d’actes répréhensibles, au contraire. Lorsque le bonheur m’approchait, je fuyais. Je ne méritais pas une belle histoire d’amour avec une gentille fille, je l’aurais forcément Sali, alors je m’arrangeais pour être quitté. Puis j’ai rencontré mon épouse qui m’a aidé, qui m’accompagné chez un psy ; Il m’a fallu 30 ans pour croire en être sorti. Je rêve encore, 50 ans après, dans mes plus mauvais moments, de ce vieillard qui m’a touché quand j’étais petit.
Certes, vous n’êtes pas un vieillard, est-ce pour autant moins sordide, pour l’enfant que vous avez touché, à qui vous avez volé son enfance. J’espère seulement qu’il s’en tire aussi « bien » que moi.
Vous chercher le pardon là où rien ne peut plus être réparé. Que vient faire le pardon là où tout est déchiré.
Allez voir un curé si ça peut vous faire du bien. D’ailleurs il saura de quoi vous parlez ! Allez vous confesser, dieu seul pardonne !!! Amen !
Je ne suis pas choqué par votre récit, trop de gens ferment les yeux, y compris (sinon surtout) dans la famille. Mais si cet enfant, maintenant adolescent, devait vous pardonner il prendrait sur lui un fardeau qui n’est pas le sien. Il doit vivre et vous oublier.
Oublier celui qui vous a fait du mal est plus sain que de pardonner.
Oubliez celui que vous avez abîmé, sortez le de votre pensée, comme il cherche sans doute à vous oublier.
Je ne vous condamne pas, je comprends vos souffrances, je sais que vous souffrez.
Soignez vous bien.

Portrait de romain.rue89

De romain.rue89

Sans emploi | 15H18 | 02/11/2009 | Permalien

A tout le monde. (en particulier à ceux qui n'ont rien compris de mon témoignage).
Je SUIS Romain.

1ère chose : Si j'ai tenu à apporter mon témoignage c'est pour parler d'une situation qui existe et que trop de monde veut ignorer : Le fait que des enfants puissent accepter (innocement je précises) des relations avec des adultes.
En générale, ces enfant sont en perte de repères et recherchent plutôt, de l'attention, de l'affection et non des relations sexuelles pour lesquels ils ne peuvent pas être prêts en raison de leur trop jeune âge !
J'ai même recueillis des témoignages faisant état d'enfants qui allaient proposer à des adultes ! ATTENTION DANGER !
Je précise que c'est innocent de leur part et que c'est à l'adulte d'imposer des limites, de refuser, de dire "non" ! L'idéal serait pour l'adulte de comprendre pourquoi cet enfant demande ça pour pouvoir lui venir en aide et éviter qu'il aille vers quelqu'un d'autre qui pourrait lui faire du mal.
Les conséquences futures sur l'enfants peuvent être très lourdes !

Aujourd'hui, je me bats pour que ça n'arrive plus !

2nd chose : Je ne fuis pas mes responsabilités et ma culpabitlité. SI tel était le cas, je me serais défendus au cours de l'affaire. Or, j'ai choisi d'être jugé sans être assisté d'un avocat. Je ne voulais pas me défendre. J'ai voulus assumer jusqu'au bout. De plus, je relate ce qu'il s'est passé ! En aucun cas, je ne cherche des excuses ! Je n'en veux pas ! Et puis, si je devais attendre des excuses, ce serait de ce garçon et non du reste de la société !

SUIS-JE UN MONSTRE ?!? Demandez aux victimes que j'aide aujourd'hui et qui connaissent mon passé ! Elles vont hurler de colére ! Je ne suis pas un violeur ! Vous avez une fâcheuse tendances à généraliser ! (pas tout le monde)
Avoir fait cette connerie ne fait pas de moi un monstre ! Et si demain, c'est votre enfant qui avait ce types d'attirances et ferrait la même bêtise que moi ? Vous direz qu'il est un monstre ? Vous lui collerez une balle dans la tête ? Ou vous allez l'aider ?
SI vous dites de lui qu'il est un monstre et que vous lui collez une balle dans la tête, alors vous êtes mal placés pour parler ! Désolé !

3éme chose : Si je témoigne aujourd'hui, c'est pour éviter que ce genres de situations ne se reproduisent pour d'autres et que des enfants en souffrent encore !
Aujourd'hui, le "monstre" que je suis se bats au quotidien pour la protection de l'enfance ! Paradoxale non ?
NON, je n'ai plus besoin de soins mais que l'on me laisse une chance de refaire ma vie ! Que vous soyez d'accord ou non, c'est ainsi ! Et c'est par là même que commence la fameuse "lutte contre la récidive"

A ceux qui croient que la stigmatisation met les enfants à l'abri, c'est une grave erreur !
"A force de battre le chien le plus gentil il finira par vous mordre !"
Il en est de même pour des pédophiles ou des personnes ayant vécus la même chose que moi. A force de dire qu'ils sont des monstres, ils pourraient le devenir !

Et vous madame, qui dites que vous espérez que vos enfants n'auront pas de camarades comme moi à l'école ! Si ça se trouve, ce sont leurs camarades qui n'ont pas de chance ! Allez savoir ?!?
Vous vous croyez tous à l'abri ! Erreur !
Personne n'est à l'abri de ce genre de choses. C'est ce que je croyais avant que cette histoire ne me tombe dessus !

Certains ados se suicident lorsqu'ils découvrent ce types d'attirances et le regard méchant d'une société (pédophile=monstre) qui "prétend" vouloir protéger ses enfants !
Il faut les protéger, c'est indéniable et c'est ce que je fait désormais au quotidien à travers mon engagement et mes actions en faveur de la lutte contre la maltraitance sexuelle des enfants.

Je savais, en ayant accepté et en ayant voulus témoigner qu'il y aurait des réactions virulentes. Seulement, si quelques personnes acceptent de comprendre ce phénomène, souvent destructeur pour l'enfant, alors j'aurais gagné mon pari !

A ceux qui voudraient impérativement que le garçon concerné soit traumatisé = Pourquoi ? Pour que ça vous donne une légitimité à la haine qui est la votre à l'égard de personnes dans mon cas ! Simplement ! En plus, c'est relativement méchant pour ce garçon en question !
Moi, j'espère qu'il n'est pas traumatisé et connaissant sa maman, elle a dû l'éloigner de toute cette haine collective qu'il y a dans le coeur des gens ! D'autant qu'étant très attaché à moi, ça lui aurait fait beaucoup de mal de lire de telles ignominies sur moi !

Je remarque très souvent qu'à travers cette lutte contre la pédophilie, on en oublie le principal : les enfants ! Tout ce qui importe souvent, c'est combattre LE pédophile et NON protéger les enfants ! Le cas le plus typique est l'affaire d'Outreau. Quand on en parle, on parle des acquittés. Du juge Burgaut. Du procureur Lesigne. De la mère Badaoui.
Les enfants qui ont quand même été violé : Quasiment pas ! Tout le monde s'en fout ! Pas moi ! Moi, je me fout des adultes dans cette histoire. Eux peuvent se protéger, pas les enfants ! Tout le monde à tendance à les oublier et eux seront bien plus traumatisés que ce garçon avec qui j'ai fais une belle connerie !

Je n'ai pas la prétention de dire que je vais changer toutes les mentalités ! Certains ne veulent pas comprendre et je ne veux pas perdre du temps à leur expliquer une chose qu'ils ne veulent pas comprendre.
Maintenant, celui qui aura compris et qui a des enfants, les mettra en garde un peu mieux et un peu plus, après avoir lu mon témoignage. C'est tout ce qui m'importe et ce que j'attends.

JE NE VEUX PAS QUE D'AUTRES VIVENT CE QUE J'AI VECUS !

Protégez vos enfants ! C'est tout ce que je veux !
Je le redit : Ce garçon n'est coupable et responsable de RIEN ! Je suis le seul coupable et le seul responsable ! Je n'acceptes pas que l'on se permette d'avancer le contraire !

J'ai été jugé au nom de la société ! Pesronne n'a le droit de refaire mon procés et je ne l'acceptes pas, surtout de la part de gens qui ne comprennent pas ! (Je ne dit pas cela pour tout le monde !)
J'ai la chance aujourd'hui d'être bien entouré. Certains ont des enfants et ont TOTALEMENT confiance en moi ! Ils ont raison ! Ils ont compris !

Mon souhait, depuis ma détention, c'était témoigner pour que ça n'arrive plus ! Parce qu'un enfant doit rester un enfant et conserver le plus longtemps possible son innocence !
C'est ce que je fait aujourd'hui !

Merci à tous pour vos réactions qui sont très instructives et très enrichissantes pour la suite des mes actions en faveur de la lutte contre la maltraitance sexuelle des enfants !

Je ne répondrais pas à tous les posts. Désolé. Je n'ai pas le temps. Je voulais juste apporter des précisions et répondre à certaines remarques.
Dernière chose : Oui, je suis frustré d'aider bon nombre de victimes alors que je ne peux aider ce garçon concerné ! C'est horrible !

Merci infiniment à ceux qui essaient de comprendre ! C'est ainsi que l'on pourra mieux protéger les enfants de ce fléau !
Ce sera mon seul message à l'attention de tous ceux qui liront l'article.

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