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A Montréal, politiques et mafieux se disputent la vedette

Québec89(De Montréal) Dimanche, les Montréalais iront aux urnes au terme d'une campagne électorale où les allégations de corruption ont monopolisé l'attention des électeurs. Un « système mafieux, pourri et gangrené » serait en effet à la tête de la ville à en croire les révélations de Benoît Labonté, n°2 du parti d'opposition municipale Vision Montréal.

Le bras droit de l'aspirante mairesse Louise Harel accuse l'ensemble de la classe politique municipale et provinciale de bénéficier d'un système de financement illicite, a-t-il confié dans une interview à Radio-Canada, avant de quittre son parti et de demander la protection de la police :

« Est-ce qu'il y a un système mafieux présent pas juste à Montréal, mais aussi, plus largement, autour du gouvernement du Québec ? Pour moi ça ne fait pas de doute. » (Voir la vidéo)

Les accusations de Benoît Labonté éclaboussent particulièrement le maire sortant, Gérald Tremblay qui sollicite un troisième mandat sous la bannière du parti Union Montréal. Il n'épargne pas non plus sa chef, Louise Harel, qui a occupé divers ministères alors que le Parti Québécois était au pouvoir.

Seuls deux candidats échappent aux soupçons de corruption, Richard Bergeron, du parti Projet Montréal, et Louise O'Sullivan, du parti Montréal Ville-Marie. Les derniers sondages suggèrent que la lutte sera chaude entre les trois premiers candidats.

Accusé de toutes parts d'avoir perdu le contrôle de la Ville au profit d'entrepreneurs mafieux, Tremblay a le plus à perdre. Des affiches clandestines le dépeignant en « parrain » ont d'ailleurs fait leur apparition dans certains abribus de la ville. Réélu ou non, tout porte à croire qu'il pourrait être appelé à témoigner lors de l'enquête publique qui risque d'être ouverte dans les prochains mois.

Un contrat d'eau signé en décembre 2007

Les enquêtes menées depuis près d'un an par les médias locaux ont conduit à des allégations de collusion entre l'industrie de la construction et le pouvoir municipal. Une poignée d'entrepreneurs en construction monopoliseraient les contrats publics en échange de pots de vin et autres faveurs en tout genre.

Au départ, c'est une histoire d'eau qui a mis le feu aux poudres. En décembre 2007, la Ville de Montréal et le consortium GÉNIeau signaient un contrat pour l'installation de 32 000 compteurs d'eau et d'autres équipements reliés au réseau d'aqueduc. Montant de la facture : 356 millions de dollars canadiens (près de 225 millions d'euros), le plus important contrat accordé dans l'histoire de Montréal.

En septembre, le maire était contraint d'annuler ce contrat après qu'une enquête des médias, puis du Vérificateur général de la Ville, ait levé le voile sur des liens douteux entre élus et entrepreneurs.

Contrats occultes, argent sale, voyages de luxe offerts par des entrepreneurs à des élus, tous les éléments d'un film de Coppola semblent en place, même la violence. En effet, la semaine dernière, le maire Tremblay a confié avoir peur pour sa famille. « J'ai une famille, des enfants, je ne veux pas me ramasser avec des menaces », a-t-il déclaré au quotidien Le Devoir, rappelant qu'en 2005, la police a dû désamorcer deux engins explosifs à sa résidence secondaire.

Les citoyens réclament que la lumière soit faite

La grande majorité des Québécois (81%) souhaitent qu'une enquête publique ait lieu, selon un sondage pubié par le quotidien La Presse. Ils veulent une enquête non seulement pour le cas de Montréal, mais pour l'ensemble des municipalités, car la collusion entre entrepreneurs et élus semble loin d'être un mal proprement montréalais.

Dans la région des Basses-Laurentides, des citoyens de Boisbriand, qui votent eux aussi dimanche comme tous les Québécois, ont même signé une pétition pour réclamer le report du scrutin dans leur ville. Le Directeur général des élections a rejeté cette demande, estimant que selon la loi on ne pouvait pas reporter un vote, mais uniquement l'annuler une fois son issue connue.

Bien qu'une enquête policière ait été ouverte, c'est trop peu pour l'instigateur de la pétition, Martin Drapeau, qui devra voter en se pinçant le nez : « C'est lamentable, nous n'avons aucune garantie que cette élection se déroule dans les règles. »

Reste à savoir si la multiplication des révélations va favoriser l'abstention. Près de 5% des Montréalais se sont déjà déplacés pour voter par anticipation alors qu'ils n'étaient que 3% aux dernières élections, en 2005. Mais l'intérêt des Québécois pour la politique municipale est généralement faible, au dernier scrutin, seulement 45% des inscrits sur les listes électorales sont allés aux urnes.

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2 commentaires sélectionnés

Portrait de Lemmy_Nothor

De Lemmy_Nothor

Mellow Yellow | 18H42 | 31/10/2009 | Permalien

Montreal.....Quebec.....sur les plaques d'immatriculation c'est écrit : Je Me Souviens.....y devraient rajouter. de rien du tout.....y'a pas un gramme de mémoire collective à Montréal....le grand vide....comme si chaque année, en déménageant, on laissait derrière soi tous ses souvenirs.....

Grattons un peu le passé de Montréal.....pas trop loin, les années après guerre.....qu'y voit'on ? La ville la plus corrompue en amérique du nord, la mafia italienne de Boston et NY donne le joli surnom de Sin City à la ville de Montreal....pas la version film, la vraie Sin City.....plus de 400 clubs, bordels et maisons de jeux un peu partout, drogues....le chemin le plus simple pour faire rentrer l'heroine est par Montreal....ensuite elle est redirigée vers les USA....

La mafia dans la construction ? Rien de nouveau......pourquoi pensez vous que les Olympiques de 1976, soient passées d'un devis de 300 millions, à une facture finale de 1,200 millions ? Au lieu de gueuler contre Taillibert, vous auriez mieux fait de mettre la moitié des contracteurs en prison....

Le scandale de la viande avariée dans les années 70, ça vous rappelle rien ? Ah, vous êtiez pas né ? La aussi, mafia italienne impliquée jusqu'à l'os....;-)

Et la mafia dans les syndicats de la construction....ça aussi vous avez oublié ?

Je Me Souviens.....de pas grand chose.....

Portrait de Crescence

De Crescence

éditrice | 18H49 | 31/10/2009 | Permalien

Benoît Labonté n'a pas quitté son parti, Mme Harel lui a montré la porte. Il a menti à cette dernière sur ses relations avec un important homme d'affaires montréalais qu'il aurait rencontré plusieurs fois. Cette homme d'affaires obtient de juteux contrats de la ville de Montréal.
Jusqu'à ce qu'un journaliste de la télé brandisse la facture d'appels téléphoniques de M. Labonté ou apparaissaient plusieurs fois le nom de l'homme d'affaires en question, Labonté avait toujours nié connaître l'homme et l'avoir rencontré.

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