
Faut-il se féliciter que Jacques Chirac soit renvoyé devant un tribunal correctionnel ? A cette question, les réponses sont, depuis ce matin, pour le moins entortillées : c'est pas bon pour la France mais… c'est quand même une vieille affaire… les Français l'aiment bien… il a pris des positions courageuses contre la guerre en Irak et pour le tiers monde…
Le pompon étant remporté haut la main par Ségolène Royal : Chirac « a beaucoup à se reprocher », mais il « mérite d'être tranquille ».
Que Chirac soit aujourd'hui populaire auprès des Français ne devrait pas entrer en ligne de compte dans toute cette affaire. La justice, non sans courage, a décidé de s'attaquer au système quasi-mafieux de la mairie de Paris, du temps où elle était dans les mains du RPR. Elle va jusqu'au bout, ce qui est légitime.
Or Jacques Chirac était le patron de ce système. S'il est poursuivi si longtemps après les faits, c'est seulement parce que le chonomètre judiciaire s'est arrêté, pendant les douze ans de sa présidence. La contrepartie de cette suspension nécessaire au bon fonctionnement des institutions, c'est que le chronomètre redémarre à l'issue de son mandat.
Cleastream, Pasqua, Boulin : trois affaires hantées par Chirac
Qu'un Président soit traduit devant un tribunal correctionnel n'est certes pas banal. Mais jusque-là, ce qui forçait l'étonnement, c'est surtout la façon dont Jacques Chirac avait réussi à éviter les tribunaux.
Ces dernières semaines encore, c'était le fantôme des prétoires :
- Fantôme dans l'affaire Clearstream, où il n'est apparu qu'à travers les deux lettres « PR » (pour « président de la République ») dans les notes du général Rondot (« Si nous apparaissons, le PR et moi, nous sautons » aurait ainsi dit Villepin, pardon, « DDV »).
- Fantôme dans l'affaire Pasqua, ce dernier cherchant maintenant à l'entraîner dans sa chute (« Le président de la République était au courant de l'affaire de ventes d'armes à l'Angola »).
- Fantôme, enfin, dans l'affaire Boulin, dont le corps « suicidé » vient de remonter à la surface, à la faveur de nouvelles révélations.
Que Chirac ait à s'expliquer, pour une fois, devant la justice, dans une affaire portant sur des faits précis, marque un progrès. La juge d'instruction Xavière Siméoni, par sa décision, ranime un principe démocratique qu'on a encore trop tendance à oublier en France : lorsqu'il s'agit du respect de la loi, aucun citoyen, fût-ce le « premier », ne doit être au dessus des autres. Cet épisode risque pourtant d'être unique en son genre, la suppression des juges d'instruction étant dans les tuyaux.




















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De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 15H30 | 30/10/2009 |
Bien sûr que la démocratie a tout à y gagner.
Il n'empêche que la convergence d'intérêts entre le souci de passer l'argenterie au blanc d'Espagne et des stratégies arrimées à l'horizon 2012 arrive bien à propos, au point d'interpeller même les plus gogos.
Difficile également de ne pas remarquer à quel point Xavière Siméoni est bien en cours: promotion de Pâques de la Légion d'honneur et mutation récente fort opportune pour l'avancement de l'instruction.
Que Chirac paye s'il y a eu turpitudes je ne m'en lamenterai pas mais si la justice pouvait (voulait) faire du sol au plafond il devrait y avoir bien d'autres fantômes au prétoire. Je pense même que certaines ambitions actuelles seraient sérieusement malmenées.
La vraie question à mon sens est de comprendre ce qui permet à la justice de fonctionner normalement ou pas; je veux dire au moment où l'on aurait vraiment besoin de son bras armé plutôt que dans des procès relevant des coulisses de l'histoire et pour des faits dont plus grand monde n'a à souffrir.
De lavoine
région parisienne | 17H03 | 30/10/2009 |
Le juge d'instruction est une institution dangereuse pour la Démocratie. L'homme le plus puissant de France peut mettre en examen et en détention provisoire qui il veut et quand il veut, sans aucun contrôle. Donc bravo à Sarkozy qui veut supprimer ce vestige de l'inquisition .
De Yawn
Chomiste | 17H11 | 30/10/2009 |
J'approuve la tonalité générale de l'édito: il est sain qu'un homme suspecté d'être un délinquant soit renvoyé devant un Tribunal pour voir son cas jugé.
C'est donc bon pour la France qui montre que même longtemps après les faits, les suspects sont poursuivis. Chirac a été le fantôme des prétoires dans tant d'affaires (toutes celles ayant trait au financement du RPR) qu'il n'est que justice qu'il soit inquiété pour celle-ci. Et encore, passer devant un Tribunal ne signifie pas qu'il sera déclaré coupable, ni même qu'il passera la moindre minute en prison.
La suspension des poursuites pendant le cours de la présidence est-il bon pour le fonctionnement des institutions, comme l'affirme l'édito? J'en doute fortement. Qu'on ne puisse pas poursuivre le Président pour un acte lié à son mandat pendant son mandat, on peut le comprendre car ça signifierait des poursuites constantes sur des questions politiques. Mais il me paraît anormal qu'on ne puisse pas poursuivre le Président pour des actes détachables de son mandat et, plus encore, pour des actes antérieurs à son mandat (et je ne pense pas du tout à l'implication éventuelle de NS dans le versement de retrocommissions par le Pakistan).
Le mandat présidentiel n'est pas un blanc-seing pour se couvrir de tout et n'importe quoi.
De Cabocla
17H11 | 30/10/2009 |
Ségolène,souligne que la justice est pour tout le monde mais dans l'actuel contexte de l'image negative de la France donner par Sarkozy et son gouvernement ajouté cela à la liste c'est trop. Avec le temps le Papi Chirac même l'oposition essaye de pas trop busculé Chirac.
Aujourd'hui avec la reforme Sarkozy que suprime le juges d'instruction c'est finie la justice livre du pouvoir politique. Sarko l'homme que a transformé la république en dynastie a réussi transformé l'image de la France dans le monde, nous sommes dévenir une république bananière avec un gouvernement d'agneaux et des bouffons qui donnent un triste espéctacle dans les chaines de TV, radio tous le jours.
Ségolene a dit des choses juste, mais laissons la justice agir comme pour n'importe quel citoyen.
Tous les français savent des affaires de Chirac, quand le RPR était le roi de la magouille. La justice en France a bien fonctionné pendent les gouvernement de la droite de façon un peu opaque, c'est avec Miterrand que les hommes politiques de gauche vont être puni mais les hommes politique de droite ont bien plus de facilité pour échaper de la justice. Et poutant la justice se dit aveugle...
Bravo à la juge d'intruction! même que cette affaire arrive un peu tard pour punir le papy au moins que l'argent revienne à la mairie!
De Moujik
dentiste équin | 17H11 | 30/10/2009 |
L'intérét majeur est le message à ceux qui sont aux affaires actuellement: Vous voyez, dans 10 ans, 15 ans ou plus ce qui vous attend...
De martinjo
SARKOPHOBE | 17H13 | 30/10/2009 |
Sondage Europe 1 : Trouvez vous normal que Chirac soit renvoyé en justice ?
Oui : 54 %
Non : 42 %
Trouvez vous normal qu’une telle question soit posée ?
Au nom de quoi ne serait-il pas justiciable ?
Et qu’une grande radio puisse impunément soulever ce sujet alors que l’équité se réclame de la justice, c’est dingue.
Y en a un que ça doit faire rire c’est le « Jean Claude Treiber »… Y z’ arrive à pécho Chirac que lui, le Jean Claude, ramasse tranquillement ses champignons.
Tiens ! D’ailleurs. Est-il normal de lui courir encore après, au Treiber, tellement il fait rigoler ?
Et le Pasqua ? Est-il normal de le poursuivre encore ? Du coup, on parle plus de Julien Dray.
Et quand je pense à mon voisin qui vient de tirer une mob pour aller au boulot…
Il aurait mieux fait d’adhérer à l’UMP…
De Phil2922
Retraite invalidité | 17H22 | 30/10/2009 |
La France pourrait être mieux vue à l'étranger si Chirac payait enfin un loyer, si un semblant de transparence se faisait sur son compte japonais. D'autres mairies ont utilisées des emplois fictifs, mais Paris vaut bien une messe donc son ancien maire doit passer au confessionnal...!
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